lundi 14 janvier 2019

Colin Stetson - All This I Do For Glory (2017)

Je regarde parfois des films d'horreur modernes (plutôt que classiques), parce que j'ai besoin de nouveaux héros pour me nettoyer la tête de toute cette merde de gilets jaunes, de ma carrière épisodique de jeune CDD de 56 ans, du mariage de Houellebecq, et de l'effondrement à très court terme de notre civilisation en bout de course, malgré la pertinence et l'intemporalité du message de Jésus-Christ. Qui malheureusement s'adresse à des hommes, et non à la bande de singes que nous sommes restés, et pour qui ce message est illisible. Les films d'horreur, j’y cherche les racines du Mal et les clés de sa légitimité, et pour l’instant, bernique. C’est une routine rassurante pour moi, de ne trouver aucun responsable crédible à la malignité du monde, pourtant d'envergure. Dans Watch out, recommandé par ces couilles molles de Télérama, c’est la frustration sexuelle qui pousse un gamin de 12 ans et demi grandi trop vite à se transformer en Génie du Mal et à trucider tout le quartier après avoir été éconduit par sa baby sitter. Distrayant mais peu crédible.




Dans Killing Ground, suggéré par le même article de Télérama, j'assiste à une variation appuyée et éprouvante du Délivrance de John Boorman, qui met en scène toute une famille d'innocents campeurs plus un bébé et une ado, qui en sortent en piteux état, voire qui s'en sortent pas.
Là, le mal provient sans équivoque de 2 tarés de l’outback australien, qui ressemblent comme des frères à ceux qu'on trouve en Loire Atlantique quand ils sont de basse extraction et alcoolisés, et qu'en plus Nantes a perdu. Des malfaisants de bas étage. Bien raccords avec ces trois racines du mal que sont l'avidité, la colère et l’ignorance, selon le bouddhisme.
Au final un beau portrait de femme « peut-on devenir résiliente en se faisant cyrulniquer ? » un peu pénible à suivre toutefois.
https://www.telerama.fr/cinema/watch-out-et-killing-ground-comedie-sanglante-et-angoisse-aux-antipodes,n5419225.php



Après ça, je passe carrément Allah vitesse supérieure avec Super Dark Times : une bande d’adolescents se met dans un pétrin très grave car le décès accidentel de l’un d’eux au cours d’une rixe stupide engendre un parcours santé s'enfonçant résolument vers une horreur de moins en moins dicible, tout sonne atrocement juste jusqu’à la résolution du mystère qui ne résout rien, l’un des protagonistes s’était juste transformé en dément assoiffé de sang à l'issue du premier décès accidentel, sans aucune justification des scénaristes vraiment payés à rien foutre pour trouver une cause crédible à ce déchainement de folie et de mort. Dommage, la première moitié est vraiment un calvaire très réussi pour nos chères têtes blondes, la mise en scène et les acteurs déboitent.
D’un autre côté, si le Mal Absolu avait besoin de se justifier, il serait Témoin de Jéhovah.
Cette pure gratuité du geste de xx me permet de saisir l’artificialité de la situation, et partant, de ne pas trop en souffrir.



Et mon dernier blind-test, qui date de hier après midi : Hérédité, dans lequel j’entrai abusé par des commentaires internet élogieux sur un site américain que je croyais digne de foi, pour me retrouver face à un tout petit Polanski période Rosemary’s Baby.
Evidemment si j'avais lu le billet d'ilaosé, j'aurais pu m'en passer; ils ont une certaine autorité spirituelle dans le domaine des films de trouille.
Et le stylisme, les décors et l'interprétation sont particulièrement soignés, bien que Gabriel Byrne en soit réduit à jouer les utilités. Une jeune actrice incarne la petite soeur malchanceuse de cette famille maudite avec juste ce qu'il faut de difformité naturelle pour suggérer la monstruosité sans la placarder partout, j'ai quand même passé un bon moment tirant vers les mid-70's, malgré le final grand-guignol.


La musique du film est dark et obsédante à souhait, comme le genre l'exige, mais c'est le générique de fin qui m'accroche l'oreillle : ce son de saxophone distordu, polyphonique et hurlant comme un Philip Glass sous acide est inimitable, et je l'ai déjà entendu. Mais où ?

Mon iTunes a plus de mémoire que moi, il s'agit de Colin Stetson, repéré il y a 8 ans sur un best-of de blog musical canadien qui s'est depuis abimé dans le rap et la variétoche, tant pis, il en faut.
D'après son wiki, ce type est un malade, mais rien qu'à écouter la bande-son de Hereditary, on s'en serait douté. Il n'a pas son pareil pour imiter le feulement d'un chat piégé dans un four à micro-ondes allumé, ou pour invoquer des entités sonores inconnues sauf de Lovecraft, Cthulhu ait son âme.
Et Colin Stetson, il a déjà fait plein d'albums ravagés chez Constellation Records, la bande de Godspiid You Black Emperor, je vous en mets un là
https://colinstetson.bandcamp.com/
sachant que toute sa discographie est hantée et déjantée.
Les fins connaisseurs semblent dire que New History Warfare Vol.2: Judges est un sommet de son oeuvre.
Quand on accède à la vidéo-ci-dessous par un simple clic, on comprend qu'il est dans la même démarche absolutiste qu'un Guillaume Perret vis-à-vis de son instrument.
On comprend que les gars d'Hérédité, ils soient allés le chercher. S'il existe une musique qui soit possédée du démon, c'est bien la sienne.




Finalement les moments où « ça » (l’épouvante) fonctionne bien dans ces films soi-disant de terreur, c’est quand le malheur s’abat de façon purement accidentelle sur de pauvres gens qui ne l’ont pas mérité. Ou quand ils sont broyés par une causalité qui les dépasse, et qui dépasse aussi le spectateur, comme dans Resolution.
Mais dès que la malveillance est attribuable à des humains où à des démons de plus ou moins bas étage, plutôt qu'à un destin aveugle et/ou à la loi de cause à effet, on bascule vite du tragique dans le grotesque.
Ca marche vraiment dix fois mieux quand on ne comprend pas pourquoi le Mal s'abat.
La prochaine fois que ça me prend, je me lance dans « The haunting of hill house »
https://www.telerama.fr/series-tv/the-haunting-of-hill-house,-la-serie-horrifique-de-netflix-hantee-par-le-deuil,n5845033.php
J’en ai regardé deux épisodes chouettement épouvantables (comme dans une recettes de nouilles au gruyère réussie où l’on met plus de gruyère que de nouilles, dans haunting l’effet horrifique vient de la proportion de deuil et de vies foirées, largement supérieur aux ingrédients de terreur pure et à un folklore difficilement renouvelable de fantômes, de démons etc...)
Heureusement que j’ai aussi regardé la saison 2 de The Deuce, aux enjeux dramatiques plus consistants que la 1
et la saison 1 de Kidding, avec Jim Carrey, vraiment très réussie, et constamment surprenante.
Mine de rien je vous fais gagner un précieux temps de visionnage.

dimanche 6 janvier 2019

Aleš Kot, Clayton Cowles - The New World (2018)

Dès le début j'ai beaucoup misé sur Aleš Kot, émigré tchèque sans provisions au pays des comics US.
Pourtant il n'avait rien pour plaire :
"Change" était abscons.
"Zero" était une hybridation moitié géniale, moitié foirée, et pas qu'à moitié, entre James Bond et les fictions les plus contaminées de William "Festin nu" Burroughs.
Les années passaient, et je voyais Aleš s'engager dans des projets improbables, où j'avais peine à le suivre.
Material. Illisible.
Wolf. The Surface. Pas compris l'intérêt.
Des trucs de super-héros dont j'ai instinctivement oublié le nom.
Et puis l'an dernier, tiens, Generation Gone.
un truc que je comprends. Enfin.
Idée complètement repompée sur le film Chronicle, assortie d'un commentaire social assez lourd, mais pourquoi pas ?
Et puis en 2018, paf, The New World, fiction exotico-ludique totalement maitrisée. Après une guerre nucléaire et une guerre civile qui ont dispersé les Etats-Unis façon puzzle, en Nouvelle Californie émerge un totalitarisme soft à la Marshall Mac Luhan, sous lequel se nouent les brins d'une love story impossible entre une fliquette qui a le droit d'achever ses proies en direct à la téléréalité, et un activiste vegan qu'elle a pris en chasse.
Une oeuvre à la fois terriblement pop, jouissive dans sa forme, et qui remplit en même temps le cahier des charges d'une SF exigeante en tant que discipline prospective, au fond ce qu'on n'a jamais cessé de demander à la SF mais qu'elle avait cessé de fournir depuis la mort naturelle de Métal Hurlant quand le futur était devenu le présent.

https://aux.avclub.com/the-new-world-creates-a-technicolor-future-where-realit-1827959114





how to get it :


Le flasque et l'enclume :
https://www.goodreads.com/review/show/2640707884?book_show_action=true&from_review_page=1

lundi 31 décembre 2018

Be loved, or die trying ! volume 2 (2018)





"Soyez aimés, ou mourez en essayant" :


Après l'extase ("Soyez aimés", injonction paradoxalement assez flippante) le volume 2 se concentre sur la seconde partie de la proposition "ou mourez en essayant", sans doute plus ludique, en tout cas au moins autant que l'épisode interactif de Black Mirror de Noël, franchement pas terrible.





https://www.mediafire.com/file/xhd8fu5coxqaxva/Or_die_trying_vol_2.7z/file


samedi 29 décembre 2018

The Endless - (2017)

J'ai enfin fini la traduction de The Endless, le nouveau film de Benson et Moorhead, les cinéastes indépendants qui nous avaient offert Resolution il y a 6 ans. Je suis parti des 1235 sous-titres américains, j'ai regardé le film une fois, et j'en ai démoulé plus de la moitié en une semaine, après j'ai eu un coup de mou d'un mois, je m'y suis remis difficultueusement, et j'ai fini ce matin. 
Je me suis senti obligé de le traduire parce que c'est vraiment la suite directe de Resolution, dont il étend et renouvelle les problématiques, que j'avais déjà traduit pour le profit d'une communauté de geeks hyper-secrète. C'est un peu trop riche à mon goût car qui trop embrase mal éteint, y'a pas que les pompiers pyromanes pour savoir ça, et le film part un peu dans tous les sens, même s'il reste très sympa. 
Vos chances de le voir un jour sont faibles, sauf si vous êtes déjà dans ma secte apocalyptique sur les OVNI (UFO death cult), auquel cas vous ne lisez pas ce blog, qui en est juste l'organe officiel à destination du grand public.







413
00:32:37,330 --> 00:32:40,880
Ça me semble une bonne chose
que tu ne le voies plus.

414
00:32:40,876 --> 00:32:42,549
Oh, on ne sortait pas ensemble

415
00:32:43,128 --> 00:32:45,426
C'était juste un mec qui m'obsédait

416
00:32:45,422 --> 00:32:49,052
quand j'étais sous lithium,
thorazine, et PCP.

vendredi 28 décembre 2018

The Cinematic Orchestra - To Believe (2016)

The Cinematic Orchestra : en voilà des qui, à l'instar de nos égéries disparues, n'ont jamais fini de nous décevoir par leur absence persistante.
En même temps leur silence est des plus classieux; en effet, le silence qui suit The Cinematic Orchestra c'est toujours du Cinematic Orchestra.
Leur dernier album remonte à 17 ans.
Le prochain, on ne sait pas, le monde retient son souffle.

http://pingpong.fr/2016/10/21/the-cinematic-orchestra-to-believe-single-ninja-tune/

mercredi 26 décembre 2018

Alain Bashung - Bijou, bijou (1979)

Entre esthètes bien nourris, et vivant du bon côté de la planète, on peut ergoter longtemps sur la meilleure version de Bijou, bijou :
moi j'aime beaucoup la version studio originale dans sa resplendissante nudité, à l'époque de sa sortie je l'ai apprise d'oreille à la guitare et j'ai vite récolté un joli succès d'estime auprès de la gent masculine que je fréquentais à l'époque, c'était mieux que rien et il n'y avait pas de bouton like à l'époque.




Le chef d'édition préfère quant à lui la version live de la tournée "Confessions publiques"
(à 1h32'30'')



plutôt revisitée par rapport à celle de la tournée de 1985



sans parler de toutes celles qui circulent sous le manteau.
Ni du tutoriel pour guitaristes qui tue l'amour et la magie en expliquant toutes les positions d'accord.

mardi 25 décembre 2018

Eddy Mitchell - La Derniere seance (1977)

Pour vous éviter ça :


je suis passé très tôt cette nuit
pour être sûr de ne pas être surpris
et  je vous ai enfilé ça
dans vos petits souliers :




où l'on s'aperçoit en scrutant la rondelle
que Claude Moine écrivait chacune de ses chansons, 
même quand ça semblait mal recopié d'un standard américain.
Si j'ai dit une bêtise, je m'en excuse auprès des spécialistes, 
je débute en Claude Moine, alors qu'il n'est même pas mort.


https://www.mediafire.com/file/f5xrm3xb550benb/1977_-_EM_LDS.zip/file

lundi 24 décembre 2018

Flavien Berger - Contre-Temps (2018)

Tu vas tomber de ta chaise, mon petit lapin.
Comme l'avoue sans ambages
le chroniqueur des oreilles curieuses,
"Je vous le dis honnêtement : j’ai jamais vraiment accroché à Flavien Berger en 2015. Et pourtant, je me suis forcé à plusieurs reprises mais rien n’y fait, j’ai trouvé son album Léviathan trop perché et c’est pour ça que je ne l’ai pas chroniqué. Au final, je me suis laissé une seconde chance trois ans plus tard avec son second album intitulé Contre-Temps et cette fois-ci, c’est la bonne."
Comme j'avais eu la chance de l'entendre à la radio dans l'émission d'Eva Bester (la Madone du Spliff Spleen "un remède à la mélancolie", je comprendais bien que Flavien Berger était un être humain qui comme nous tous cherchait la lumière, j'avais bien flashé sur sa reprise de "Je pleure tout le temps" de la chanteuse des Honeymoon Killers, mais pour le reste, Levi attend, j'avais du mal aussi. Là, ça va carrément mieux, et je vais pas vous faire l'exégèse de Contre-Temps juste histoire de repartir en live, certains titres de l'album me touchent plus que d'autres, je veux simplement vous rappeler que la Presse catholique de gauche outrée par les exactions des Gilets Jaunes est unanime :

https://www.lesinrocks.com/2018/09/04/musique/rencontre-avec-flavien-berger-qui-contre-temps-un-impressionnant-disque-aventure-111121346/

https://www.telerama.fr/musiques/contre-temps,n5842237.php

https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/09/21/flavien-berger-chanteur-a-fleur-d-emotions_5358310_4497186.html

dimanche 23 décembre 2018

Massive Attack, Young Fathers - Voodoo In My Blood (2016)

Rosamund Pike a perdu la boule de Noël.
Sauras-tu l'aider à la retrouver ?



Par ailleurs, John Warsen s'est fait enlever une boule (surnuméraire) à Noël.
Déplores-tu l'absence de photos post-opératoires ?