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jeudi 5 novembre 2026

David Graeber : Dette 5000 ans d histoire

Dette : 5 000 ans d'histoire (titre original : Debt: The First 5,000 Years) est un essai majeur d'anthropologie économique publié en 2011 par l'anthropologue américain David Graeber, figure intellectuelle marquante et l'un des premiers initiateurs du mouvement Occupy Wall Street. Écrit à la suite de la crise financière des subprimes de 2008, ce livre devenu un best-seller mondial propose une relecture radicale de l'histoire du capitalisme, de la monnaie et de nos relations sociales à travers le prisme de la dette.

Les thèses principales de l'ouvrage :

• Le mythe du troc renversé : Contredisant les manuels d'économie classique (d'Adam Smith à nos jours), David Graeber démontre qu'il n'existe aucune preuve historique ou anthropologique d'une société initialement basée sur le troc. Les économies primitives fonctionnaient principalement sur le don, la solidarité ou le crédit. Le système de crédit a précédé la monnaie physique (pièces et billets) de plusieurs milliers d'années.

• La monnaie née de la violence et de l'État : Les premières monnaies d'échange (comme les pièces de monnaie) n'ont pas émergé naturellement pour faciliter le commerce, mais pour répondre aux besoins des empires agraires et de la guerre. La monnaie a été introduite par les États pour lever des impôts et financer des armées permanentes.

• La moralisation de la dette comme outil de pouvoir : Graeber met en lumière le piège que représente l'injonction morale « il faut payer ses dettes ». Il explique comment les puissants ont historiquement traduit des relations de pure violence ou de domination en termes de "dettes", inversant les rôles pour faire passer la victime (le débiteur) pour le coupable.

• Un langage économique d'origine religieuse et juridique : Des concepts religieux ou philosophiques universels tels que la culpabilité, le péché, le pardon ou la rédemption puisent directement leurs racines lexicales et conceptuelles dans les anciens registres juridiques de comptabilisation des dettes.

Structure historique du livre.

David Graeber découpe l'histoire de l'économie humaine sur 5 000 ans en alternant de grands cycles entre monnaie virtuelle (crédit) et monnaie réelle (or et argent) :

1. L'Âge des premiers empires agraires (3500 – 800 av. J.-C.) : Dominé par une monnaie virtuelle. À Sumer ou en Égypte, le système reposait sur des dettes comptabilisées sur des tablettes. Face au risque d'explosion sociale due au surendettement, les rois proclamaient régulièrement des annulations de dettes (les jubilés).

2. L'Âge axial (800 av. J.-C. – 600 apr. J.-C.) : Dominé par la monnaie matérielle. C'est l'apparition des pièces de monnaie en Grèce, en Inde et en Chine. Période de guerres massives, de création des grands empires et de développement des marchés de l'esclavage.

3. Le Moyen Âge (600 – 1450) : Retour à la monnaie virtuelle et au crédit. Le commerce mondial (notamment en Asie et en Europe occidentale) se fait par des lettres de change ou des réseaux de confiance, limitant l'usage de la violence militaire directe pour forcer les échanges.

4. L'Âge des empires capitalistes (1450 – 1971) : Retour massif à la monnaie matérielle (or et argent pillés dans les Amériques), associé à l'essor du capitalisme moderne, des banques centrales et de la dette publique mondiale.

5. L'ère actuelle (depuis 1971) : Depuis que Richard Nixon a suspendu la convertibilité du dollar en or, le monde est revenu à un système de monnaie virtuelle purement basé sur le crédit et la dette, mais sans les mécanismes traditionnels de protection (comme l'annulation des dettes).

En conclusion, Graeber utilise cette perspective historique immense pour plaider en faveur d'un "nouveau départ", suggérant que l'effacement des dettes contemporaines (une forme moderne de jubilé) pourrait être le seul moyen d'éviter une crise sociale globale.

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Merci à l'IA pour le résumé. J'ai lu le livre, mais je ne trouvais pas les mots pour susciter l'acte de lecture chez mes contemporains. Je n’utilise l’IA que quand je suis coincé, car c’est une nécrotechnie. (Ce n’est pas un terme inventé par Jodorowsky dans les Technopères de houille) Voir à ce sujet les 11 limites informationnelles dans cet article : 

Les Américains mettent des outils IA dans tous les logiciels, pour nous contraindre à l’utiliser, comptant sur la loi du moindre effort et sur notre appétence pour le divertissement, parce que leur domination repose la maigre avance qu’ils ont sur les Chinois dans ce domaine (environ 6 mois). Et que seule la capitalisation boursière liée à l’IA les sauve de la récession économique. C'est la fuite dans le mur.
… du coup les gens utilisent l’IA comme un moteur de recherche pour feignants (les résultats vont de remarquable à au-dessous de tout) et vont finir par externaliser leur intelligence dans un cloud. Si Graeber était encore parmi nous, il l’aurait bien dit :
" ...tout cela, c’est juste politique. L’IA est de droite extrême. C’est une quintessence politique. Regardez le cœur, le fonctionnement, le récit, la course en avant, les discours, les infrastructures qu’ils imposent, la bulle financière… tout le merdier : ce n’est que politique. C’est un outil de domination. Ils veulent ôter le langage, l’expression, la connaissance, la création, l’esprit critique et asservir tant énergétiquement (ça se dit, ça?) que mentalement et économiquement " 
(trouvé dans les commentaires de l’article cité)

Dans la postface à l'édition papier de Dette 5000 ans d histoire parue en 2014, Graeber raconte l'histoire suivante :
https://timothynoah.substack.com/p/the-guy-who-explained-what-money?s=r
Magnifique.

mercredi 20 mai 2026

Ego : comment faire disparaître un corps (2026)

Après nous être infligés, à moi et à mon infortunée compagne, les 6 saisons de 10 épisodes de la série "Better call Saul", sauf la saison 6 qui en compte 13, en nous disant que ça allait bien finir par déboucher sur quelque chose de nutritif, nous fumes bien déçus. C'est finalement le portrait complaisant et alambiqué d'un homme extrêmement désagréable et perturbé, pour des raisons de croissance morale contrariée, qui n'apporte pas grand chose à ma vie intérieure, en tout cas moins que quand c'est mon psychiatre qui m'explique comment ma croissance morale a été contrariée. 
Mais ma vie n'est pas une série télé cotée 5 étoiles sur allociné. 
Aucun showrunner ne m'a encore proposé de scénariser ma life, meufs. Et il se fait tard.
Et le dernier programme malaisant qui m'avait fait forte impression c'était The Curse, et c'est dur à battre. Peut-être que j'aurais mieux fait de regarder "From Gaza with love" sur Youtube, chaudement recommandé par Télérama. Ah ça, pour faire disparaitre des corps sur je suis une tombe, ils s'y entendent.

Les Warsen se faisant suer à cent sous de l'heure
depuis que l'Arcom leur a coupé Yggtorrent
après les 6 saisons de Better call Saul
(image ©Stéphane Rosse D.R.)
Dans "Better call Saul", tournée postérieurement mais censée se dérouler avant les évènements de Breaking Bad, les figures secondaires sont plus intéressantes que la principale. Mais rien n'aboutit à quoi que ce soit de satisfaisant. J'avais lancé la série pour de mauvaises raisons : revoir Rhea Seehorn, après sa prestation dans Pluribus. Ici, elle n'est pas souvent crédible, car aucune femme ne peut accepter de partager son existence avec un type aussi torturé par ses mauvais penchants que Jimmy McGill, surtout qu'elle n'est pas sous emprise, et qu'il est loin d'avoir le charisme de Patrick Bruel. 

Mes chers compatriotes, n'écoutez pas ceux qui vous disent de me regarder.
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/better-call-saul-saison-6/

Mike Ehrmantraut, Michael McKean, Michael Mando et Howard Hamlin composent eux aussi des portraits complexes, ce dernier accédant à une sorte de lucidité cosmique sanctionnée par un sort bien injuste, mais la vie sérielle n'est pas une méritocratie. Giancarlo Esposito incarne son mystérieux personnage de Gus Fring, narco-trafiquant prince de l'élégance, aussi impassible, avec son visage sans âge, que dans Breaking Bad, alors que l'acteur est plus vieux au moment du tournage du spin-off du prequel (on va y arriver.) 
Par voie de conséquence, je reprends Breaking Bad depuis le début. On relit bien parfois des romans qu'on a aimés, on revoit des films admirés... quand il s'agit de séries, faut trouver le temps, avec la profusion de l'offre actuelle des télé connectées... rien que sur Arte.tv, y'a de quoi vivre plusieurs existences de téléspectateur (la télé m'endort, donc c'est deux heures par soir maximum).
Dès le début de Breaking Bad la supériorité sérielle de la Fiction Mère s'impose à nouveau. Et dès le second épisode de la saison 1, la question "comment faire disparaître un corps ?" (qui se pose aussi dans Better call Saul mais moins souvent) est résolue, de façon imparfaite mais stimulante. Un youtubeur compétent s'est récemment penché sur le problème à un corps, avec une approche encyclopédiste :


La façon dont Ego explore le postulat dans ce petit tutoriel est radicale, même si elle nécessite beaucoup d'énergie, qui pourrait être plus intelligemment utilisée, pour atténuer l'empreinte carbone des guerres en cours au Proche Orient et en Ukraine, par exemple.

le point de vue du Dr Manhattan
rejoint celui d'Ego avec 40 ans d'avance
car les Watchmen ont 40 ans cette année.
Les vidéos d'Ego sont hypnotiques, gavées d'infos, les animations sont brillantes, réalisées sans recours à l'IA générative pour "stimuler et préserver la créativité humaine" et même s'il frôle parfois le blabla pyrotechnique à la gloire de sa propre sapience, on apprend et on est ébaubi.

pour aller plus loin : 


dimanche 18 janvier 2026

Comment savoir si un fichier mp3 est vraiment à 320 kbps ?

Youtube et autres sites de streaming (ainsi que les aspirateurs de stream comme SpotifyMate ou 4K Video Downloader, voire des abominations défectueuses comme Macsome Spotify Downloader) proposent de télécharger les flux audio sous forme de fichiers mp3, dont l'échantillonnage reste sujet à caution.
Comment savoir si un fichier mp3 est vraiment à 320 kbps ? hein ?
j'ai trouvé la réponse ici, sous la forme d'un outil pour l'analyse et l'affichage du spectrogramme de fichiers audio :


Utilise Spek pour ça https://www.spek.cc/p/download

Charge un fichier. Regarde-le. Où est-ce que ça coupe ?

Fichier MP3, débit binaire 64 kbps. Coupure à 11kHz.
           
Fichier MP3, débit binaire 128 kbps. Coupure à 16 kHz.

Fichier MP3, débit binaire 192 kbps. Coupure à 19 kHz.

Fichier MP3, débit binaire 320 kbps. Coupure à 20 kHz.


du vrai 320 kbps

fichier affiché à 192,  mais encodé à 128 en vrai
(dans la Réalité Réelle Ratée).

Bien sûr, le mieux c'est d'écouter du non-compressé, et d'éviter de poster des articles de geek. Mais des fois, ce n'est pas possible.

jeudi 24 décembre 2015

Malware à les bytes


Très utile en cas de burnes douloureuses après le réveillon virtuel 
avec des cyberputes de moralité douteuse