samedi 11 juillet 2026

Vincent Baguian - Ce Soir C'est Moi Qui Fais La Fille (2007)

Il a enregistré 3 albums studio de chanson française entre 1996 et 2007, un petit live en 2010 (qui est sorti 8 ans trop tard, c'est pas trop tôt) et puis plus rin. Plus de nouvelles. 
Chanson française ? ah oui, vous voulez parler de ce genre musical prématurément disparu dans les années 2020 grâce à l'I.A. ? hé bé oui, c'est un peu triste, mais "on ne peut pas arrêter le progrès. Alors la question n'est plus de savoir s'il faut l'accepter ou le refuser, mais plutôt : faut-il le subir ou apprendre à l'utiliser ? Personnellement, je préfère encore être du côté de celui qui tient l'outil que de celui qui regarde les autres s'en servir" dit un bloggueur qui sort des faux disques de faux artistes. 
Je suis content de ne pas faire mon shopping chez lui. Ainsi, je ne lui dois rien. 
Alors qu'avec ce Vincent Baguian, on se doit tout : il est né 2 mois et 4 jours avant moi, "Je suis une tombe", c'est la devise au fronton d'un de mes blogs, c'est aussi le titre d'une chanson sur ses origines arméniennes, sur ce troisième et dernier album avant qu'il jette l'eau du bain, le bébé, la bassine et l'éponge... (on se doute que c'est pas franchement hilarant comme chanson, enfin mon blog ne l'est pas non plus, et en plus ma femme prétend que Warsen, en arménien, ça se dit Kestéchian. M'en fous, j'écoute pas.) 
Une autre ? bon, d'accord, au hasard, "Je gagne ma vie avec les morts" :

Je gagne ma vie avec les morts
Quand y'en a plus, tiens, en v'la encore
il n'a pas attendu l'ablation de la prostate
pour découvrir la fluidité des genres.
Les braves gens disparaissent
Et ça remplit mes caisses
Non c'est pas trop crevant
Je m'assieds et j'attends
J'ai pas besoin de faire des promotions
Les affaires marchent quelle que soit la saison
toujours sur ce disque, je me sens vraiment chez moi dans cet entrainant refrain. On peut brailler ça par temps de canicule, toutes fenêtres ouvertes en allant se baquer à la base de loisirs de Saint Philbert de Grand Lieu sans se prendre pour un winner. 
Et au retour on opte pour "Cercueil à roulettes, tombeau à moteur" de Guy Béart, ou sa reprise par King Crimson.

Baguian sait distiller de sa voix atone une ironie froide avec du lugubre, du sinistre, c'est assez malaisant et ça peut expliquer pourquoi son succès est resté confidentiel. Il peut aussi être assez méchant, en ayant l'air d'être cucul. Comme un disciple inatttendu de Gilbert Lafaille. C'est un talent rare. Ils sont bien, ses albums, je regrette de n'avoir pas été plus nombreux à les acheter. Il a la voix d'un mec qui n'y croit pas, qui n'y a jamais cru (sur son premier album il se prétend "sous Souchon", manifestant des tendances à l'auto-dévalorisation que je partage aussi mais je me soigne) d'ailleurs ça n'a pas tellement marché (j'ai pas les chiffres) mais il y en a d'autres à qui ça a plutôt réussi.


dans la même collection :
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2018/01/vincent-baguian-les-biches-regardent.html

jeudi 2 juillet 2026

Jean-Patrick Capdevielle - Les Enfants Des Ténèbres Et Les Anges De La Rue (1979)

Objet: Projet de discours pour le rapatriement des cendres de Jean-Patrick Capdevielle au Panthéon 

Entre ici, Capdevielle, avec ton terrible cortège...  
En voulant re-copier le 1er disque de Jean-Patraque Covidelle sur mon blog, là où je l'avais pieusement déposé sur la tombe à moi que j'ai et que je suis, en tout cas que j'étais en 2009,
et ensuite des salauds nécrophages détrousseurs de cimetières l'avaient tchouré, et pas moyen de remettre la main dessus, et au lieu de le remettre en ligne, j'ai rédigé un nouveau rédactionnel, galvanisé par la chronique intimiste qu'en fit jadis un génie anonyme à la gloire obscure dans cette pépinière de nouveaux talents du rire et de garants du bon goût qu'est le réseau social "Sens Critique" : 
J'ai aussi déniché un dithyrambe (attention, ne va pas orthographier ou comprendre ce terme de travers pour ne pas te faire buter par des Grammar Nazis, ce mot désigne originellement un hymne religieux de la Grèce antique chanté et dansé en l'honneur de Dionysos, caractérisé par son lyrisme exalté. Par extension littéraire, le terme désigne aujourd'hui une louange extrêmement enthousiaste, voire démesurée) pas piqué des hannetons chez Forces Parallèles.


Les disques de Capdevielle ne vieillissent pas. Ils ne s'usent pas, même si on ne les écoute pas pendant des décennies. Des empires peuvent bien naitre, croitre et s'effondrer, l'oeuvre impie de Capdevielle reste debout, insensible aux outrages du Temps. Par contre, nous, qu'est ce qu'on prend cher ! c'est d'ailleurs pourquoi on veut confusément et obscurément le réécouter, lui qui dès l'origine alertait sur l'inanité de toute quête et dont le fond de commerce est que sur toute chose la ruine étendra sa ténèbre, mais que c'est pas une raison pour la fermer; nul besoin de farceurs pour le parodier, comme la complaisance contient son propre châtiment, Capdevielle contient sa propre caricature, depuis le début, pour toujours et à jamais. Son personnage de dandy désabusé et survivaliste, parti de rien, arrivé nulle part et revenu de tout, n'ayant donc de merci à dire à personne, a pu faire illusion lors du premier album, dont certaines phrases étaient admirablement troussées, car la Muse s'était assise sur ses genoux au lieu de se foutre de sa gueule en lui tirant la langue, on parlait en anciens francs, Rock et Folk était aussi exigeant à lire que le Monde diplomatique, c'était le bon temps.