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vendredi 9 octobre 2026

Hubert-Félix Thiéfaine en concert à Montbéliard (1986)

Le Figaro a toujours soutenu les losers,
c'est ça la rock'n'roll attitude de la street press.
Fillon fut un des premiers fans d'Hubert-Félix, 
je l'ai vu pogoter à mort au Grand Odéon en 83.

J'apprends la fin prochaine de Hubert-Félix Thiéfaine par Le Figaro, journal connu pour son soutien inoxydable au chanteur surréaliste et radicalisé depuis tout petit, dont les plus vieux lecteurs du journal apprécient le nihilisme constructif depuis 45 ans, en sniffant de la colle à papiers peints dans un sac en plastique à tous ses concerts, entre deux numéros spéciaux de leur magazine préféré consacrés aux meilleurs placements financiers de bons pères de famille, en général des sociétés d'armement, et aux petits soucis de leurs politiciens favoris avec la justice.
Plutôt que se laisser abattre par la maladie mortelle qu'est la vie, et qu'il a contractée dès la naissance, Thiéfaine se lance, à 78 ans, dans une tournée d’adieux. Mais ça fait déjà 45 ans qu'il écume le pays ! Os court !
Bien que la chanson « Alligators 427 » n’ait rien perdu de son actualité depuis sa création en 1978, je ne me vois pas aller reprendre au refrain "Vive la mort !" avec une poignée de septuagéneurs, dans un quelconque Zénith de province. Il y a un temps pour tout.
Le plus bel âge pour écouter Thiéfaine, c'est la fin de l'adolescence, entre le bac et la fac. 
Xavier Gorce über alles (2006)
Pour les jeunes qui ont la chance de pouvoir faire des études et écouter quelques disques avant de pointer au chômage, d'aller casser du bitcoin dans les mines de télétravail ou de partir sur le front de l'Est (spoil : prochainement). Je le dis pour ceux qui se font matraquer et mutiler par les keufs ces jours-ci, Thiéfaine est un remède à l'âme et un baume à l'arnica sonore qui apaise bien des brutalités policières. Et puis, c'est le chainon manquant entre Lautréamont et Guy Debord. Que n'est-il déjà dans les manuels scolaires du XXIème siècle ? 

Les lycéens demandent juste des profs pour décoder Baudelaire,
Thiéfaine et Victor Hugo sans utiliser l'I.A.

En garde à vue, plus aucune distraction à base de réseaux sociaux ne nous empêche de réécouter "Autorisation de délirer " dans le calme retrouvé de notre cellule. 
Si j'étais condamné par la médecine, je ne crois pas que je ferais une tournée d'adieux, en reprenant mes meilleures blagues de blog depuis 25 ans, comme lors de ces célèbres numéros de stand-up assis qui ont forgé ma légende d'employé du mois à la boite. 
Je préfèrerais partir dans les iles et y suspendre mon hamac entre deux arbres, en mettant un vieux Steve Roach sur le Teppaz. 
J'essayerais de défusionner de mon imaginaire, tant qu'il est encore temps. 
J'ai entendu dire qu'après la mort, c'était plus compliqué. 
En démarrant cette tournée comme s'il voulait se prodiguer des soins palliatifs à lui-même, Thiéfaine s'inflige, par pure provocation, de s'auto-séquestrer au bureau jusqu'à ce que mort s'ensuive. C'est peut-être un chantage à Dieu, mais je trouve ça un peu triste. Faut-il qu'il soit accro à la reconnaissance du public ! en plus, en tant que fan, aller le voir parce qu'il va mourir, tu pars déjà sur une base morbide. Sétoupouri. Vive l'amor. 
En réécoutant "Narcisse 81", (Y a des traces de pneu sur ton flip / Et ta p'tite soeur qui s'tape ton fixe), je finis par accoucher sans faire exprès et sans péridurale d'une importante définition : "Est narcissique celui qui, n'ayant trouvé personne à aimer aussi fort qu'il aimerait qu'on l'aime, se charge de faire le boulot tout seul."

Ptiluc, "Ni Dieu ni Bête" (1986)

L'attitude juste, avant même que la mort nous mette la pression pour rendre notre âme dans un état décent, me semble celle rapportée par mon frangin, qui évoquait hier soir, à propos de mes travaux sur le narcissisme, que j'avais déjà colportés via l'éther à 135 correspondants triés sur le volet, l'immense Gregory Perelman, qui avait répondu aux journalistes souhaitant l'interroger sur ses refus des multiples prix, récompenses et médailles internationales et millions de dollars associés que le monde des mathématiques voulait lui décerner : "Laissez-moi tranquille, je suis en train de ramasser des champignons"

Voilà, pour l'essentiel de mes réactions à froid. 
Dans ma life, je n'ai guère le temps de regretter Thiéfaine, même s'il me manque déjà. 
Au pire, on se recroisera plus tard dans la ruelle des morts.

Et maintenant, Les documents de la mère Docu : j'ai exhumé une émission de la télévision française de 1986 inédite sur Youtube, comme on dit.

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Titre : Hubert Félix THIEFAINE en concert à Montbéliard

Date de 1re diffusion : jeudi 15/05/1986

Durée : 00:43:30

Résumé / Description de l'extrait : Portrait d'Hubert Félix THIEFAINE et extrait d'un concert de la tournée 1986 à Montbéliard.

Oeuvres : Hubert Félix THIEFAINE chante Lorelei, les dingues et les paumes , Stalactite, la femme de Loth, Soleil cherche futur, Mathématiques souterraines, le chant du fou, Nyctalopus airline, Psychanalyse du singe, et Autopsie rock.

https://adilo.bigcommand.com/watch/JOtnaYfc

[Edit]

L'Observatoire d'évolution des radicalités hybrides (OERH) nous signale que pour un Thiéfaine, dont la revanche narcissique est assez réussie, vu qu'il a crevé la dalle dans sa jeunesse avant de triompher auprès de jeunes attirés par son romantisme polychrome et désespéré, combien d'individus ont basculé vers l’extrémisme violent ?
L'oeuvre d'Hubert-Félix est avant tout un arsenal défensif qui vise à protéger l'auditeur contre un sentiment de non-existence subjectif. Pour moi, ça a été efficace, à un moment où c'était difficile de ne pas non-exister.
cf cet article du Monde :

mercredi 9 avril 2025

Manuscrit retrouvé par un robot dans une poubelle (2970)

2009 : 
La multinationale du recyclage des ordures qui a séquestré des publicitaires jusqu'à ce qu'ils accouchent du génial slogan "faire du déchet une ressource" franchit une nouvelle étape : je réalise sous leurs ordres un film institutionnel à la gloire d'une innovation qui agite le petit monde des camions-poubelles, et je découvre stupéfait d'indignation que les technocrates ont décidé de continuer d'asservir les humains à leur propre technologie, en robotisant la collecte des ordures ménagères. Tout progrès technique au coût exorbitant est désirable, s'il permet d'économiser un salaire. Les résultats sont pour l'instant tellement désastreux que je réalise un bêtisier, que je diffuse sous le manteau, en ricanant très fort.


Un ami dont j'ai oublié le nom mais dont je reconnais le style acerbe (aux Croates) commente sobrement : "5000 ans après la roue, l'homme invente donc la machine à renverser les poubelles. Une étape cruciale dans l'évolution du chat et du chien, surtout s'ils passent à proximité."
La phrase finale de l'interview ratée résume bien le biais communicationnel : "dis-moi ce que tu veux que je te dise, sinon je vais te dire la vérité." 

2025 : 
Je retrouve ce bêtisier du film, qui préfigure les âneries de l'Intelligence Artificielle, au fond d'une boite mail de 20 Gigas que j'essaye de nettoyer de ses bourrelets disgracieux. J'ose espérer, sans doute un peu naïvement, que le projet d'automate collecteur de poubelles a été complètement abandonné, mais en trois clics, je découvre qu'en fait, non. 


Les robots de collecte pilotés par I.A. passeront un de ces jours devant chez vous pour égorger vos animaux familiers, vos fils et vos compagnes, qui étaient sorties précipitamment déposer le bac sur la chaussée en voyant le camion arriver du bout de la rue, réalisant d'un coup qu'on était déjà mardi matin et que leur vieux mari cancéreux ne s'était pas acquitté de cette tâche qu'il assume d'habitude lundi soir. 
Comme l'a prédit Thierry Nutchey dans sa nouvelle "Je ne suis plus possible !" disponible dans le numéro 6 de VUPP disponible ici légalement et gratuitement, (et dépêchez-vous d'en profiter avant qu'Internet devienne payant et soit entièrement rédigé par des I.A.) l'extinction de l'espèce humaine ne sera pas la fin de toute civilisation sur terre :   

"Le monde tournait en mode automatique, machinal, réglé partout au millième de seconde, sécurisé, dirigé par un réseau d’organes programmés ultra-vigilants qui se surveillaient les uns les autres. La technologie s’occupait finalement de tout et rien ne pouvait lui échapper (...) Les industries continuaient en l’absence des humains à innover et produire comme elles avaient appris à le faire, à flux tendu, qui recyclaient la nuit ce qu’elles avaient fabriqué le jour, déterminées, conscien- cieuses, ivres de leur efficacité, portées par des machines fidèles et joyeuses qui s’autoperfectionnaient et s’autocongratulaient inlassablement, qui s’offraient des «œuvres d’art continuelles», des pensum de «rétrophilosophie», des «musiques absurdiques», simples déglutitions mathématiques à prétention esthétique qui recréaient et déclinaient en contre poids une certaine envie pour l’invraisemblance et un aléatoire subjectif étroitement calculé. La machine profitait d’un système d’autant plus redoutable qu’il savait tout faire et ne comprenait rien. Les algorithmes aux commandes avaient aboli le risque, le danger, l’intempestif, avec une précision absolue. Pour ma propre fin, il fallait attendre désormais que les centrales de production d’énergie à fusion thermonucléaire s’éteignent d’elles-mêmes, que cessent leur combustion et leur miraculeuse production. Que s’arrêtent un jour les machines. Les hommes étaient partis en laissant la lumière allumée, leurs créations tourneraient encore sans eux pour des siècles et des siècles. Je n’étais plus possible et ne pouvais compter sur aucune panne."

Je pense comme lui que ça risque de finir comme ça, dans un triste clignotement de machines qui s’enculent. Bien sûr, ça me fait un peu rêver, moi qui n’ai plus de prostate, mais pas tant que ça. Les I.A. non plus, n’ont pas de prostate. Et elles simulent une empathie qu’elles sont bien incapables d’éprouver, ces grosses putes. Pour s'en convaincre, on peut suivre le blog le blog d'Olivier Ertzscheid, ou lire son dernier livre « Les IA à l’assaut du cyberespace »,

2970 :
La messe est dite, et les carottes sont cuites.
le dernier robot de collecte de chez Veolia n'est pas encore tout à fait au point :
certains déchets parviennent à s'enfuir par les égouts. Mais nos ingénieurs sont sur le coup.
(Tardi, in Metal Hurlant Canal Historique n°9, 1976) 

lundi 3 avril 2017

Nino Ferrer - Ma vie pour rien (1965)



Palme d'or de la chanson dépressive, toutes périodes confondues.
Nominée au festival de la Ritournelle Nihiliste au festival du Burn-out de Villeneuve-la Vieille, et coiffée au poteau par l'intégrale de Gérard Manchié.
C'est trop la chance à pas d'bol.
Mes parents m'ont offert le disque de Nino quand j'avais 5 ans, je ne m'en suis toujours pas remis.
Aux dernières nouvelles, lui non plus.


En 1965, Nino Ferrer invente le 45 Tours à guillotine.
Le principe est simple : tu mets ta queue dans le trou central,
et tu refermes violemment le mange-disques.
Des heures de rire aux urgences en perspective.


dimanche 8 février 2015

Daniel Lanois – Flesh and Machine (2014)

Je n'avais plus pris de nouvelles de Daniel Lanois depuis son premier album solo, Acadie, en 1989, qui me plaisait bien, mais je l'ai beaucoup écouté dans une mauvaise période de ma vie où j'étais très souvent pris de boisson, alors que lui n'était cajun.
Donc j'avais pas trop envie que ça me remonte par la tuyauterie, une fois que j'eus cessé de rendre à Jacob Delafon ce qui lui appartenait.
Et puis j'avais lu une critique comme quoi il n'était pas terrible, son dernier album, à Lanois.
Pourtant, sa carrière de producteur me laisse pontoise. Et j'ai quelque part dans mon disque dur trois side projects de lui à écouter.

Celui-ci célèbre la fusion de l'homme (en tout cas sa chair) et de la machine.
Je dis fusion, mais je pourrais aussi bien évoquer les mots-clés suivants :
combat, dialogue interreligieux, théorie du bordel ambient, Radiohead bourré sous acide, absence totale de vieilles chanson cajun.
Comme disaient les frères Kouachi, je vous laisse juges.

http://exystence.net/blog/2014/10/26/daniel-lanois-flesh-and-machine-2014/

mardi 1 avril 2014

[Repost] Lutin Bleu - Leur Bonheur est total (2002)


A l'occasion de la renégociation du régime d'assurance chômage, en particulier les annexes 8 et 10, il faut prendre le temps de réécouter "Ernest Antoine"(et Ségolène !!!).

A l'occasion de la nomination de Manuel Valls au poste de premier Sinistre, il faut prendre le temps de réécouter "T'sais quoi".

Honteusement méconnus, ces trois schtroumpfs ont enregistré quelques albums inspirés, dans la tradition du rock bruyant et rigolo.

Celui-ci, à l'époque je l'ai commandé chez eux, à Grenoble, et j'ai attendu trois semaines avant de recevoir une galette enveloppée dans du papier kraft taché de gras, comme si son contenu était plus que douteux, alors qu'au final c'était une bonne surprise, dans la lignée d'Odeurs pour les meilleurs titres et des Fatals Picards pour les moins bons.

Comme le groupe s'est auto-dissous après le relatif insuccès de leur épuisante formule albums autoproduits / tournées dans les MJC, et que les disques ne sont plus en vente nulle part, je m'autorise le postage de leur album studio le plus réussi sur le plan musical et textuel.

Ce qui les a tués, c'est peut-être la tentation rock fm, qui avait déjà bien amoché Raoul Petite (dont nous reparlerons) et d'autres...

Par exemple, ça pour moi c'était moins probant, bien qu'énergique.
Ils ont dû se dire que ça ouvrirait les portes vers le grand public.
Et ils ont plié les gols juste après.

Je ne vise pas à l'encyclopédisme du rock parodique, mais je pense qu'avec celui-ci, on commence à avoir fait le tour.

dimanche 19 janvier 2014

Road to Red II : Steven Wilson remixe King Crimson (2013)

Où l'on retrouve notre discret héros du rock progressiste au son social démo crade, celui-là même dont on pouvait dire récemment dans ces colonnes, Maurice, et je me chitte, que non content d'incarner aujourd'hui quasiment à lui tout seul le meilleur espoir des fanas du rock progressiste dans ce qu'il avait de meilleur en sortant des disques assez inspirés depuis qu'il était descendu de son arbre à porcs épiques, monsieur Wilson s'était piqué de remixer ses glorieux aînés, et non des moindres.

Gageons que les japonais vont encore s'en faire péter la rondelle en tirage limité. C'est pas tous les jours qu'on a la chance de réhabiliter un tel Fukushima sonore.

"Produced & mixed from the original multi-track tapes by Steven Wilson & Robert Fripp ", le mix de Red amène-t-il vraiment quelque chose ?
La question n'est-elle pas occultée par l'émergence d'un tel objet en tant qu'évènement, participant de cette la « disparition du réel », auquel se substitue une série de simulacres qui ne cessent de s'auto-engendrer, comme l'énonça Baudrillard ?

http://www73.zippyshare.com/v/93281497/file.html

jeudi 23 mai 2013

L'auto-fictif

Ca faisait des siècles que je n'étais pas allé voir le blog d'Eric Chevillard.

C’est incontestable, on a parfois besoin d’autrui. Je n’aurais jamais réussi à m’ennuyer comme ça tout seul.

Je suis évidemment favorable au don d’organes et tout à fait disposé, quand je mourrai, à recevoir d’autrui un cœur battant et un cerveau bien irrigué.

Tandis qu’une méchante petite pluie grise déprime notre printemps, une formidable tornade dévaste l’Oklahoma. Que peut décidément le cinéma français contre les blockbusters américains ?

La brute sanguinaire n’attend qu’une chose pour assouvir ses pulsions sadiques : que tu te moques de sa religion d’amour.

Au terme de ses jours, quelqu’un lui demanda ce qu’il changerait à sa vie si c’était à refaire. – Peu de choses, répondit le vieil écrivain, mais j’éviterais cette fâcheuse répétition du mot tabouret à la page 3 de mon premier livre qui m’a complètement pourri l’existence.

Voilà, c'est peu et c'est déjà beaucoup pour aujourd'hui.

mercredi 29 août 2012

Heilman 3/6

En décembre 1977, j'ai eu quinze ans.
Et le numéro de Métal hurlant qui est paru à Noël, maman !
et l'épisode de Heilman qui était dedans !
Les pages ont bien failli rester collées, comme le disait un jeune lecteur sur le blog de Jerry Frissen aujourd'hui disparu.









mercredi 15 août 2012

Heilman 1/6

C'est Jerry Frissen qui en parlait sur son blog (aujourd'hui disparu, ILS y ont veillé...) en disant qu'aujourd'hui on ne pourrait plus éditer une chose pareille.
Pour les branleurs que nous étions en 77, c'était incroyable de lire ça en écoutant les Sex Pistols, le Monde Se Chargeait de Sens !