mercredi 30 décembre 2009

ars longa, vita brevis

J'ai regardé Jusqu'en Enfer de Sam Raimi et je suis assez d'accord avec mon fils et le critique de Chronic'Art pour trouver cela raté.
D'une manière générale je me retrouve assez en confluence avec cette bande de branchouillés parigots qui finiraient chez moi cloués sur la porte d'une grange.
D'ailleurs, le lendemain j'ai regardé Frozen river et crac, pile poil comme Chronic'art.
Et leur critique de AntiChrist de Lars Von Trier m'a semblé si intelligente que ça m'a dissuadé de le regarder. L'an prochain, je me contenterai de lire leur canard, je gagnerai un temps précieux sur celui qu'il me reste à vivre.

mardi 29 décembre 2009

Richard Corben - Monde mutant (1983)


un des meilleurs Corben dans mon panthéon personnel, avec Den et Jeremy Brood : sa maitrise totale et très personnelle de l'aérographe dans le style pompier où il excelle, et les scénarios de Strnad, toujours efficaces.

http://www.megaupload.com/?d=LNFVMNXF

dimanche 27 décembre 2009

The the - Infected : the videos (1986)

En 1986, l'album de The The marqua l'apogée de la carrière de Matt Johnson.
La remarque "Many of the tracks carried on with Johnson's main topics of his feeling of alienation from society as all whole and the melancholy that this generates in young males." concourt pour le prix de l'euphémisme 2012.
Non seulement la bande de tarés avec qui je faisais de la vidéo dans les combles d'une école maternelle de la banlieue parisienne écoutait le disque en boucle en buvant sec et en fumant la chandelle par les deux trous, mais j'avais acheté la VHS des vidéos de l'album, et puis je l'ai prétée à un gars qui est parti monter Taxi Video Brousse sans me la rendre.
A côté de ces clips, Fellini est un cinéaste d'une rare sobriété.
Et on comprend que Matt se soit brisé les dents et cassé les ailes sur les récifs du business sans devenir ni le Bono bis, ni le Muse pas drôle au titre desquels il avait toutes les aptitudes pour parvenir.

http://en.wikipedia.org/wiki/Infected_(album)

http://en.wikipedia.org/wiki/The_The

samedi 26 décembre 2009

"Ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre"

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/26/ce-que-sarkozy-propose-c-est-la-haine-de-l-autre_1285128_823448.html


LE MONDE | 26.12.09 | 14h42 • Mis à jour le 26.12.09 | 15h21

Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).
Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.
Que vous inspire le débat sur l'identité nationale ?
Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.
Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?
Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.
On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.
La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.
On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...
Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.
Comment qualifiez-vous cette droite ?
Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.
Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?
Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.
La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !
Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?
On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.
Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...
Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.
Quels sont les points de comparaison avec cette période ?
Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.
Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.
La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?
Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.
C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...
L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.
Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi

vendredi 25 décembre 2009

Alan Moore + JH Willams III : Promethea #1/12


Chaque fois que j'essaye de lire Promethea en V.O. (achat inconsidéré sur Amazon puisque la fin de l'intégrale tarde à paraitre en France) je cale entre le fascicule 10 et le 12.
Soit entre le moment où la demi-déesse est initiée aux mystères de l'amour tantrique par un mage noir décalqué sur un Jodorowsky décati, et celui où elle fait un voyage à travers les arcanes du tarot qui lui sont explicités par deux serpents pédagogiquement intarissables.

"I believe Promethea may be properly considered as a descendent of religious art: art that can function to inspire spiritual experiences as well as instruct. Although Moore cannot create in a comic book the kind of multisensory input that a worshipper in a medieval cathedral had, the kabbalistic issues of Promethea combine word and image in an intensely experiential way. Each issue, through specialized color palette, unusual layouts, and precisely crafted dialogue and imagery, invites the reader to do more than simply read the book... As Sophie travels through these various levels of consciousness, the reader is encouraged to do the same – to contemplate each page slowly, immersing him- or herself in the complex play of images, words, and colors that capture each issue’s unique state of mind. Although these issues tell a story as well as attempt to educate, they also serve the unusual purpose of being meditational tools, triggers for altered states of consciousness. As he told Comic Book Artist in an interview published in June 2003, Moore wrote many of these issues in a state of ritual meditation. In order to describe each of the kabbalistic states of consciousness that Sophie and Barbara would explore, he sought to achieve them, and to produce his art as an expression of that state. “What you were seeing in the comic is not the report of the magical experience,” he told CBA. “It was the magical experience” " - Christine Hoff Kraemer, From "Promethea : Comics as Spiritual Tool" “I diverge from a lot of magicians who feel that to work magic is to become a god, whereas I’d say that to work with magic is to become a complete human being. I think that it grounds people to reality. People might think that statement is strange, when we’re talking about something that’s infested with gods and demons. For me, magic isn’t about new alien worlds, it’s about different ways of seeing this world and those ways of seeing it are often more sophisticated than current methods." - Alan Moore, The Tripwire Interview, 2001

Copieux et roboratif, mais souvent bourratif aussi, pour mon niveau d'anglais et de pratique spirituelle. Un peu comme si Pline Junior se lançait dans la bédé après avoir bu deux caisses de Monster Energy Drink.
Mais au moins c'est pas un nivellement par le bas.
Et Moore n'est pas le seul sur ce terrain de la panspiritualité, dont Blanche Neige et les sept chakras offriraient une version moins ludique.


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jeudi 24 décembre 2009

Warren Ellis : Anna Mercury #1 (2008)

Télérama et Courrier International ont fait des numéros doubles pour Noël, je vois pas pourquoi je m'en priverais maintenant que ma connexion est redevenue normale, en attendant Hadopi.

Anna Mercury is a leather-clad, red-headed hero who travels between parallel worlds, fighting to keep advanced weaponry from being used by more primitive worlds.

On Earth, in the modern day United Kingdom, Anna Mercury is actually Anne Marie Britton, an agent of the government, tasked with missions in the five parallel worlds adjacent to our own. Anna's travels through the space between worlds charges her equipment that lets her defy gravity, move through solid objects, and perform other feats, though the energy is limited and must be monitored closely.

(from the wiki)

C'est la fête !

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Richard Corben : une femme bafouée (1980)


Yipie yeah !
Un vieux Corben bien laid de derrière les fagots pour fêter le déblocage de la DLM qui pourrissait ma ligne Orange depuis 3 mois, débridée grâce aux conseils des hotliners anonymes.

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mercredi 23 décembre 2009

le grenier de mamie Ninja


Mamie Ninja (tune) fait des yaourts qui piquent les yeux, bien plus que ceux de mamie Nova (tunes).
Passque c'est déjà l'heure d'avoir la nostalgie des bons produits qu'elle mettait dedans, et qui faisaient tousser.
"I remember this CD was given to me by Ollie Teeba of The Herbaliser while we were smoking black hash on the staircase of Prague's Roxy before their gig."
Great blog, and great stuff, comme on dit dans l'Aveyron.
N'oublions pas que la nostalgie n'a qu'un seul argument, qu'elle nous ressasse inlassablement : c'était bien parce qu'on était jeunes !
sous-entendu plus jeunes que maintenant.
De demain elle ne veut rien savoir, et pour cause.

samedi 19 décembre 2009

Alan Moore + Juan Jose Ryp : Another suburban romance (2003)


Dans un vieux Métal Hurlant, Joe Staline disait de Manara que c'était un Moebius de Prisunic.
Et encore, c'était du temps de ses premiers albums chez Casterman, largement art et essai par rapport à ce qu'il a fait ensuite.
Bref.
Allez, quand il est en noir et blanc, on voit bien ce que Ryp est à Geoff Darrow ... on se demande comment il fait pour évaluer la profondeur de champ de ses différents plans image tant tout semble au même niveau avant la mise en couleurs.
...et Alan Moore en roue libre, débauché par Warren Ellis pour aller faire du nimporte naouak chez Avatar Press en recyclant ses fonds de tiroir...
heureusement que je suis un archiviste aux idées larges.

jeudi 17 décembre 2009

Guy Béart n'est pas mort

Revenons quelques minutes à notre coeur de métier : l'exhumation de tarlouzeries sonores, tel le disciple besogneux de Philippe Meyer que nous sommes en puissance.
Guy Béart est manifestement un des grands oubliés de ce blog tombal, et pourtant il n'est pas mort.
Il a dit merde au show-biz, ce qui était la seule rock'n'roll attitude !
comme c'est expliqué ici.


J'aimais bien Guy Béart quand j'étais petit, en particulier ces deux albums, plein de chouettes chansons, que mes parents avaient achetés plein d'enthousiasme bien avant le ratage du programme commun d'union de la gauche, et qu'ils jouaient sur leur électrophone de jeunes mariés jusqu'à des heures indues.
On entendait Guy Béart à la fête de l'huma et au grand échiquier.




Onfray missait devant ses engagements, ses révoltes qui devenaient nos colères par capillarité, les vélos avaient encore des pneux pleins et on pensait en anciens francs.
Faut pas vieillir, comme disait ma grand-mère juste avant de ravaler son bulletin de naissance.
Plutôt que le "Béart d'hier et d'aujourd'hui" qu'on trouve un peu partout dans les illicites officines, j'ai trouvé une compile "perles isolées", concoctée par un fan.

mercredi 16 décembre 2009

Richard Corben - Solo (2005)


Des travaux récents, et en français.
Scans soignés, par un fan méticuleux.
Prix à débattre.
J'ai aussi trouvé un site exhaustif.

mardi 15 décembre 2009

Mathieu Kassovitz : « L'Hadopi ne protège que l'industrie »

Dans une interview à lire sur SVM Mac de ce mois-ci (page 23), Mathieu Kassovitz parle de sa passion pour les nouvelles technologies, son histoire personnelle avec l’informatique, la découverte des ZX 80, les Mac, les PC, etc. Mais le réalisateur donne aussi son avis sur Hadopi, ou ce qu’il en reste.

On le voit rapidement, on est loin des discours du SNEP, de Nicolas Seydoux, président de Gaumont, et de bien d’autres : « je n’ai jamais rien dit sur le sujet, mais pour moi c’est une connerie. L’industrie s’est baisée depuis qu’elle est passée au numérique. (…) [Elle] ne s’est pas projetée dans dix ans avec un internet dix fois plus rapides, des ordinateurs cent fois plus puissants et des DVD copiables en quelques minutes. J’en ai parlé avec Steven Spielberg et d’autres grands réalisateurs américains. Ils dépensent des centaines de millions de dollars afin de trouver une parade contre des petits mecs de quatorze ans qui démonteront leur DRM en quelques minutes ! En plus, Hadopi ne peut fonctionner, car le vrai piratage consiste à se refiler des disques durs remplis de vidéos ripées ». Une activité qui devrait redoubler d’intensité depuis que l’État a autorisé les sociétés de surveillance privées à scruter les faits et gestes de millions d’utilisateurs sur le Net.

« L’Hadopi ne protège que l’industrie »

Mathieu Kassovitz poursuit dans la même veine : « dans le débat sur Hadopi, à travers le Sénat et l’Assemblée nationale, l’industrie a voulu faire passer le message : « si vous aimez les artistes, ne piratez pas ». Mais ce ne sont pas les artistes qui en prennent plein la gueule. Ils perdent un peu, mais ils restent très bien payés. L’Hadopi ne protège que l’industrie. ». Jaimelindustrie.fr plutôt que Jaimelesartistes.fr.

« Il y a des films qui ne se piratent pas. Ça n’aurait aucun intérêt de voir Avatar sans relief. Les films de Jaoui et Bacri ne sont pas concernés non plus : ils s’adressent à un public qui ne pirate pas. Et enfin, les films à succès comme Spiderman ne vivent plus des entrées en salles, mais de la vente de produits dérivés. A partir du moment où un film est amorti, il devrait devenir gratuit. Au lieu de faire de la répression, on devrait améliorer l’offre et la rendre accessible à tous. ». Alors que peut faire le monde du cinéma ? Non pas jouer avec les DRM, la fenêtre des médias, mais tout simplement de faire de bons films : « si tu fais un chef-d’œuvre, il sera piraté, mais le public ira quand même le voir en salle ».

« C’est juste dégueulasse. Je ne peux cautionner cela. »

« Je pirate aussi, mais cela me sert à me faire une idée sur un film. S’il me plaît, je l’achète en Blu-ray pour me faire une vraie séance de cinéma à la maison ». Certes, acheter des Blu-ray en fonction de ses envies est un petit luxe pour beaucoup de personnes mais le réalisateur de La Haine rétorque justement que : « l’industrie s’est baisée elle-même, alors ça ne sert à rien de taper sur des mômes de quinze ans. Et puis, à 10 euros la place de ciné, à 30 euros le Bluray et 20 € le DVD, faut pas s’étonner des conséquences. C’est dégueulasse de leur mettre cela à portée de main et de leur dire que c’est interdit. Le gamin qui est à 70 bornes d’une salle ou qui n’a pas d’argent, on lui dit « si tu télécharges District 9, tu vas aller en prison ». C’est juste dégueulasse. Je ne peux cautionner cela. » Suite à des problèmes avec la production, le réalisateur avoue avoir été à deux doigts de balancer gratuitement sur internet son film Babylone A.D., une décision impossible contractuellement.

lundi 14 décembre 2009

"Se réjouir, c'est légal, ce n'est pas de l'incitation."

Le Parti pirate à l'abordage de l'Europe
LE MONDE | 12.12.09 | 14h31 • Mis à jour le 13.12.09 | 09h19

En cet été 2009, une élection législative partielle se prépare dans la 10e circonscription des Yvelines (Rambouillet). Huit candidats se présentent, dont Maxime Rouquet, 23 ans, ingénieur informatique travaillant dans le jeu vidéo. Il est le candidat officiel du Parti pirate, groupuscule inconnu du grand public, mais célèbre auprès des jeunes internautes en révolte contre le projet de loi Hadopi, qui réprime les téléchargements illicites sur Internet. L'élection des Yvelines tombe à pic, car "Hadopi 2" arrive à nouveau devant le Parlement.
M. Rouquet est novice en politique : "C'est Hadopi qui m'a décidé à m'engager. Un texte injuste, mal fichu, techniquement irréaliste." Au printemps, pour essayer d'en savoir plus, il était allé assister aux débats parlementaires : "J'ai été atterré par l'absentéisme des députés, et leur suivisme. Beaucoup ne savaient pas ce qu'ils votaient. J'ai compris que la seule façon d'intervenir efficacement, c'était la voie politique directe."
Il entre en contact avec le Parti pirate de France - une communauté de quelques centaines de jeunes passionnés, très vivante sur Internet mais existant assez peu dans le monde réel. Cette fois, les militants décident de soutenir l'initiative de M. Rouquet et de son colistier Laurent Le Besnerais, un informaticien au chômage de 34 ans. Les deux hommes se lancent dans la bataille de Rambouillet avec une poignée de militants. Ils font surtout campagne sur Internet, car c'est gratuit. Seule vraie dépense, les bulletins de vote, qu'ils paient de leur poche.
Au premier tour, le 17 septembre, M. Rouquet obtient 472 voix, soit 2 % des suffrages. Or les sondages indiquent que, pour le second tour, le sortant Jean-Frédéric Poisson (UMP) et la candidate écologiste Anny Poursinoff sont à égalité. Aussitôt, les Verts viennent rappeler à M. Rouquet qu'ils se sont toujours opposés à la loi Hadopi, mais M. Poisson contre-attaque en faisant savoir que lui non plus n'était pas favorable à cette loi, et qu'il n'a pas participé au vote. Du coup, les pirates ne donnent pas de consigne de vote pour le second tour. M. Poisson l'emporte avec cinq voix d'avance. Pour M. Rouquet, le bilan est clair : "Si je m'étais désisté en faveur des Verts, ils auraient sans doute gagné. Le Parti pirate a prouvé qu'il pouvait peser sur les événements."
Tout en étant autonome, le Parti pirate de France se considère comme la section française du Parti pirate international (PPI), présent dans une trentaine de pays en Europe. Les leaders incontestés sont les Suédois, qui ont créé le mouvement dès 2006. Un an plus tôt, le gouvernement suédois, après des années de laisser-faire, avait fait voter une loi réprimant le partage de fichiers sur les réseaux peer to peer - notamment le site de partage The Pirate Bay, l'un des plus actifs du monde. Or cette loi, puis les poursuites entamées contre The Pirate Bay déclenchent une révolte profonde au sein de la jeunesse suédoise.
En quelques mois, le mouvement spontané débouche sur la création d'un vrai parti politique, qui, par défi, reprend le nom de "pirate". Très vite, il s'implante dans toute la Suède et se dote d'un programme ambitieux, fondé sur la défense des libertés individuelles et la libre circulation de la culture sur Internet. Fin 2009, il compte plus de 50 000 membres, ce qui en fait le troisième parti suédois en nombre d'adhérents, loin devant les Verts. Il a aussi une association de jeunesse, agréée et subventionnée par l'Etat. Aux élections européennes de juin 2009, il remporte 7,1 % des voix. Sa tête de liste, Christian Engström, un informaticien de 49 ans, patron de PME et ancien membre du Parti libéral (centre droit), est élu député.
Depuis juillet, M. Engström est installé dans un bureau anonyme de l'immense bâtiment du Parlement européen de Bruxelles. Seul signe distinctif, il a accroché au mur le fier étendard de son parti : sur fond violet vif, une voile de navire noire, comme celles des pirates du temps jadis. Sur la question des téléchargements, M. Engström est très subtil : "En tant qu'élu, je n'ai pas le droit d'inciter les citoyens à commettre un acte illégal, mais je peux me réjouir de voir que, partout en Europe, on continue à partager librement des oeuvres culturelles sur Internet. J'ai vérifié : dans mon pays, se réjouir, c'est légal, ce n'est pas de l'incitation."
M. Engström siège au comité de conciliation entre le Conseil et le Parlement chargé de finaliser la grande directive sur les télécoms. Selon lui, dans sa dernière version, le texte européen rend la loi française Hadopi inopérante : "Il exige que chaque accusé soit présenté devant un juge, qui devra l'entendre. Cela va considérablement ralentir la procédure, sans doute la paralyser." Plus généralement, M. Engström se bat pour instaurer des mesures juridiques et techniques qui protégeront la vie privée et l'anonymat des internautes européens.
Il imagine déjà une vaste réforme des lois sur la propriété intellectuelle, visant à démanteler un système jugé obsolète et injuste. Il reconnaît l'utilité des copyrights sur les oeuvres culturelles dans le cadre des échanges commerciaux, mais à condition que leur durée ne dépasse pas cinq à dix ans. Au-delà, c'est le domaine public qui est spolié par les intérêts privés. En revanche, pour les échanges non commerciaux, y compris le partage sur le Net, il prône l'abolition pure et simple du copyright. Quant au droit d'auteur à la française, il s'attend à le voir disparaître à brève échéance : "L'Europe a besoin d'un marché unique et d'une législation harmonisée dans le secteur culturel comme dans les autres."
Le Parti pirate suédois militera aussi pour la disparition progressive des brevets industriels, accusés de freiner la diffusion des connaissances, d'entraver l'innovation, et de servir surtout à préserver des monopoles et à enrichir les cabinets juridiques. Depuis Bruxelles, il va soutenir les pays comme l'Inde, qui approvisionne le tiers-monde en médicaments à des prix abordables, sans toujours respecter les brevets des laboratoires pharmaceutiques occidentaux : "Si les pays riches réussissent à bloquer ces livraisons, des millions de malades pauvres mourront. Nous serons tous coupables de meurtre de masse."
Avec la ratification du traité de Lisbonne, la Suède dispose depuis le 1er décembre de deux sièges supplémentaires au Parlement européen. L'un d'eux revient à la responsable de l'association de jeunesse du Parti pirate, Amelia Andersdotter, qui était en deuxième position sur la liste pour les élections européennes. Quand elle dit à des inconnus qu'elle est députée européenne, personne ne la croit : "Ça vient encore de m'arriver avec un douanier suisse et un producteur de la BBC", explique-t-elle dans un éclat de rire. Les incrédules ont des excuses, car, à 22 ans, Mlle Andersdotter a gardé l'allure et la garde-robe d'une lycéenne espiègle et insouciante : "Je n'étais même pas volontaire, ma candidature a été proposée par des amis. Ma vie va changer."
Mlle Andersdotter prend son nouveau métier au sérieux. Elle a interrompu ses études de mathématiques et envisage de s'installer à Bruxelles. Elle a déjà choisi ses dossiers prioritaires : limitation du copyright, mais aussi encadrement plus strict des fichiers de police, meilleur transfert des technologies vertes vers le tiers-monde : "En s'intéressant aux politiques de l'information au sens large, on touche à presque tous les domaines." Mlle Andersdotter pense déjà aux élections législatives suédoises de septembre 2010. Elle sait que son rôle sera déterminant : "Si, d'ici là, le Parti pirate prouve qu'il est efficace au sein des institutions européennes, nous allons gagner encore beaucoup de voix."
L'exemple suédois a inspiré les jeunes de toute l'Europe du Nord, à commencer par l'Allemagne. A Berlin et à Hambourg, le terrain était favorable : les clubs politico-informatiques comme le Chaos Computer Club et les "hackers spaces" (espaces de création et de recherche numériques ouverts à tous) y ont pignon sur rue depuis des années. Aujourd'hui, avec près de 12 000 membres, le Parti pirate allemand est le deuxième d'Europe. Dans plusieurs villes, des cadres aguerris du parti des Verts démissionnent pour rejoindre cette nouvelle avant-garde. Les pirates allemands se préparent à présent pour les élections régionales de Rhénanie-Westphalie en mai 2010. Ils s'attendent à faire un bon score, car, dans cette région, les jeunes peuvent voter dès l'âge de 16 ans.
En France, les progrès sont plus modestes, mais l'élection des Yvelines a changé la donne. En octobre, le Parti pirate a déposé ses statuts, pour avoir enfin une existence légale. Le trésorier, Valentin Villenave, un professeur de musique de 25 ans, explique que le plus dur a été d'ouvrir un compte en banque : "En France, avec un nom comme le nôtre, on n'est pas accueilli à bras ouverts par les banquiers. Il a fallu faire intervenir la Banque de France." Les adhésions sont ouvertes, mais, dans un premier temps, les responsables ont décidé de filtrer les candidatures. M. Villenave explique que cette prudence est indispensable : "Nous avons été victimes de plusieurs tentatives de prise de contrôle par des militants de partis de gauche, puis de droite. En un sens, c'est la preuve que nous sommes devenus un vrai enjeu, mais nous sommes encore fragiles, nous devons nous protéger."
Malgré le manque d'effectifs, les pirates français essaient de s'organiser pour les régionales de mars 2010, et espèrent monter des listes notamment en Bourgogne et en Ile-de-France. Ils vont peut-être recevoir un peu d'aide de l'étranger, car les militants européens ont décidé de se réunir en congrès à Bruxelles en février 2010, pour donner au PPI une existence légale, et en faire un organe de coordination permanent. Ensemble, ils rêvent de créer le premier vrai parti paneuropéen.

Yves Eudes

... et moi je dis qu'en termes de programme politique, le programme pirate c'est quand même le nivellement par le bas, surtout quand on voit ce que les pirates se partagent sur les plateformes dédiées...
...d'un autre côté, ils partageraient "mettez ici vos contenus culturels préférés", ça serait carrément immoral et surtout vos artistes préférés crêveraient la dalle si ce n'est déjà fait.

samedi 12 décembre 2009

Petit plaisir


Qu'est-ce qu'on se fait chier pour pas grand chose !
Des fois le bonheur c'est simple comme d'écouter Miles juste avant d'aller au lit.

http://bravojuju.blogspot.com/2007/12/miles-davis-big-fun-1974.html

vendredi 11 décembre 2009

L'ange du bizarre

Tiens, en évoquant le Maneuvre de la belle époque, j'ai eu une association d'idée, comme Lucky Luke et Rantanplan.
J'aurais dû me douter qu'un geek de la première heure comme Dionnet aurait un blog...
Passionnant et érudit comme il se doit, on n'attendait pas moins d'un gars chez qui on a appris à lire.

http://www.humano.com/blog/l-ange-du-bizarre

jeudi 10 décembre 2009

Warren Ellis/Suart Immonem : Nextwave #01 - Director's Cut (2006)

Hi.
Du Warren Ellis rigolo.
Un peu de light dans son lourd.
No kidding.
Plus ça va, plus on dirait que le Philippe Manoeuvre early 80's (le rédac-chef de Metal Hurlant qui signait ses éditos au chalumeau et qui critiquait les albums de Motorhead comme personne dans Rock et Folk ) qui sommeillait en Warren Ellis prend la place du fin lettré qui brocardait naguère la mythologie des super-héros.
Enfin, Warren Ellis n'a jamais été un fin lettré (quoique, en lisant son blog, on trouve des traces de culture autre que geekienne) mais vous voyez l'idée.
Bon, enfin, en anglais ça conserve un certain charme, surtout avec tous les mots qu'on comprend de travers. Un peu comme quand on écoutait Genesis en 73, quoi.

mardi 8 décembre 2009

Envoyé Spécial sur Hadopi (novembre 2009)

http://www.pcinpact.com/actu/news/54213-hadopi-odebi-envoye-special-reportage.htm

Pire que le ton des reportages : les effondrements économiques induits, et l'effet miroir (pour avoir pris une part active à ces effondrements.)
Bon, on a jusqu'à fin décembre pour se bourrer les disques durs, après faudra admettre que l'idée de visiter tous les jours la Fnac sans passer par les caisses, avec cet esprit revanchard qui consiste à se dire qu'on amortit l'investissement (les disques durs et autres lignes à haut débit, plus les différents appareils pour aller de l'ordi à la télé HD, les disques vynile rachetés en compact disc et les films VHS en DVD et bientôt en Blue-Ray), ça pouvait pas durer comme les impôts.
Et en triant du courrier périmé, je retombe sur cette assertion de ma gourette, qui m'évoque immanquablement des tas de gens :

"Ces gens souffrent vraiment mais il est absolument impossible de les aider en quoi que ce soit, parce que ce qui les fait souffrir, c’est leur arrogance. C’est l’arrogance qui empêche de se réconcilier avec ses enfants alors que ce serait peut-être le moment d’y songer. C’est l’arrogance qui empêche de s’intéresser aux enseignements, qui sont la seule chose qui pourra nous aider une fois qu’on sera mort. C’est l’arrogance qui fait que si on rencontre quelqu’un qui pourrait nous aider, ça ne marchera pas. Comme le dit un ami : « Si tu mets la tasse au-dessus de la cafetière, c’est forcé que ça te tombe sur les pieds »

dimanche 6 décembre 2009

Bernard Lavilliers - Nuit d'amour (1981)

Que Nanard n'est-il décédé au cours de ce stupide accident domestique avec une brune chargée !
Il ne cherchait qu'à la nettoyer quand le coup est parti.
Bref.
Ici il y a du meilleur et du moins bon.
J'étais là, j'ai tout vu, et aussi vrai que j'ai bac plus douze en lavillierologie early-eighties, c'est vrai que Bernard inventa ici le rap, avec son bataclan de boites à rythmes sur NightBird, et ce au moins cinq ans avant tout le monde, même si les lyrics - inspiration poussive polar Los Angeles, l'album est enregistré là-bas - flirtent un peu avec le ridicule et la posture, et que les fans de la première heure commencent à tousser : c'est le début de la chucknorrisation de notre ancien camarade de la LCR.
Mais il y a l'étonnante reprise des Barbares (le morceau) relooké métal flippé, avec l'aide des complices de toujours. Il y a Betty, où l'émotion n'est pas feinte.
Pour le reste, il y a du n'importe quoi plus ou moins inspiré.
Mais il faut bien être quand on a été, j'aimerais vous y voir !

Faut-il ou non se faire vacciner contre la grippe ?

Un article qui récapitule les enjeux et les conséquences de la vaccination, remarquablement clair et précis si on prend le temps de le lire.
http://www.atoute.org/n/article134.html

samedi 5 décembre 2009

Spacious Thoughts (N.A.S.A, 2009)

Spacious Thoughts from Anti Records on Vimeo.


Un joli clip à regarder en HD sur le site de Tom Waits.
Les graphistes contemporains sont vraiment les rois du pétrole, en attendant qu'il n'y en ait plus.
Si ça ne vous nique que les yeux, vous aurez de la chance.
Mais c'est une expérience à tenter.
Tout comme l'hallucinant (comme disent les toxs) Mind Games, regardé hier soir suite aux prescriptions de Catsuka.

C'est quelque chose comme les voyages d'Hector Kanon dans les bardos, dessiné par toute la bande de la Lucha Libre, si c'était possible.

vendredi 4 décembre 2009

Cliff "Ukelele Ike" Edwards - I'm A Bear in a Lady's Boudoir (2007)

http://en.wikipedia.org/wiki/Cliff_Edwards


Label: AIRAC Records
Catalog#: AIRAC-1322
Format: mp3/320
Released:2007

Tracklist:

01. I'm A Bear In A Lady's Boudoir (2:36)
02. Hard Hearted Hannah (3:05)
03. For No Good Reason At All (2:48)
04. I'll See You In My Dreams (3:02)
05. Charley, My Boy! (2:59)
06. Who's The Meanest Gal In Town, Josephine (3:07)
07. Stack O'Lee Part 1 (2:45)
08. Stack O'Lee Part 2 (2:34)
09. Insufficient Sweetie (3:06)
10. Alabamy Bound (2:44)
11. It Had To Be You (3:29)
12. I Want To Walk Again Blues (2:53)
13. California (2:50)
14. I'm Going To Give It To Mary With Love (2:54)

Recordings from 1920's -1930's.

Cliff Edwards (June 14, 1895 – July 17, 1971), also known as "Ukelele Ike", was an American singer and voice actor who enjoyed considerable popularity in the 1920s and early 1930s, specializing in jazzy renditions of pop standards and novelty tunes.
He had a number-one hit with "Singin' in the Rain" in 1929.
He also did voices for animated cartoons later in his career, and is best known as the voice of Jiminy Cricket in Walt Disney's Pinocchio (1940).

Cliff Ukelele Ike Edwards - I'm A Bear in a Lady's Boudoir.rar