jeudi 10 avril 2014

[Repost] Shade, the changing man (Peter Milligan, 1990-96)


Ah ça, pour prendre des substances prohibées, on est là.



Les 3 premières pages de Shade # 01.


Ca commence par le récit d'une pauvre et jolie fille qui boit comme un trou détective depuis que son amant noir, qu'elle vient présenter à ses parents, se fait dessouder sous ses yeux par un flic blanc, parce qu'on est en Louisiane et que on rigole pas avec la mixité raciale et sexuelle dans les Etats du Sud, et puis dans certains comics non plus, malgré leur nom. Pas de bol, ses parents se font hacher menu par un serial killer psychotique qui, une fois attrapé et condamné, est possédé par une entité d'outre-espace en provenance de la planète Meta lors de son passage éclair sur la chaise électrique. 
Puis, le Hurlement Américain s'abat sur la ville, et les rend tous barges.
Bref, c'est un peu chargé.

La première apparition du Hurlement Américain, un vendredi 13 à 5 heures.

Je suis tombé sur Shade après ma cure annuelle de Hellblazer, dont c'est Milligan qui a tenu le manche sur les 50 derniers épisodes.
Je l'ai feuilleté sur internet, puis j'ai acheté les 3 premiers volumes, qui ont été republiés chez Vertigo. 
Respect : un mélange de psychanalyse psychédélique, de thriller horrifique, de métaphysique quantique et d'expérimentations tous azimuts sur l'identité...
La mise en couleurs du premier tome est assez atroce (ça date du début des années 90) puis ça s'améliore.
Tout au long des 70 fascicules mensuels que dure la série, on sent que Milligan s'amuse à exorciser les cauchemars qui trainent dans l'air du temps depuis que l'American Dream est devenu l'American Scream, et quand ça ne lui suffit pas, il convoque ceux de la mythologie yankee des décennies précédentes, comme l'affaire JFK, les gourous du Flower Power, la clochardisation du Rêve Américain...
C'est à se demander s'il n'en a pas fumé un gros avec Stanislas Grof, le papa de la psychologie transpersonnelle.
On frôle aussi parfois l'esprit du Sandman de Neil Gaiman.
Et Milligan explore un bon paquet de possibles du medium "comics", quitte à sombrer dans le farfelu, avec plus ou moins de bonheur. Ca ne le dérange pas de convoquer Ernest Hemingway, James Joyce, Pandore ou John Constantine l'espace de quelques épisodes, pourvu que ça fasse des étincelles.
Y'a des gros coups de mou dans la série, mais aussi de sacrés morceaux de bravoure surréaliste, poétique et macabre.



La saga de Shade à travers les âges farouches du comic.


Shade #001/010
Shade #011/020

mercredi 9 avril 2014

Micah P. Hinson – And The Nothing (2014)

La voix est brisée, très proche de celle de Johnny Dowd, alors qu'il a vingt ans de moins que son non-illustre ainé, que nous saluerons demain.
C'est normal, il a eu un très grave accident de voiture en Espagne, et il a été obligé de réaliser cet album sans les mains, je l'ai lu dans Gala.
Moi aussi, j'ai eu un très grave accident de voiture en Espagne, mais j'ai pas fait d'album après, et heureusement, il n'aurait pas été aussi réussi que celui-là.


A noter que Micah P. Hinson, bien qu'il soit un outlaw de l'americana, n'a absolument pas participé du tout à la bande son de True Detective.

Ca tombe bien, il faut que je m'entraine à ne plus en parler.

J'aurais bien attaqué un nouveau running gag avec The Red Road, mais c'est nettement moins abouti dans le genre Big Bazar Psychopathologique.
Et je viens d'aller voir Nebraska, un film américain qui est l'antithèse de toutes ces séries anxiogènes, et c'est pas plus mal, ça serait même moins pire.
J'en ai, de la chance.

mardi 8 avril 2014

The Handsome Family - Singing Bones (2003)

Encore une trouvaille tombée du camion plein à ras bords de la sélection musicale concoctée par T-Bone Burnett pour la série True Detective : The Handsome Family signe la musique du générique.
Dans les milieux autorisés, on murmure que c'est  soit de l'alternative country, soit du dark americana.
Le chanteur a été étiqueté bipolaire par la psychiatrie, il était donc prédestiné à se retrouver piraté sur les blogs musicaux de ceux qui alternent entre des états larvés de sociopathie audiophile et des stases mélancoliques de sociophilie audiopathe.
C'est plein d'une langueur vénéneuse, nourrie d'influences western et de colchiques mexicains.
Surtout quand on pratique le binge-listening à partir de leurs 10 albums studio, après avoir tâté du binge-drinking et du binge-watching.





Dimanche dernier, en allant ramasser des respountchous,
 je les ai croisés dans le petit bois derrière chez moi.
Je leur ai dit tout le bien que je pensais de leur roborative production.
Du coup ils nous ont invité à l'apéro bipolaire : Caouettes et Seroplex®.

dimanche 6 avril 2014

John Mellencamp, T-Bone Burnett, Stephen King – Ghost Brothers of Darkland County (2013)

Quand j'étais petit, j'écoutais avec ferveur le disque 25 cm du Livre de la Jungle raconté par Serge Reggiani. 
Dans la cire vierge de mon cerveau d'enfant, la mise en ondes flamboyante creusait ses sillons tonitruants. 
La jungle était beaucoup plus inquiétante et les animaux beaucoup moins nunuches que dans la version Disney.
Il n'y avait pas toutes ces merveilleuses chansons à la con style "il en faut peu pour être heureux", ode typiquement anglo-saxon à une frugalité qu'ils sont bien infoutus de pratiquer.
Et puis quand on est petit, on n'a pas l'imaginaire saturé par tous les livres et les films qu'on découvrira plus tard.
A partir d'une histoire interprétée par des récitants convaincus et de quelques bruitages idoines, on part en live comme qui rigole.
Ô temps bénis du Disque d'Aventure, quand reviendrez-vous ?
Sans doute jamais.
Il faudrait d'abord vider le disque mou du cortex pour se remettre dans l'état d'innocence et d'attention pure qui furent les miens lors de l'écoute religieuse de cette dramatique télé sans images.

Je crois que c'est au même genre d'expérience version adulte que nous convie le trio John Mellencamp, T-Bone Burnett, Stephen King.
A eux trois, ils nous content une petite histoire d'horreur sous la forme d'une comédie musicale qui se laisse écouter.
Ca ne veut pas dire que ça soit aussi chouette que le T-Bone Burnett d'hier ou que le Steve Earle de demain.

John Mellencamp est un rockeur émérite dont j'ignore tout.
T-Bone Burnett n'a jamais récolté la gloire méritée comme artiste de variété et idole des jeunes, mais comme illustrateur sonore de True Detective, il s'y entend.
Stephen King n'a pas écrit que des conneries, il en a aussi filmé.
Mais son "Echiquier du Mal", sous le pseudonyme de Dan Simmons, force l'admiration des Ennemis de la Joie.
Bien sûr, je plaisante et je désinforme : tout le monde sait que c'est Dan Simmons qui a écrit des romans de gare sous le pseudonyme de Stephen King.

Surprise : sur le disque, il y a plein d'invités, comme Elvis Costello, Marc Ribot, Taj Mahal, Kris Kristofferson, Sheryl Crow.




http://exystence.net/blog/2013/06/04/john-mellencamp-t-bone-burnett-stephen-king-ghost-brothers-of-darkland-county-2013/

samedi 5 avril 2014

The True False Identity - T-Bone Burnett (2006)




Et voilà.
Dès que  T-Bone Burnett  met une contrebasse et une guitare un peu débraillée à la Marc Ribot dans son Americano, pardon, cana, ça se met à ressembler à du Tom Waits période Rain Dogs.
Et qui s'en plaindrait ?
Son beaucoup plus sale que dans l'anthologie d'hier, thématique du Mal assez omniprésente dans les urines des lyrics, bref une vraie trouvaille.
Quand c'est trop, c'est Tropico.
Ca se laisse écouter avec beaucoup de plaisir, et en relisant le Louisiana Breakdown de Lucius Shepard qui vient de mourir d'autre chose, c'est encore mieux.

J'ai cherché à savoir si la chanson qui ouvre l'album avait quelque chose à voir avec le film Zombieland dans lequel joue Woody Harrelson qui joue aussi dans Trou détective dont la musique est signée  T-Bone Burnett, mais ce n'était que suppositoire, pardon sition, de geek enfiévré par les vapeurs du bayou.

http://uploaded.net/file/6xgysw5e

vendredi 4 avril 2014

Twenty Twenty - The Essential T-Bone Burnett (2006)

Son nom, au croisement de la cote de boeuf XXL et de l'auteur de polars, est déjà un chef d'oeuvre qui m'avait caressé l'oreille par le passé, mais son oeuvre m'était inconnue.

Comme il signe la B.O. de True Detective, la série qui fait des trous dans les détectives, je tends l'oreille sur Internet. 
Et j'apprends qu'il a aussi signé celle de O' Brother.

Ca veut dire qu'il sait bien choisir les morceaux qu'il écoute et qu'il met dans les oreilles des autres.

Est-ce que comme Trent Reznor, bien qu'officiant dans un tout autre périmètre musical, ce garçon ne réussirait-il pas mieux pour les autres que pour lui ?

En tout cas, rien qu'avec ces deux références, Total Respect.

D'autant plus qu'il a la tête de Peter Sellers dans The Party.

Ca vient peut-être des lunettes, mais quand même.

Et je découvre que musicien unanimement reconnu par ses pairs, il n'a jamais réussi à percer commercialement.

Voilà de quoi susciter ma sympathie, voire mon identification, moi qui ne suis que maudit, et encore, que par ma femme.

Allez, on écoute Twenty Twenty - The Essential T Bone Burnett, en 2 volumes.

Bon, à priori, c'est de l'Americana, ce genre musical auquel je n'ai jamais rien compris avant de taper le mot dans Wikipedia.

C'est un peu foutraque, son entrepôt : il y a de la variété américaine, mais aussi du rock, des échos de Roy Orbison, du folk déglingué, des guitares slides, et même un tango.

Il a produit Elvis Costello, ça ne m'étonne pas, même si je n'ai pas le temps ce soir de me pencher sur les paroles, je sens une proximité dans le songuewritingue, congue.

Je ne sais pas si l'anthologie suit un parcours diachronique, mais plus j'avance, plus je trouve ça sympa.

J'en ai trouvé un autre qui me plait encore plus mieux, et que je posterai demain.

CD 1

CD 2

jeudi 3 avril 2014

Dances in Dreams of the Known Unknown - The Skull Defekts (2014)



Le poison sonore coule dans nos veines psychiques.
Ca ne vous suffisait donc pas d'être suédois, encore fallait-il que vous fussiez noisy ?
Ingrédients de la galette : Incantations, guitares rageuses et darkness für alles.
Assez hanté pour figurer dans la bande son de True Detective.
En écoutant les paroles, on a peut-être même une chance d'en apprendre un peu plus sur le Roi Jaune et Carcosa, parce qu'avec Mathiou McCochonou, on est un peu restés le bec dans le marigot.
Mais bon, c'était du divertissement, là on est dans le dur.

Poussés par la pulsion prosélytique, qui nous pousse à diffuser le fruit de nos acquisitions, de vieux adulescents recopieront d’un clavier tremblant les versets psalmodiés par ces Défauts du Krähn (Skull Defekts) sur des blogs mortifères à vocation culturelle que personne ne lira, dans l’espoir toujours déçu d’attirer l’attention de filles faciles qui auraient été débectées, si elles étaient passées par là, par la pochette qui mixe pourtant habilement radiographie crânienne, dépistage du cancer du col de l’utérus et test de Rorschach.


http://exystence.net/blog/2014/03/25/the-skull-defekts-dances-in-dreams-of-the-known-unknown-2014/

mardi 1 avril 2014

[Repost] Lutin Bleu - Leur Bonheur est total (2002)


A l'occasion de la renégociation du régime d'assurance chômage, en particulier les annexes 8 et 10, il faut prendre le temps de réécouter "Ernest Antoine"(et Ségolène !!!).

A l'occasion de la nomination de Manuel Valls au poste de premier Sinistre, il faut prendre le temps de réécouter "T'sais quoi".

Honteusement méconnus, ces trois schtroumpfs ont enregistré quelques albums inspirés, dans la tradition du rock bruyant et rigolo.

Celui-ci, à l'époque je l'ai commandé chez eux, à Grenoble, et j'ai attendu trois semaines avant de recevoir une galette enveloppée dans du papier kraft taché de gras, comme si son contenu était plus que douteux, alors qu'au final c'était une bonne surprise, dans la lignée d'Odeurs pour les meilleurs titres et des Fatals Picards pour les moins bons.

Comme le groupe s'est auto-dissous après le relatif insuccès de leur épuisante formule albums autoproduits / tournées dans les MJC, et que les disques ne sont plus en vente nulle part, je m'autorise le postage de leur album studio le plus réussi sur le plan musical et textuel.

Ce qui les a tués, c'est peut-être la tentation rock fm, qui avait déjà bien amoché Raoul Petite (dont nous reparlerons) et d'autres...

Par exemple, ça pour moi c'était moins probant, bien qu'énergique.
Ils ont dû se dire que ça ouvrirait les portes vers le grand public.
Et ils ont plié les gols juste après.

Je ne vise pas à l'encyclopédisme du rock parodique, mais je pense qu'avec celui-ci, on commence à avoir fait le tour.

samedi 29 mars 2014

True Detective (2014)

Attention ! Cet article est entièrement dépourvu de spoil !
Par contre il est plein de trous. L'enquête et les personnages aussi.



Le poison télévisuel coule dans nos veines psychiques.
Un jus noir, épais, saturé de sanie et d'humeurs corrompues, grouillant de microbes plus infectieux les uns que les autres, et dont certains votent même FN (Tea Party en v.o.)
C'est vous dire si l'on se sent chez soi dans la série True Detective, qui met en scène deux inspecteurs de la brigade criminelle de Louisiane, l'un apparemment droit dans ses bottes et aussi bon chrétien que les ploucs du coin (Woody Harrelson), le second présenté d'entrée de jeu comme lunatique, voire borderline (Matthew McConaughey, que je vous défie de prononcer correctement. On peut partir sur "cochonou", ou "cochonné", selon l'humeur)
Ils sont sur la piste d'un tueur ritualisant aux ambitions artistiques assez clairement satanistes.
On se laisse embarquer dans une enquête classique, promettant son quota d'effroi bourgeois.
Mais assez rapidement, la trame du récit est contaminée par la relation étrange qu'entretiennent les deux inspecteurs, qui se livrent à d'interminables trajets en bagnole entre les points A (scènes de meurtre) et les points B (bureau, domiciles des témoins dans le bayou), et en profitent pour échanger un peu.
Quand Woody Harrelson sonde Mathew McCochonnou sur ses valeurs intimes, on a droit à un monologue halluciné qui révèle les gouffres amers hébergés par le taciturne inspecteur, comme s'il avait lu  tout Florence Ghibellini et tout Emil Cioran avant de mixer les deux pour se forger une cosmologie très personnelle.

Extrait :
" Je crois que la conscience humaine est une tragique erreur de l’évolution. Nous sommes devenus trop conscients de nous-mêmes. La Nature a créé une chose séparée d’elle. Nous sommes des créatures qui ne devraient pas exister naturellement. Nous sommes piégés dans l’illusion d’avoir notre propre personnalité. Cet accroissement des sens, de l’expérience et des sentiments nous convainc que chacun d’entre nous est quelqu’un. Alors qu’en fait, tout le monde n’est personne.
Je pense que la chose honorable à faire pour les espèces est de nier la façon dont on est programmé, de cesser de se reproduire, et de marcher main dans la main vers l’extinction, une dernière fois frères et soeurs, en choisissant de renoncer à un marché de dupes.
- Mais alors, quel intérêt de se lever le matin ?
- Je me dis que je suis là pour en être témoin, mais à l’évidence c’est la façon dont je suis programmé, et mon absence d’inclination pour le suicide.
- Bon sang, quelle chance d’avoir demandé à te connaitre aujourd’hui. En trois mois, tu ne m’as rien dit de toi et…
- C’est toi qui as demandé…
- C’est vrai, et maintenant, je te supplie de la fermer."

Des allers-retours incessants entre passé et présent (l'enquête date de 1995, tandis qu'en 2012 les deux flics sont interrogés séparément par la Police des Polices dans le cadre d'une nouvelle affaire criminelle qui ressemble fort à la première) sèment le doute : que s'est-il passé pour qu'en l'espace-temps de 17 ans, Harrelson se soit juste un peu aigri et beaucoup dégarni, alors que MacCochonnou semble avoir traversé plusieurs enfers, si l'on en croit sa tête de prédicateur du Néant pour Tous, et se lance pendant son interrogatoire dans de longues envolées mystico-nihilistes ( Conception cyclique du Temps, Impossibilité Ontologique de se soustraire à la Répétition, Inanité des Espoirs Humains) ?
Il est aussi dépité et obsédé par l'affaire non résolue que l'enquêteur du film Zodiac; d'ailleurs la série baigne dans une lumière glauque et crépusculaire digne de David Fincher.
Mais toutes les réponses attendues sont éludées.
Pour une étude vraiment sérieuse de la malignité du Mal, on se réfèrera à un ouvrage de référence comme Moi, Lucifer.
Néanmoins, si vous appréciez la pornographie du désespoir, bien qu'elle se révèle finalement un peu soft, vous en aurez pour votre argent.
Le poison télévisuel coule dans nos veines psychiques.

jeudi 27 mars 2014

Effondrement(s)

Nous sommes perdus.

La civilisation est condamnée à brève échéance.

« C’est pas trop tôt » ajouterait  Rust Cohle, le policier militant (ou en tout cas sympathisant) de la sixième extinction interprété par Matthieu Mac Cochonnou dans la première saison de True Detective.

Dès lors, à quoi bon se raser ?

mercredi 26 mars 2014

Eivind Aarset Trio - Wolf Extract (2004)

Sur un serveur russe que je persiste à fréquenter au lieu de le boycotter par solidarité avec les Ukrainiens, je suis tombé sur un Eivind Aarset que je ne connaissais pas.
Vous non plus ?
C'est un guitariste étonnant et plein de ressources, qui a beaucoup travaillé avec Nils Petter Molvaer, et qui fusionne habilement le nu jazz, la musique électronique contemporaine, un certain nombre de tricks persos, et même des torrents de métal bouillu quand la météo est bonne.
Voilà voila.
Ferme ta gueule et passe-nous Le disque.

lundi 24 mars 2014

Le saviez-vous ?

On parle de vote obligatoire dans les pays où ne pas se rendre aux urnes un jour de scrutin est passible de sanctions.

La même, en images.

samedi 22 mars 2014

The Crimson ProjeKCt – Live in Tokyo (2014)

Avons-nous vraiment besoin d'une énième version "en concert" des plus grands succès de King Crimson, réinterprétés ad nauseam devant une poignée de nippons transis par les Exclus de la  dernière formation canal historique du légendaire groupe de rock progressif, et contraints par Robert Fripp à changer de nom ?
Ne feraient-ils pas mieux de s'atteler à écrire de nouvelles compositions, puisqu'ils semblent encore assez en forme pour livrer des prestations décentes de leurs antiennes passées ?
Sont-ils comme le Daniel Goossens d'hier prisonniers de leur système ?

King Crimson aujourd'hui, c'est un peu comme le Parti Communiste Français après l'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques en 1981:
alors que le PCF tentait tant bien que mal de s'aligner sur Moscou et de justifier la légitimité de l'invasion russe, il y eut bientôt plus d'intellectuels cocos exclus du parti pour s'être élevés contre cet impérialisme guerrier qu'il n'en restait à l'intérieur.

La chronique :

http://www.clairetobscur.com/article-the-crimson-projekct-live-in-tokyo-122728764.html

Le disque :

http://exystence.net/blog/2014/03/19/the-crimson-projekct-live-in-tokyo-2014/#more-136963

La photo détournée et sa légende stupide :


Dernière tentative de réconciliation entre Robert Fripp et Adrian Belew 
lors d'une garden party dans les jardins de l'Elysée : 
No more, mister Nice Guy.

vendredi 21 mars 2014

Passions - Daniel Goossens (2014)

On m'informe qu'un nouvel album de Daniel Goossens (qui, comme Francis Masse, est un génie) est sorti hier.
Comme ça, je suis bien informé.
Néanmoins, comme le disait Clémenceau, le meilleur moment dans un nouveau Goossens, c'est souvent quand on l'achète chez le libraire.
Son exploration enthousiaste et jadis novatrice des arcanes du Grotesque se sclérose d'année en année, frisant parfois la pantalonnade franchouillarde, et ne m'arrache plus les hurlements d'extase de jadis. 
Un peu comme ma femme, quoi.

Autant dans ce domaine il m'est facile de voir pourquoi le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront et a su faner vos roses comme il a ridé mon front, et de l'accepter derechef puisque personne n'est fautif, autant dans le cas de Goossens, j'ai du mal, tant je l'idéalise, à accepter de ne pas être sur le cul à chacun de ses albums, plutôt rares, en plus.

A tel point que la couverture du dernier Fluide Glacial me ferait presque plus sourire que le dernier Goossens avant de l'avoir lu (je peux en faire une preuve goossensienne si je la bosse un peu, mais j'ai pas le temps).

Il a dû lui arriver ce qui arrive à certains génies, sauf Einstein... et le Goossens de naguère qui écrivit sa recommandable biographie sobrement intitulée "la vie d'Einstein" : il s'est contemplé par hasard dans le miroir de son oeuvre, et paf, il a pris un coup de soleil.

Il aurait peut-être dû mettre de la crème solaire et relire Henri Michaux :
"Il plie malaisément les genoux, ses pas ne sont pas bien grands, mais il reçoit mieux n’importe quel rayon, celui qui jamais n’a été disciple".
Goossens n'était disciple de personne, et il savait capter et renvoyer plein de rayons, avant que ses intuitions se rigidifient en système.

Bon, d'un autre côté, Goossens a quand même été Goossens, et rien que pour ça, chapô.









Il y a quand même encore du bon chez ce garçon.

jeudi 20 mars 2014

Sun Kil Moon – Benji (2014)

Pour ne pas confondre Sun Kil Moon avec Kim Il-sungKim Jee-woon ou plus prosaïquement votre voisin sud-coréen qui fait de si bonnes nouilles à emporter, voici :

1/ La chronique,
2/ l'album,
3/ les paroles.

Si vous voulez en plus la casquette, le T-shirt et le DVD, le tout pour moins de 69,99 €, écrire au journal, qui ne transmettra pas.

mercredi 19 mars 2014

Mélenchon & les Mickeys

J'ai entendu Mélenchon dimanche soir sur france inter, il était assez en forme.
Il avait le bourrichon tout remonté contre le reste du monde, et aussi contre la horde de journalistes qui l'interviewaient, il faut dire avec une assez grande navritude dans leurs questions.
Et puis je le retrouve avec plaisir sur le blog crisal.


Jean-Luc dans sa célèbre imitation de "l'homme au chapeau, le vrai"

mardi 18 mars 2014

Rions un peu avec Ferri et Larcenet


Ce dessin est extrait d'un article précédemment paru sur mon autre blog.
Ca nous rajeunit pas.
J'ai repensé à Larcenet vendredi dans une librairie albigeoise en voyant paraitre le tome 4 de Blast, ainsi que la fin de Donjon.

samedi 8 mars 2014

RASL - Jeff Smith (2008 - 2012)

Après l'interminable - et sporadiquement désopilante - saga héroïco- comique de Bone, Jeff Smith a produit RASL, La Petite Claque de l'an dernier.
Physique quantique, serials killers et amour impossible à travers le temps et l'espace.
Que demande le peuple ?

Je l'ai lue sur Internet, achetée sur Amazon et relue avec enthousiasme - elle est miraculeusement éditée dans un format 23 x 30 à dos carré très européen.

Il y a les habituelles langueurs et complaisances de Smith, mais comme la série ne dure que 15 fascicules, ça passe plutôt bien.

On n'est pas très loin du fameux 7 jours pour expier de Walter Jon Williams.
Et toc.

http://avaxhome.cc/comics/rasl_vol3_1-15_extra_2008-2012_complete.html




mercredi 5 mars 2014

Libon est bon

Il est bon, ce Libon, même s'il a laissé béton Hector Kanon.
Toutes les semaines dans Spirou, le gag du libraire.
Cette semaine, vraiment amusant.


Misérable miracle : je retombe en quelques clics sur les 2160 gags de popo et lolo poche, oeuvre de jeunesse d'avant qu'il connaisse le succès que l'on sait, et que j'avais pieusement archivée sur mon autre blog.

dimanche 2 mars 2014

American Horror Story saison 3 : Coven

Quelle déception !

Bien sûr, Vladimir Poutine nous rappelle quotidiennement au jour d’aujourd’hui ces jours-ci que « les plus grandes déceptions naissent des plus grandes attentes».
Et qu’il serait bon de visionner des séries télé comme on consulterait l’actualité internationale : sans rien en attendre.
Mais quand même !
La saison 1 - sur le thème de la maison hantée - était honnête, la 2 - un hôpital psychiatrique tenu par des bonnes soeurs - inspirée, et pour fêter ça, l'arc narratif de la 3 a sans doute été griffonné sur un coin de nappe dans un bouge du vieux New Orleans par nos deux compères Murphy et Falchuk raide bourrés. Dommage.

Extrait du script trouvé dans le wiki de l'épisode 8 :
"Delphine se moque de Marie en lui disant que de toute façon, elle ne peut pas mourir. Marie lui coupe la tête, la prévenant que ce n'est qu'un début."
Sur le papier, ça semble un peu ballot, mais attendez de voir la mise en images !
Et tout est à l'avenant : poncifs, clichés et déjà vu à tous les étages.
Je m'en fous de spoiler, je suis descendu du train à l'épisode 6.
Pourtant, le générique avait de la gueule. Mais toutes les saisons de AHS ont un générique qui crache, ça s'appelle de la réclame, alors à qui se fier ?
Ou alors, les descendantes des sorcières de Salem, les vraies, voyant d'un mauvais oeil qu'on s'intéresse à elles d'aussi près, choisissent d'envoûter les scénaristes, les metteurs en scène et les acteurs de la série (seuls les chefs décorateurs semblent conserver leurs facultés à peu près intactes) de façon à rendre le visionnage tellement indigeste qu'on leur foute définitivement la paix.
Si c'est ça, y'a pas de doute, elles sont très fortes.



Allez, à mi-naufrage, on va se rabattre sur des valeurs sûres pas encore visionnées : True Detective, Hit & Miss, Top of the Lake, et puis finir Masters of Sex et Black Mirror, qu'on a laissé en plan depuis 2 mois. Après tout, ce sont des problèmes de riches.
Dire qu'avant-hier j'ai soutenu mordicus que les séries américaines étaient un espace de création et de liberté que n'offrait plus le cinéma... je m'en mords le chinois.

Heureusement, pendant ce temps-là, dans le Réel, Ukrainian Horror Story saison 3 démarre sur les chapeaux de roues, mais les scénaristes n'ont pas l'air très inspirés non plus.
Résumé des deux premières saisons :




Il n'est peut-être pas trop tard pour leur faire écouter le Déserteur de Benjamin Paulin... mais il est déjà bien tard.

samedi 1 mars 2014

David Simon, le capitalisme et l'Amérique

C'est bien joli d'aller faire les mariolles en Utah, en suivant la piste des romanciers qui nous ont plu là-bas, mais faudrait voir à ouvrir les yeux sur l'Amérique à deux vitesses.
http://www.les-crises.fr/amerique-spectacle-terrifiant/
Ca c'est la version conférence, assez pontifiante, mais quand il l'illustre dans The Wire, c'est un peu plus réussi. Sinon, y'a tous les livres de Russell Banks, grand conteur de l'exclusion sociale.
En France aussi il y a une fracture sociale terrifiante, entre ceux qui téléchargent les séries de David Simon comme des bourrins, et ceux qui attendent qu'elles passent sur Canal+.

jeudi 27 février 2014

Le régime des intermittents coûte-t-il un milliard d'euros ?

Ca bouge pas mal pour les intermittents du spectacle en ce moment.
Pas autant que sur la place Maïdan, mais ça pourrait dans les prochains jours.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/02/26/le-regime-des-intermittents-coute-t-il-un-milliard-d-euros_4373187_3246.html
De toute façon j'ai une grippe à tomber par terre, et je reste couché, à écluser des films ratés lors de leur sortie, comme Only God forgives : plastiquement irréprochable, spirituellement inepte.
Tiens, après ça je me sens fiévreusement d'attaque pour l'oncle Boonmee d'Apichatpong Weerasethakul.
A moins que je reparte en vacances en Thaïlande avec David Lynch.

mardi 25 février 2014

Se suicider sur Youtube, disparaitre d'Internet & autres fariboles


La tentative de suicide est souvent perçue après-coup par les proches comme un appel au secours.
Ainsi, mon récent suicide - réussi - sur YouTube n’est pas passé inaperçu auprès du nombre relativement élevé d’1 ami, qui s’en inquiète ainsi :

« Salut Boco Boy,
 Voila que ce matin, mon abonnement a YouTube me signale une nouvelle vidéo de John Warsen qui me signale qu’il n’y a plus de vidéo de John Warsen sur YouTube. Bon, enfin, je me comprends. Je vais donc illico marquer un nouvel onglet pour la page concernée sur Vimeo (par parenthèse, pour le boloss que je suis quel est l’avantage a part de lancer tes copains sur un nouveau jeu de piste ?) »

- Je ne sais pas ce que tu t'imagines, mais j'ai heureusement très peu de copains sur Internet, et encore moins de copines; les gens qui en ont beaucoup sont à mon avis dans le déni de leur stratégie d'évitement social, et/ou occupés à renflouer un déficit d'image spéculaire en se la pétant sur des sujets sur lesquels ils pensent jouir d'une autorité naturelle que nul n'aurait l'imprudence de leur contester, et ce sont souvent de pauvres fantômes affamés à qui on peut bien chanter sur l'air de Ramona qu'ils meurent de soif parce qu'ils s'agrippent à leur radeau au lieu de se laisser glisser dans l'océan d'eau douce et d'amour cosmique qui assure leur flottaison, mais pen perdue, comme dirait Marine.
Je me flatte par contre d'en avoir une poignée dans le Réel. 
C'est une remarque de la copine à mon fils, qui m'a dit avoir visionné mes vidéos sur Youtube et les trouver marrantes, qui a déclenché cette rage d'autodestruction méthodique, heureusement qu'en 3 clics, couic ! 
D'abord je me demande bien qui lui a filé mon pseudo, H. se tenant soigneusement à l'écart de mon cyber-activisme. 
Ensuite, j'ai quand même posté beaucoup plus de vidéos sur Vimeo, le média des bobos arty dont je ne me défends plus de me targuer de ne pas en être, j'avais entamé ma migration vers ce noble et élégant hébergeur il y a trois ans, mais j'avais oublié de la parachever en me suicidant sur YouTube, media social ô combien vulgaire et mal fréquenté, voilà qui est fait.

Disparaitre puis renaitre ailleurs en 3 clics, y'a pas à dire, nous vivons une époque moderne.

Les Monty Python proposaient une solution plus radicale, mais c'était en d'autres temps.


Et puis, j'avais fini par renoncer à participer au séminaire de suicide collectif par le travail qui se déroulait la semaine dernière au bureau, mais il fallait quand même trouver un acte symbolique assez fort pour rassurer le patronat sur mon engagement au sein de la société.






lundi 24 février 2014

Brassens - Echos d'aujourd'hui (2013)



J'ai un copain qui m'en veut un peu d'avoir selon lui assassiné Brassens le lendemain d'un concert de Motörhead.
Que dirait-il de ce palimpseste ?
Je ne parviens même pas à reconnaitre certains titres, tant le matériau d'origine a été raclé et repeint.
Et pourtant, en Brassens j'ai bac + 12 facile.
Nonobstant, it's alive, et la plupart de ces interprétations, en javanais, en ourdou, en wollof ou en portugais, prolongent la vie et le rayonnement artistique et spirituel du père Georges, qui n'eut pas d'autre descendance connue que les Brassens not Dead, finalement aussi scolaires que moi dans leur approche du monument aux mots.
Mention spécial au "Roi des Cons" en mongol, celui-là même qui vient d'être détrôné en Ukraine, comme quoi tout arrive, et même parfois des trucs bien.

dimanche 23 février 2014

La Scientologie à la Masse

Rappelons tout d'abord que Francis Masse est un génie.
Voire le roi de la BD.

Puis souvenons-nous avec émotion d'avoir trouvé sur les conseils d'un connaisseur averti un incunable de Masse d'un format ingénieux qui rend enfin hommage à son talent (30x40x0,5 cm sur la tranche dans la célèbre collection éponyme et défunte chez Futuropolis) à un prix dérisoire dans une librairie nantaise.



Evoquons brièvement les rééditions récentes et excellentes de son oeuvre, chez Glénat, chez L'Association, chez le Seuil, des éditeurs courageux dont on n'attendait pas moins.



Exhumons enfin une version hyper-collector parce que colorisée à la main avec des vrais doigts de la célébrissime historiette ci-dessous, parue dans la défunte revue A Suivre, et qui diverge notablement de celle reprise dans l'Art Attentat mise en couleurs par le douloureux Kromatovomi; remarquons au passage que la note manuscrite qui clôt l'aventure au bas de la page 6 n'a pas été conservée dans la republication au sein du recueil précité, et prenons-nous à rêver d'une hypothétique republication de l'Encyclopédie de Masse dans un format décent, et méditons sur l'impermanence.












vendredi 21 février 2014

INTOX : l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle



Peut-être avez-vous déjà reçu ou allez-vous recevoir dans les prochains jours une incitation à signer une pétition de soutien à Emmanuel Giboulot, un viticulteur menacé de prison pour avoir refusé de traiter sa vigne avec un pesticide chimique.

Noble cause s'il en est, elle m'a été transmise par une personne au-dessus de tout soupçon (par ailleurs peu encline à colporter des pets fantômes et autres bruits dénués de fondement) et je l'ai relayée en toute bonne foi au peu d'amis qu'il me reste sur Internet.

On s'est fait couillonner.

Par un certain Augustin de Livois, propulseur de la pétition; encore un que la malhonnêté n'étouffe pas, tant pis pour lui.

Heureusement que parmi les infortunés destinataires de ce chain mail, il s'en est trouvé un pour aller plus loin que la traditionnelle vérification sur Hoaxbuster.

Voici ce qu'il m'écrit :


Sherlock et le mystère des canines pointues

Augustin de Livois est un jeune lobbyiste. 
Il a 32 ans et les canines pointues.


Il a d'abord travaillé en 2007 comme consultant pour le cabinet français de conseil en affaires publiques et politiques FairValue Corporate puis il a monté sa propre boîte depuis 4 ans. Très régulièrement, on voit passer des pétitions avec son nom associé à celui d'un "Collectif de Défense" ou "Institut de protection" quelconque qui tourne autour de la santé naturelle, médecine douce, etc. Toutes ces pétitions, qui fonctionnent sur le principe de la chaine de lettres et ont parfois reçu plus d'un million de signatures, ont été remarquées pour véhiculer des informations au mieux fort approximatives, au pire complètement fausses : ça a été le cas d'une pétition sur les compléments alimentaires, une autre sur l'eau du robinet prétendue contenir un produit qui était en vérité interdit en France depuis 2003, une "interdiction des plantes" qui était un changement des conditions de mise sur le marché, etc.
Dans notre cas, il existe bien ici un Emmanuel Giboulot, mais on lit dans le tract : "En dehors de quelques réactions isolées, personne ne s'est exprimé publiquement pour défendre Emmanuel Giboulot." C'est assez curieux qu'on compte pour du beurre les nombreux partis politiques, organisations, syndicats qui le défendent, dont les plus importants sont Greenpeace, Europe Ecologie Les Verts, La Confédération paysanne, NPA, Attac, etc. comme on peut le lire sur l'appel à manifestation sur le site de la Confédération paysanne :
Sur ce, Augustin de Livois débarque et il crée une page sur Facebook pour Emmanuel Giboulot. Il récupère le mouvement existant en faisant croire qu'il chapeaute et représente officiellement les organisations ci-dessus et il crée une chaine demandant à signer la pétition "officielle" de soutien. Laquelle pétition, plutôt que de se trouver comme d'habitude sur un site de pétitions en ligne, se trouve sur son propre site. Ca lui permettra de récupérer les adresses et les emails. Quant au site, pourri et qui semble hébergé en Pologne, il a été entièrement remanié juste pour l'occasion, tous les autres contenus ayant été récemment supprimés (on retrouve encore les liens sur Google).
Mais c'est là que l'histoire devient rigolote. L'adresse bruxelloise de l'IPSN est probablement pipeau : celle enregistrée par whois est "120 Boulevard Raspail, Paris" et le mail d'Augustin de Livois à educationeurope.eu. Or quand on cherche sur Google et sur StreetView, on se rend compte que cette adresse correspond à SOS Education, une association de mouvance catho-extrême-droite, qualifiée de "groupuscule malfaisant se cachant sous une étiquette", qui a été épinglée pour avoir fait des chaines de mail massives à partir de la liste d'adresses du mouvement quasi-sectaire "Avenir de la Culture"...
Moralité de l'histoire : ne fais jamais ce qu'on te dit de faire dans une chaîne de mails, hi hi ! ;-)

Bref, vous l'aurez compris, si la moitié de la planète crève de faim tandis que l'autre agonise de désinformation, Augustin de Livois est un bien triste sire.

Message perso à Gugusse, si tu nous lis :
Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener !

Et ta tête irait comme un gant au bout de ma pique, si je n'étais non-violent.
La vérité ne triomphe jamais, mais ses ennemis finissent toujours par mourir.
Maigre consolation.

Et y en a-t-il un parmi vous qui puisse se charger de transmettre ces infos à Hoaxbuster ? parce qu'on dirait pas comme ça, mais j'ai un peu les mains prises par ailleurs.
Heu... attendez, si ça se trouve, Hoaxbuster appartient à Augustin de Livois !
__________________

[Edit]
un nouveau message de Sherlock :


Ben en fait, c'est pas tout à fait un hoax : c'est la réutilisation d'une vrai info... mais le but réel n'est pas celui annoncé. On peut seulement se douter que cette "pétition" ne sera jamais envoyée à personne. Soit dit en passant, je me demande bien dans quel coin de la nature sont envoyées toutes ces prétendues "pétitions" en général : je viens de parcourir le "feuilleton des pétitions" de l'Assemblée nationale depuis 2007, il y en a relativement peu, quelque chose comme 32 en 5 ans. Bien sûr, on ne trouve aucune des pétitions d'Augustin de Livois, ni celle contre les conflits d'intérêt dans la santé, ni celle contre l'eau du robinet, ni celle contre les tiques, etc.

Augustin de Livois est mentionné au moins deux fois sur Hoaxbuster pour d'autres pétitions par chaines de mails. Soit on fait remarquer que les infos sont au mieux très approximatives, soit personne n'en voit l'intérêt. Il y a l'intox de l'eau du robinet ; la seconde est bien plus intéressante : il intervient pour une association Pollinis de défense des pauvres petites abeilles ; elle est étonnamment inconnue des apiculteurs : http://www.hoaxbuster.com/forum/pollinis-et-ipsn et l'on découvre peu à peu qu'elle est super chelou : l'association a été créée juste avant la pétition ; le nom de domaine a été acheté par le gérant d'une entreprise de gestion de fichiers et gestion de levées de dons, aussi gérant d'une autre entreprise spécialisée en net marketing.

Autre chose qui a été remarquée sur les pétitions d'Augustin de Livois : des paragraphes hors sujet contenant des infos de type publicitaire. La pétition sur la prétendue interdiction des compléments alimentaires associe certains produits aux slogans "carburant de l'étudiant", "efficace dès le premier jour". Même procédé dans la "pétition" d'aide au viticulteur puisqu'on a un hors sujet sur l'efficacité de certains produits et procédés naturels.

Pour finir, dans l'URL d'une des pétitions, je vois les tags utm_campaign, utm_source. Ces tags sont utilisés par Google Analytics lorsqu'on crée une campagne de pub : "lorsque vous payez des campagnes publicitaires (AdWords ou autres), vous souhaitez savoir si elles sont efficaces, en termes de visiteurs attirés sur votre site et de dépenses réalisées par ces derniers". Donc le but des campagnes est à la fois : de constituer un gros fichier d'adresses de personnes sensibles au vert ; de glisser des messages de pub/lobbying dans des textes à marketing viral, sans doute pour une boîte de naturopathie/phytothérapie ; d'identifier et de mesurer les meilleures sources de marketing viral.

Voilà, je pense qu'on a le fin mot de l'affaire et que l'enquête est finie. :)

François Boucq, in "La pédagogie du trottoir"

mercredi 19 février 2014

Nhoss : Les publicitaires nous prennent pour des mal comprenants

réclame vue dans une station sévice ce midi, et garantie sans trucage.

Josiane, rentre à la maison, tu me fais honte.
Dans mes bras tu n'exhalais que fraicheur et pureté, et au bout de mon 35ème sevrage de clopes, par dépit, tu t'es vendue à la concurrence, que dis-je, à l'Adversaire, au sens que revêt ce mot dans le livre éponyme d'Emmanuel Carrère.
Tu prostitues ta Beauté - un don de Dieu, Josiane, ne l'oublie pas - à des crocodiles cocaïnés qui arrivent à salir en une phrase de 2 mots dénuée de Verbe les concepts d'esprit et de liberté.
Savoir que ces hypocrites suceront des bites nicorettes en Enfer ne me console qu'à moitié, Josiane.
J'espère que tu pleures à chaudes larmes de ta méprise.
Ta mère et moi, on est très inquiets.
D'un autre côté, je te remercie, tu sais. 
Tu me rappelles que l'hypocrisie est un hommage du vice à la vertu, et que quand c'est pas la malhonnêteté intellectuelle qui t'étouffe, fumer tue encore plein de vrais gens.
Josiane, c'est décidé, j'arrête demain. 
T'es trop quiche.

mardi 18 février 2014

A Small Murmuration - Snow Ghosts (2013)



Un album expérimental inspiré par le roman d'horreur existentialiste « La Maison des feuilles » de Mark Z. Danielewski, ne saurait être fondamentalement mauvais.
La preuve.
D'habitude, je suis assez réticent à déléguer aux artistes le soin de dépeindre mes états d'âme, à supposer que j'en aie une; je sais que trop souvent ils vont délocaliser l'expression de mes sentiments dans des pays où le coût du travail sur soi est bien moins élevé qu'en France, voire en profiter pour mettre les leurs en avant, ou encore détourner mes émotions artistiques au profit de leur pouvoir d'achat, puis s'acheter avec l'argent que je ne leur abandonne qu'en très petites quantités pour les raisons susnommées des piscines encore plus grandes et des drogues encores plus préjudiciable pour leur psychisme d'écorchés vifs en résonance avec les traumas les plus profonds de l'inconscient collectif, participant ainsi à la folie généralisée de la surconsommation et hâtant bien malgré eux l'avènement d’un monde où il fera bon lire Pierre Rabhi le soir à la bougie, parce qu'on aura tout bouffé les ressources non-renouvelables et qu'on sera condamnés à avoir une empreinte carbone négative dans les siècles des siècles, mais là c'est open bar.

lundi 17 février 2014

Live in Zurich - KinCrinSon (1973)

On ne m'ôtera pas de l'idée, malgré les faramineuses et pénibilissimes rééditions superfétatoirement pléthoriques de ces derniers siècles, que le meilleur live de King Crimson des années pré-Red sont là, dans cet opus précédemment réservé aux collectionneurs malades abonnés à un bulletin paroissial à tirage confidentiel, et désormais à la portée d'un simple clic.

Quand c'est KC, faut Papeete !

Comme ces derniers jours, je mets en open bar sur mon drive, j'espère que vous allez pas en profiter pour me pirater ma CB, je serais bien embêté.

https://drive.google.com/file/d/0BzhLl_h0jOHveW55Uk5STHFhQ2c/edit?usp=sharing

dimanche 16 février 2014

Tribute to Bourgeois Rebel



Quand il était petit, Nicolas Cellier interprétait des reprises endiablées dans son garage.
Quand il était grand, il est devenu Nick Cave dans un univers parallèle dirigé d'une main de fer par Palmer Eldritch, le dieu à peine revenu du Centaure du roman à peu près éponyme de Phil K. Dick.
Putain, j'adore ce mec.
D'ailleurs, y'a pas de putains, y'a que des femmes qui travaillent.

vendredi 14 février 2014

La Saint Valentin pour les Nuls



Je vous téléphone encore, ivre mort au matin 
Car aujourd'hui c'est la Saint-Valentin 
Et je me remémore notre nuit très bien 
Comme un crabe déjà mort 
Tu t'ouvrais entre mes mains... 

Dans le temps, quand le disque est sorti (il y a quoi ? 20 ans) j'en avais déjà vécu pas mal, de ces Saint Valentins de pochetrons déprimés par leur propre incapacité au bonheur. 
La chansonnette à Miossec m'est revenue dans l'ascenseur, ce matin, purée elle revient de loin. 
Heureusement que tout change tout le temps. 
A tout prendre, Blue Valentine de Tom Waits, que j'écoutais quand j'étais tétard précoce, même reprise par un Nickcaveux Youtubesque, ça me fait de meilleurs souvenirs en plastoc, puisque sur Internet c'est toujours du simili.