dimanche 30 août 2020

Alabama 3 - Exile On Coldharbour Lane - The Boxset (2020)

C'est la fin.
(Monologue enregistré avec 16 tonnes de réverbe et des très mollos dans la voua)
C’est dimanche. Matin. J’ai allumé les candélabres dans ma modeste église : la salle de montage 4 d’une station de télévision régionale. C’est encore moi qui suis de garde pour le sermon dominical. J’y étais prédestiné : mon nom de famille, au civil, désigne le curé de la paroisse, dans une langue celtique de la branche brittonique encore parlée dans l’ouest de la France. Y’a un moment, faut faire avec ce qu'on a reçu, et accepter ses prémisses de prêcheur en chaire.
Brothers and Sisters, ces derniers temps, j'étais dans le noir, puis j'ai reuçu la lumière, en plein sur la rétine de l’oreille. Je ne m’y attendais plus. Mes regrets éternels mais relativement récents (qui datent en vérité de cet été où je suis passé à Apt, berceau du groupe), de n'avoir pas vu plus souvent Raoul Petite en concert ou de ne pas m'être plus ébaubi la pointe à l'écoute de leurs disques m'avaient conduit au fond du trou. D’où je contemplais d’un œil morne la disparition du spectacle vivant, puis les mots « concert » et « festif » seront prochainement effacés du dictionnaire. Sans parler de l’effondrement probable du « collectif » Raoul Petite réuni autour de Carton, son chanteur et seul membre permanent, comme Robert Fripp avec King Crimson mais en un peu plus fun, Carton qui n’est pas éternel et qui a déjà 70 ans, et « collectif », un nom qu’on ne donne plus guère, l’individualisme a eu sa peau. Du fond du puits où la dépression m’avait jeté, je m’apprêtais à me crever l’œil avec une chandelle de bois pour ne plus voir ni cette misère ni la mienne.
Et l’inconscient, qui fait quand même bien son boulot, m’a miséricordieusement glissé un CD d’un autre collectif, Alabama 3 : un groupe britannique mélangeant rock, électronique, blues, country, gospel, acid house et franc parlé, fondé à Brixton, en 1995.
J'en avais parlé, de façon confuse, début 2012.
Avec des phrases sans verbes, et parfois même sans sujet.
Faut dire que début 2012, je découvrais les effets des antidépresseurs sur les bipolaires : c'est carrément contre-indiqué, mais en attendant j'ai bien plus ricané qu'avec de la bête coke.
Aujourd'hui j'expérimente sans produit la sortie d'un coffret hyper-luxe de 5 CD célébrant le (presque) jubilée de leur premier album effectivement jubilatoire et qui n'a fait que se bonifier avec le temps, bourré d'inédits qui auraient gagné à le rester, et qui m'a l'air tout à fait dispensable, à part pour le livret et  les morceaux de l'album original (les pistes 37 à 48 de la playlist bandcamp).


"Alabama 3 is a pop band. A punk rock, blues and country techno situationist crypto- Marxist-Leninist electro pop band. (..) We want to make you feel good. We know you've had trouble in your life, real bad trouble. We know you've got debts. We know you've had your heart broken so many times you're still finding pieces of it in your pillow. Maybe you've done some good things in your life, maybe you've done some bad things. We forgive you. Forgive yourself. Then dress up real sexy and come and party with us. We'll look after you. That's a promise."

mardi 25 août 2020

Raoul Petite ‎- Georges Cloné (2005)

Pour faire plaisir au jeune homme que je fus, qui commence à me saouler et qui me lâche quand il veut, et qui fut néanmoins bouleversé il y a 34 37 ans par leur prestation scénique, j'ai réécouté toute la discographie de Raoul Petite, mais ça m'a fait pareil que la fois d'avant. Un disque studio des Raoul, c'est comme écouter un CD de Jango Edwards
Et leurs disques en public, c'est pire : on sent bien qu'il se passe quelque chose, dont on est tesclu. Et puis aussi, dans les paroles des chansons, je trouve que le traitement n'est pas toujours à la hauteur des thèmes abordés. Sauf  pour Georges Cloné.
A tout cela, incluant des méditations mélancoliques sur leur relatif insuccès, je ne vois rien à quoi je puisse remédier.




A part en achetant leur dernier disque.

[EDIT]
Poster toute la discographie de Raoul Petite ne me restituerait pas l'émerveillement ressenti pendant leur concert de 1983.
Il existe une archive d'époque qui musicalement envoie du bois, mais la vidéo au format 4/3 a été écrasée en 16/9, c'est moche.
Et puis méfions-nous du sentiment élégiaque : la dernière fois que j'ai eu envie de réécouter un truc qui m'avait beaucoup plu pendant les années 80, j'ai rappelé Dédé et Mireille, ils se sont incrustés chez moi pendant 8 jours, on a enregistré trois clips, je leur ai créé un blog et quelques années plus tard j'ai filmé leur concert.
Là, si je fais ça avec Raoul, ils ont l'air beaucoup plus nombreux, ça va me ruiner en frais de bouche.  

dimanche 23 août 2020

Guy Béart - Best of 3 CD (2010)

Guy mimant Ronald Reagan dans un  vieux film de coboyes.
Juste avant de tester son vaccin anti-Covid sur son principal opposant, (rires) prolongeant ainsi une tradition de farces et attrapes qui ne date pas d'hier, (rires) Vladimir Poutine m'a transmis le best-of de Guy Béart en 3 CD pour que je le teste sur vous.
Je dis ça parce que je l'ai trouvé sur rutracker, alors qu'en France, pour boutiquer une compilation de cet acabit, faut se lever tôt et se coucher tard.
Putain de ta race, Poutine. (rires étranglés)
Mais ne disons pas trop du mal de la patrie de Nicolas Googol et de Dostoïevsky, qu'on peut lire maintenant en un quart d'heure sur wikipedia même si on sait pas bien comment ça s'écrit.
Merci, Vlad. (il me permet de le tutoyer depuis que j'ai lu le Limonov d'Emmanuel Carrère dans lequel il apparait affable et familier). Tu as sans doute fait ça en souvenir des passages de Guy à la fête de l'Huma, avant que l'URSS n'envahisse l'Afghanistan et que les intellectuels du Parti dénoncent l'inféodation du PC français à Moscou, provoquant un exil de masse, ce qui fait qu'au bout d'un moment, il y eut plus de communistes à l'extérieur du Parti que dedans, ce qui le fit brièvement ressembler à la planète Shadok, parce qu'on ne peut pas faire de blagues avec Israël. Exil qui avait fait dire à mon grand-père, juste avant qu'on l'abatte : "Peut-être que le Parti se trompe, mais moi je me suis pas trompé de parti." Du coup, je découvre des tas de chansons de Guy que j'ignorais, souvent bien écrites, et avec des mélodies rusées. Je veux dire, en plus de retrouver ses chansons de fin du monde, avec des arrangements dignes de la Messe pour le Temps Présent de Pierre Henry, dont jamais je ne me lasse. C'est quand même autre chose que l'album de reprises récemment proposé par Emmanuelle Béart, en attendant l'intégrale de son papounet et la deuxième vague pandémique en septembre.
A part la version chéper de "Vous" par feu Christophe, qui m'esbaudit.
Dans laquelle d'ailleurs Guy chante "Tout le bien et tout le mal / s'additionnent, c'est normal", ce qui est quand même quand on y songe un instant théologiquement énorme, car des fois ça le travaillait aussi de ce côté. 
C'est rare, les chanteurs qui rendent enthousiaste. 
Profitons-en, ça ne durera peut-être pas.






CD 1
CD 2
CD 3

mercredi 19 août 2020

The Andromeda Strain AKA Le Mystère Andromède (1971) de Robert Wise

Au début de son émouvante chronique sur ilaosé, Félix raconte comment, quand il était adolescent, un certain numéro de Mad Movies lui vendait du rêve sur "les 100 meilleurs films fantastiques" qu'il n'avait pas encore vus. Quand j'étais ado, un peu plus tôt que lui dans l'histoire de l'humanité, le règne de Mad Movies n'était pas encore advenu, et c'est la contemplation de la liste des films de genre dans le Pariscope, le défunt petit format hebdomadaire des sorties parisiennes, ces pellicules mythiques (car le mot culte n'existait pas encore, ou du moins il ne désignait que les rites impies chez Lovecraft et les pratiques douteuses du curé de Pleumeur-Bodou) qui passaient par camions entiers dans les salles du 5ème arrondissement de Paris à des heures hindoues, qui me procurait un vertige inconnu quand je m'arrachais à la Bretagne pour m'en aller visiter mes grands-parents à Créteil.
Je montais alors des expéditions insensées à partir du métro Maisons-Alfort-les-Juillottes, distant d'à peine une heure de marche à condition d'avoir de bons porteurs, pour aller voir Zardoz, Soleil vert ou Little Big Man à l'Epée de Bois ou aux 3 Luxembourg, et me ravitailler au passage en vieux numéros de Métal Hurlant chez Boulinier, le bouquiniste broker du boulevard Saint-Michel. D'où l'importance des porteurs. Puis je ralliais Créteil en pirogue, retrouvant mes grands-parents, Télérama, l'avis de l'office catholique du film dans leurs critiques de cinéma, ce qui ne choquait ni René ni Lucienne, et pourtant c'était des bouffe-curés convaincus.

Si j'avais découvert Soldat Bleu à l'affiche du Pariscope,
j'aurais hallucimaginé un film un peu osé
dénonçant la promiscuité sexuelle chez les Schtroumpfs.
Mais je ne l'ai découvert que très récemment, grâce à Internénette,
et le spectacle est bien pire que ce que je pensais.
Je n'ai jamais vu un film aussi trash sur le génocide amérindien.


Le Mystère Andromède faisait partie de ces films invisibles ailleurs que dans le circuit alternatif des salles du Quartier latin, obscures à plus d'un titre, alors qu'aujourd'hui, si je donne 3 clics par ici je te sors une copie HD, et je te déniche des sous-titres par là, c'est normal après 10 000 heures de vol je sais un peu mieux où chercher, mais le vertige émerveillé de ma curiosité inassouvie, il est où ?
Je ne pouvais pas tout voir, bien que je m'en sois sans doute cru capable sur le moment, et les porteurs se lassèrent de la programmation erratique du Saint-André des Arts. Andromède conserva son Mystère Impercé jusqu'au Confinement 2020, dont on saura plus tard si ça valait un bon film de genre, en tout cas c'est au printemps de cette année que je fus pris d'une boulimie de films pandémiques, histoire de me changer les idées.
Excusez-moi par avance pour la blague conclusive avec le chat, déjà postée dans mon article sur The Last Picture Show.
Je ne me lassais pas de faire des niches à ce brave Pandémiaou pendant la période de réclusion préventive dont datent les deux articles, écrits sans rigueur en ricanant un peu nerveusement au milieu du Bug sociétal, sur un forum hyper-secret où j'avais mes aises et où je ne veux plus aller croupir dans mes replis communautaristes baignant dans cet entre-soi d'une familiarité suffocante, puisqu'ils acceptent des gens comme moi dans leur club underground.
Je préfère de beaucoup m'auto-confiner dans ma caverne de bloggueur, où je ne dépends pas des humeurs de mes coreligionnaires pour oser dire ce que je pense, ou simuler quand je n'en pense rien, ce qui est très souvent le cas. Et ça me prend de moins en moins souvent. J'arrive à un âge où le démon de la culture, mais aussi celui de la contre-culture, me délèchent, pour s'en aller envoûter des candidats plus enthousiastes.
Voici un film assez atypique et pour tout dire inattendu, dans le paysage du cinéma de la SF américaine et spéculative des années 70. Andromède, ça faisait donc des années que j’atermoyais autour du pot, je le regarde, je le regarde pas, et puis finalement c'est mon chat Pandémiaou qui m'a mis la puce à l'oreille en me mordant jusqu'au sang : j'ai compris qu'il fallait aller le faire vacciner, et qu'ensuite on allait mater ça tous les deux, confinés comme des cons sur le canapé du salon, un peu à la Greg Feely dans The Filth, car après que la femme et le cheval, ces ex-meilleurs amis de l'homme par ordre décroissant, aient été décimés par le Covid, le chat arrive en bonne place dans la gamme des espèces domestiques consolantes, en plus Pandémiaou se moque bien de ma HD-light, du moment qu’il y a des couleurs qui bougent et du son qui vibre dans ses moustaches, car je l’ai trouvé dans une poubelle de l’hôpital de jour et il est sourd comme un pot.
Donc on a regardé le Mystère Andromède et on a été bien attrapés, c’est un film assez lent et aride, peu spectaculaire, de plus assez vieillot et empesé dans sa forme, distillant pour tout dire un ennui plus mortel que le virus extra-terrestre imaginé par Michael Crichton dans le roman dont il est tiré. En littérature de SF ce courant scientiste s'appelle hard science, au cinéma on se contente de dire que c'est chiant. La plus grande partie du métrage se passe en laboratoire, au plus près des chercheurs, au milieu de ces décors pas possibles de ce Douglas Trumbull dont on nous a bassinés pendant toutes les seventies, qui assurent un cachet de chloroquine vintage au film, et ces scientifiques qui s’échinent à trouver une explication à ce mystère viral en pleine ébullition sous leurs microscopes, ah là là je voudrais vous y voir, avec leurs petits problèmes humains qui interfèrent avec l'avancée de la Science, et cette cause de l'Avenir de l'Homme bien plus grande qu’eux, qui les pousse à se dépasser et à faire plein d’heures sup pas payées pour restreindre l'Empire de l'Ignorance.
- Je vous dis que ce bébé est verdâtre.
- C'est vous qui êtes verdâtre, Gary.
Ce qui est donné à voir, et partant le véritable sujet du film, c’est la démarche scientifique pure. Comment les grandes avancées du savoir se font à travers la répétition de besognes infimes et fastidieuses, la rigueur que réclament les hypothèses de travail pour être validées ou infirmées... de ce point de vue, la bobine tient encore la route, même si la quincaillerie informatique et l'imagerie électronique générée sont hilarants de ringardise et complètement obsolètes, et la fin du film est bien anxiogène, on était assez contents de nous, avec Pandémiaou, on s’est regardés, on avait passé 2h10 d'une chaude complicité sans avoir besoin de se parler puisqu’il est sourd, il s’est allongé langoureusement sur son canapé de jardin, j’ai compris qu’il était prêt à manger, et voilà, coïncidence troublante, ça s'est presque fini comme dans la nouvelle "Un gars et son chien" d'Harlan Ellison, sobrement traduit lors de son adaptation cinéma par Apocalypse 2024, d'ailleurs plus que quatre ans à attendre, j'ai hâte.

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So long, Pandémiaou.
Burp.
Si vous entendez parler d'un chaton à adopter, faites-moi signe.

Pour une chronique un peu plus straight du film, vous pouvez consulter un collègue :
https://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.com/2012/09/le-mystere-andromede-andromeda-strain.html
Mais alors, 50 ans plus tard, le film vaut-il d'être vu ?
Faut-il tenter de percer Le Mystère Andromède ?
La Science-fiction peut-elle nous sauver des futurs inhabitables ?
Et la science ?
Et la fiction ?
Et la culture ?
Vastes questions.
Le Fahrenheit 451 de Bradbury nous a-t-il épargné Donald Trump, par exemple ?
aah celle-là, déjà, c'est un peu plus fastoche, on peut répondre.

dimanche 16 août 2020

Espers - Espers (2004)

Ceci est la pochette du premier album.
Espers est un groupe folk américain dont on peut entendre plein de morceaux sur soundcloud, alors que leur flux bandcamp est aussi étroit que la bouche de Michel Bouquet au repos. (un titre par album, je veux bien qu'on soit chez les pauvres, mais quand même, c'est ratche pingre)
Au départ Espers ils étaient trois, ils montèrent jusqu'à six, après quoi leur deux chevaux rendit l'âme. 
Les jeunes diront qu'il y a une faute, que s'il y a deux chevaux il faut dire "rendirent l'âme", mais les jeunes sont réputés ne pas savoir ce que c'était qu'une deux chevaux.
Les musiciens d'Espers, eux aussi furent jadis des jeunes gens, qui semblaient honnêtes et sincères dans leur démarche de dénudement musical, et on ne peut dès lors les taxer d'un revivalisme suranné ou mercantile, malgré notre envie compulsive de leur coller le sticker "néo-psyché" pour avoir l'air malin sur les blogs sur lesquels on ne cause pas, on seede. Leur musique acoustique un peu ramollo-dépressive mais somme toute relaxante sauf pour ceux que ça énerve, nous renvoie aux décennies d'avant la musique électronique, elle est tour à tour intrigante, lancinante, entêtante, vaporeuse, hypnotique, triste, naïve pas du tout faussement, tantôt même parfois carrément un peu ennuyante, mais pas plus saoulante que le glouglou d'un ruisseau qu'on regarderait couler dans la forêt en pensant à la vie qu'on aurait pu avoir si on n'avait pas ingurgité tout ce glyphosate, et d'ailleurs quand on voit dans quel mur l'obsession mortifère pour les musiques festives a mené le gang des Raoul Petite, on se dit qu'un peu de tristesse ne peut pas faire de mal, et la langueur un peu souffreteuse des morceaux du premier album d'Espers l'inscrit dans la mouvance des groupes musicalement conservateurs voire rétrofuturistes, moussus et mélancoliques, avec des guitares pas vernies et des pipeaux en bois d'arbre, exception faite de ceux qui ont eu une dispense de la Préfecture pour jouer un peu de fuzz de façon légère et discrète.
Les critiques de leurs disques par les Inrocks furent acclamées par les bloggeurs, mais Télérama n'en dit pas un mot.

Wikipédia se fendit d'une notice admirable de précision, qui fut scrupuleusement traduite en 18 langues dont le français, sans grande incidence sur les ventes.
Warsen faillit les mettre en ligne, mais y renonça, après des mois de tergiversations. Car il se rappelait la voix off au début de Phantom of The Paradise : "Ce film est l’histoire de cette musique, de l’homme qui les créa, de la fille qui les chanta, du monstre qui les vola."  et il ne voulait pas endosser le mauvais rôle et basculer du côté obscur du frilitche.
Car tous les albums du groupe sont bien sûr disponibles chez Vladimir_Illitch_Poutine.org.
Les disques ont été réédités physiquement en début d'année chez Bandcamp, mais tout est parti. Vous pouvez encore sangloter sur les fichiers numériques, au moins ça ne tachera pas les pochettes.
Comme l'a dit Edouard Leclerc lors de cette réédition, "même moi j'en ai pris une caisse pour miser sur le néo-rural dans mes espaces culturels à moi que j'ai, même si le confinement a commencé quatre jours plus tard, je ne regrette rien."