mardi 8 juin 2021

Les Quatre Barbus - Le grand Lustucru (1957)

Je découvre les CDs 3 et 4 de la compilation des Quatre Barbus présentée tantôt. 
C'est du lourd. 
A côté de versions édulcorées de chansons paillardes - on ne pouvait pas enregistrer sur disques de tels brûlots cochons avant que Jean-Marie Bigard ne s'arroge vers la fin du XXeme siècle le monopole de la vulgarité et confonde un peu exprès la licence poétique, la licence IV et le complotisme de sous-bois - à côté aussi de chants de marins qui rappellent l'éternité de toute souffrance humaine, mais comme le dit Jean-Pierre Dionnet « Ma vision du monde est positive, je pense que l’être humain est foncièrement mauvais, mais je pense aussi que nous avons le choix de ne pas l’être », je reste interdit devant la puissance d'évocation de chansons comme "Le grand Lustucru" qu'on dirait écrite par Stephen King pour faire se conchier nos chères têtes blondes avant de regarder Candyman, alors que ce génial blog déniché dans la foulée l'attribue à Kurt Weill et m'en apprend tout ce que je brûlais d'en savoir tout en ignorant que j'avais tant soif de connaissance.


La version des Barbus n'est ni pire ni meilleure que celle de Laura Betti ou des 128 autres versions recensées par « Je pleure sans raison que je pourrais vous dire » depuis que Théodore Botrel s'est inspiré d'une chanson traditionnelle qui remonterait au XVIIe siècle pour en publier un prototype de chanson à endormir les enfants par stupeur d'épouvante.


Attention à ne pas confondre ce grand Lustucru, cousin familier et néanmoins terrifiant du grand Cthulhu par le biais de quelques permutations de lettres dont les mélenchonistes désappointés ont le secret, avec le Père Lustucru tel qu'il apparait dans cette comptine pour enfants pubères de Colette Renard, sinon finie la garantie.


4 commentaires:

  1. Marrante, la pochette du 45 tour des succès de chez Philips, y'en a au moins deux qui sont devenus de parfaits inconnus.

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  2. Ouais, sic transit harmonia mundi.
    En plus Brassens a la tête d'Einstein au moment de sa découverte du paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_EPR
    Et Nadine Claire celle de Nadine Claire.
    (Ne plaisantons pas trop fort, je connais des gens qui lisent mon blog et qui sont bien fichus de nous dénicher les pépites de ces oubliés.)
    Ca a l'air d'un 45 Tours publicitaire, utilisé pour la promotion des autres artistes du label. D'habitude à cette époque les collègues sont représentés au dos de la pochette, là je me renseigne, en fait "Philips Réalités" n'est pas un label mais l'estampille d'une série limitée à 5000 copies numérotées + 200 hors commerce, merci discogs, je mourrai moins bête !
    https://www.discogs.com/fr/label/276932-Philips-R%C3%A9alit%C3%A9s

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  3. Il n’est étrangement nullement indiqué si les pâtes Lustucru ont récupéré le nom à leur profit. Et la pièce de Weil reprend une thématique très populaire de l’entre deux-guerres : la prostitution forcée de braves Françaises en Amérique du Sud (souvent précédé d’enlèvement). J’ignore si il y a un fond de vérité dans cette histoire mais ça a au moins perduré jusqu’à la rumeur d’Orléans. Je pense qu’une fois les Nazis exilés là-bas, on a considéré qu’il n’était plus besoin d’exporter les tondues.

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  4. En 1911, Albert Cartier-Millon, conscient de la nécessité de personnaliser ses pâtes, décide de lancer un concours d'affiches, afin de faire la réclame de ses produits. Ce nom de « Lustucru » (..) est attribué à Jean-Louis Forain, lequel, dans l'exultation du banquet qui suivit le concours, se mit à chanter l'ancienne comptine « C'est la mère Michel. » Ainsi le nom Mèr'Michel désigne les pâtes sans œufs, et Pèr'Lustucru les pâtes aux œufs.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Lustucru_(marque)

    Les jeunes bretonnes qui montaient à Paris avant la première guerre "sombraient" dans la prostitution en arrivant gare Montparnasse sans avoir le temps de se demander si elles étaient victimes de la rumeur d'Orléans - pas comme les jeunes filles de maintenant, qui assument soi-disant ce choix de vie pour des raisons qui me dépassent un peu. Enfin, c'est ce que racontent les tenants du réglementarisme, et que nient les abolitionnistes.

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