lundi 30 novembre 2020

Collectif - La Grande anthologie de la science-fiction (1966-1985)


 Livre de Poche | Français | 1966-1985 | 36 Volumes | EPUB 14MB

La Grande anthologie de la science-fiction est une collection de recueils d'anthologies publiés par le Livre de poche dans les années 1970 sous la triple direction de Jacques Goimard, Demètre Ioakimidis et Gérard Klein. La collection compte deux séries, la première étant composée de douze volumes et la seconde de vingt-quatre volumes. La direction des anthologies est assurée collégialement par les trois signataires, ainsi que le choix des nouvelles composant chacune.
Chaque volume réunit plusieurs nouvelles autour d'un thème de science-fiction. Il comporte une introduction générale à la collection, une introduction particulière au thème traité par l'un des trois anthologistes, et il est suivi d'un dictionnaire des auteurs.

Première série (1966-1975)

Histoires d'extraterrestres, no 3763, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de robots, no 3764, préface de Gérard Klein
Histoires de cosmonautes, no 3765, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de mutants, no 3766, préface de Gérard Klein
Histoires de fins du monde, no 3767, préface de Jacques Goimard
Histoires de machines, no 3768, préface de Gérard Klein
Histoires de planètes, no 3769, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de pouvoirs, no 3770, préface de Jacques Goimard
Histoires de demain, no 3771, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de voyages dans le temps, no 3772, préface de Jacques Goimard
Histoires à rebours, no 3773, préface de Jacques Goimard
Histoires galactiques, no 3774, préface de Gérard Klein

Seconde série (1983-1985)

Histoires parapsychiques, no 3775, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de survivants, no 3776, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de la fin des temps, no 3777, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires écologiques, no 3778, préface de Gérard Klein
Histoires d'envahisseurs, no 3779, préface de Gérard Klein
Histoires de voyages dans l'espace, no 3780, préface de Gérard Klein
Histoires de médecins, no 3781, préface de Jacques Goimard
Histoires divines, no 3782, préface de Gérard Klein
Histoires de la quatrième dimension, no 3783, préface de Gérard Klein
Histoires d'immortels, no 3784, préface de Jacques Goimard
Histoires d'automates, no 3785, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de surhommes, no 3786, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de créatures, no 3787, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de sociétés futures, no 3811, préface de Jacques Goimard
Histoires de mondes étranges, no 3812, préface de Gérard Klein
Histoires de rebelles, no 3813, préface de Jacques Goimard
Histoires fausses, no 3814, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires paradoxales, no 3815, préface de Demètre Ioakimidis
Histoires de mirages, no 3816, préface de Gérard Klein
Histoires de l'an 2000, no 3817, préface de Gérard Klein
Histoires de catastrophes, no 3818, préface de Jacques Goimard
Histoires de guerres futures, no 3819, préface de Jacques Goimard
Histoires mécaniques, no 3820, préface de Jacques Goimard
Histoires de sexe-fiction, no 3821, préface de Jacques Goimard

et ça, c'est moi le lendemain,
pendant le devoir de biologie
portant sur la division cellulaire.
Ils m'ont allongé, et j'ai été
presque aussi malade
que le graphiste.

Qui n'a jamais lu ces recueils de nouvelles de SF au mitan des années 70, au lieu de réviser un devoir surveillé de biologie ? et c'est comme ça que j'ai été perdu pour la biologie. Mais pas pour la reproduction sexuée, Dieu me tripote. Simplement, j'ai fait de la biologie comme d'autres Jourdains font de la prose sans le savoir.
Pour ceux qui rêvent de relire certains de ces récits, comme je rêve de reconstituer une intégrale raisonnée des nouvelles de R.A.Lafferty avec le logiciel calibre, noosfere propose une base de données tellement propre qu'on pourrait manger par terre :

mardi 24 novembre 2020

Jeff Beck : Live in Tokyo (2014)

 https://www.arte.tv/fr/videos/096928-006-A/jeff-beck-live-in-tokyo/

c'est imprimé petit, hein ?
Que dire ? pour exacerber les affres de l'enfermement jusqu'à ce qu'on descende dans la rue péter les abribus et rouvrir la Fnac, arte-concert pilonne sans relâche les confinés avec des concerts, existants ou ayant existé. Par égard pour les survivants, nous avons changé les noms. Ainsi, le concert de Jeff Beck de 2014 est en fait celui de Dalida au studio 103 de Drucker en 1973, alors qu'Ibrahim Maalouf n'était encore qu'une vague lueur dans l'oeil de son père, qui chantait les rêves qui le hantaient en pissant du nitrate d'ammonium dans le port de Beyrouth. Mais c'est pas mal quand même. 
Les choix en musiques actuelles et classiques défient l'entendement, et la capacité d'écoute. Je me rends. Surtout au télétravail. Je vais enfin savoir si Lous and the Yakuza c'est vraiment pour les lecteurs de Télérama.

lundi 23 novembre 2020

Haïdouti Orkestar & Ibrahim Maalouf - La Vache (2016)

Hier matin, bravant ma flemme aurorale et les pandores auroraux, je suis allé trottiner une heure dans les chemins creux, pour renforcer mon immunité contre le Covid, bien au-delà du kilomètre autorisé par la Kommandantur. 
A mon âge, on transgresse ce qu'on peut, et une succession de contretemps m'avait tenu éloigné du jogging plusieurs semaines de rang. J'allais ramollissant, et il fallait agir. Tandis que dans le Monde, qui me tenait lieu d'humanité dimanche, certains graciaient leur bourreau, d'autres disgraciaient leurs bourrelets, mais je pourrais aussi commencer par réduire sur le chocolat à l'heure où les grands fauves élevés par Télérama vont voir s'il reste une tablette de blanc à l'orange dans le placard quand vient leur série du soir. Dans le champ de Fernand, dont un angle est en pente, les vaches s'étaient massés à l'extrémité septentrionale du plan incliné, qui recevait directement les rayons du soleil matinal, alors que le reste de la parcelle blanchissait de givre, dans l'ombre du pont d'Aigrefeuille. C'est beau, une vache qui bronze dans la brume ! Elle m'a maté comme si j'étais un prisonnier sans dérogation, l'impudente.
Et sinon, je ne sais pas encore ce que vaut le film, mais la musique de le film, elle est absolument démente. Elle matérialise à mes esgourdes incrédules tout ce que j'espérais trouver un jour dans un disque de musique balkanique sans oser le demander à Patrick Balkany et son grand orchestre de pipeaux magiques.




vendredi 20 novembre 2020

Dalida By Ibrahim Maalouf (2017)

Je vous avoue sans fausse honte que je n'ai jamais été un grand fan de Dalida (darladirladada), même quand elle sortait avec Arnaud Desjardins, l'Emmanuel Carrère de sa génération, tant au niveau de l'auto-fiction littéraire (sous prétexte de développement personnel au rayon spiritualité vivante de la Fnac, fermée pour ne pas faire concurrence à ma bibliothèque encore démontée dans le garage), que celui sans doute bien plus important de l'ouverture des chakras, car la culture, ce n'est ni l'intelligence, et encore moins un gage de sensibilité, et c'est pas en lisant "Tu Es Cela, À la Recherche du Soi IV" que tu vas alléger ton égo, et puis c'est pas non plus ton Desjardins qui va tailler la haie, Desjardins dont je biberonnais pourtant avidement entre deux portos les ouvrages, ou plutôt les recueils de causeries vantant les vertus de la prière et de la méditation tandis que lui-même contait fleurette à Dalida (darladirladada).
Je veux bien croire que Dalida (darladirladada) a eu une vie très triste, presque autant que ma mère, riche en rencontres mais pauvre en lithium et relativement dénuée d'ascenseurs au fond des précipices, alors elles chantaient tout le temps pour donner le change mais rarement d'une seule voix, car ma mère n'aimait pas Dalida, parce que mon père lui avait bourré le crâne et qu'elle ne voulait rien en connaitre alors que ça la défrisait pas d'entonner des ritournelles sentimentales à tue-tête, à toute heure et en tous lieux genre Ramona, quand j'essayais péniblement de déchiffrer dans ma chambre sur ma guitare en bois les tablatures pour basse et clavecin du premier Motörhead pieusement retranscrites par Marcel Dadi.
Si je me réfère aux écrits gnostiques de Sainte Ghibellini, dits aussi manuscrits de ma mère Morte, également appelés manuscrits de Qumran, un ensemble de parchemins et de fragments de papyrus principalement en hébreu, mais aussi en araméen et en grec, mis au jour principalement entre 1947 et 1956 à proximité du site de Q du site de Qumrân, en Palestine mandataire, le parcours existentiel de l'Egyptienne me fait vraiment songer a ce passage des versets apocryphes mais ça pourrait tout aussi bien s'appliquer à ma mère :
Si on regarde bien, on voit bien que tout le jeu social consiste à faire croire à l’autre qu’on est plus heureux que lui, et qu’en réalité tout le monde est très malheureux. 
D'aussi loin que je m'en souvienne, l'initiation spirituelle parentale basée sur le mépris de la chanson dite "de variété" pour en masquer la fadeur, le mensonge et la monotonie avait poussé sur un terreau fertile, et le bonheur de Dalida me semblait factice, plaqué. Plastique. Simulé. Commercial. Et pendant longtemps, la version d'Henri Salvador du Gondolier de Dalida (darladirladada) m'a fait me gondoler sans même me rendre compte qu'en réalité j'étais très malheureux. Comme ma mère, et comme Dalida. Salvador me suggérait de soigner cette fragilité par une sorte de nihilisme punkoïde, mais les punks n'avaient pas encore été inventés, et je n'étais pas encore prêt à envoyer valdinguer mon éducation bourgeoise.

Merci Henri.
Ta version de "Come Prima" est moins irrévérencieuse, mais elle est moins drôle.
Mais n'empêche même que en fait, pendant ce temps, Dalida elle a chanté (darladirladada), et puis soudain elle est tombée sur le passage des versets apocryphes sur mon vieux blog, et puis glarg ! et couic. 
Whisky et barbituriques, le cocktail "Bonsoir tout le monde" des winners.
Alors que ma mère, dont nous commémorons le 10ème anniversaire du décès en ce jour, elle l'a joué rock'n'roll, mais pas pareil.
Et puis, il faut savoir privilégier la commémoration choisie à la commémoration subie. Il est certain que le 20 novembre, mon coeur joue un peu de la Trompette des Maures, comme Ibrahim Maalouf.

Et je contribue ce jour à la couronne de fleurs de LJ*, qui vient de perdre sa maman.
Qu’est-ce que je lui dis ? que perdre une maman, c’est une porte qui s’ouvre sur le vide, parce qu’on en a qu’une ? la mienne, je l’ai aimée, mais assez mal, finalement, et j’aurais aussi beaucoup de remarques peu constructives à faire sur mon développement extra-utérin. Il est un peu tard pour en débattre avec qui de droit, et puis ce n’est pas trop l’esprit de la commémo, et attention : comme dit le wiki,
la tradition politique des commémorations et des fêtes joyeuses tend à être supplantée par celle du devoir de mémoire qui porte sur des événements malheureux. On assiste récemment à une multiplication des commémorations, notamment les commémorations communautaires, qui, d'après André Kaspi, diminuent l'effet de chacune d'entre elles.
Je le connais pas, moi André Kaspié, mais je vois très bien de quoi il veut parler à mots couverts.
et à la fin, quand comme moi Dalida elle ne sort plus, elle fume de façon compulsive et multiplie les insomnies... il faudrait être une machine pour ne pas avoir la larme à l'oeil. Enfin, je ne fume plus, j'ai perdu cette liberté, mais je ne m'en vante pas, car c'était une prison.
Et son karma, dirladada ! tous ses amis qui se suicident. 
Affreux, affreux. 
Je te demande humblement pardon, Dalida (darladirladada). Où que tu sois. J'étais jeune, beau et con à la fois, et je ne savais pas, dirladada. Excuse-moi pour le tutoiement, c'est parce que je suis intimidé. Ou alors, peut être avais-tu vu Rust Cole dans True detective, complètement imbibé au Cioran-19 ?
"Je pense que la chose honorable à faire pour les espèces est de nier la façon dont on est programmé, de cesser de se reproduire, et de marcher main dans la main vers l’extinction, une dernière fois frères et soeurs, en choisissant de renoncer à un marché de dupes."
http://jesuisunetombe.blogspot.com/2014/03/trou-detectives-2014.html

Surprise : sous la houlette d'Ibrahim Maalouf, ce que Dalida a a laissé derrière elle en claquant la porte de la vie dans le sens de la sortie, ces chansons (a)variétoches (darladirladada) prennent une patine chêne clair, alors qu'au départ ça me semblait du formica® (marque déposée de bois stratifié, utilisé dans l'ameublement de cuisine des années 60). 
Les arrangements sont inventifs et somptueux, les interprètes convaincus, c'est réjouissant et pas du tout compassé, plutôt habité, comme commémoration. Chapeau les artistes.

https://www.deezer.com/fr/album/48937592

Comme pour beaucoup d'entre nous, les premières méditations de Dalida
lui permirent surtout de rationaliser son échec. 


vendredi 13 novembre 2020

Ibrahim Maalouf - 40 Melodies (2020)

[EDIT]
La semaine dernière, j’étais desperately in need de grands espaces et de sous-bois feuillus, alors on a regardé Dans les forêts de Sibérie, récit maladroit et à l'appeau trop lisse, niché dans les paysages splendides du lac Baïkal.
Ibrahim Maalouf signe la musique du film, ça ne m’a pas frappé sur le moment, les harmonies au piano m’ont semblé très très quelconques, et pourtant Ibrahim il joue de la Trompette des Maures, et ça lui va bien. En tout cas mieux qu’à moi.
Mais cette semaine, en découvrant « 40 Melodies », son nouvel album, le génie musical du monsieur me saute à l'oreille, et de l'oreille au coeur, après avoir changé à la station Cerveau.



Pierre Maurette, triste rabat-joie contempteur d'omelettes du Sud-Ouest, nous a fait part de son indignation, par un courrier recommandé avec A/R, et pourtant y'avait une sacrée queue à la Poste :
le nom "trompette des Maures" est à mon avis fantaisiste. Je me demande même s'il ne faut pas chercher son origine dans le refus commercial d'associer champignons et le mot "mort".

Non mais ça va pas ? 
Ibrahim et sa trompette de vie, ça ne peut que nous changer radicalement des trompettes de la mort,  variété délectable de champignons radicalisés qu'on ne peut même pas aller ramasser en forêt sans se faire verbaliser, mais qui sont quotidiennement entonnées aux actualités télévisées, même qu'elles sont sacrément mal embouchées, mille putois !

Heureusement, Yeva Agetuya, érudit mais dyslexique mycologue,  lui a bien damé le pion, en lui rétorquant par retour du courrier, quelque part dans ce cyber-merdier :
Cependant certains pensent que le terme [Maure] pourrait avoir une origine locale, "Mahurim" signifiant occidentaux en punique pour les populations vivant à l'Ouest de Carthage, qui aurait pu donner naissance au latin Mauri.
C'est pas grave, on les embrasse quand même. La trompette des Maures d'Ibrahim Maalouf, qu'elle soit Française, Bulgare, Américaine ou Portugaise, son parfum enchantera vos plats. Sauf si vous n'aimez pas ça, évidemment.


mercredi 11 novembre 2020

The Unthanks - Diversions, Vol. 5 - Live & Unaccompanied (2020)

Les Unthanks, j'avais envie de traduire ça par les Non_mercis, mais après avoir regardé, ça désigne plutôt les Indignés. Voilà pourquoi je ne suis pas traducteur. Je me suis aussi laissé dire que c'était le disque favori des effondrologues, car même si tout s'effondre on pourra toujours chanter à cappella, tralala.
Sinon, mieux vaut être live et alone que dead et unaccompanied. On s'en doutait, mais c'est rassurant d'en trouver ici confirmation.



mardi 10 novembre 2020

Alabama 3 - The Last Train To Mashville Vol.2 (2003)

C'est pas Dieu possible qu'un disque si plaisant soit affligé d'une pochette si laide. Le cas échéant, ça ne serait pas la première fois. 
Gérard Manjoué du Blouz nous dit de ce disque :
"I think this is slightly better than Vol. 1, though I rarely listen all the way through either of them all at once, instead picking and choosing songs as I feel like it. Some of the interpretations here work really well ("Too Sick to Pray", "Speed of the Sound of Loneliness", "Sad-Eyed Lady of the Lowlands"), and some less so ("Woke Up This Morning", "U Don't Dans 2 Tekno Anymore"), but in general, both volumes make for a nice change of pace for an Alabama 3 fan" et je ne peux qu'opiner du chef.


Après ces nouveaux arrangements folk, country, blues des plus grands succès déjà anciens du collectif, la carrière d'Alabama 3 s'égare sans Lazare dans des impasses et des redites moins-disantes. Puis l'entropie les dévitalise, avant de leur imposer le silence, comme elle le fera à nous tous. J'ai hâte.
Jusqu'à ce jour de 2019 où Jake Black, plus connu sous le nom du Révérend D. Wayne Love, Premier Ministre de l'Eglise Presleyterienne d'Elvis Le Divin, nous quitta pour un monde meilleur.


A moins qu'il soit maintenant dans un trou. 
Et qu’est-ce qu’un trou ? 
Au sortir d’une réunion AA, un ami bedeau s’était approché de moi avec son air de ne pas y toucher et m’avait posé cette devinette, avant de me murmurer d’un air égrillard « Un trou, c’est une absence, entouré de présence ». Puis il s’était enfui en ricanant de sa trouvaille. 
C'était peut-être bien le fantôme du Révérend D. Wayne Love. 
Va savoir, avant d'y aller voir par toi-même.


lundi 9 novembre 2020

Paper Moon Original Soundtrack (1973)

Paper Moon est un film joyeusement immoral, et délicieusement nostalgique. Même s'il évoque une période historique qu'on n'a pas pu connaitre, à moins d'être très âgé, et dont on ne peut, donc, normalement pas, éprouver le manque, en principe, bien qu'à la relecture, cette phrase présente elle aussi un problème sous-jacent peut-être lié à l'âge. Mais c'est pas moi, ce sont les critiques professionnels qui ont mis ce mot de "nostalgie" dans leur bouche, à propos de ce film. Il faut leur pardonner, car bien souvent ils sont inféodés aux syndicats, qui dirigent l'économie en sous-main : mafia des marchands de journaux, nébuleuse des producteurs libanais du genre Golan-Globus. Et si l'on tient à tout prix à se rendre malheureux avec des trucs qui n'existent pas, ou plus, et dont on puisse ensuite  regretter le manque, c'est au moins la période où l'on pouvait tourner de ces films joyeusement immoraux, comme Paper Moon, sans que les ligues de vertu nous tombent dessus à bras racourcix. 
Paper Moon, dont les protagonistes ont ensuite été bien punis de leur effronterie et de leur impiété par le Seigneur, car que sont-ils devenus ? 
- Peter Bogdanovitch n'a plus jamais rien fait de vraiment scrutable avant de réaliser le documentaire sur Buster Keaton en 2018. Et pourtant il était fils d'un Serbe orthodoxe. Des fois ça peut aider. Là, non.
- Ryan O'Neal a vu sa carrière s'effilocher grave après Barry Lindon, et il a fait une leucémie en 2001. Il est en rémission depuis, car il a courageusement accompagné une de ses ex-compagnes jusqu'aux portes de la mort alors qu'elle avait un cancer de l'anus, ce que je ne savais même pas que ça pouvait exister, sauf pour Donald Trump. 
Mais en bons chrétiens, on lui souhaite quand même un prompt rétablissement.

- Tatum O'Neal, j'ose même pas vous en parler, je passe mon tour.

Le film qui donne la nostalgie du tournage du film. Ils ont dû bien se marrer.

Heureusement, la musique de Paper Moon est joyeusement nostalgique, et délicieusement immorale. Et elle aurait beaucoup plu à Leon Redbone. A croire que c'est lui qui l'a composée.


P.S : j'ai menti : Golan et Globus n'étaient pas libanais, mais israéliens.

dimanche 8 novembre 2020

Alabama 3 - The Last Train To Mashville Vol.1 (2003)

Tchoukou'tchou !

Une fois qu'il sera sorti du dépit, le président américain battu par les urnes prendra-t-il le dernier train pour Mashville ? (littéralement "Pâtée-Ville, avouez que c'est bien fait. Pour lui.) Ou bien alors quoi, restera-t-il le dernier à chanter Way down in the Hole (Droit dans le Trou, à ne pas confondre avec son preque homonyme Doigt dans le Trou, encore interdit dans certains Etats du Sud blanc raciste) avec les rescapés des Blind Boys of Alabama (3) ? Faudra-t-il dès lors le sortir de la Maison Blanche à cheval sur un rail de chemin de fer, enduit de goudron et de plumes, comme au bon vieux temps des tricheurs de dessous de cartes sur les bateaux à vapeur du Mississippi ?
Vais-je encore recevoir longtemps la blague "Why Trump won't go to the White House anymore? Because it's "forbiden" ?
Et en quoi ça va impacter ma life ? 
Suis-je à moitié aussi branchouille que ce que mes allusions laissent penser, et à qui ?
Quand rachèterai-je des comics US en v.o. sur Amazon ?

Vastes questions, auxquelles ce premier volume d'auto-reprises acoustiques et bluesy d'Alabama 3 aura bien du mal à répondre, vu qu'il est sorti en 2003.
Comme l'exprime un fan ni transi ni flétri mais bien en possession de toute sa conscience et lucidité sur la page amazon de l'album :
"Je possède les quatre albums studio d'A3 et je viens d'acheter cet album, qui contient principalement des versions acoustiques de chansons de leurs trois premiers albums.
La qualité des œuvres d'A3 a fortement décliné depuis leur premier album, "Exile On Coldharbour Lane". Leur dernière livraison, "Outlaw", est quasiment inécoutable.
Mais "Mashville" est un excellent album(..) Le piano, l'harmonica et les guitares acoustiques sonnent très bien, et la voix de Larry Love est émouvante, sérieuse et sincère. C'est le country rock à son meilleur, et c'est une forme avec laquelle j'aimerais que A3 reste. Malheureusement, ils semblent plus déterminés à servir les ravers et les boîtes de nuit. Alors que "Outlaw" n'était pas aussi mauvais à cet égard que "Power", ils ne semblent plus pouvoir écrire de bons morceaux. Leur bougie créative s'est éteinte bien trop tôt."

Visage pâle-secam pas avoir langue fourchue.
Unfortunately, il dit ça du Volume 2. 

samedi 7 novembre 2020

Alabama 3 - La Peste (2000)






Il y a la Peste Noire


Il y a la Peste Brune




















et puis Il y a aussi la Peste Brune aussi
(Donald trompe)







et puis il ya la peste d'Alabama 3.
And I don't need Google Translation pour mesurer quel piètre traducteur je ferais; ne suis pas railleur ni anglais ni américain, alors même en disposant des paroles des chansons, j'ai du mal à mesurer la part de galéjade à attribuer aux paroles des chansons du troisième album d'Alabama 3. Au fond, ils ne font peut-être que jouer sur la corde titillée par Mark Lanegan. Heureusement, le Seigneur, dans son immense miséricorde, a créé le site rateyourmusic.com, sur lequel des convertis viennent chanter les louanges de leurs albums préférés.











vendredi 6 novembre 2020

Kikagaku Moyo

J'avais trouvé sincère le revival psychédélique de Espers, puis de Heron Oblivion
Il y a bien des gens qui jouent encore du Mozart d'un air inspiré alors que ça fait au moins 2000 ans qu'il est mort. 
On ne les accuse pas pour autant de simuler. 
Mais on restait un peu dans l'entre-soi des blancs traine-savates de la cote ouest. 
Chez Kikagaku Moyo, plus que de reviviscence on parlera de renaissance psychédélique, tant l'inspiration de ce groupe japonais est fraiche et vive.
Ouatzefoke ? des Japonais qui jouent du psychédélique ? 
ben quoi ? il y a bien des présidents américains qui deviennent fascistes. 
Nul névropathe en son pays. 
Mais ça pourrait venir.

https://en.wikipedia.org/wiki/Kikagaku_Moyo

Il y a plein d'albums très réussis de Kikagaku Moyo en écoute sur bandcamp, en attendant le Doomsday.

https://kikagakumoyoggb.bandcamp.com/album/kikagaku-moyo

jeudi 5 novembre 2020

Peter Gabriel - Peter Gabriel IV "Security" (1982)

Prototype du masque de chaman FFP2
© Peter Gabriel 1982

En 1982, Peter Gabriel abandonne ses derniers oripeaux pop-rock et prog-rock pour créer de toutes pièces la pop ténébro-tribale, selon l'expression consacrée du site tripier consacré aux musiques qui n'ont pas la lumière à tous les étages gutsofdarkness, surprenant ainsi tous ses amis choisis par Montaigne et la Boétie. 
Une nuit où il avait oublié d'enlever son masque de chaman pour dormir, ce qui constitue peut-être une stratégie inconsciente d'l’effarouchement renforcé vis-à-vis de sa femme, qui sinon ne manquait pas une occasion de le taquiner au lit, il a vu en rêve Donald Trump triompher aux élections du futur, (rêve qui a aussi été envoyé à Stephen King qui en tirera Dead Zone), alors Peter décide de tout faire pour éviter ça; avec son armée des 12 singes, qui tapent comme des sourds sur leurs tambours, il compte bien l'arrêter avant que le grand anthropoïde accède à la présidence. Il faut choquer le singe, comme le suggère finement le titre phare de l'album. Car Peter n'est pas tombé de la dernière pluie, il a lu ce passage flippant dans le cours d'orthologique de Jacques Dartan :
"Tous, tant que nous sommes, avons en nous "quelque chose" qui veut toutes les femmes et tous les biens de ce monde : c'est la règle chez les primates, et elle repose sur des instincts qui s'éternisent chez les humains. Mais ce n'est grave et dangereux qu'autant que nous en sommes inconscients. C'est alors seulement que nous agissons en gorilles. C'est alors seulement qu'avec l'habileté infaillible qui marque du sceau de l'inconscient nos comportements ataviques, nous découvrons les moyens de parvenir à nos fins souterraines. Nous trouvons les astuces qui nous permettent de conserver et même d'appesantir notre autorité de singes sur ceux qui, en raison de notre mortelle ignorance des rudiments d'une biosociologie à peu près scientifique, sont restés sans défense contre des classes dirigeantes restées elles-mêmes à la merci de leurs instincts de primates."
Résultat des courses : le masque de chaman a beau orner la pochette du disque since 82 pour effrayer les moineaux et les infidèles, ça fait presque quarante ans qu'on s'époumone à brailler "Shock the Monkey", sans qu'on ait pu conjurer le maléfice : le Monkey siège toujours à la Maison Blanche, et n'a pas l'air décidé à s'en aller.
La seule bonne nouvelle, c'est que le disque n'a pas pris une ride.


mercredi 4 novembre 2020

Steve Roach - The Sky Opens (Live 2019)

Le dark ambient est-il de gauche ? 
je n'en sais rien, mais ça m'arrangerait bien : 
dans le temps, j'ose pas dire avant-guerre mais le coeur y est, quand personne ne fumait encore de Cioran-19, ce puissant psychotrope aux effets affreusement dépresseurs échappé d'un labo militaire d'Afghanistan situé à portée de biniou de la frontière chinoise, ce qui maximise les risques d'espionnage industriel, quand j'achetais par correspondance un disque à Steve Roach, là-bas en Arizona, il n'oubliait jamais d'y apposer une gentille dédicace :

nan mails les mecs,  c'était pourtant facile :
il n'a jamais quitté Tucson.
"Sacrwés Frwançais, vous me faites bien mawrwer ! vous perwdez votwe temps à cherwcher "où est Steve", y'a que toi, John, qui sait que je n'ai pas quitté le bled !"

Il joignait souvent à son envoi un petit caillou, parce que ça le débarrassait (j'ai visité l'Arizona, c'est vrai que c'est assez caillouteux) et puis ça fait toujours plaisir d'accueillir un migrant minéral, ça ne bouffe pas beaucoup un caillou, et ça ne va pas égorger des profs d'histoire-géo sans rime ni raison une fois que ça a atteint la majorité électorale.
Mais aujourd'hui que les démocrates d'l'Arizona s’attendent au pire concernant les résultats de la Présidentielle américaine du 3 novembre dans ce bastion conservateur où l’extrême droite circule avec des drapeaux confédérés, quand Steve sort son 1945ème concept album, je ne reçois plus le moindre gravillon.
Et je dreame qu'il se les garde, ses cailloux, pour préparer l'Intifada, si Trump repasse.

Sinon, je ne sais pas pourquoi les albums live de Steve Roach me semblent plus aboutis - et pour tout dire m'émeuvent plus - que ses créations sonores en studio.

https://steveroach.bandcamp.com/album/the-sky-opens

mardi 3 novembre 2020

[Compilation] Please don't die on tioussedaille... aarg too late (2020)

 Le pire du reconfinement, ce ne sont ni le retour des couvertures de Martine, ni celui des chansons à la gloire de l'auto-séquestration.

Le pire, ce sont les compilations qu'on écoute pendant qu'on repeint son plafond, et qu'on éprouve un besoin pathologique de partager.
Comme si c'était parce qu'on est plus nombreux qu'on a plus raison. 

lundi 2 novembre 2020

Ramon Pipin's Odeurs - Astrid (1979)

Malgré la Covid / la chanson d'Astrid / n'a pas pris une ride, et reste idéale pour célébrer les Trépassés. En effet, bien qu'elle ait été écrite et enregistrée il y a plus de quarante ans, nous sommes déjà le 2 Novembre. Et Saint Wiki nous le dit, la Commémoraison des fidèles Défunts, appelée aussi Jour des Morts, est une célébration catholique qui a lieu le 2 novembre, le lendemain du jour de la Toussaint, selon le rite romain. Elle a été instituée pour obtenir de Dieu qu'il délivre ou soulage les âmes du purgatoire.
Si elle commémore les défunts, cette célébration, est aussi, en un sens, la fête des vivants. L'Église catholique professe la foi en l'immortalité de l'âme. La prière pour ceux qui nous ont quittés est ainsi marquée du sceau de l'espérance. « Ceux qui sont passés sur l'autre rive sont aussi, et davantage, vivants que nous ». Une bonne nouvelle pour tous, donc, en principe.
Sauf pour ceux qui se retrouvent à devoir subir aux obsèques une énième récitation de :
« La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté. » Arrivés à un certain point, ils commencent à être nombreux dans la pièce à côté. Non seulement parce que, passé un certain âge, les occasions d’assister à des funérailles sont plus fréquentes. Mais aussi parce qu’on y est de plus en plus exposé à y entendre ce texte, qui s’est glissé au hit-parade des lectures de cérémonie d’obsèques. 

https://www.mazik.info/2017/08/09/1980-ramon-pipins-odeurs-astrid/

Astrid
(Costic/Gaspéris)


Allongé sur le lit,
Astrid à mes côtés,
Je rêve de folles nuits,
De passions insensées
Quand une pulsion me pousse
Aux conjugales audaces,
Non point qu'elle me repousse,
Elle devient tout de glace.
Une seule fois l'année,
La veille de la Toussaint,
Elle commet le péché
Avec gants et dédain !

Refrain :

Astrid est à l'amour
Ce que la chambre froide
Est à l'institut médico-légal,
Et si elle préfère Charcot
Au marquis de Sade
C'est dû à sa nature sentimentale
Pour conserver l'amour,
Le froid est souverain,
Ainsi s'explique l'éternel féminin !

Ardente comme une chapelle
Est l'image consacrée
Quand à l'aspect sexuel de sa féminité
Demain, 1er novembre,
Enfin nuit de sabbat !
Je sens raidir le membre
Des plaisirs d'incubat.
« Acceptez-vous, Astrid ? »
Mon épouse reste coite,
Toujours aussi rigide
Sous mon étreinte moite.

Refrain

Les yeux fixes au plafond,
Les mouches noires elle inspecte,
Rien n'a changé, sinon
De plus nombreux insectes
J'exprime ma déception de cette passivité
Malgré nos conventions de périodicité.
Pourtant, elle demeure muette,
Qui ne dit mot consent,
A ce propos, m'inquiète
L'odeur qu'Astrid répand !
Néanmoins défoulé,
Je perçois de la sorte
L'évidente vérité :
C'est qu'Astrid est bien morte !

Refrain