Je suis en préretraite progressive de mon blog, mais quand même... Un éditorial de Riss dans le dernier Charlie Hebdo m'a tapé dans l'oeil quand j'en ai lu la partie émergée et gratuite dans mon téléphone, alors je suis allé l'acheter, et je me sens maintenant tenu de le partager avec mes cyberfrêres et soeurs. Les dessinateurs de Charlie miment laborieusement leurs aînés de l'âge d'or (Reiser, Gébé, Wolinski, Cabu) et n'ont pour l'instant pas retrouvé l'acuité qu'ils avaient avant l'abattage rituel de la rédaction en 2015, mais sur le plan rédactionnel, c'est correct.
Il fait un temps à racheter Charlie, à lire Blast, Mediapart... en attendant le duel au sommet Retailleau / Bardella aux présidentielles 2027. Faut se préparer à s'asseoir sur le front républicain, ce running gag de la Ve République qui a fait son temps.
Pour aller plus moins loin :
IA bien qui IA le dernier
(image réalisée avec une IA par quelqu'un qui avait une idée derrière la tête)
Après nous être infligés, à moi et à mon infortunée compagne, les 6 saisons de 10 épisodes de la série "Better call Saul", sauf la saison 6 qui en compte 13, en nous disant que ça allait bien finir par déboucher sur quelque chose de nutritif, nous fumes bien déçus. C'est finalement le portrait complaisant et alambiqué d'un homme extrêmement désagréable et perturbé, pour des raisons de croissance morale contrariée, qui n'apporte pas grand chose à ma vie intérieure, en tout cas moins que quand c'est mon psychiatre qui m'explique comment ma croissance morale a été contrariée.
Mais ma vie n'est pas une série télé cotée 5 étoiles sur allociné.
Aucun showrunner ne m'a encore proposé de scénariser ma life, meufs. Et il se fait tard.
Et le dernier programme malaisant qui m'avait fait forte impression c'était The Curse, et c'est dur à battre. Peut-être que j'aurais mieux fait de regarder "From Gaza with love" sur Youtube, chaudement recommandé par Télérama. Ah ça, pour faire disparaitre des corps sur je suis une tombe, ils s'y entendent.
Dans "Better call Saul", tournée postérieurement mais censée se dérouler avant les évènements de Breaking Bad, les figures secondaires sont plus intéressantes que la principale. Mais rien n'aboutit à quoi que ce soit de satisfaisant. J'avais lancé la série pour de mauvaises raisons : revoir Rhea Seehorn, après sa prestation dans Pluribus. Ici, elle n'est pas souvent crédible, car aucune femme ne peut accepter de partager son existence avec un type aussi torturé par ses mauvais penchants que Jimmy McGill, surtout qu'elle n'est pas sous emprise, et qu'il est loin d'avoir le charisme de Patrick Bruel.
Mike Ehrmantraut, Michael McKean, Michael Mando et Howard Hamlin composent eux aussi des portraits complexes, ce dernier accédant à une sorte de lucidité cosmique sanctionnée par un sort bien injuste, mais la vie sérielle n'est pas une méritocratie. Giancarlo Esposito incarne son mystérieux personnage de Gus Fring, narco-trafiquant prince de l'élégance, aussi impassible, avec son visage sans âge, que dans Breaking Bad,alors que l'acteur est plus vieux au moment du tournage du spin-off du prequel (on va y arriver.)
Par voie de conséquence, je reprends Breaking Bad depuis le début. On relit bien parfois des romans qu'on a aimés, on revoit des films admirés... quand il s'agit de séries, faut trouver le temps, avec la profusion de l'offre actuelle des télé connectées... rien que sur Arte.tv, y'a de quoi vivre plusieurs existences de téléspectateur (la télé m'endort, donc c'est deux heures par soir maximum).
Dès le début de Breaking Bad la supériorité sérielle de la Fiction Mère s'impose à nouveau. Et dès le second épisode de la saison 1, la question "comment faire disparaître un corps ?" (qui se pose aussi dans Better call Saul mais moins souvent) est résolue, de façon imparfaite mais stimulante. Un youtubeur compétent s'est récemment penché sur le problème à un corps, avec une approche encyclopédiste :
La façon dont Ego explore le postulat dans ce petit tutoriel est radicale, même si elle nécessite beaucoup d'énergie, qui pourrait être plus intelligemment utilisée, pour atténuer l'empreinte carbone des guerres en cours au Proche Orient et en Ukraine, par exemple.
le point de vue du Dr Manhattan rejoint celui d'Ego avec 40 ans d'avance car les Watchmen ont 40 ans cette année.
Les vidéos d'Ego sont hypnotiques, gavées d'infos, les animations sont brillantes, réalisées sans recours à l'IA générative pour "stimuler et préserver la créativité humaine" et même s'il frôle parfois le blabla pyrotechnique à la gloire de sa propre sapience, on apprend et on est ébaubi.
Sur téléphone portable sous OS Androïd, après bien des essais et des espoirs déçus par les chacals à foie jaune de chez Orange, qui ont fait du blocage automatique des appels malveillants une option payante, j'avais essayé plusieurs logiciels, mais aucun ne marchait vraiment comme je le souhaitais : un assistant qui détecte les appels injustifiés à la source, avant que ça sonne. Et qui les bloque, et dont je n'entends plus parler, comme s'ils avaient été coulés dans une pile de pont.
Tintin et Milou se débarassent "à l'ancienne"
du monsieur de France Télécom
qui venait leur proposer une solution payante.
(dissoudre quelqu'un dans de l'urine de chien,
c'est long mais c'est bon)
Pour ceux qui ne veulent pas payer (pas parce qu'ils se sont habitués à la gratuité du "partage" dans la philosophie du téléchargement illégal mais parce qu'ils considèrent que la fourniture de l'antidote est de la responsabilité morale des opérateurs de téléphonie qui tolèrent que le poison du démarchage téléphonique se répande parce qu'ils en perçoivent des dividendes), Saracroche est l’alternative idéale. Disponible sur iOS et Android, cette application open source repose sur une base de données communautaire avec environ 15 millions de numéros en février 2026. Elle a reçu une grande mise à jour le 15 février avec le support du blocage des SMS problématiques, pour ne pas recevoir de faux messages de livreurs en bas de la maison.
Son fonctionnement est semblable à celui de Begone : elle s’attaque aux plages de numéros indésirables. Mais l’interface est beaucoup plus simple : on l’active, c’est tout. Il faut parfois s'y prendre à deux fois, j'ai dû recharger la base de données de la liste de blocage sur le téléphone de ma compagne, car nos versions d'Androïd et de Saracroche divergeaient légèrement, mais sinon c'est un logiciel libre porteur de bienfaits pour toute la communauté humaine,