Affichage des articles dont le libellé est french aliens. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est french aliens. Afficher tous les articles

vendredi 9 octobre 2026

Hubert-Félix Thiéfaine en concert à Montbéliard (1986)

Le Figaro a toujours soutenu les losers,
c'est ça la rock'n'roll attitude de la street press.
Fillon fut un des premiers fans d'Hubert-Félix, 
je l'ai vu pogoter à mort au Grand Odéon en 83.

J'apprends la fin prochaine de Hubert-Félix Thiéfaine par Le Figaro, journal connu pour son soutien inoxydable au chanteur surréaliste et radicalisé depuis tout petit, dont les plus vieux lecteurs du journal apprécient le nihilisme constructif depuis 45 ans, en sniffant de la colle à papiers peints dans un sac en plastique à tous ses concerts, entre deux numéros spéciaux de leur magazine préféré consacrés aux meilleurs placements financiers de bons pères de famille, en général des sociétés d'armement, et aux petits soucis de leurs politiciens favoris avec la justice.
Plutôt que se laisser abattre par la maladie mortelle qu'est la vie, et qu'il a contractée dès la naissance, Thiéfaine se lance, à 78 ans, dans une tournée d’adieux. Mais ça fait déjà 45 ans qu'il écume le pays ! Os court !
Bien que la chanson « Alligators 427 » n’ait rien perdu de son actualité depuis sa création en 1978, je ne me vois pas aller reprendre au refrain "Vive la mort !" avec une poignée de septuagéneurs, dans un quelconque Zénith de province. Il y a un temps pour tout.
Le plus bel âge pour écouter Thiéfaine, c'est la fin de l'adolescence, entre le bac et la fac. 
Xavier Gorce über alles (2006)
Pour les jeunes qui ont la chance de pouvoir faire des études et écouter quelques disques avant de pointer au chômage, d'aller casser du bitcoin dans les mines de télétravail ou de partir sur le front de l'Est (spoil : prochainement). Je le dis pour ceux qui se font matraquer et mutiler par les keufs ces jours-ci, Thiéfaine est un remède à l'âme et un baume à l'arnica sonore qui apaise bien des brutalités policières. Et puis, c'est le chainon manquant entre Lautréamont et Guy Debord. Que n'est-il déjà dans les manuels scolaires du XXIème siècle ? 

Les lycéens demandent juste des profs pour décoder Baudelaire,
Thiéfaine et Victor Hugo sans utiliser l'I.A.

En garde à vue, plus aucune distraction à base de réseaux sociaux ne nous empêche de réécouter "Autorisation de délirer " dans le calme retrouvé de notre cellule. 
Si j'étais condamné par la médecine, je ne crois pas que je ferais une tournée d'adieux, en reprenant mes meilleures blagues de blog depuis 25 ans, comme lors de ces célèbres numéros de stand-up assis qui ont forgé ma légende d'employé du mois à la boite. 
Je préfèrerais partir dans les iles et y suspendre mon hamac entre deux arbres, en mettant un vieux Steve Roach sur le Teppaz. 
J'essayerais de défusionner de mon imaginaire, tant qu'il est encore temps. 
J'ai entendu dire qu'après la mort, c'était plus compliqué. 
En démarrant cette tournée comme s'il voulait se prodiguer des soins palliatifs à lui-même, Thiéfaine s'inflige, par pure provocation, de s'auto-séquestrer au bureau jusqu'à ce que mort s'ensuive. C'est peut-être un chantage à Dieu, mais je trouve ça un peu triste. Faut-il qu'il soit accro à la reconnaissance du public ! en plus, en tant que fan, aller le voir parce qu'il va mourir, tu pars déjà sur une base morbide. Sétoupouri. Vive l'amor. 
En réécoutant "Narcisse 81", (Y a des traces de pneu sur ton flip / Et ta p'tite soeur qui s'tape ton fixe), je finis par accoucher sans faire exprès et sans péridurale d'une importante définition : "Est narcissique celui qui, n'ayant trouvé personne à aimer aussi fort qu'il aimerait qu'on l'aime, se charge de faire le boulot tout seul."

Ptiluc, "Ni Dieu ni Bête" (1986)

L'attitude juste, avant même que la mort nous mette la pression pour rendre notre âme dans un état décent, me semble celle rapportée par mon frangin, qui évoquait hier soir, à propos de mes travaux sur le narcissisme, que j'avais déjà colportés via l'éther à 135 correspondants triés sur le volet, l'immense Gregory Perelman, qui avait répondu aux journalistes souhaitant l'interroger sur ses refus des multiples prix, récompenses et médailles internationales et millions de dollars associés que le monde des mathématiques voulait lui décerner : "Laissez-moi tranquille, je suis en train de ramasser des champignons"

Voilà, pour l'essentiel de mes réactions à froid. 
Dans ma life, je n'ai guère le temps de regretter Thiéfaine, même s'il me manque déjà. 
Au pire, on se recroisera plus tard dans la ruelle des morts.

Et maintenant, Les documents de la mère Docu : j'ai exhumé une émission de la télévision française de 1986 inédite sur Youtube, comme on dit.

>>>>>>>>>>>>>

Titre : Hubert Félix THIEFAINE en concert à Montbéliard

Date de 1re diffusion : jeudi 15/05/1986

Durée : 00:43:30

Résumé / Description de l'extrait : Portrait d'Hubert Félix THIEFAINE et extrait d'un concert de la tournée 1986 à Montbéliard.

Oeuvres : Hubert Félix THIEFAINE chante Lorelei, les dingues et les paumes , Stalactite, la femme de Loth, Soleil cherche futur, Mathématiques souterraines, le chant du fou, Nyctalopus airline, Psychanalyse du singe, et Autopsie rock.

https://adilo.bigcommand.com/watch/JOtnaYfc

[Edit]

L'Observatoire d'évolution des radicalités hybrides (OERH) nous signale que pour un Thiéfaine, dont la revanche narcissique est assez réussie, vu qu'il a crevé la dalle dans sa jeunesse avant de triompher auprès de jeunes attirés par son romantisme polychrome et désespéré, combien d'individus ont basculé vers l’extrémisme violent ?
L'oeuvre d'Hubert-Félix est avant tout un arsenal défensif qui vise à protéger l'auditeur contre un sentiment de non-existence subjectif. Pour moi, ça a été efficace, à un moment où c'était difficile de ne pas non-exister.
cf cet article du Monde :

samedi 11 juillet 2026

Vincent Baguian - Ce Soir C'est Moi Qui Fais La Fille (2007)

Il a enregistré 3 albums studio de chanson française entre 1996 et 2007, un petit live en 2010 (qui est sorti 8 ans trop tard, c'est pas trop tôt) et puis plus rin. Plus de nouvelles. 
Chanson française ? ah oui, vous voulez parler de ce genre musical prématurément disparu dans les années 2020 grâce à l'I.A. ? hé bé oui, c'est un peu triste, mais "on ne peut pas arrêter le progrès. Alors la question n'est plus de savoir s'il faut l'accepter ou le refuser, mais plutôt : faut-il le subir ou apprendre à l'utiliser ? Personnellement, je préfère encore être du côté de celui qui tient l'outil que de celui qui regarde les autres s'en servir" dit un bloggueur qui sort des faux disques de faux artistes. 
Je suis content de ne pas faire mon shopping chez lui. Ainsi, je ne lui dois rien. 
Alors qu'avec ce Vincent Baguian, on se doit tout : il est né 2 mois et 4 jours avant moi, "Je suis une tombe", c'est la devise au fronton d'un de mes blogs, c'est aussi le titre d'une chanson sur ses origines arméniennes, sur ce troisième et dernier album avant qu'il jette l'eau du bain, le bébé, la bassine et l'éponge... (on se doute que c'est pas franchement hilarant comme chanson, enfin mon blog ne l'est pas non plus, et en plus ma femme prétend que Warsen, en arménien, ça se dit Kestéchian. M'en fous, j'écoute pas.) 
Une autre ? bon, d'accord, au hasard, "Je gagne ma vie avec les morts" :

Je gagne ma vie avec les morts
Quand y'en a plus, tiens, en v'la encore
il n'a pas attendu l'ablation de la prostate
pour découvrir la fluidité des genres.
Les braves gens disparaissent
Et ça remplit mes caisses
Non c'est pas trop crevant
Je m'assieds et j'attends
J'ai pas besoin de faire des promotions
Les affaires marchent quelle que soit la saison
toujours sur ce disque, je me sens vraiment chez moi dans cet entrainant refrain. On peut brailler ça par temps de canicule, toutes fenêtres ouvertes en allant se baquer à la base de loisirs de Saint Philbert de Grand Lieu sans se prendre pour un winner. 
Et au retour on opte pour "Cercueil à roulettes, tombeau à moteur" de Guy Béart, ou sa reprise par King Crimson.

Baguian sait distiller de sa voix atone une ironie froide avec du lugubre, du sinistre, c'est assez malaisant et ça peut expliquer pourquoi son succès est resté confidentiel. Il peut aussi être assez méchant, en ayant l'air d'être cucul. Comme un disciple inatttendu de Gilbert Lafaille. C'est un talent rare. Ils sont bien, ses albums, je regrette de n'avoir pas été plus nombreux à les acheter. Il a la voix d'un mec qui n'y croit pas, qui n'y a jamais cru (sur son premier album il se prétend "sous Souchon", manifestant des tendances à l'auto-dévalorisation que je partage aussi mais je me soigne) d'ailleurs ça n'a pas tellement marché (j'ai pas les chiffres) mais il y en a d'autres à qui ça a plutôt réussi.


dans la même collection :
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2018/01/vincent-baguian-les-biches-regardent.html

jeudi 22 janvier 2026

La Trabant – Mécanique Musicale (2000)


Elevés dans le giron de Philippe Decouflé, chorégraphe pour lequel ils écrivirent la musique des spectacles "Decodex" et "Shazam", Sébastian Libolt (ex-VRP) et Yannick Jory ont décidé de se mettre à leur compte. Leur petite entreprise, renforcée d'un batteur habituellement rattaché au Bachibouzouk Band d'Arthur H et d'un accordéoniste souvent croisé avec Les Pires, se nomme La Trabant. Sous cette appellation, le quatuor présente Mécanique musicale, première tentative à l'atmosphère décalée dont l'ami Decouflé ne pourra qu'être jaloux. En effet, le même univers poétique éclate en petits morceaux de collages sonores, de ritournelles entêtantes et de samples enchanteurs. Les expérimentations disparates de La Trabant, simples et sophistiquées à la fois, ressemblent à des fantasmagories. Et dans ce monde d'illusions, ces magiciens musiciens font tables d'hôtes : de nombreux invités s'y pressent dont Belle du Berry, chanteuse de Paris Combo. Mécanique musicale, c'est le voyage de La Trabant au pays des merveilles. 
-Sabrina Silamo

[EDIT] : il me semblait avoir déposé ici un lien vers le disque. Ah, les tchoureurs ! Je réédite l'article avec le lien. Une musique qui ne flatte ni la mélancolie, ni le ressentiment, ces poisons de l'âme, mérite d'être écoutée et réécoutée, en peaufinant sa lettre de résiliation du contrat d'entretien de sa chaudière à gaz, que celle-ci soit métaphorique ou triviale.

jeudi 27 novembre 2025

Les Pires - Album 1er (1992)

Peut-on filmer les femmes si on est un homme ? Est-on légitime à écrire sur les Noirs si on est Blanc ? A parler des vieux si on est jeune, et réciproquement ?  A jouer de la musique traditionnelle inspirée du folklore des pays de l'Est si on est un Breton de Lannion ? 

Les Pires ne se sont pas posés la question trop longtemps. Ils avaient l'âme slave, point barre. Entre 1992 et 2000, ils enregistrent quatre disques, et tournent énormément, en France et à l'étranger. Ils chantent en faux russe ou en vrai yaourt au goût bulgare, et sur scène ils arrachent tout. Vous auriez dû venir. Il nous reste trois albums studio et un live pour nous consoler de leur absence persistante, pour toujours et à jamais. Voici le premier. J'ai trouvé les autres sur rutracker.org, et c'est comme ça que j'ai appris qu'ils avaient cartonné en Russie, à une époque où ça ne posait pas de problème de chanter en russe sans passer pour un suppôt de Poutine.


pour y goûter sans y toucher :


pour y toucher sans y goûter :

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZOJ8AZBC60X5No3O8ztbKqAYjM3zJgHk8y

Ca n'apparait pas forcément à l'oreille, mais c'était aussi de gros déconneurs. Par exemple, ils suggéraient de reprendre les chansons en suivant les paroles sur la pochette, mais faut voir comment qu'ils les écrivaient, avec un alphabé cyrulnik même pas conforme. Bon courage pour le karaoké.




jeudi 2 octobre 2025

Yvan Dautin - La Plume Au Coeur (2021)

Pauvre Yvan Dautin. 
Il est un peu un prisonnier de l'inutile poète maudit de la chanson française, au moins par rapport à moi, qui ne suis que maudit, et encore, que par ma femme. 
Parmi ses influences évidentes, on pense à Boby Lapointe et à Julien Clerc, dont il assura un temps les premières parties. Mais sans avoir le génie des mathématiques langagières de Boby, ni le charisme de chèvre revêche, et encore moins le sens de la rengaine du chanteur populaire. Alors que tant de gens utilisent l'I.A. pour produire des versions d'eux-mêmes améliorées, Yvan Dautin  n'a jamais été doté que de sa seule intelligence naturelle et de sa sensibilité d'écorché vif avec un couteau à huitres pas bien rincé pour débagouler ses ritournelles, alors il est à la fois grinçant et d'une mélancolie sourde, mais pas muette, un mélange inédit mais pas forcément réussi de burlesque et de tragique, parfois inextricablement imbriqués dans la même chanson; comment voulez-vous qu'on s'y retrouve ? Le public ne peut tolérer la confusion des genres, et encore moins la savourer. Surtout quand dans l'écriture tout est suggéré à petites touches énigmatiques, qu'on ne peut plus discerner l'art du cochon. 
Si vous êtes hermétiques à la polysémie poétique, convenons que l'affaire est assez mal engagée, et restons-en là.  
Le coffret des 4 CDs  rétrospectifs est à 16 € chez EPM, hors frais de port. 
J'en ai eu pour mon argent.
Je vous mets le premier CD. 
Il couvre la période 1971/1975, où l'on pouvait encore croire qu'un jour, ça marcherait. 

jeudi 13 juillet 2023

Sanseverino - Joue pas avec mes nerfs (Hommage à François Béranger) - 2023


‘Joue pas avec mes nerfs’, est le volume deux d'un hommage du chanteur guitariste Sanseverino, au maitre incontournable du zéro compromis Francois Béranger. Apres le ‘Beber project volume 1’, les spectateurs unanimes connaissant Francois Béranger ne sont pas surpris par la teneur des textes mais plus par le fait que tout est malheureusement actuel. Violence policière, état de droit, injustice sociale, fossé qui devient de plus en plus grand entre les riches et les autres… Les jeunes gens présents aux concerts, eux, se disent étonnés que tout ait été écrit en 1970. - ‘Être fan de Béranger, ça n'existe pas. On n'est pas fan, lui-même vous en aurait dissuadé. Par contre, chanter ses chansons c'est souhaitable, lui rendre un hommage sincère aussi’ - Sanseverino" ( source: distributeur )

C'est vrai que les chansons de Béranger n'ont pas pris une ride, en tout cas beaucoup moins que nous, et pour celles qui traitent du monde tel qu'il va mal, pas de surprise, il va encore plus mal; alors soit les chansons ça sert à rien, comme le couinait Francis Lalanne dans "J'ai de la boue au fond du coeur", (sic) soit elles ont pas été chantées assez fort; on en attraperait presque la nostalgie de notre révolte d'hier, qui nous poussait à entrer violemment chez le disquaire du coin, lui acheter brutalement des disques de chanteurs gauchistes et à les écouter assez fort sur notre électrophone.
à l'écoute, il m'arrive la même chose que quand j'écoute Brassens chanté par Maxime le Forestier, au bout d'un moment je préfère revenir aux versions originales, mais comme le dit un auditeur, Sanseverino, comme Frasiak, sont des gars qui les chantent avec sincérité, ce qui, de nos jours, n'est pas négligeable.
Et ça serait sympa que François renvoie un peu l'ascenseur et réenregistre les meilleurs titres de San Severino ! 
Pas toujours l'ascenseur dans le même sens ! 
Etre mort n'est pas une excuse, Chat_GPT3 pourrait très bien nous bidouiller ça !

 François Béranger mimant le sourire
de Yves Montand jeune
(c'est vrai que ce blog est avare d'images souriantes)


beaucoup de disques originaux de françois béranger sont encore disponibles par ici

jeudi 22 juin 2023

Charlélie Couture - 12 Chansons dans la Sciure (1978)

En partant me noyer il y a 15 jours dans les rouleaux des Landes, j'ai réécouté d'anciens albums de CharlElie Couture, pour voir. Mais pas celui-ci, pourtant pierre angulaire rugueuse et sans concessions de la geste créative du Nancéen, comme disent les journalistes pour désigner les natifs de Nancy (à vérifier dans le wiki pour ne pas raconter n'importe naouak, comme Charlélie le fera plus tard). 

la pochette originale de ce disque
qui ne l'est pas moins

Les historiens mélomanes de l'an 3000 noteront que c'est sur ce premier album autoproduit à la main avec des vrais doigts que Charlélie Couture signe la première version des Anglais en vacances, qui évoque sans chichis quoiqu'à mots couverts le drame de Lurs, petite cité de caractère située sur une butte médiévale 
Les anglais partent en vacances par couple, comme les auto stoppeurs,Les anglais dorment sur le bas côté d'une chaussée tranquille au bord d'une foret,Les anglais se font zigouiller par deux, comme les amoureux
drame dont Jean Gabin donnera une interprétation moins enjouée dans L'affaire Dominici.
En sus des faits divers atroces, le charmant village provençal niché dans son écrin de verdure est exposé à des risques sismiques, de feux de forêt, de mouvements de terrain, ainsi qu'à deux risques d'origine technologique : 
1/ en cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, toute la vallée de la Durance serait menacée par l'onde de submersion;
2/ sans oublier le risque lié au transports de matières dangereuses, par rail, route et canalisations.

Les Lursiens (à gauche sur votre écran)
veillent jalousement sur leur frontière
A tel point que Lursiens et Lursiennes mettent 
tous les jours leur réveil à sonner à trois heures du matin, pour bondir de joie dans leur plumard et se féliciter et s'entre-congratuler d'être encore en vie aussi tôt dans la journée qu'apparemment Dieu a choisi de leur offrir une fois de plus, jusqu'au jour où ce crédit expirera, tradéri tralala.

A part ça, on trouve aussi sur le disque de ce monsieur Couture "dans la lavande et les couleuvres de Montpellier",  qui réhabilite cette bestiole impressionnante, car  bien qu'elle soit venimeuse, le fait qu'elle possède une dentition opisthoglyphe la rend généralement inoffensive pour l'Homme, bien que des cas d'envenimations aient été observés. Ceci arrive dans des circonstances exceptionnelles, notamment si un doigt est inséré profondément dans la gorge du serpent, mais alors là vous l'aurez un peu cherché, quand même. Dans un tel cas, la morsure s'accompagne d'une inflammation locale et de douleur, d'œdème et/ou de lymphangite, voire des symptômes neurologiques (paresthésie, dysphagie, ptôsis ou dyspnée) ou, exceptionnellement, d'une paralysie. Ces effets sont néanmoins passagers même si la guérison peut prendre plusieurs jours.



La couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus),
qu'il faut avaler tout cru sans mâcher,
si on veut vraiment en venir à bout.
Avaler des couleuvres signifie aussi : « accepter un affront
sans protester, subir une humiliation sans se plaindre. »
Comme de se retrouver sur mon blog
alors qu'on n'est même pas mort, dirait Charlélie.

Cette chanson est aussi côté jardin une stupéfiante berceuse électrique/hachoir blues rock électrifié du bas en haut quoiqu'un peu de traviole, et présente quand la météo le permet un portrait mâchouillé d'une voix grinçante d'un clodo du Grand Sud qu'on appelait à l'époque des zonards car ils vivaient des allocations et faisaient la manche avant l'invention de morel des punks à chiens qui vint mettre un terme à leur rêgne et jeter le discrédit sur tous ceux qui rejetaient la valeur travail.

Concernant le disque, je pensais produire une version illégale, mais il se trouve que j'ai découvert qu'il y a un bandcamp de l'auteur de l'opus remasterisé, qui a peut-être depuis le temps contracté la pauvreté, son heure de gloire datant du magistral "Poèmes Rock" album où convergent sa faconde, une production musicale énergique et l'air du temps étant passée depuis belle lurette, et je ne voudrais pas lui faire de l'ombre. 
Plus le futur s'avance, plus le passé recule.
Comment veux-tu qu'on déplace le véhicule ?

(adapté de Frédéric T., aka Fredo, vers 1989)

[EDIT]

finalement, après négociations entre mes partenaires moraux imaginaires, je propose une version non remasterisée de l'album, en mp3 à 160 kbps, si ça vous plait celle en vente sur le site de CharlElie est vachement mieux, c'est pas comme si je proposais du FLAC 16 bits, non plus.


jeudi 4 mai 2023

Babx - Mourir au Japon (2009)

Je n'ai plus trop de nouvelles de Babx. 
Et vous ?
Je comprends très bien pourquoi ça n'a pas marché pour lui, trop morbide, trop désespéré le poète, le temps n'est plus aux auteurs compositeurs interprètes qui cisèlent leurs chansons comme ce fils illégitime de Léo Ferré, Tom Waits et d'autres artistes qui se croyaient volontiers maudits jusqu'à ce que ça démarre, alors que Babx qui avait tous les atouts a dû se contenter d'un anonymat dont j'ignore tout puisque rien n'a fuité.
https://www.discogs.com/fr/artist/1408930-Babx
 par contre, des fans ont sorti une version illustrée de gais selfies de son inoxydable tube "Mourir au Japon" qui m'a bien fait marrer. J'en avais fait de même avec Tuxedomoon, il y a longtemps. Sous leur youtube, j'ai gravé dans la purée des commentaires, avec une fourchette cassée : "D'une chanson puissante mais mortifère, vous tirez une ode à la vie. Merci !" On ne pourra pas dire que je suis avare d'éloges, quand c'est mérité.


Entouré de collégiens
Et d'employés Susuki
Dans des vapeurs de jasmins
Avec mes nouveaux amis
Au son d'un Sayonara
J'allumerai la bombonne
Et dans mon âme dansera
Le monoxyde de carbone

Je veux mourir au japon
Dans un suicide collectif
Parce que c'est cool le Japon
C'est tellement cool le Japon

Quand je pense que pendant ce temps, ma fille qui finit cette année un bac + 5 anglais-coréen est actuellement en stage au département export Japon/ Corée de chez Tefal, et savez-vous pourquoi le département export Japon/ Corée de chez Tefal marche du feu de dieu ? 
parce que les Japonais n'ont pas de poêles. 
Les Coréens non plus.
(on entend brièvement des rires enregistrés, assez consternés quand même)

jeudi 16 mars 2023

[Repost] : JöZ - Les chimères synthétiques (2000)



mer. 22 févr.

Salut chauffard,

ci-joint ce que je pense être une bio, plus les photos du CD.
Et non, tout le monde n'as pas Higelin comme père (j'aurais dû le
piller aussi, celui là).

1966 - Naissance de JÖZ (France)

Jeunes années : une obsession : les claviers ; une frustation : ne pas
en posséder

1984 – Achat de mon premier ‘synthé’ : un Concermate de Realistic (Da
Da Da)

1986 - Premier salaire, premier clavier (un Yamaha DX27, parce que le
DX7 était trop cher)

1987/1995 - l’escalade : Roland, Ensoniq, AkaÏ ; des racks, des effets,
des lecteurs d’échantillons, Atari 1024 pour séquencer tout çà.

1996 - Conversion au monde Mac : un 8200 devient le chef d'orchestre
mais les synthés sont toujours raccordés au bout du midi.

2000 – Passage au virtuel : tout le matos est mis au placard ; un Imac
bleu prend le relais avec le logiciel Rebirth à l’intérieur.
Les chimères synthétiques sont le résultat d’un exil de 4 mois dans la
région de Dunkerque ; tous les morceaux ont été créés dans la chambre
minuscule d’un chalet installé sur un camping; l'unique souvenir est
celui d'une période de fébrilité devant l'écran bleu de mes nuits
blanches.

Depuis, l’explosion des espaces de stockage et de la puissance des
processeurs a rendu le terrain de jeu trop vaste; il va falloir se
concentrer si le besoin revient de créér…



A bientôt
JÖZ


Qu'ajouter ?
c'est pas pour me vanter, vous me connaissez, mais le gars JöZ c'est quand même un bon gars, la preuve il m'avait écrit les musiques de mes films de SF, et s'était aussi amusé à mettre en musique des poèmes plus ou moins connus déclamés par la crème du gotha des aficionados.
Puissent ces chimères synthétiques vous rentrer par une oreille et ne plus ressortir par l'autre avant un moment.
Si vous voulez lui envoyer des sous, pour financer son prochain album autoproduit, envoyez-les à John Warsen, qui transmettra, si son kar-ma ne roule pas sur son dog-ma.

jeu. 16 mars
Remise à disposition du fichier, redécouvert à l'occasion d'une relecture en mode randomize de ma bibliothèque de Babybel iTunes, à la recherche de l'ingrédient secret dans la recette de la pâte à tartiner les regrets éternels, "lui qui n'avait envie de rien eut droit à c'qu'il n'attendait pas" (HFT in "les filles de la Rochelle (ont atttrapé le scorbut) et qui l'eut cru, Lustucuit ?)

moralité : 

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
(Verlaine)

mais je ne désespère pas de lui apprendre la propreté, et de faire ainsi du déchet une ressource !
(Warsen)

jeudi 3 novembre 2022

Jak Belghit - Concerto pour guitare et looper (2022)

Un jour qu'il était encore enfant, Jak est abandonné en forêt par ses parents, dont l'élevage de lapins angoras vient d'être décimé par la myxomatose, les contraignant à une sobriété contrainte, même si ça fait deux fois "contrainte" dans la même phrase. Sans haricots magiques pour grimper le long après qu'ils auraient poussé, ni petits cailloux blancs pour retrouver son chemin après l'avoir perdu, Jak est alors recueilli puis élevé par une horde de guitares sauvages, qui passait par là à l'heure où les grands fauves vont boire au marigot, tandis que les petits slurpent des flaques d'eau croupie. La horde le gave de biberons fourrés aux médiators, et le soir, pour l'endormir, les guitares le bercent de mélodies dont il se souviendra adulte, en mémorisant la position des doigts sur le manche.
Sans transition ni explication, on le retrouve brusquement dans la rue, où il élève un bébé looper, et joue pour gagner leur vie à tous deux les mélodies dont il se rappelle de quand il vivait nu au milieu des fauves musicaux. Dans la rue, si l'on veut survivre, on ne peut pas tricher, ni régner à coups de 49.3, ni faire du barouf à base de riffs empruntés en espérant que les passants nous lapident de piécettes, il faut simplement être bon, pour provoquer l'attroupement et déclencher le réflexe donateur. 

un looper beaucoup moins musical
que celui de Jak
Parce que qu'est-ce que ça bouffe comme piles, un bébé looper. Comme les fils de l'homme, le bébé looper se nourrit des phrases qu'on lui dicte, mais au lieu de ponctuer sa réponse de "apopo" et "800 pieds" comme les bébés dans l'encyclopédie de Goossens, le looper répète imperturbablement tout ce qu'on lui a confié, en mimant l'humanité de son créateur avec un semblant d'intelligence qui se voudrait artificielle mais qui n'est que mécanique. C'est pourquoi il ne faut pas lui donner n'importe quoi à répéter, comme au bébé normal. Ajoutons que dans ce disque-ci, le bébé looper est noori avec tant de musicalité et de délicatesse, qu'on jurerait parfois entendre Jak jouer plutôt que son bébé (qui ne braille jamais, contrairement aux bébés humains.)

 
Echaudé par les frippertronics, on croit que les boucles de guitare nous entraineront vers le circulaire et le répétitif, qu'elles seront à l'équilibre en n'importe quel point du cercle qu'elles produisent, ce qui n'est possible que si l'on était en même temps plein de foi en la science mais nul en géométrie à l'école, et on craint que ça sera quand même un peu ennuyant à écouter. Pourtant, je n'ai perçu nulle répétition, juste l'âme d'un musicien explorant sans crainte ni ombre au cœur le multivers des mélodies possibles, avec des phrases qui apparaissent et disparaissent, comme au cours d'une méditation, en toute simplicité, dans une nudité désaturée, désarmante et splendide. Puissè-je être un jour aussi rêveur, vaporeux mais précis, peu réverbéré mais comme en une cathédrale, dans ma pratique. Je ne vais pas vous chanter Ramona jusqu'à la Saint-Glinglin : ces instrumentaux enregistrés vivants dans la rue sont une démonstration discrète de puissance et de sensibilité. 
On l'aura compris, si un seul d'entre vous achète l'album, j'aurai gagné ma journée.

https://jakbelghit.bandcamp.com/album/concerto-pour-guitare-et-looper-3

jeudi 6 octobre 2022

Claude Nougaro - Récréation (1974)

Comme l'explique très bien ClashDoherty sur feu son blog, fermé en juin 2021 parce qu'il a eu le courage de reconnaitre que l'entretien de sa tribune en ligne lui avait fait perdre la raison et la maitrise de sa vie ("Vivre sans me casser le derche à essayer de maintenir ce blog, c'est une immense respiration pour moi, je ne me suis jamais senti aussi LIBRE que depuis que j'ai pris cette décision mûrement réfléchie"), les albums que Claude Nougaro sort dans les années 70 se vendaient beaucoup moins que ceux de Carlos Castaneda pendant la même période, et Récréation sans doute encore moins que les autres, puisqu'il est entièrement constitué de reprises (des décennies avant les audaces des disques entiers de covers d'Arno et de Florent Pagny) de chansons françaises souvent assez anciennes, qui font partie des préférées de Nougaro.
Les chansons elles-mêmes sont précédées de courts sonnets (qui valent mieux que les roupies de cent sonnets) à la gloire de chacun des auteurs d'origine, sonnets mis en musique par Jean-Claude Vannier, l'arrangeur dément de L'histoire de Melody Nelson, qui signe aussi quatre chansons sur l'album, et ça s'entend. 


J'ai découvert ce disque à l'adolescence, et en restai longtemps comme deux ronds de flan, hagard devant tant de modernité langagière et d'inventivité orchestrale. A côté de ça, le "No Fun" des Stooges repris par les Sex Pistols me sembla d'une insondable ringardise, surtout qu'il n'était pas encore sorti, mais surtout aussi après m'être enfilé "Pistol", la série biopic des Sex Pistols par Danny Boyle, et ses indispensables compléments, l'échevelé et tragique documentaire "The Filth & the Fury" et le sordidement pathétique "The Great Rock'n'roll Swindle" du même Julian Temple, qui donne envie de verser du plomb fondu dans les narines (et d'autres orifices si affinités) de Malcolm McLaren, et pourtant c'est pas très chrétien. 
Qu'ai-je renié mon humanité pour adorer de tels imprécateurs de carton-pâte, fabriqués par un vendeur de fringues ? Fallait-il que je sois en manque de repères. Quelle bande de tristes crétins, ivres de leur colère et de leur inconséquence (J. Rotten semble le moins stupide du lot, mais s'égare facilement dans des vertiges haineux, il faut dire qu'ils ont tous eu une enfance difficile, même si ça n'excuse pas tout, on comprend mieux leur besoin de revanche, et de vengeance de classe pour J. Rotten) Les chansons de l'album "Never mind the Bollocks" étaient très réussies, mais les personnes qui les ont créées étaient promises à l'échec et à la ténèbre, ontologiquement sinistrées au-delà de tout secours. C'est pourquoi je leur ai toujours préféré les Damned. Et qu'ai-je fait de leur rage soi-disant incandescente, à part m'abonner à Rock & Folk et me faire braquer par des dealers de mauvais shit, sur une petite route de campagne ? 
Rien de tel chez Claude Nougaro : drame passionnel avec menaces de mort par lapidation (les petits pavés) sexisme ordinaire (le scaphandrier), chansonnette égrillarde de harcèlement digne de comiques troupiers (Pouêt-Pouêt), agonie silencieuse d'un vieillard dans l'indifférence de sa bonne femme partie courir le guilledou et ramasser de la psilo (Bonhomme), pas de doute, on est bien en France; et musicalement : bossa-nova, jazzifications élégantes et discrètes, versions orchestrales savamment déstructurées, javas martiennes, un peu de tout, mais rien qui fasse suffoquer de dégoût et vous laisse pantelant de négativité comme les Pistols ont pu le faire.  
Je n'en dirai pas plus sans mon avocat, car presque cinquante ans après leur re-création, ces chansons respirent encore, Monsieur le Juge, et je n'en dirais pas autant de vous.

les infos :
les crédits de l'album :
le disque en paillettes à réhydrater dans une bonne bassine d'eau fraiche, comme les pifies :
Il y a deux ou trois inédits, parce que cette version de Récréation est issue d'une intégrale de Nougaro en 29 CD sortie en 2013 intitulée "l'Amour Sorcier".

jeudi 22 septembre 2022

Philippe Druillet - 30x30 (1981)

En lisant le nouveau Métal Hurlant n°4, qui fait du vieux avec du vieux et redéroule l'historique du glorieux magazine daté de quand le futur c'était demain, je tombe sur cette publicité pour des posters de Philippe Druillet, parue en 1975 dans le numéro 5 de Métal Hurlant canal historique. Il en émane un charme à la fois suranné et inoxydable. Je n'étais pas sensible à l'héroïc fantasy de Druillet, son univers de guerriers hérités de Flaubert et Moorcock, mais j'admirais sa technique, et son goût pour la démesure, qui n'a pas fait d'émules, sinon chez les Japonais. Il n'avait pas son pareil pour nous faire saigner des yeux. Il aurait fallu lui donner Notre-Dame à reconstruire, ou la Sagrada Familia de Gaudi à terminer, ou l'Arbre aux Hérons de Nantes à sauver de la faillite, ça aurait eu de la gueule.

la couverture du 30x30


Le 30x30 édité par les Humanos en 1981 reprend des illustrations des années 60 et 70, mais s'interdit les extraits de ses albums BD de l'époque, Lone Sloane, Délirius, Yragaël, peut-être pour des histoires de droits, je ne sais pas, alors que c'est quand même là que Druillet donnait libre cours à sa démesure.
Le gigantisme pharaonique et la mégalomanie de Druillet en sont cruellement absents. C'est un peu dommage. Si j'arrive à retourner en 1981, je le leur signalerai, aux Humanos.

Salambô par Druillet : une vision rénovée du Pari Mutuel Urbain
(bien qu'auto-repompée sur son poster de 1975)

Les Bâtisseurs du Temple se sont affiliés à la CGT
et viennent négocier leurs heures sup' : ça ne rigole plus.

https://www.mediafire.com/file/9hsa79h2q52yaai/zzDruillet.cbz/file

Gaïl (1978)
Planche de test ophtalmique, avec patient incrusté.

deux interviews récentes de Druillet

mardi 21 juin 2022

Sanseverino - Live Session (2007)

Pour la fête de la musique, quelques raisons assez sérieuses de rester chez vous, en plus du gain écologique évident pour la planète :

- une édifiante biographie de Stéphane Sanseverino

http://www.acoustic-guitars.com/artistes/Sanseverino.php

- un bon clip de confinement (on a vite oublié, mais c'était comme ça avant-guerre) (2020-2021)

https://www.youtube.com/watch?v=xXoQ7qXsxi4

- un site de fan pour se repérer dans la discographie du chanteur, qui change plus souvent de style musical que de chemise, mais c'est jamais du tergal, et d'ailleurs le site du fan est sympa mais la page d'accueil est complètement périmée

http://autourdesanseverino.free.fr/autourdesanseverino_Discographie.html

- une vidéo testimoniale trouvée sur le précédent, avec Béranger : leur rencontre sur la scène de La Cigale le 30 Octobre 2002 pour un duo sur "Le Tango de l'Ennui")


- un article où je faisais exprès de faire semblant de confondre Sanseverino et San Pellegrino, parce que j'avais oublié de prendre mes médocs, c'est bien fait pour moi

- Le morceau dont la ligne de basse est aussi incroyablement mélodique que les paroles sont misanthropiquement antisystème, du coup je me repens sincèrement et amèrement de ne pas être allé le voir en concert récemment dans ma région, ô combien je m'en mords le chinois (Dutronc)

- le Live session EP mythique de 2007, car je ne puis vivre que de regrets
j'ai bien l'impression que c'est un disque dématérialisé, parce que c'était une session live iTunes, je ne trouve sa playlist que sur spotify

tu peux cliquer sur l'image, mais y se passera que dalle


samedi 18 juin 2022

Alain Chamfort - Trouble (1990)

En 1980, Souchon pleurniche "Tu vois pas qu'on s'aime pas ?" sans même écouter la réponse. Et il en vend des caisses, et les filles se jettent sur lui et déchirent ses pochettes, révélant son LP de 30 cm.
Salami de figue à la pistache
(encore en vente sur ordonnance sur Zamnesia.fr)
Dix ans plus tard, Chamfort pousse le bouchon un peu plus loin en susurrant "Personne n'aime personne". 
On dirait du Cioran adapté par Roland Jaccard, l'immortel auteur de la chanson de saillie «J’ai beaucoup aimé les Japonaises, jusqu’à ce que j’en rencontre une.» Mais à part ça, amateur de cavités juvéniles et ami de Matzneff comme j'ai pu le découvrir dans "Ma vie et autres trahisons", mais aussi laudateur de Zemmour au crépuscule de sa life, comme beaucoup de prétendus nihilistes avant lui. Pas de quoi se vanter post mortem.
Normal, c'est les années 90 : l'argent roi, les filles faciles, la cocaïne à pleines narines, le saphisme chic, le dandysme désabusé, le salami à la pistache. 

Et que nous reste-t'il de cette époque ? une assignation à comparaitre retrouvée dans la poche d'un vieux complet sous blister, un peu de lactose dans une toute petite pochette plastique, une aversion pour le cynisme sophistiqué, et les disques d'Alain Chamfort. 
Enfin, pour tout dire, je ne connais que celui-là, et encore, depuis tantôt, mais il tourne en boucle, parce que "Ce ne sera pas moi" semble avoir emprunté ses harmonies et ses orchestrations au générique de Twin Peaks (la série) et que "Personne n'aime personne" est une chanson élégante avec happy end (je suis pas une fille compliquée au niveau des rimes riches). Le reste est assez sympa, même si je ne suis pas du tout ici comme chez moi. Et pourquoi pas Alain Chamfort, à moins de rester tristement hétéronormé, genré et racisé ?

« Reconnais tes erreurs cachées.
Approche-toi de ce que tu trouves repoussant.
Aide ceux que tu crois ne pas pouvoir aider.
Tout ce à quoi tu es attaché, abandonne-le.
Va dans les lieux qui t’effraient. »
(conseils donnés à une yogini tibétaine par son maître, rapportés par Pema Chödrön.)

D'ailleurs, on n'entre pas ici comme chez Jean Moulin, bien que très tôt ce matin j'aie manié la pelle du 18 juin, dont c'est l'anniversaire, pour éviter les chaleurs potagères. Avec Chamfort à donf pour faire pousser les betteraves.