| c'est dommage, ça partait bien de travers, avant de tourner à la sitcom glauque. |
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2025/10/les-utopiales-2025-brian-evenson-contre.html
| Ca c'est très bien, ça fait très peur, mais c'est un livre. Vous seriez pas mieux devant un livre que devant cet écran ? ça me fait encore plus peur. |
Des fois on dirait Peter Sellers égaré dans
un avatar d’« Un jour sans fin », remixé avec le « Fog » de
Jean Charpentier, et plein d’autres trucs, franchement pour arriver à mélanger
tout ça et en faire un spectacle attractif, chameau, heu, chapeau. Les chameaux c’est dans Laurence d’Arabite, j’me mélange, avec toutes ces horreurs que je mate la nuit en taquinant mon vieux chat cardiaque avec un taser pendant que ma femme dort à l’étage. Widow's bay, je trouve ça par moments jubilatoire comme je n’ai pas jubilé depuis longtemps tout seul dans le noir devant un écran, ou alors, même au temps de ma prostate. Comme ce que je raconte est incompréhensible, et beaucoup trop long, surtout vers la fin, le mieux c'est de regarder le 1er épisode et de voir si ça vous convient. Franchement, le bazar de l’épouvante, c'est intimidant si on n'a pas été initié petit, parce qu’on y vient rarement tout seul, mais les gags parsemés dans Widow's bay évoquent les mémoires de Didier T. racontant les moments paroxystiques de « High Anxiety » de Mel Brooks, en 1974, dans la cour du collège Charles Le Goffic, alors qu’il ne sortirait sur les écrans qu’en 1977, quand on serait au lycée Félix le Dantec, alors vraiment, la mémoire se fout de nous, et on devrait pas dire la mémoire, mais la "mais moi", parce que si on la laisse faire elle prend tout le lit et prétend penser à notre place, alors qu'elle n'est que l'écho de pensées passées. Bref, pour Widow's bay, il faut se laisser tenter et me faire un petit peu confiance, vous ai-je jamais déçus ?
Ok, mais j’avais bu.
Et Obsession, qui a cartonné cet été, un film de d'jeun'z sur les relations toxiques et l’hubris masculin, ça finit très très mal, et ça met en garde contre la volonté déchainée, c’est assez sympa. Attendons de voir ce que l’auteur nous fait derrière, rappelons-nous qu’Ari Aster, Robert Eggers et David Robert Mitchell étaient eux aussi en leur temps des jeunes gens prometteurs, avant qu'ils se fracassent la margoulette dans l’escalier de la cave qui menait à leur second film.
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2025/07/psychopathologie-du-telechargement.html
J’ignorais tout des espaces liminaires, https://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_liminaire (liminaux, voire luminaires, selon les sources et la proportion d’entre elles infectée par une I.A.) et des creepypastas, ce folklore de légendes urbaines tellement virulentes sur internet que sur le forum 4chan c’est Halloween tous les jours.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Creepypasta
Le phénomène est tout à fait étranger à ma génération, qui ne fréquente pas les réseaux; on est nés trop vieux à internet; de mon temps quand on se faisait peur sur le web, c’était dans un autre style
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2015/01/un-peu-dinfographie-les-500-mots-cles.html
| Image à l'origine des Backrooms, publiée par un internaute anonyme sur le forum 4chan en 2019. S'ils l'avaient mise sur le bon coin, ça se serait loué plus vite. Ils sont ballots, ces Américains. |
Nonobstant le fait que toute cette histoire d’espaces luminaires, sorte de leucémie fictionnelle ayant d’abord métastasé sur internet avant de passer sous les fourches caudines de ces épiciers d’A24 qui ont le chic pour inaboutir des projets au pitch affriolant, doit beaucoup à La maison des feuilles de Mark Z. Danielewski, qui avait aussi pris racine sur le web et dont je t’encourage à te procurer la récente réédition, si ne n’est fait, nonobstant aussi que certaines scènes ne mènent pour l’instant nulle part, parce que les creepypastas sont une auberge espagnole où chacun vient avec ses peurs intimes, pour les tartiner ensuite généreusement sur les murs de sa cellule. Et qu'ici, certaines clés symboliques sont désignées avec ostentation, mais que les portes sont peintes sur les décors, et les serrures ne s'ouvrent pas. Et sur quoi s'ouvriraient-elles, sinon sur d'autres espaces luminaires désaffectés ?
Georges et Louis sont les gars les plus qualifiés pour nous expliquer les rouages secrets des arcanes des Arrière-Salles. J'ai hâte. |
https://www.youtube.com/playlist?list=PLVAh-MgDVqvDUEq6qDXqORBioE4Yhol_z
Mais une fois qu’on s'est dits et redits, pour s'en convaincre et s'en féliciter, que c’était un film sur l’inconscient humain, sur les nouveaux espaces de solitude numérique, que toute l’imagerie des arrière-salles semble vomie par une I.A. malade, que peut-on s'avouer de plus ? Il règne ici la même atmosphère mortifère que dans la dernière séquence de 2001, l'Odyssée d'mes spasmes, le Nameless de Grant Morrison... ou encore l'effroyable vidéo d'Ego sur ce peintre atteint d'Alzheimer : "Visite banale au musée de l'oubli" (pour le coup, rien que de relire le titre m'emplit d'une terreur indicible)
| L' Espace Luminaires du BHV Parly 2 : de l'intérieur, on ne remarque rien. De l'extérieur, encore moins. |
C'est comme sur mon blog : plus il y aura d’explications, moins ça sera réussi. Quand je me contentais de passer des disques introuvables, tout le monde ne s'en portait que mieux. D'ailleurs, je vais en rajouter une couche, avant que la première soit sèche.
| Je viens de finir d'emménager dans les Backrooms, y'a pas de wifi, je vais pouvoir me remettre à lire. |
Ce n'est donc pas un petit exploit d'avoir réuni plusieurs générations de Princes de l'Inquiétude devant un film qui reste un peu léger sur le signifiant qu'il affiche, mais qui déborde d'un signifié qui rend d'abord très triste, puis gravement malade, et après on meurt dans les semaines qui suivent la projection, sans bruit et d'un truc assez rare, une voiture noire s'arrête devant la maison, on y porte discrètement une forme sous une bâche, et on n'entend plus jamais parler de vous. Sauf si j'essaye de comprendre cette définition du wiki qui dit que sessui qui dit qui y est, selon laquelle le signifié est la représentation mentale du concept associé au signe, tandis que le signifiant est la représentation mentale de la forme et de l'aspect matériel du signe. Auquel cas je survis plus longtemps, mais péris d'une attaque cérébrale en méditant aux cabinets sur cette définition, tout en consultant Télérama pour trouver quoi télécharger pour me faire peur la semaine prochaine.


