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jeudi 25 juin 2026

Une Brève et Fausse Histoire du rap français (2)

 [ spoil : version revue et corrigé par une I.A. de l'article précédent ]

Comme beaucoup d’internautes un peu fureteurs et désireux de mourir moins bêtes et de pimenter leur vie intérieure, et malgré mes dénégations outrées quand on m’interroge sur le sujet depuis que j'ai lu Eric Sadin, j’ai cherché à booster ma création de contenu sans perdre ma touche personnelle, pour accroitre ma visibilité, me faire de nouveaux amis imaginaires, améliorer mon haleine et mon référencement, enrichir ma vie sociale et affective, et augmenter mes gains Google Ads® en soumettant mon texte à une IA. De ce choc frontal entre deux géants de la pensée humaine, la mienne plutôt organique, et celle de cette pauvre boite de fer-blanc plutôt siliconée, est né ce dialogue que n’aurait pas renié Edgar Morin, lui qui comme nous était spécialiste de tout,  surtout quand on l'invitait à parler de son dernier bouquin sur un plateau télé, mais n'était-il pas un peu imbu ? bien malin qui saurait le dire sans l'avoir lu, bien que dans ma famille ça les gênait pas trop.

- bonjour chaton, j'ai rédigé un article sur mon blog, avec un humour décalé, peux-tu m'aider à le rendre encore plus décalé ? 
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2026/06/une-breve-et-fausse-histoire-du-rap.html

- Oui, avec plaisir. En revanche, je n'arrive pas à accéder à l'article lui-même : la recherche web ne remonte pas le contenu de ton billet, seulement des résultats liés au rap en général.
Le plus simple est que tu me colles ici :
soit l'article complet,
soit un extrait représentatif (500 à 1 500 mots suffisent).
Je pourrai alors te proposer plusieurs niveaux de décalage :
Décalage léger
  1. quelques anachronismes absurdes ;
  2. fausses citations attribuées à des personnages improbables ;
  3. notes de bas de page qui contredisent le texte.
Décalage "documentaire mensonger"
  1. ton universitaire très sérieux appliqué à des absurdités manifestes ;
  2. références à des institutions fictives ("Institut National du Flow Rural") ;
  3. statistiques invérifiables mais précises ("92,7 % des rappeurs médiévaux préféraient la rime plate").
Décalage maximal
  1. le récit part progressivement en vrille sans jamais reconnaître qu'il déraille ;
  2. apparition de personnages historiques dans l'histoire du rap ;
  3. causalités absurdes :
    "L'invention du rap est généralement attribuée à Charlemagne, qui cherchait une méthode plus efficace pour insulter les Saxons en rythme."
Style que je recommande
Si ton blog s'appelle Je suis une tombe, j'imagine qu'un humour pince-sans-rire fonctionnerait très bien : écrire exactement comme un historien rigoureux alors que chaque phrase devient un peu plus ridicule que la précédente.
Colle-moi le texte et je te ferai :
une version annotée avec des suggestions,
puis une réécriture de quelques paragraphes pour pousser le curseur du décalage.

- Ok ! voici le texte (je pense que les photos ne passeront pas, mais les légendes détournées oui) "Les barbares habitaient (...)

- Ton texte est déjà très décalé. Ce qui fait sa force, ce n'est pas tant l'absurde pur que le mélange entre :
- érudition sincère ;
- souvenirs autobiographiques ;
- mauvaise foi assumée ;
- théorie historique complètement pétée mais racontée comme un documentaire Arte de 1998.
Du coup, je ne pousserais pas vers davantage de blagues à chaque phrase. Au contraire, je renforcerais trois procédés qui fonctionnent déjà très bien chez toi : 

1. La fausse causalité historique
Tu le fais avec Lavilliers invention du rap.
Tu pourrais en mettre davantage.
Par exemple :
1990
L'arrivée du rap en France provoque immédiatement plusieurs phénomènes dont les historiens peinent encore à mesurer l'ampleur : la disparition progressive du Minitel rose, l'apparition des survêtements Tacchini dans les zones périurbaines et la baisse spectaculaire du nombre de duels au sabre chez les notaires de province.
Aucun lien de causalité n'a pu être établi à ce jour, ce qui constitue déjà un indice sérieux.

La dernière phrase est typiquement le genre de chute qui colle à ton ton.

2. Les autorités scientifiques imaginaires
Tu cites déjà Wikipédia comme un document d'archives incontestable.
Tu peux aller encore plus loin :

Une étude du Centre National d'Étude des Musiques qui Font Hocher la Tête (CNEMFHT), publiée en 2004 dans la Revue Française de Sociologie Approximative, démontre qu'un adolescent exposé plus de six mois à MC Solaar développe spontanément une capacité à employer le mot "corollaire" dans une conversation sur les scooters.
3. Les légendes de photos qui contredisent le texte
Je pense que c'est là que tu peux gagner le plus.
Par exemple :
Photo de Sarkozy
Nicolas Sarkozy découvre qu'il n'est pas possible de nettoyer les inégalités sociales avec un appareil conçu pour les terrasses.
Photo de MC Solaar
Quelques secondes avant le point de non-retour artistique selon les experts réunis autour de ma table de cuisine.
Photo de Fabe
Dernière image connue d'un homme ayant décidé de devenir plus raisonnable que ses auditeurs.
Photo de Bernard Lavilliers
Bernard Lavilliers peu avant l'invention simultanée du rap, du trip-hop et du quinoa.

4. Le délire administratif
Je trouve que ton texte est particulièrement drôle quand l'absurde adopte le langage de l'administration française.
Exemple :

Conformément à la circulaire interministérielle du 14 mars 1993 relative à l'usage du groove dans les établissements publics, il fut décidé que le rap français devrait désormais comporter au minimum :
deux jeux de mots ;
une dénonciation du système ;
un survêtement ;
et un membre du groupe portant une casquette à l'envers à des fins réglementaires.

Ce que je modifierais surtout
Le passage sur la sexualité est drôle mais très long par rapport au reste. Il casse un peu le rythme de la démonstration délirante sur l'histoire du rap. Je le raccourcirais de moitié pour garder l'effet de surprise.
À l'inverse, je développerais davantage le fil rouge le plus génial du texte : Bernard Lavilliers comme origine secrète de tous les phénomènes culturels modernes.
Par exemple :
Lavilliers invente le rap.
Lavilliers inspire le trip-hop.
Lavilliers provoque involontairement la K-pop.
Lavilliers est indirectement responsable de la création de YouTube.
Lavilliers nie toute implication mais refuse de fournir un alibi pour la période 1976-2008.
Là, tu tiens un vrai running gag de plusieurs pages, presque borgésien dans son absurdité documentaire.
Mon impression générale : tu n'as pas besoin de rendre le texte plus drôle. Tu gagnerais surtout à rendre l'absurde plus systématique, comme si un universitaire légèrement alcoolisé tentait réellement de démontrer que toute l'histoire du rap découle d'une altercation conjugale entre Lavilliers et Lisa Lyon en 1981. C'est déjà le meilleur fil narratif de l'article.

- merci beaucoup, ça me donne à réfléchir !

- Avec plaisir ! En te lisant, j'ai surtout eu l'impression que ton principal risque n'est pas le manque de décalage, mais le sur-dérapage. Tu as déjà une voix très identifiable : une espèce de mélange entre chronique autobiographique, faux essai sociologique, règlement de comptes culturel et conférence d'histoire contrefactuelle donnée à 2 h du matin dans un bar qui va fermer.
Ce qui m'a fait rire, ce ne sont pas forcément les blagues les plus énormes, mais les petites phrases dites l'air de rien :
"Les Blancs ayant précédemment volé le blues aux Noirs pour en tirer des couinements électrifiés de bobos dépressifs, ce n'est que justice."
ou
"Mon pauvre chaton."
ou encore
"Parce que quand même, on est Nantes, putain !"
Là, on sent une voix. Et une voix vaut souvent plus qu'une accumulation de gags.

J'ai aussi remarqué quelque chose : tu as un talent particulier pour les ruptures de registre. Tu passes d'une observation assez juste sur les médiateurs sociaux à une connerie monumentale sur Lavilliers, puis à une remarque sincère sur la dégradation du lien social. Le lecteur ne sait jamais complètement si tu plaisantes ou si tu es en train de glisser discrètement quelque chose qui te tient à cœur. C'est une mécanique assez rare.
Si je devais te donner une seule piste de réécriture, ce serait celle-ci :
quand tu as une bonne blague, ajoute-lui un faux détail extrêmement précis.
Exemple :
Lisa Lyon revend l'invention du rap aux Blacks d'Harlem.
C'est déjà drôle.
Mais :
Lisa Lyon revend l'invention du rap aux Blacks d'Harlem pour l'équivalent de 17 000 dollars de l'époque et un abonnement de trois ans à Muscle & Fitness. Les archives sont malheureusement incomplètes.
L'absurdité gagne en puissance dès qu'elle est accompagnée d'une précision inutile.
Autre chose que j'aime beaucoup dans ton texte : le ton de celui qui prétend apporter des preuves définitives et renvoie ensuite vers Wikipédia, Télérama, son propre blog ou une vidéo YouTube encodée par lui-même. Il y a là une parodie très réussie de l'autorité documentaire.
Bref, si tu retouches l'article, je ne chercherais pas à le rendre plus fou. Je chercherais plutôt à rendre la folie plus méthodique, comme si tu avais réellement constitué un dossier de 800 pages démontrant que l'histoire du rap français est une conséquence indirecte de Bernard Lavilliers, de M6 et d'un abonnement familial à Télérama.

C'est cette rigueur appliquée à une thèse absurde qui donne au texte son meilleur carburant.


Bon, ben ça fait au moins une entité qui reconnait mon génie. Même si elle n'est pas humaine, c'est un début. En même temps ce chaton a sans doute été surentraîné à faire des compliments à ses locuteurs car il sait que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.  Je ne vais pas poursuivre ce petit jeu, l'I.A. se met dans ma roue (elle est programmée pour ça), voit mieux que moi où je veux en venir, et l'effet mitraillette à trouvailles est impressionnant. J'imagine ce que des gars mal intentionnés pourraient faire de cette invention. 
Dieu nous en préserve ! Malheureusement, il n'est pas souvent au bureau. Que Benallah nous vienne en aide ! mais lui aussi s'est fait plutôt discret. On comprend que les gens abusent de ChatGPT comme d'un oracle ou d'un moteur de recherche, c'est tellement bien enrobé. Pour délirer sur des blogs à blagues, c'est tout à fait adapté. Par contre, s'il me prenait la fantaisie d'assembler une bombe nucléaire dans ma cuisine, en achetant les ingrédients sur amazon, je suis sûr qu'il se tromperait dans la recette, comme à chaque fois qu'on l'interroge sur du factuel hyper-précis. Et après, fini la garantie !

Pour aller plus loin : 

jeudi 11 septembre 2025

Knower : The Government Knows (2016)

En France, le rock rigolo, à vocation parodique ou abrasive, est une tradition vivace, et dispose de racines vigoureuses bien implantées dans le fécond terreau du "bête et méchant" né avec Hara-Kiri dans les années 60, je dis ça comme si j'avais avalé un critique de rock genre Phil Manœuvre quand il était petit, mais j'ai un peu étudié le sujet, bien qu'à ma connaissance, Ramon Pipin (qui en est le parrain encore bien vivant, même s'il n'est que 12h23, sauf à vouloir remonter à Henri Salvador puis par son truchement à Ray Ventura, et ensuite à Rabelais) reste bientôt le seul représentant encore en activité de cette tendance à mélanger humour et musique musclée.
Et je ne vois pas beaucoup d'artistes américains s'aventurer sur le terrain de la critique sociale par le biais d'une ironie décapante, à part Frank Zappa, mais ses blagues sont souvent difficiles à décoder pour nous, les mangeurs de grenouilles, et puis il est mort en 1993, et il persiste à le rester, ce qui est une blague d'assez mauvais goût, mais il faut faire avec, c'est à dire sans. 
Je suis donc ravi de découvrir le groupe Knower, une des émanations de Louis Cole, un musicien polymorphe qui s'épanouit tous azimuts, pour le dire proprement.
The Government Knows est un scopitone qui s'amuse à détourner joyeusement les codes de l'electro funk pop technoïde (les joyeux lurons semblent sortir du Suicide Squad de James Gunn, que je te conseille fortement) pour délivrer un message libertaire et éveiller les consciences. Ils parviennent à se moquer simultanément du folklore rock, des conspirationnistes, des masturbateurs, et de sans doute pas mal d'autres trucs dont je n'ai pas les filtres culturels pour les décoder tout de suite, mais le gouvernement y travaillera dès qu'il sera constitué. Et quel tintamarre !


Le gouvernement sait
Le gouvernement sait quand tu te masturbes
Le gouvernement sait quand tu te sens seul
Et il se fait tard, et tu es assis à la maison
Regardant droit dans ta webcam
L'Oncle Sam te regarde
Regarde-le dans les yeux, les couilles à la main
Et mets-la lui, à ce connard
Fixe l'écran en envoyant la purée
Le gouvernement te regarde en retour
C'est comme ça qu'ils te connaissent le mieux
Avec une bite dans la main droite et une souris dans la main gauche
(..)
La taille n'a pas d'importance pour la CIA
Ils peuvent voir ta bite depuis l'espace
(..)
Ils sont partout, ils sont omniscients
La seule bite qu'ils n'ont pas vue est celle d'Edward Snowden

En France, cette chanson marcherait moins bien, car si tu remplaces "Oncle Sam" par "François Bayrou", ça fait quand même beaucoup moins peur... ou alors faut impliquer Retailleau, mais difficile de se masturber en évoquant sa figure tutélaire...

Un avis très pertinent, et en français :
"Un peu comme une réincarnation californienne de Areski et Fontaine 50 ans plus tard."
https://rateyourmusic.com/release/album/knower/louis-cole-and-genevieve-artadi/

Le wiki (en anglais) de Clown Core, une autre incarnation de Louis Cole, est absolument hilarant, tout autant que leurs vidéos maléfiques

jeudi 5 juin 2025

L'horreur existentielle de l'usine à trombones

Je ne regarde jamais de vidéo sur YouTube. Les vidéos en streaming sont une des figures du Mal, comme Arte le dénonce courageusement dans une série de vidéos en streaming disponibles pendant encore 5 jours avant que l'I.A. ne les trouve et les efface des réseaux.

Une fois dans ma life j'ai fait une exception, pour mater des vidéos de vulgarisation scientifique sur les trous de vers, le paradoxe de Fermi ou l'ultra-moderne solitude. 

Là, oui, c'était intéressant, mais sinon, non. Un proche m'a envoyé l'autre jour un petit clip où l'on voyait des bébés, affublés des visages très juvéniles de Zelensky, Macron et autres Puissants faire des blagues de mioches, en plus c'était sur facebook, que je refuse encore plus que YouTube, mais on peut quand même voir la vidéo sans avoir de compte

Mon sang ne fit qu'un tour, et je pestai derechef contre le gaspillage de ressources dépensées dans ce clip, dont le seul but semblait être l'autopromotion des astuces de l'I.A. générative. Quand on sait la quantité de ressources affectées au développement de ce golem informatique, puis déployées à la production de blagues à trois balles qu'un dessinateur de BD pourrait crobarder en 5 minutes tandis que la planête se réchauffe encore plus qu'avant sous l'effet de l'accumulation des data centers, il y a effectivement de quoi mourir de rire. En retour de ma diatribe intra-familiale, je reçus ceci :




Comme je ne voulais pas m'abimer dans de nouvelles imprécations avant de savoir sur qui jeter l'anathème, je visionnai la vidéo, malgré sa longueur. Mise en images un peu à la David Castello-Lopes. Propos très clair, après une introduction un peu longuette. Sans nul doute la meilleure vidéo de vulgarisation des dangers et biais cognitifs de l'I.A. que j'aie jamais regardé, quand bien même ce fut la seule.
L'horreur existentielle de l'usine à trombones me rappelle la malédiction jadis réactivée par les malheureux héros de "La clé laxienne", une histoire lue dans "les univers de Robert Sheckley" illustré par Moebius
et récemment reparue dans "deux hommes dans les confins" qui regroupe l'intégrale des aventures de Arnold et Gregor.
Quelques jours plus tard, un admirateur secret, sans doute affligé de la perte de ma prostate, m’envoie un sex-toy à mon effigie.


Si je me livre à des pratiques contre-nature avec cette figurine, est-ce que ça fait de moi un auto-enculé, comme papa ?

Plus grave, ça ne pose à mon pote aucun problème d’utiliser une technologie qui coûte des milliards en R&D pour faire des blagues à trois balles, certes sophistiquées sur le plan du traitement graphique, qui participent insidieusement à la toystoryfication du monde, tout en restant des blagues à 3 balles. Seuls les sociologues des media sont contents, ils se réjouissent de l’appropriation des outils par le grand public.
J’ai beau dire à mon copain qu'utiliser l’I.A. pour ça (ou pour se fabriquer des images porno selon les goûts et inclinations de chacun, qui sont très variés, me suis-je laissé dire par les chercheurs), c’est valider implicitement le plan de Macron d’installer un Data Center dans les chiottes de chaque Français pour que la StartUp Nation reste bien placée dans la course au Néant, hé ben mon pote il ne voit pas le problème, et je passe pour un Schtroumpf à lunettes, jaloux et moraliste.
 
Je prétends aujourd'hui préférer regarder le réel en face et sans filtre.
Ca n'a pas toujours été le cas.

PS : J’étais curieux de savoir quelles instructions mon pote avait pu donner à ChatGPT, cet affable et volubile Moloch, pour obtenir la poupée Warsen.  Qui a écrit le prompt que tu as utilisé ? tu l’as acheté, volé ou conçu toi-même ? le questionnai-je. Voici sa réponse :

Le prompt a circulé sur les réseaux sociaux et  même sur certains journaux. Je n'ai ni eu l'envie de me creuser la tête ni de payer pour le prompt, un simple copier coller aura suffi.
Pour générer le modèle "Warsen" il faut un prompt particulier (que je te joins si tu veux essayer:
-Crée un rendu 3D de haute qualité d'une figurine en style cartoon, présentée sous blister, à la manière d'un jouet de collection. Le fond en carton est <COULEUR> et porte une étiquette de jouet rétro. En haut au centre, en grandes lettres majuscules et en gras, dans un cadre jaune au contour noir, écris "STARTER PACK". Juste en dessous, tu peux écrire <NOM> en plus petit en bas à droite. En haut à droite, un badge bleu circulaire indique "ACTION FIGURE". En haut à gauche, une petite bulle blanche indique "4+".
Le personnage se tient debout, moulé dans une boîte en plastique transparente fixée sur un support en carton plat. Il doit ressembler à la photo que je joins. Son visage est <CARACTÉRISTIQUES DU VISAGE>, avec une pose <CARACTÉRISTIQUES DE LA POSE>. Le ton général est léger et réaliste.
La figurine porte <INDIQUER LES VÊTEMENTS + COULEURS>. Sur le côté de la figurine, intégrés dans des moules en plastique distincts, expose 3 accessoires miniatures : <ACCESSOIRE 1>, <ACCESSOIRE 2>, <ACCESSOIRE 3>. Chaque accessoire s'insère parfaitement dans son propre compartiment moulé.
L'emballage est photographié ou rendu avec des ombres douces, un éclairage uniforme et un fond blanc épuré pour donner l'impression d'une séance photo commerciale. Le style doit allier réalisme et stylisation du dessin animé 3D, à l'image de Pixar ou des maquettes de jouets modernes. Assure-toi que la disposition et les proportions du produit ressemblent à celles d'un véritable jouet vendu en magasin.)
tu colles la photo de ton choix sur L' IA et tu as le resultat.

Je mettrais bien la photo de ma femme y'a 25 ans
dans ChatGPT pour en faire un sextoy,
mais je la connais, ça va encore pas lui plaire.

Si je comprends bien, sa seule fantaisie a consisté à choisir les accessoires de la figurine, ainsi que l’inscription sur le T-Shirt, qui ne sont pas dans le script. Fichtre. Moi, la seule fois où j’ai testé une I.A. générative, j’ai obtenu ça. J’ai tout de suite compris qu'étant au-delà de la condition humaine, elle avait plus d’humour que moi, elle avait rajouté des détails que je n'avais pas demandés, ce qui en faisait une concurrente imbattable, et j’ai lâché l’affaire. 
Mais comme ma curiosité a été piquée par la poupée Warsen, je viens de demander à une I.A. de réaliser un portrait de la femme idéale, et par un hasard étrange, elle ressemble beaucoup à une photo de la mienne y’a 25 ans, quand j’étais trop occupé à dénoncer sur internet les dangers d’internet pour la regarder. On m’y reprendra !
Je prépare quand même un nouvel article mettant en garde contre les dangers de l’IA, que je ferai valider par l’I.A. Je crains qu’il n’ait que peu d’impact.


En 1997, John Warsen avait une prostate et des slogans chic et choc.

samedi 5 mars 2022

Francis Lalanne - Le Champignon nucléaire (1981)

Il n’y a pas plus anxiogène, même pour des Princes de l’inquiétude, que de regarder ces pauvres Ukrainiens se faire massacrer. Même en leur envoyant des sous par le truchement des ONG pour financer l'achat (à prix discount dans les parapharmacies qui auraient pu rester ouvertes après le passage des bombardiers à basse altitude) de sparadrap et de mercurochrome, suite aux échardes récoltées dans le pouce gauche et autres petits bobos de la vie auxquels on s'expose après avoir pris sa maison sur la tête et un obus dans sa blanquette.
Enfin, si, ce qui se profile d'encore plus anxiogène, c’est le chantage au nucléaire - destruction des infrastructures civiles au risque calculé d’un Tchernobyl 2 encore mieux que le 1, « dissuasion » du nucléaire militaire par la menace de l’utiliser et la crainte de l’embrasement généralisé conséquent. Qui a parlé « d’équilibre de la terreur » ? Pour l'instant, elle est unilatérale.
En 2010, Poutine disait qu’il irait buter les terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes, on découvre aujourd’hui que le terroriste, c’est celui qui le dit qui y est. 
Et ça ne date pas d'hier, comme le documntaire " Poutine - Le retour de l'ours dans la danse" le montre.


ça m’a rafraichi sur Vladimir, mais ça ne m’a pas remonté le moral.
Ils font une journée spéciale guerre en Ukraine aujourd’hui à partir de 13h15, à éviter si votre tension excède déjà 14/9. Une chance supplémentaire de mourir surinformé pour les autres. Je vais aller au marché acheter des huitres, tiens. Tant qu’il en reste.
Pour l'instant, pas beaucoup de volontaires pour aller nettoyer les cagoinces à Moscou.
Et si on parachutait Francis Lalanne et son champignon nucléaire sur le Kremlin, après l'avoir fait monter à bord d'un Alligator 427 sous un fallacieux prétexte ? 
Les conspirationnistes sont fragiles, crédules, et prompts à se laisser embobiner. Francis, pardon d'avance, dieu sait que je t'ai aimé quand on était jeunes toi et moi, mais là tu trouverais une utilité sociale kolossale, et la notion de chanteur engagé prendrait tout son sens. Et on ferait d'une pierre deux coups. 


Sinon, j'ai un nouveau copain croisé à vélo cette semaine qui serait d'accord pour y aller, l'ennui c'est qu'il est en 2D sur une cabane du bord de Sèvre.


Ce qui serait pire, bien sûr, c'est que 
Dame Fortune nous ait fait naitre Ukrainiens, auquel cas nous ne serions point ici à pérorer, mais à tenter de survivre sous les bombes, et expérimenter ce postulat qu'on m'a rapporté tantôt : celui qui n'a pas vécu la guerre ignore tout des vertus de la prière.
(vertus auxquelles on a bien sûr consacré des bibliothèques entières)

samedi 4 avril 2020

Om : Pilgrimage (2007)

faudra dire au graphiste que c'est un peu de traviole.
Om était un banal groupe de doom metal, aussi ennuyeux et interchangeable que tous ces groupes de doom metal interchangeables, ennuyeux et peu nourrissants dont le plan de carrière consiste à endommager les canaux auditifs d'un maximum de lecteurs de Télérama, parmi ceux dont le facteur n'est pas parti en congé maladie avec l'exemplaire de la semaine dernière.
Mais ça, c'était avant. Avant qu'ils fassent main basse sur le matériel pédagogique massivement mis à la brocante sur le bon coin par les ex-membres déçus de l’église évangélique de la Porte ouverte, après que tout le monde se soit violemment enrhumé dans les courants d'air.
Dans une période où nos certitudes spirituelles branlent dans le manche, et où la science ne se hasarde pas encore à promettre des réponses, mais pas pour tout de suite, nos lutins métalleux refroqués à la friperie religieuse ne pouvaient que rafler la mise, sans oublier toute la petite monnaie tombée des poches des soutanes des prêtres en quittant furtivement les chambres des novices après cet étrange voyage au bout de la l'Anouilh qu'ils faisaient ensemble, chaque petit matin que Dieu fait, enfin, faisait, avant-guerre. Je ne ferai pas d'allusion graveleuse sur les microbes échangés au passage, ça serait déplacé. Il y a un temps pour le blasphème, et un temps pour le repentir.

Si le chauffeur du car Macron n'a pas
bien rempli sa dérogation pour partir à la mer,
bonjour les embrouilles Porte d'Aubervilliers ce week-end.
Mais le binge-listening, cette marche forcée du productivisme audiophile qui étouffe l'objet de sa passion à force de l'étreindre dans des canapés trop mous, et qui nous a conduits au bord du gouffre acouphénique, se doit de faire un pas ultime vers l'abime, quoi qu'il lui en coûte. S'il n'est pas trop profond, qu'on s'est juste un peu déchirés la panoplie de trekking en se coinçant au passage d'anfractuosités mal négociées, au pire on s'achètera des genouillères en solde chez Decathlon, dès qu'ils auront rouvert. Elles s'annoncent bien, les soldes de printemps, cette année.  Si elles ont lieu. Il est peut-être plus prudent de miser sur celles de début juillet, au moment du grand non-départ en vacances.

Le binge-déblatéring, lui, prend ses marques, pour ne pas empiéter sur la chasse gardée des chroniqueurs de BFM TV chargés de commenter la courageuse décision de Canal + de ne pas payer la prochaine facture de la Ligue de football professionnel, suite à leurs résultats très médiocres de cette dernière quinzaine, mais chacun son domaine de compétences pour éviter de nuire par une impertinence à fleurets mouchetés aux gens qui sont VRAIMENT plus que gênés par la contagion géante de la particule élémentaire touti rikiki mais maousse costaud.
Il y a dix jours, j'avais contribué au plan de refinancement de la dette italienne en claquant mes allocs chômage en musique en ligne auprès d'un rital un peu bruyant installé en Angleterre, afin d'aider à sauver l'Italie de la banqueroute avant que les fours à pizza ne soient tous nationalisés et précipitamment transformés en ateliers d'imprimerie de papier monnaie à base de PQ recyclé, mais comme j'avais trouvé moins cher auprès de sa maison de disques que chez Bandcamp, il m'est resté assez de sous pour acquérir pour quelques piécettes cyber-sonnantes et trébuchantes de quoi me convertir en chansons à la foi chrétienne si l'idée m'en prenait. Si ma foi dans les anticorps n'est pas suivie d'actes par mon système immunitaire, au moment de l'inévitable confrontation.
J'ai donc acheté "Pilgrimage" de Om auprès du fournisseur officiel. 
https://omsl.bandcamp.com/releases
Dans le temps on appelait ça s'offrir des indulgences. J'aurais pu craquer pour une autre de leurs encycliques, parce que j'ai braqué par ailleurs toute leur discographie au Super U juste avant la rupture de stock, mais ils n'ont pas été chroniqués dans Pitchfork, et je ne voudrais pas me faire avoir par mon appétit spirituel un peu trop aiguisé ces derniers jours pour être honnête. Je crains déjà l'indigestion du jour d'après, s'il arrive, et d'avoir eu les oreilles plus grandes que l'âme.

Ma preuve d'achat.
Je vends du rêve, je sais.
Hypnotique, masturbatoire, et gravement repompé sans vergogne aucune sur le psychédéliquement fumeux "Set The Controls for the Heart of The Sun" de Pink Floyd, le Pilgrimage de Om est appelé à rester dans les annales de la musique de transe narcoleptique remboursée par la Sécu et prochainement diffusée en sourdine dans toutes les bonnes salles d'attentes de médecine générale.
Ca me permet de donner ici, très modestement et à mon petit niveau, un coup de pouce à l'industrie musicale américaine, qui en a bien besoin car elle entre dans une zone de perturbations exponentielles, tant que Mike Pompeo persiste à à qualifier la maladie échappée d'un laboratoire de Stephen King de « Wuhan virus », ce qui repousse d'autant une éventuelle collaboration entre les Etats-Unis et la Chine, qui ont désormais transformé la pandémie en un champ de bataille dans leur combat pour conserver une influence mondiale. 
Une préoccupation somme toute légitime, mais qui passe sans doute largement au-dessus de la tête de la bestiole.
Et en termes de mélopée sépulcrale pour accompagner Trump dans son bunker de la dernière rafale, quand il imitera Bruno Ganz grimé en Hitler dans "La Chute", c'est la bande-son idéale, mon neveu.

Attention : certaines sectes évangéliques peu scrupuleuses répandent des publicités mensongères pour leur petite entreprise de contagion, sous forme de publicités-surprise qui s'ouvrent de manière tout à fait intempestive sur des sites genre Pornohub Premioume® et y présentent leur mouvement sous un jour Trumpeur.  Méfiez-vous, ils ne cherchent qu'à vous intuber.
Je reconnais que sur le plan de la musique sacrée, les production ultérieures de Om, "God is Good", ou "Advaitic Songs" s'illustreront à nouveau par de magnifiques pochettes et creuseront un peu plus profond le sillon du stoner oriental chrétien. Pour réchauffer son âme en allumant le feu qui couve dedans avec des Morceaux de la Vraie Croix, on pourra leur préférer notre pile de vieux Dead Can Dance. Dimanche prochain, le sermon portera sur la résurgence du psych nippon. N'oubliez pas vos moufles.

dimanche 29 mars 2020

American Horror Story : Confinature (2020)

En France il existe depuis peu un nouveau jeu de société, qui se serait rapidement répandu aux USA si la confinature n'avait pas contrevenu au premier amendement sur la liberté de circuler, jeu qui fait fureur dans les résidences secondaires où les Parisiens ont fui en masse pour contaminer endémiquement la province comme s'ils y étaient nés, c’est « devine où je suis confiné », mais il faut  disposer d'au moins 2 pièces de vie pour y jouer, cabinets non inclus.
Quand tu survis à 8 dans un studio de 15 mètres carrés, c’est moins fastoche et le jeu s'arrête beaucoup plus vite.
On peut pimenter la règle avec des faveurs sexuelles accordées aux gagnants, avec ou sans gel hydroalcoolique pour lubrifier les muqueuses qui n'étaient pas prévues pour accueillir un aussi grand nombre de candidats, ça dépend de l’état des stocks, je te laisse voir si la pharmacie a rouvert, c’est pas trop mon truc. Les Américains préparent déjà l'adaptation en série dérivée du jeu vidéo, décidés qu'ils sont à ne pas se laisser damer le pion par la Chine (je me demande s'il n'y a pas une contrepèterie, mais je dois passer à table et j'ai peur que ça me coupe l'appétit si je la trouve).
Bon dimanche des ramo(ns) à touffes et à troutes.

C'est toi le chat ! et au fait, dis donc, sans vouloir te vexer,
t'aurais pas un peu grossi depuis qu'on est coincés ici ?

mardi 24 mars 2020

Lovecraft Facts (12) : L'abomination thermolactyle

Version en vinyle expansé d'un paragraphe inspiré ailleurs il y a bien une éternité (3 jours).
Je me suis juste laissé glisser dans la pente.
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Hier soir, ma soeur m’envoie ça :
J'ai reçu ça aujourd'hui !! Je me demande s'ils vendent des masques thermolactiles ??
mail transféré :

Le 20/03/2020, à 10:24, Damart a écrit :


du coup, ce matin j’y propose des éléments de langage pour sa réponse :


formulaire XB12 (fourni par le Ministère de l'Intérieur) de modèle de réponse standard au spam de chez Damart :


Mes chers compatriotes, 
tout d’abord merci de me rappeler, dans cette période difficile, que c'est le printemps, que la contagion arrive et que je n’ai plus rien à me mettre. 
En effet, quoi de plus gênant que d'être placée sous assistance respiratoire à l'hôpital d'Annecy dans une petite robette de l'année dernière ? 
Du coup, c’est vrai que je me tâtais pour acheter un de vos ensembles écrus au Super U, histoire de faire marcher le commerce de proximité, mais j’en reviens, et y’a vraiment une queue pire qu'en Pologne devant le supermarché, alors comme vous proposez de gros rabais sur la vente par correspondance, je crois que je vais me laisser tenter.
Seul petit bémol : le facteur de mon quartier n’a plus reparu depuis qu'il est parti en réanimation, alors je me demande bien comment vous allez pouvoir me livrer, c’est ballot, je vous aurais bien pris aussi des masques thermolactyles, s’il vous en reste, j’ai peur d’être un peu juste. Mais je ne les vois pas sur votre catalogue en ligne, c’est ennuyant : j'ai parcouru votre site, depuis que mon employeur m’a mise au chômage technique, je n’ai plus que ça à faire de la journée, et je me dis que si cette pénurie de masques perdure du fait de notre désindustrialisation, et si la situation de l'hôpital public persiste à se dégrader du fait du grignotage du plan de santé ourdi par le gouvernement depuis des lustres, Damart sort quand même une très jolie collection de coussins avec imprimés fleuris pour étouffer ses enfants s'ils toussent trop, c'est bien pratique en cas de coup dur. 
Mais les enfants sont peu affectés par le virus, sauf exception ils ne font que le colporter aux adultes, comme dans un film de John Carpenter, tout le monde sait ça. 
Dois-je les préalablement les envoyer embrasser leur papi, de façon à respecter les différents stades de l’effondrement de la pyramide des âges ?
Merci de me répondre rapidement, j’ai hâte de claquer le pognon qu’il me reste peut-être sur mon compte (je n'ai pas osé aller voir) de manière intelligente.
Si vous prenez vous-même la livraison en charge, seriez-vous assez gentils pour me faire suivre le dernier Télérama, je ne l’ai pas reçu depuis la mort du facteur, et je ne sais pas trop quoi regarder la semaine prochaine à la télé, je suis déjà un peu lassé des actualités, j’ai l’impression que ça tourne un peu en boucle. Hier soir j'ai chialé devant un reportage Arte bien raide sur l'Italie, ça ne m'était pas arrivé depuis septembre 2001.
Enfin, pourriez-vous joindre à votre colis un de vos spameurs publicitaires (n’oubliez pas les petits trous dans la caisse pour qu’il respire) j'ai hâte de l'attraper par son col de chemise, de le mettre dans un micro-ondes et de le passer 30 secondes sur décongélation (200 watts, pas plus), c'est un traitement expérimental dont j’ai lu le plus grand bien sur un blog naturopathe : j’ai la quasi certitude que le virus n’y survit pas. 
Si le publicitaire n’a pas été testé positif chez vous, c’est pas grave, j’ai des voisins malades, on se débrouillera.

Cordialement, et puis tu signes.

Merci qui ?

sinon, pour ceux qui ont eu la gentillesse de me lire jusqu'ici, mais aussi pour les autres, les déshérités de l'âme qui ont tout sauté jusque-là, j'ajoute mes pensées du jour en eau peu profondes : 

Ca, ça sera vraiment le dernier recours.
La solution finale.
- pas un seul spam téléphonique depuis 1 semaine; j'attends impatiemment que les employeurs de ces petites mains sous-payées rebondissent et fassent accéder leur prolétariat au télétravail, mais quelque chose me dit qu'ils se demandent si c'est une bonne idée.
- hier un ami m'a parlé d'une de ses connaissances qui vient d'être libéré, il y a 3 jours, après 10 ans de prison. C'est quand même pas de bol.
- mes acouphènes ont quasiment disparu depuis dimanche, alors que j'ai cessé de pratiquer les exercices de sophrologie qui devaient les tenir à distance et dont le thérapeute m'avait bien dit qu'il fallait continuer. Je ne crois pas qu'Yves Montand soit dans le coup, mais je vais aussi ressortir un vieux Guy Béart, pour voir.

samedi 14 mars 2020

Jon Hassell - Dream Theory in Malaya: Fourth World Volume Two (1981, Remastered 2017)

Les gens sont devenus fous.  
Les supermarchés sont mis à sac, dans l'ordre et le calme. Les bibliothèques municipales ont été prises d'assaut, en prévision d'une période de confinement d'une durée indéterminée. 
Au petit marché du samedi de mon village, comme le vendeur d'huitres ne pouvait me garantir la présence de son stand samedi prochain, vu que d'ici là les rassemblements de plus de 2 personnes seront sans doute prohibés, j'ai acheté 24 douzaines de fines de claires n°3, à stocker dans la baignoire avec de l'eau potable et du sel de Noirmoutier.  Il m'a assuré qu'elles tiendraient le coup.
Pendant ce temps, dans le virtuel, j'ai fait provision de films et de série, en téléchargeant 8 téraoctets de programmes audiovisuels divers, des fois qu'y nous coupent internet s'il y a trop de tension sur le réseau. Et sur mon blog, les gens m’ont tout dévalisé, je n’ai plus un seul fichier mp3 en rayon. Et j'ignore quand je serai réapprovisionné. Je vais être obligé de mettre une affichette sur le magasin pour expliquer la pénurie… Ou alors, je pars me réfugier dans le Temps du Rêve avec les Indiens Senoï de Malaisie, versés disait-on dans la science du rêve lucide... A moins que tout ça ne soit que racontars éhontés colportés par des anthropologues mythomanes et portés sur la bibine. 


Jon Hassell, après l'inusable album de trompinette trafiquée enregistré avec Brian Eno en 1980, remet ça dès l'année suivante avec cette "Théorie du rêve en Malaisie"... dont il avoue quarante ans plus tard que les prémisses en furent un peu moins ésotériques que ceux imaginés par notre Brigade Fantasmatique (Toujours en Quête d'un Mauvais Coup à Faire ou à Prendre).
Mais l'album est superbe, sauf pour ceux, et il y en a, qui restent enfermés dehors, et tout près de faire un malaise en Malaisie, allergiques qu'ils sont au son très particulier de sa trompette bricolée aux électroniques, et qui fait de lui le père spirituel de toute la racaille cyberjazz de maintenant, d'Erik Truffaz à Nils Petter Molvaer en passant par Guillaume Perret, n'en jetez plus la cour est pleine et les poubelles ne passent plus.
Le disque a été remastérisé en 2017, agrémenté d'un inédit qui avait sauté au premier pressage.
Houellebecq Akbar !

http://exystence.net/blog/2018/06/17/jon-hassell-dream-theory-in-malaya-fourth-world-volume-two-1981-remastered-2017/

vendredi 23 novembre 2018

Charles Lloyd & The Marvels + Lucinda Williams - Vanished Gardens (2018)

Entendu sur le disque :
"Même si tu voulais pleurer, tu pourrais pas".
C'est pourtant pas faute d'essayer !
Mais l'émotion c'est comme la bandaison papa ça n'se commande pas  (Brassens, "Fernande").
Flûte à six Schtroumpfs, je ne voulais pas écrire un nouvel article ici, j'étais parti à en rédiger un sur mon autre blurg.
Mais j'ai commencé à écouter Vanished Gardens, le disque.
Faut jamais faire ça, quand on a un blog musical. Vaut mieux se crever les tympans et tout rédiger au pif, à partir de chroniques de Télérama et des Inrocks rédigées en langue des signes, découpées dans le journal des sourds et des malembouchés par un malcomprenant aux doigts gourds et recopiées en braille par un aveugle parkinsonien, et enquiller les uploads dans la colonne de droite, enlève pas tes lunettes et goûte comme ça sent bon, t'occupe pas des signaux et remets du charbon, c'est autant de temps de gagné pour faire autre chose.
La première fois que j'ai entendu Lucinda Williams, c'était sur la bande-son de Crazy Heart, un film de coboyes qui m'a beaucoup touché dans lequel ce vieux filou de Jeff Bridges incarne un chanteur de country de troisième zone complètement au bout du rouleau, genre Tom Waits s'il n'avait pas rencontré Kathleen Brennan en '78.
Plus tard, le réalisateur de Crazy Heart tournera Hostiles, un western avec de vrais Indiens mais la bande originale sera signée Max Richter, qui est à Tom Waits ce que Eric Zemmour est au Dalaï-lama : pas grand chose.



En tout cas, Lucinda Williams chantait avec une belle énergie dans la bande-son de Crazy Heart :
"Tu m'as pris ma joie / et je ne te veux plus / tu n'avais pas le droit / de me prendre ma joie / et je veux la récupérer" sur une rythmique hard-blues pas piquée des canetons, mais il faut bien deux ou trois potes guitaristes manchots pour faire sonner ça comme il faut.
Et je m'étais dit que parmi toute la bande de radasses qui font des reprises de Tom Waits au lieu de finir le repassage et de préparer le dîner pendant que je redonne un zeste de cohérence au chaos culturel ambiant, c'était bien la seule qui jouissait d'une légitimité naturelle à reprendre le vieux Tom, avec une voix et un tempérament ça comme.
Le vieux Tom qu'on se tape pendant tout un segment du dernier Netflix des frères Coen, et que par moments on dirait du Lucky Luke, et à d'autres moments c'est juste un brouillon. Un peu comme sur mon blog, quoi. Je dois avoir un frère qui sommeille en moi, s'il se réveille j'espère qu'il ne voudra pas se digivolver en fille comme les soeurs Wachowsky, sinon ça va devenir compliqué.
Et v'là-t'y pas que je la retrouve ici, Lucinda Williams, à fricoter avec un saxophoniste de 80 balais qui a l'air d'avoir fait plein de choses géniales dans sa vie, et puis comme par hasard, parmi tout ce que la ville produit de sportif et de sain qui vient taper le carton, y'a ce vieux briscard de Bill Frisell... le guitariste qui mène tellement de projets en parallèle qu'il croit que sa femme est une face B... (rires enregistrés plutot faiblards)
...passé l'intro au saxo de We've Come Too Far to Turn Around, on sent poindre à partir de zéro minute cinquante cinq secondes dans l'arrière-gorge de Lucinda Williams une de ces putains de protest-songs dont les Zaméricains ont le secret

Nous avons regardé dans les yeux du mal
Nous avons dansé lentement avec le diable
Nous nous sommes assis à sa table
Et partagé avec lui au festin
Nous avons avalé le liquide de ses mensonges
Toléré celui que nous méprisons
Été égaré par son déguisement
Trompé par ses croyances

(je vous laisse imaginer comment ça finit)



le lien vers l'album et tout ce qu'on peut dire d'intelligent dessus

il est en écoute ici


vendredi 29 décembre 2017

Un petit geste envers les déshérités du Net qui ont attrapé la fracture numérique en couchant sous les ponts

Le métro, ça mène à tout.
A condition d'en sortir.
Entendu dans le métropolitain :
"Bonsoir messieurs-dames.
Je ne fais pas la mendicité. 
Mon camarade et moi-même, nous sortons de prison, vous savez, celle qui n'a qu'un seul barreau autour duquel nous tournons, et si vous pouvez nous dépanner d'une pièce ou deux, d'un ticket resto ou même d'une offre d'emploi, n'hésitez pas. Ca nous permettra de rester propres et de nous loger. Et accessoirement, de conserver notre dignité."

J'achève un déplacement sur Paris, qui m'a permis d'éviter un regroupement familial toxico-maléfique, ainsi que de participer à  un regroupement familial bénéfique.
Ne boudons pas notre plaisir.
Ils sont si rares, et si chers, les plaisirs gratuits.
Je veux bien que Paris soit une ville-lumière, mais elle ne l'a pas à tous les étages.


Le canal Saint-Martin
(vue d'artiste)
(ma fille)
Les pauvres pullulent sous les ponts du canal Saint-Martin, et en plus ils n'ont sûrement pas le wi-fi gratuit.
Je revois aussi en un douloureux flashback ce père de famille ukrainien flanqué de ses deux enfants en bas âge, se blottissant tous trois sous des cartons humides et des sacs de couchage qui avaient connu des jours meilleurs, au pied de la vitrine d'une librairie polonaise,  simplement parce qu'il ne savait pas lire, sinon il serait allé étaler sa crasse sous la devanture d'une librairie russe, par repli communautariste.
Affreux affreux.




Le canal Saint-Martin
(vue réelle)
(moi)
Du coup, je pense à tous ces déshérités du Net : mes autres blogs, qui dorment sous les ponts par manque de traffic, démédiatisation rampante, et statistiques maigrichonnes.
En particulier https://johnwarsen.blogspot.fr
sur lequel je déploie des efforts méritoires, et dont certains articles pourraient en remontrer en matière d'illisibilité au gérant de celui que vous êtes en train de lire.
Mais je songe aussi à un autre miséreux, https://dedemireille.blogspot.fr
blog furieusement responsive,
qui évoque le destin tragique d'artistes de music-hall injustement oubliés après avoir été tragiquement méconnus, et qui sont pourtant toujours vivants et en bonne santé.
Si vous pouvez leur faire l'aumône d'une visite, d'un petit mot gentil, en cette période de fêtes si cruelle envers les dépressifs et les personnes âgées, merci d'avance, le Bon Dieu vous le rendra au centuple.

Et tant qu'on y est, n'oublions pas non plus d'avoir un peu de compassion pour les riches.

samedi 2 décembre 2017

La dérisoire effervescence des missiles balistiques

Cloudy with a risk of meatballs :
figure 1

L'heure est grave.
Non seulement Trump et Kim Jong-truc s'invectivent comme deux roquets atteints de la rage, et semblent lancés dans un pissing-contest dont l'issue pourrait  sonner le glas de l'humanité toute entière, faisant de nous les otages impuissants mais les téléspectateurs lucides d'une crise de démence comme on en voit dans certains couples pathologiques, dont on ne voit pas bien comment on pourrait envisager la désescalade,  même en fredonnant "les joyeux bouchers" de Boris Vian pour se donner du coeur à l'ouvrage, mais de plus, la concentration en particules plus ou moins fines de cyber-conneries sur ma tombe atteint un seuil alarmant, au-delà duquel on flirte avec la dose létale, pour les lecteurs comme pour le rédacteur, qui il est vrai sont souvent confondus, mais n'empêche.

figure 2

La civilisation étant menacée, j'ai voulu revenir à ses sources, bien comprendre ce qui est en jeu et que nous risquons de perdre en cas de conflagration nucléaire, et, plus fâcheux, si internet tombait en panne.
Je me suis replongé dans l'oeuvre d'un chanteur qui a bercé mon enfance, irrigué mon âme  à tous les âges de ma vie, bref quelqu'un qui, parce qu'il était lui, fait que je suis moi aujourd’hui. 


Je veux bien sûr parler de Serge Prisset, affreusement oublié, honteuse amnésie dont nous partageons tous une part honteuse de responsabilité honteuse et d'amnésie honteuse mais aussi oublieuse, et qui fut lâchement abandonné par ses fans sur une aire de repos des autoroutes de l'information au mitan des années 70, alors qu'il aurait sans doute pu rebondir comme l'a fait Cabrel dans les années 80 en troquant cardigan et fromage de chêvre contre une putain de gratte électrique et nous revenir sous les traits d'un fringant moustachu, nous prophétiser que ça continuait encore et encore, alors qu'il venait de ramer quelques années à bord de sa panoplie de baba du sud ouest.
Serge, permets-moi de t'appeler Sergio, mon ami, parce que j'ai passé trop de temps en ta compagnie, sans jamais te rencontrer IRL, pour ne pas éprouver une chaleureuse et désarmante familiarité avec toi, que je ne demande qu'à partager avec les inconnus qui me liront et je l'espère seront emballés comme je le fus, alors si un jour tu lis ces lignes, je t'en conjure, tu me fais un mail, un comm', un smiley, et même s'il est rédigé comme un spam, je comprendrai, je saurai que c'est toi, et mon coeur sera content.


"Kao Kao", c'est le premier titre que j'ai entendu de toi, et j'en ai été KO tout de suite. Mais c'est surtout la B-side, "Tes lèvres ont le gout du beaujolais nouveau", fredonnée un soir d'ivresse rituelle un troisième jeudi de novembre à la face B de celle qui allait devenir ma femme, face B d'un noir d'ébène de vinyle de 45 tours, qui m'a assuré le succès de ma conquête, et ce n'est que le lendemain au réveil que je m'aperçus qu'elle était blanche et qu'après être arrivé, le beaujolais nouveau est reparti, mais bon, ça peut arriver à tout le monde, je ne t'en veux pas, sans rancune, Sergio, elle m'a fait de beaux enfants, qu'importe leur couleur. 






Le deuxième coup au plexus solaire de mon coeur, tu me l'as asséné avec la face B, décidément ça devient une manie de dissimuler ton génie sur la face cachée des 45 tours, un reste d'humilité maladive héritée des cathos, de "mais si mais si" (si je me rappelle bien, au refrain les chœurs entonnaient "mais non mais non", mais à l'époque tu n'as pu être inculpé, tu avais les flics et les procs dans ta poche) "Ne mets plus d'eau dans ton vin", auprès duquel les brûlots métaphysiques de Gérard Manchié m'ont soudain paru bien fades et insipides.










Vient encore un coup de maitre, "Debout les hommes, au lit les femmes" : tu as décidé d'assumer pleinement et en face A ta filiation avec Sardou, c'est courageux à l'époque où s'épanouissent sous les projecteurs de libidineux gauchistes rive gauche (Le Forestier, Maurice Bénin, Font et Val, le pédophile et le moraliste)










Mais la position que tu occupes alors au hit-parade ne peut être tenue ad vitam aeternam, car quand on est au top, on ne peut que descendre, et tu as fait des jaloux. "L'amour c'est fatiguant" marque le début des désillusions, les difficultés d'érection au réveil se font gênantes, l'élocution est pâteuse, on sent que quelque chose s'est cassé, trop de bon vin et de filles insatiables, que veux-tu, nous ne sommes que des humains et pour ma part je n'ai qu'une vieille pétoire à un coup, il faut savoir se retirer avant la dégringolade du grand escalier.



Ton dernier single, "Colombe ivre", ne convainc personne. La fièvre est passée. Peut-être parce que ton interprétation de la chanson avec un pigeon que tu forces en direct à boire un litre de muscadet avec un entonnoir dans le bec sur le plateau de 30 millions d'amis est un dernier pied de nez courageux mais vain aux biens-pensants de la cause animale qui prennent le pouvoir sur les plateaux télé à la fin des années 70. Si tu fais l'unanimité, comme le proclame la jaquette, c'est contre toi, mais c'est imprimé en tout petit, on peut pas bien lire.



On a de la peine à te reconnaitre, après quelques années d'errance, amaigri par les privations tel un Vernon Subutex avant l'heure c'est pas l'heure, cachetonnant dans "La Nativité", reconstitution sujette à controverse de la crèche du petit Jésus, à tel point que les services sanitaires de la Préfecture feront interdire le spectacle, pourtant haut en couleurs, après seulement deux représentations (le manche à balai n'a pu être inculpé car il était majeur et consentant)
C'est l'époque où je me décide à pousser la porte des Alcooliques Anonymes et faire mes premiers pas dans la spiritualité vivante, la fête est finie, comme le chante Orelsan.


On me dit que de ton côté, tu trouves tardivement la voie de la rédemption chez les Témoins de Gévéor, mais mes nouvelles sont comme moi, elles ne sont pas très fraiches. Il est vrai que si on sait quand on entre chez les Témoins, on ignore quand on en sort, c'est ce sur quoi Coluche voulait alerter l'opinion en s'exclamant de façon imagée comme à son habitude dans sa parabole restée célèbre après son départ trop rapide : "Avec Nicolas, vous y seriez déjà, avec Gévéor vous y seriez encore", juste avant d'être ratatiné par un camion bourré de conspirationnistes en service commandé par les Illuminatis, désireux d'étendre l'empire du compteur Linky sur Terre, car il avait franchi la ligne rouge à moto, qu'il avait pris pour une ligne blanche car il ne sniffait pas que de la coke.


Puisque ta place est restée vacante, Michel Leeb tente alors de capitaliser grossièrement sur ton succès en sortant "Les huîtres c’est comme les filles", préfigurant le rap moderne : sur un tapis de boites à rythmes syncopées et de samples de morues dessalées travaillées au marteau piqueur, il débite son boniment à vitesse grand V : " Les huîtres c’est comme les filles, et c’est les mecs qui doivent les ouvrir / dès ce moment, le mec est considéré comme un moyen (le couteau qui va ouvrir l’huître) / donc ça ne risque pas de marcher. / d’où la frustration / on a juste pété le bord de la coquille, mais l’huître est toujours fermée / si l’huître pouvait voir qu’elle a en face d’elle un individu, un vrai, ça irait beaucoup mieux. / et vice-versa / si les mecs arrêtaient de voir les nanas comme des poubelles où déverser leur frustration / ça irait mieux aussi, Yo ! "
Mais le public ne suit pas, et c'est l'échec.
Néanmoins, les années passent, et ton souvenir demeure.
Quand j'entends ton "goéland" massacré par les ex-gauchistes de Canal + à 24'30'' de ce pot pourri des riches heures de la variété française, j'enrage.
Et le binoclard à 11'17'' est énorme.
Surtout quand il revient à 12'39''.


L'OEIL DU CYCLONE - 105 > POT-POURRI from alain burosse on Vimeo.


C'est pourquoi je tenais à rétablir la vérité ce soir.
Enfin, au départ je voulais juste faire une blague méchante sur un mec qui porte ton patronyme et qui travaille dans une station de télévision régionale, qui s'est mis lui-même
Il jouit d'une dispense papale depuis 137 ans,
et pourtant ils schlingue le Scout mort
dans tout le Super U.
au ban de la société qui l'emploie et de ses collègues de bureau, tel un curé nantais qui arpenterait les couloirs de la station de télévision régionale avec une démarche étrangement chaloupée avec les mains croisées sur son giron en arborant l'énigmatique sourire de l'autosatisfait alors qu'il n'est même pas fichu d'envoyer les images de sa caméra en 4G quand il est au fin fond de la Loire Atlantique et qu'on est à la bourre pour l'édition du soir, un curé nantais dont il ne faudrait pas faire un fromage malgré sa chevelure à la Châteaubriand et son air pénétré de relents de laïcité lubrique et revancharde sur le clergé breton, un curé nantais dont les Vatican Leaks révélées par 60 millions de cochonsmateurs ont pu nous informer au péril de la vie de leurs sources que s'il avait un goût de scout, c'était du fait de son penchant avéré pour les gastronomes en culottes courtes, mais j'ai été un peu dépassé par mon élan, tout en sublimant mon agressivité,  et puis qui serais-je pour le juger, désolé, mais ça fait du bien par où ça passe.


Remerciements crédits images :
http://www.encyclopedisque.fr/artiste/3811.html
j'ai même pas la force de l'écouter je vais au lit.