vendredi 13 novembre 2020

Ibrahim Maalouf - 40 Melodies (2020)

[EDIT]
La semaine dernière, j’étais desperately in need de grands espaces et de sous-bois feuillus, alors on a regardé Dans les forêts de Sibérie, récit maladroit et à l'appeau trop lisse, niché dans les paysages splendides du lac Baïkal.
Ibrahim Maalouf signe la musique du film, ça ne m’a pas frappé sur le moment, les harmonies au piano m’ont semblé très très quelconques, et pourtant Ibrahim il joue de la Trompette des Maures, et ça lui va bien. En tout cas mieux qu’à moi.
Mais cette semaine, en découvrant « 40 Melodies », son nouvel album, le génie musical du monsieur me saute à l'oreille, et de l'oreille au coeur, après avoir changé à la station Cerveau.



Pierre Maurette, triste rabat-joie contempteur d'omelettes du Sud-Ouest, nous a fait part de son indignation, par un courrier recommandé avec A/R, et pourtant y'avait une sacrée queue à la Poste :
le nom "trompette des Maures" est à mon avis fantaisiste. Je me demande même s'il ne faut pas chercher son origine dans le refus commercial d'associer champignons et le mot "mort".

Non mais ça va pas ? 
Ibrahim et sa trompette de vie, ça ne peut que nous changer radicalement des trompettes de la mort,  variété délectable de champignons radicalisés qu'on ne peut même pas aller ramasser en forêt sans se faire verbaliser, mais qui sont quotidiennement entonnées aux actualités télévisées, même qu'elles sont sacrément mal embouchées, mille putois !

Heureusement, Yeva Agetuya, érudit mais dyslexique mycologue,  lui a bien damé le pion, en lui rétorquant par retour du courrier, quelque part dans ce cyber-merdier :
Cependant certains pensent que le terme [Maure] pourrait avoir une origine locale, "Mahurim" signifiant occidentaux en punique pour les populations vivant à l'Ouest de Carthage, qui aurait pu donner naissance au latin Mauri.
C'est pas grave, on les embrasse quand même. La trompette des Maures d'Ibrahim Maalouf, qu'elle soit Française, Bulgare, Américaine ou Portugaise, son parfum enchantera vos plats. Sauf si vous n'aimez pas ça, évidemment.


6 commentaires:

  1. J’adorais aller chercher les champignons en forêt et ça fait des années que je l’ai pas fait (parce que je n’y connais que pouic). Dans ma jeunesse, ma mère faisait des bocaux de trompettes de la mort cueillies en forêt de Konstanz (Outre Rhin). Miam.

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  2. Quand on a été initié petit (par un chaman familial ou de la proche tribu) à reconnaitre les bons champignons, même longtemps après, on s'en souvient.
    Mais on n'a guère le droit à l'erreur.
    Je me fais souvent tirer l'oreille pour y aller à l'automne, sauf cette année, où j'enrage de n'y point hêtre, puisque c'est interdit, j'ai très envie.

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    1. Ce n’est pas la reconnaissance qui fait problème, ce sont les lieux à visiter que j’ignore dans la région où j’habite - et puis, y aller tout seul m’ennuierait.

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  3. Comme mycose bien les deux mycologues...
    Sinon, je croyais que sa trompette 4 pistons inventée par son père était plutôt libanaise...
    Thierry

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  4. Mycose toujours : libanais, Ibrahim, oui, mais y'a eu plein de Maures au Liban, récemment. Ca compte.

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  5. Bravo John, je mets un franc dans le nourrain !
    Thierry

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