jeudi 4 juin 2026

Oats Studios

En 2023, quelques jours après avoir posté la BD israélienne qui met en scène des commandos américains aux prises avec des démons d'Asie du Sud Est, je regardai par hasard le début de l’anthologie de courts métrages « expérimentaux » (hum…) « Oats Studios - Volume 1 » de Neill Blomkamp, réalisateur jadis inspiré de District 9, film précurseur qui dénonçait le racisme et la blaxploitation des populations immigrées extraterrestres, Blomkamp qui n'a pas trop retrouvé cette veine prometteuse par la suite, un peu comme Francis Lalanne après ses deux premiers disques, mais qui a créé avec Oats Studio quelque chose d'assez étonnant, à défaut d'être réussi. (Comme Francis Lalanne avec Dieudonné, mais en mieux.) Une réussite un peu à la Besson. Plus de moyens que d'idées. Et je cite Besson parce que son premier long métrage, "Le dernier combat", c'était de la SF petit budget très maligne. Bien malin d'ailleurs qui retrouvera ses vaches bien gardées dans ce paragraphe qui s'achève déjà par un lien hypertexte.

Rakka : tous les contrevenants seront embêtés très fort.
Le premier court-métrage de l'anthologie, Rakka, est assez sympa question ambiance, quelque part entre Black Mirror et l'anthologie Love, Death and RobotsOu comme un vieux numéro du Métal Hurlant rebooté qui voudrait se faire aussi beau que le spin-off du préquel.

Pendant le visionnage de ce bout d'essai visant à susciter lefinancement de la suite de l'histoire, je me suis dit "tiens, ils font jouer la Sigourney Weaver du pauvre" (je venais de la voir dans "Le Village", de 2004) mais dès le générique de fin, je fus bien attrapi, car finalement c'était la vraie... et c'était en 2017, bien avant l'invasion des IA génératives ! Pauvre Sigourney, et pauvres de nous, incapables de ne pas l'associer à sa prestation dans l'Alien de 1979, alors qu'elle a quand même bougé depuis, y'a qu'à la voir dans Dust Bunny.


hé oui madame, c'est bien Sigourney, et la série est sur Netflisque. Et sur Youtube.

Le second épisode de l'anthologie, sorti lui aussi en 2017, c'est Firebase.
Un croisement de série Z un peu gore, de jeu vidéo de SF à trois balles, et de resucée de found footage à la Documents interdits, toujours imités, jamais égalés.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Documents_interdits

Putain de mindfuck, ce roman.
Que fait Sweterlitsch depuis 2018 ?
...et voire même quelques idées ayant affleuré dans la bédé des frères Tanuka dont j'ai parlé tout en haut. C'est très troublant, par moments. Mais ce n'est peut-être que le vertige devant le mélange des genres (assumé et caché, comme quand on fricote avec les IA et leur talent inhumain au photocopillage). Je l'avoue, je me suis intéressé à Oats Studio parce que Tom Sweterlitsch a cosigné les scénarios des courts métrages. Il est l'auteur de deux romans de SF vraiment réussis, Terminus et Demain et le jour d'après. C'est râclant que ça ne se voye pas plus que ça, que Sweterlitsch est dans la place. Toute l'intelligence humaine disponible semble avoir été absorbée par la technique, au détriment de l'histoire. Un peu comme dans les guerres, abondamment mises en scène ici. Par exemple, dans le court "Firebase". Le début est trés réussi : des fausses images d’archives de la guerre du Vietnam en 1969 (soit bien avant l'invention des IA génératives) montrent 15 212 soldats et 2 425 véhicules militaires lévitant dans les airs et détruits par une force inconnue. L’intérieur de plusieurs Viet Cong décédés est également transformé en coquilles dures ressemblant à des insectes. L’incident est immédiatement classé et surnommé « l’événement Omega » par la Central Intelligence Agency. C'est dommage qu'ensuite, ça parte en sucette au yaourt. 

En conclusion provisoire de ces réflexions assénées sans sommation pour essayer de smurfer sur la vague d'agitation de propagande liée à l'IA (conversationnelle ou générative), je suis bluffé par l'épisode #7 "Deepfake" de la série d'Arte "Phantas'IA" 
(les autres m'ont laissé plus dubitatif, même sans prostate) 
https://www.arte.tv/fr/videos/123998-007-A/phantasia-7/
C'est filmé comme un faux documentaire à base de fausses archives de la télé des années 60. Tout est tellement outré, perverti et distordu grâce à un usage jubilatoire des deepfakes qu'on dirait un vieux numéro de l'oeil du cyclone, ce magazine des images qui sévissait sur Canal au début des années 90.
Voilà, le dessous des cartes c'est fini pour ce soir.

quand je serai en retraite, je regarderai Arte tout le temps


Pour en savoir un peu plus

La tragique histoire du studio Oats, dont plein de trucs vont continuer à sortir sauf si les Aliens débarquent :
version corporate :

version wiki : 

La mariée mise à nu par ses célibataires même :


la chaine youtube de Oats studio :

l'émission à jamais dans nos mémoires :
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2014/06/le-doigt-dans-loeil-du-cyclone.html

jeudi 28 mai 2026

Riss : Heil IA ! (2026)

Je suis en préretraite progressive de mon blog, mais quand même... Un éditorial de Riss dans le dernier Charlie Hebdo m'a tapé dans l'oeil quand j'en ai lu la partie émergée et gratuite dans mon téléphone, alors je suis allé l'acheter, et je me sens maintenant tenu de le partager avec mes cyberfrêres et soeurs. Les dessinateurs de Charlie miment laborieusement leurs aînés de l'âge d'or (Reiser, Gébé, Wolinski, Cabu) et n'ont pour l'instant pas retrouvé l'acuité qu'ils avaient avant l'abattage rituel de la rédaction en 2015, mais sur le plan rédactionnel, c'est correct. 

Il fait un temps à racheter Charlie, à lire Blast, Mediapart... en attendant le duel au sommet Retailleau / Bardella aux présidentielles 2027. Faut se préparer à s'asseoir sur le front républicain, ce running gag de la Ve République qui a fait son temps.  


Pour aller plus moins loin :

IA bien qui IA le dernier
(image réalisée avec une IA par quelqu'un qui avait une idée derrière la tête)

Pour aller encore plus moins loin :


(réalisée sur une idée de Jaune Ouarsène pour tester les limites de l'IA en 2023,
mais à mon avis elles ont reculé depuis)

mercredi 20 mai 2026

Ego : comment faire disparaître un corps (2026)

Après nous être infligés, à moi et à mon infortunée compagne, les 6 saisons de 10 épisodes de la série "Better call Saul", sauf la saison 6 qui en compte 13, en nous disant que ça allait bien finir par déboucher sur quelque chose de nutritif, nous fumes bien déçusC'est finalement le portrait complaisant et alambiqué d'un homme extrêmement désagréable et perturbé, pour des raisons de croissance morale contrariée, qui n'apporte pas grand chose à ma vie intérieure, en tout cas moins que quand c'est mon psychiatre qui m'explique comment ma croissance morale a été contrariée. 
Mais ma vie n'est pas une série télé cotée 5 étoiles sur allociné. 
Aucun showrunner ne m'a encore proposé de scénariser ma life, meufs. Et il se fait tard.
Et le dernier programme malaisant qui m'avait fait forte impression c'était The Curse, et c'est dur à battre. Peut-être que j'aurais mieux fait de regarder "From Gaza with love" sur Youtube, chaudement recommandé par Télérama. Ah ça, pour faire disparaitre des corps sur je suis une tombe, ils s'y entendent.

Les Warsen se faisant suer à cent sous de l'heure
depuis que l'Arcom leur a coupé Yggtorrent
après les 6 saisons de Better call Saul
(image ©Stéphane Rosse D.R.)
Dans "Better call Saul", tournée postérieurement mais censée se dérouler avant les évènements de Breaking Bad, les figures secondaires sont plus intéressantes que la principale. Mais rien n'aboutit à quoi que ce soit de satisfaisant. J'avais lancé la série pour de mauvaises raisons : revoir Rhea Seehorn, après sa prestation dans Pluribus. Ici, elle n'est pas souvent crédible, car aucune femme ne peut accepter de partager son existence avec un type aussi torturé par ses mauvais penchants que Jimmy McGill, surtout qu'elle n'est pas sous emprise, et qu'il est loin d'avoir le charisme de Patrick Bruel

Mes chers compatriotes, n'écoutez pas ceux qui vous disent de me regarder.
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/better-call-saul-saison-6/

Mike Ehrmantraut, Michael McKean, Michael Mando et Howard Hamlin composent eux aussi des portraits complexes, ce dernier accédant à une sorte de lucidité cosmique sanctionnée par un sort bien injuste, mais la vie sérielle n'est pas une méritocratie. Giancarlo Esposito incarne son mystérieux personnage de Gus Fring, narco-trafiquant prince de l'élégance, aussi impassible, avec son visage sans âge, que dans Breaking Bad, alors que l'acteur est plus vieux au moment du tournage du spin-off du prequel (on va y arriver.) 
Par voie de conséquence, je reprends Breaking Bad depuis le début. On relit bien parfois des romans qu'on a aimés, on revoit des films admirés... quand il s'agit de séries, faut trouver le temps, avec la profusion de l'offre actuelle des télé connectées... rien que sur Arte.tv, y'a de quoi vivre plusieurs existences de téléspectateur (la télé m'endort, donc c'est deux heures par soir maximum).
Dès le début de Breaking Bad la supériorité sérielle de la Fiction Mère s'impose à nouveau. Et dès le second épisode de la saison 1, la question "comment faire disparaître un corps ?" (qui se pose aussi dans Better call Saul mais moins souvent) est résolue, de façon imparfaite mais stimulante. Un youtubeur compétent s'est récemment penché sur le problème à un corps, avec une approche encyclopédiste :


La façon dont Ego explore le postulat dans ce petit tutoriel est radicale, même si elle nécessite beaucoup d'énergie, qui pourrait être plus intelligemment utilisée, pour atténuer l'empreinte carbone des guerres en cours au Proche Orient et en Ukraine, par exemple.

le point de vue du Dr Manhattan
rejoint celui d'Ego avec 40 ans d'avance
car les Watchmen ont 40 ans cette année.
Les vidéos d'Ego sont hypnotiques, gavées d'infos, les animations sont brillantes, réalisées sans recours à l'IA générative pour "stimuler et préserver la créativité humaine" et même s'il frôle parfois le blabla pyrotechnique à la gloire de sa propre sapience, on apprend et on est ébaubi.

pour aller plus loin : 


jeudi 7 mai 2026

Saracroche : le bloqueur de spam gratuit et open source qui marche sur Androïd

Vous en avez marre des arnaques en ligne et du démarchage téléphonique ?
Merci à Numerama d'avoir trouvé une solution qui marche :

https://www.numerama.com/cyberguerre/2179497-vous-en-avez-marre-des-arnaques-et-du-demarchage-telephonique-installez-ces-applications.html

Sur téléphone portable sous OS Androïd, après bien des essais et des espoirs déçus par les chacals à foie jaune de chez Orange, qui ont fait du blocage automatique des appels malveillants une option payante, j'avais essayé plusieurs logiciels, mais aucun ne marchait vraiment comme je le souhaitais : un assistant qui détecte les appels injustifiés à la source, avant que ça sonne. Et qui les bloque, et dont je n'entends plus parler, comme s'ils avaient été coulés dans une pile de pont.
Tintin et Milou se débarassent "à l'ancienne"
du monsieur de France Télécom 
qui venait leur proposer une solution payante.
(dissoudre quelqu'un dans de l'urine de chien, 
c'est long mais c'est bon)
Pour ceux qui ne veulent pas payer (pas parce qu'ils se sont habitués à la gratuité du "partage" dans la philosophie du téléchargement illégal mais parce qu'ils considèrent que la fourniture de l'antidote est de la responsabilité morale des opérateurs de téléphonie qui tolèrent que le poison du démarchage téléphonique se répande parce qu'ils en perçoivent des dividendes), Saracroche est l’alternative idéale. Disponible sur iOS et Android, cette application open source repose sur une base de données communautaire avec environ 15 millions de numéros en février 2026. Elle a reçu une grande mise à jour le 15 février avec le support du blocage des SMS problématiques, pour ne pas recevoir de faux messages de livreurs en bas de la maison.
Son fonctionnement est semblable à celui de Begone : elle s’attaque aux plages de numéros indésirables. Mais l’interface est beaucoup plus simple : on l’active, c’est tout. Il faut parfois s'y prendre à deux fois, j'ai dû recharger la base de données de la liste de blocage sur le téléphone de ma compagne, car nos versions d'Androïd et de Saracroche divergeaient légèrement, mais sinon c'est un logiciel libre porteur de bienfaits pour toute la communauté humaine, 
hormis les chacals à foie jaune suscités.

jeudi 30 avril 2026

Plutôt platines que plateformes (2026)

Plutôt platines que plateformes : en France, le streaming musical reste un truc de jeunes

Par Thomas Richet - Publié dans Télérama le 26 mars 2026 à 06h30

Hégémonique, l’écoute de musique en ligne ? Partout sur la planète, oui, mais pas dans l’irréductible Hexagone, où les plus de 50 ans font de la résistance, lui préférant le CD, le vinyle, la radio, voire… rien du tout. Au grand dam de Spotify, Deezer et Cie.


Par les temps qui courent, on pourrait presque croire qu’il s’agit d’un extraterrestre. Pour découvrir de la nouvelle musique, Patrick, la cinquantaine, parcourt le rayon CD de sa médiathèque du Perreux-sur-Marne (94) et se fie aux choix des employés du lieu. Pas de Deezer ou de Spotify pour lui. D’abord, parce qu’il associe les plateformes de streaming à un usage nomade : « Je n’aime pas particulièrement l’idée d’écouter de la musique dans les transports en commun ou quand je fais mon jogging », assure-t-il.

Ensuite, parce qu’il se méfie des emballements du moment : « Je me fais peut-être une fausse idée, mais j’ai l’impression qu’ils ne sont que le reflet des modes, et donc que ça met probablement plus en avant ce qui est, disons, “hype”. » Tout juste se connecte-t-il à YouTube s’il souhaite découvrir un titre dont il a entendu parler, « mais si c’est convenable pour se faire une idée, la qualité n’est pas suffisante pour vraiment apprécier la musique ».

Patrick ne le sait peut-être pas, mais il est typique de sa génération. Et fait figure d’épine dans le pied de l’industrie musicale. Selon les chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), les plus de 50 ans représentaient en 2025 29,2 % des abonnés aux plateformes de streaming musicales dans l’Hexagone. Un chiffre à première vue pas déshonorant, mais qui perd de sa splendeur lorsque l’on sait que cette tranche d’âge constitue 49,5 % de la population française.

Un “gâteau” réduit

Ce décalage n’existe pas dans les autres générations ni dans des pays comme les États-Unis ou l’Angleterre. Or, à son arrivée (Deezer s’est lancé chez nous en 2007, Spotify en Suède en 2008), le streaming promettait de résoudre tous les problèmes d’un secteur laminé par le piratage. Le « gâteau » — comprendre le nombre d’abonnés payants — serait un jour assez grand pour être partagé équitablement avec les artistes et tous les autres acteurs, martelait Daniel Ek, fondateur de la plateforme suédoise. Mais cette prédiction ne s’est pas matérialisée.

Les plateformes elles-mêmes ne s’en sortent pas si bien – seules Spotify et Deezer sont récemment devenues rentables, respectivement en 2024 et 2025. L’industrie de la musique enregistrée en France a perdu plus de deux tiers de sa valeur entre 2002 et 2015. Et, malgré une croissance constante depuis dix ans, son chiffre d’affaires n’est aujourd’hui qu’à environ 56 % de ce qu’il était au début des années 2000, selon le Snep. Peut-elle retrouver sa santé d’antan en étant boudée par la part aussi importante de la population que représentent les plus de 50 ans ?

À leurs débuts, les plateformes avaient d’autres priorités. « Elles ont dû obtenir très vite un volume d’abonnés suffisamment important pour ne pas faire faillite, explique Alexandre Joux, spécialiste de la question à l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille. Elles sont allées là où c’était le plus simple : les moins de 30 ans, qui étaient prêts à écouter les derniers tubes et qui ont toujours connu Internet avec des abonnements. Eux n’étaient pas choqués de payer. »

Soucieuses de ne plus passer à côté du potentiel que représentent les plus âgés, elles ont élaboré quelques stratégies pour les séduire, comme les abonnements familiaux ou des offres groupées avec les plateformes de cinéma ou de séries tels Netflix ou Amazon Prime. Apple Music s’est ainsi associé à Canal+, car les offres de vidéo en ligne, elles, sont aussi populaires chez les plus de 50 ans que dans le reste de la population. Mais ces tentatives se heurtent à une réalité : les plus âgés écoutent tout simplement moins de musique que les plus jeunes.

Un manque d’envie

Une étude menée par Deezer en 2018 auprès de cinq mille personnes en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Brésil démontre qu’en moyenne la population arrête de découvrir de nouveaux artistes et morceaux à 28 ans — dans l’Hexagone, c’est même dès 26 ans. La plateforme française appelle ce phénomène la « paralysie musicale ». Responsabilités professionnelles (25 % des répondants) ou parentales (14 %), sentiment de se perdre dans les milliers de sorties hebdomadaires (18 %), les raisons en sont multiples. L’un des principaux arguments du streaming étant l’abondance de son offre, à quoi bon s’y abonner si on n’a plus le temps de s’y plonger ni l’envie de découvrir ce qu’on ne connaissait pas déjà ?

D’autant que les offres payantes perdent de leur attrait quand on écoute peu de morceaux. « La partie freemium, qui permet d’écouter gratuitement en échange de publicités, est encore peut-être trop satisfaisante aujourd’hui pour les utilisateurs, et notamment pour ceux de plus de 50 ans qui ne passent pas leur journée à streamer de la musique », explique Alexandre Lasch, directeur général du Snep.

D’où l’attrait de YouTube qui ne se dément pas. Malgré la publicité, la plateforme reste le moyen d’écouter de la musique en ligne le plus utilisé dans le monde : plus de 2 milliards de personnes s’en serviraient à cette fin chaque mois, contre 433 millions pour Spotify. Et la part des quinquagénaires y est peu ou prou la même que dans la population générale.

Un blocage culturel

Les 50-60 ans sont également les premiers à avoir connu Internet. Le blocage n’est donc pas tant technologique que culturel. Ce sont « les anciens pirates, explique Alexandre Joux. Ils ont découvert le Web à l’époque du tout-gratuit de la fin des années 1990-début 2000. Cette génération a été habituée à ne pas payer ». Le sociologue insiste sur l’importance de l’« héritage culturel » : comme leurs parents qui ont racheté en CD leurs anciens vinyles, ces internautes du début ont surtout téléchargé les titres qu’ils connaissaient déjà et sont restés fidèles au format album.

Maria Garrido, directrice marketing chez Deezer, confirme l’attachement de cette tranche d’âge aux anciennes pratiques : « La radio reste le canal de découverte dominant (60 % contre 52 % pour le reste de la population), et 40 % des 55-65 ans préfèrent les CD ou les vinyles au numérique. 29 % d’entre eux sont convaincus qu’ils ne devraient pas avoir à payer. »

La plateforme française Qobuz, fondée en 2007, s’en tire plutôt mieux que ses concurrents : environ 38 % de ses abonnés ont plus de 50 ans, assure Marc Zisman, son directeur musique. Pour des raisons historiques, d’abord, Qobuz s’étant consacré à ses débuts uniquement au jazz et à la musique classique. Mais aussi parce qu’il met en majesté le format album, et mise sur la recommandation et une meilleure qualité sonore. « La digitalisation de la musique a été une révolution, reconnaît Zisman. C’est également vite devenu une régression, parce qu’on a perdu plein d’avantages : l’éditorialisation, les crédits, la beauté d’une pochette, etc. »

Mais les nouvelles générations ont également leurs habitudes : biberonnées à l’abondance et à l’abonnement payant, elles devraient rester fidèles au streaming. Ce que confirme Maria Garrido, de Deezer : « La génération Z est notre cible prioritaire, car ce sont les utilisateurs d’aujourd’hui et de demain. » Spotify, Deezer et les autres n’auraient-ils donc qu’à attendre que les jeunes vieillissent pour agrandir leur part de marché ? Pas si sûr, note Gérôme Guibert, professeur en sociologie à la Sorbonne-Nouvelle : « Rien ne dit que les plateformes ont les reins assez solides pour perdre encore de l’argent pendant vingt ans. Va-t-il apparaître, entretemps, un nouveau modèle économique ou une nouvelle proposition ? Dans les années 1990, on vous expliquait qu’en 2020 tout le monde téléchargerait de la musique. »


et leur guide des plateformes :


Voilà. 
C'était un article de Télérama plutôt édifiant sur les plateformes de streaming, hein ?
 alors lisez télérama ! le journal des retraités culturels heureux !


D'autrs articles bouleversifiants sur le sujet :

- Comment les faux artistes générés par IA bouleversent l’industrie de la musique
https://www.lemonde.fr/culture/video/2026/03/28/comment-les-faux-artistes-generes-par-ia-bouleversent-l-industrie-de-la-musique_6674845_3246.html

- L’IA met les musiciens au défi de faire mieux qu’elle
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/03/29/l-ia-met-les-musiciens-au-defi-de-faire-mieux-qu-elle_6675202_3246.html

L’IA déstabilise dangereusement le marché de la musique
https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/14/l-ia-destabilise-dangereusement-le-marche-de-la-musique_6646627_3232.html

Face à la musique générée par IA, l’industrie ne sait pas sur quel pied danser
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/03/28/face-a-la-musique-generee-par-ia-l-industrie-ne-sait-pas-sur-quel-pied-danser_6675088_3246

Près de la moitié des titres mis en ligne sur Deezer chaque jour sont générés par IA
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/04/20/pres-de-la-moitie-des-titres-mis-en-ligne-sur-deezer-chaque-jour-sont-generes-par-ia_6681718_3246

et les prochains titres à paraitre dans la même collection :

- L’IA met les écrivains au défi de faire mieux qu’elle
- L’IA déstabilise dangereusement le marché de la presse écrite
- Face à la BD générée par IA, l’industrie ne sait pas sur quel pied danser
etc...

Comme ça, tu mourras moins bête, surtout si tu lis dans la foulée Eric Sadin, mais tu mourras quand même.

[Edit du 24/05/2026] 

"(...) le rêve des suppôts de l’ultralibéralisme, c’est justement que nous cédions au pessimisme.
Par exemple, plus de cent millions de personnes dans le monde sont abonnées au site de streaming musical Spotify, qui s’est lancé dans la fabrication de musique purement produite par intelligence artificielle et rémunère très mal les artistes. En revanche, son patron s’enrichit de manière exponentielle et mobilise sa fortune pour financer des drones et des armes pilotées par IA [Daniel Ek, fondateur et PDG de Spotify, a, en 2025, investi 600 millions d’euros dans la start-up militaire Helsing, ndlr]. Comme les contemporains de Pétur face aux massacres, chacun d’entre nous engage, à son échelle, sa responsabilité. Et chaque abonné de Spotify a la liberté de s’en désinscrire…"

 Jón Kalman Stefánsson interviewé dans Télérama n° 3984

mardi 14 avril 2026

Frank Zappa : Halloween 78 [5 CD Super Deluxe Edition] (2025)

Est-ce que je suis vraiment prêt à accepter Frank Zappa comme Seigneur et Sauveur dans ma vie ? Alors qu'Il n'a même pas été capable de se sauver lui-même de son cancer de la prostate ? Le proverbe des cordonniers les plus mal chaussés, c'est vraiment une affliction pour l'intelligence, ou pour parler vulgaire, c'est se moquer du monde; au même jeu de la bourse ou la vie, mon urologue (sans être l'élu des Dieux, ni perdre son temps à se représenter en guérisseur de malades sur les réseaux à grand renfort d'I.A et à boucher le détroit d'Ormuz avec un porte-avion en le prenant pour une sardine dans le port de Marseille) m'a sauvé la vie, ce qui fait que j'aurais maintenant tendance à prendre sa vessie pour une lanterne, alors qu'objectivement, il joue du scalpel beaucoup mieux que de la guitare.

Frank Zappa guérissant les malades et convertissant les rappeurs au jazz-rock
(photo prise à Nazareth-tes-conneries par Simon le Zélote au 50mm f/1.8) 

Et puis honnêtement, Frank Zappa a fait à la musique rock ce que Picasso avait fait à la peinture, ce que Stéphane Rosse a fait plus tard à Picasso, et ce que Jean Lurçat a fini par faire à la tapisserie. (éviter les comparaisons dégradantes avec les dirigeants des pays actuellement en train de se chicaner au Proche-Orient, (faisant se pâmer d'aise les déclinistes, les marchands de journaux, les humanophobes et les pompistes) et qui prétendent se faire prochainement ce que les Américains ont fait au peuple japonais en 45 du siècle précédent.) Après quoi la musique rock est rentrée chez sa mère toute décoiffée, avec sa culotte remontée de traviole sous sa robe pleine de traces de doigts peinture. Et elle ne s'en est jamais vraiment remise. La peinture, elle, à peu près dans le même état de stress post-traumatique, est allée se faire rhabiller par Lutin Bleu.

ce que Stéphane Rosse a fait à Picasso
Donc franchement, Frank Zappa comme Sauveur, je le sens pas. Il vaut mieux tenter de se sauver soi-même, ou reconnaitre humblement que c'est au-dessus de nos forces, ce qui nous rapproche d'une vérité sur nous-mêmes. Pourtant, en vieillissant, j'ai bien peur de devenir un peu zappaïen. Ca craint du boudin :les zappaïens ne peuvent plus rien écouter d'autre que leur versatile idole, qui devient leur obsession majeure lors des diners en ville où ils ne sont plus invités depuis longtemps parce que tout le monde est passé à autre chose. Ils se retrouvent à hanter des bars glauques en compagnie de professeurs de lettres s'étant eux-même décernés une médaille d'or en philologie pour faire leur intéressant, qui ont fini par adhérer à l’histoire qu’ils avaient créée. Quand vous présentez quelque chose à votre cerveau tous les jours en lui disant “c’est réel”, vous finissez par croire à votre mensonge. 


Un illustre imbécile du XXIe siècle qui, ayant dit à son cerveau "c'est réel",
a fini par croire à ses mensonges. L'Histoire n'a pas retenu son nom.


ce que ses héritiers ont fait à Zappa : 
le packaging du coffret.
D'autant plus que "Halloween 78" sonne parfois comme un groupe de balloche, la musique du divin moustachu virant vers un rock parodique à mon avis moins inspiré dans ces années-là (période Sheik Yerbouti et Joe's Garage). Mais peut-être que je pense ça pour me retenir de devenir totalement zappaïen (païen !) et ne pas accepter Frank Zappa dans ma vie, lui qui a pourtant tant fait pour moiJe dois me sentir au dessus du lot, avec ceux qui croivent que la vraie grâce, c'est de la refuser, ceux qui prient Notre-Dame des Motherfuckers, et uniquement quand ils ont des besoins, pas quand ça va bien. Hum.


deux articles informatifs pour célébrer la sortie du très Saint Disque : 

Merci à Donald
pour l'inspiration de ce billet.
Grâce à lui, c'est un peu
Halloween 78 tous les jours.
Oui, la Super Deluxe Edition
en 5 CD, mais en vrai.
https://www.zappa.com/frank-zappas-spooktacular-annual-holiday-tradition-lives-on-with-halloween-78-box-set-now-unmasked-in-a-devilishly-cool-new-super-deluxe-edition/#/

https://theseconddisc.com/2025/10/28/review-frank-zappa-halloween-78/

Le lien vers le gigapack en mp3

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZn1FvZh7DJNnj00QFXL0zwCSgRKR1AhQgV

 

jeudi 9 avril 2026

Imago - Aujourd'hui c'est déjà demain (1980)

Qui était Imago ? 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2011/05/13/nom-de-code-geronimo-une-chanson-d-imago_1521559_3246.html

https://www.rockmadeinfrance.com/encyclo/imago/2191/

http://francerock70.centerblog.net/1314-imago

Où sont enterrés les disques d'Imago sur la tombe à Warsen ?

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2009/02/imago-folle-avoine-1977.html

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2014/05/repost-imago-portraits-1977.html

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2009/03/imago-derriere-le-rideau-1978.html

Aujourd'hui c'est déjà demain :

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZnv1vZeSHCHaQKEefGfR6P4GS2IHJWpFK7

la discographie :

Voici les questions auxquelles ce disque ne répond pas :
- pourquoi les chanteurs gauchistes des années 70 ont-ils disparu sans se reproduire, nous contraignant à réécouter leurs vieux disques ?
- pourquoi toutes les chansons anti-guerre chantées par les chanteurs gauchistes des années 70 n'ont-elle servi à rien, vu comment les marchands de canons prospèrent dans ce aujourd'hui qui était jadis le demain d'hier, alors qu'il était si agréable et impliquant de les écouter ?
il n'existe pas de wiki consacré à Imago, mais j'ai trouvé un facebook du groupe, c'est dommage que je sois à la campagne et que je ne puisse pas recevoir facebook.
Je ne peux pas décemment prétendre que c'est parce que je chie sur Meta et Zuckerberg (en plus ça pourrait passer pour de l'antisémitisme, surtout si vous prononcez Zuckerberg comme Epstein) alors que je tolère WhatsApp dans mon téléphone. Faut rester cohérent, surtout quand on a écouté les chanteurs gauchistes des années 70 quand on était petit.

jeudi 2 avril 2026

Frank Zappa : One size fits all [50th Anniversary Deluxe Edition] (2025)

(en direct de notre envoyé spécial permanent
dans le passé)
Après avoir dit du mal des gens 
qui écoutent le même disque depuis 50 ans, j'écoute l'édition du 50ème anniversaire du disque "One Size fits all" de Frank Zappa. 
Elle est rudement bath. C'est du jazz-rock joyeux, poétique et exubérant (contrairement au jazz-rock cérébral et constipé, dont je dirai du mal une autre fois avant d'en écouter) composé avec rigueur, et dont le fils du maître a retrouvé les bandes dans la cave de papa, celle qu'on voit au début du film Zappa-le-film.

Une présentation luxueuse, déconstruite et trifidée de cette édition Deluxe :

https://www.donlope.net/fz/lyrics/One_Size_Fits_All_50th_Anniversary.html

https://www.zappa.com/frank-zappas-groundbreaking-1975-album-one-size-fits-all-gets-resized-re-upholstered-and-remastered-for-50th-anniversary/#/ 

https://immersiveaudioalbum.com/frank-zappa-the-mothers-one-size-fits-all-5-1-surround-dolby-atmos/

 18 pages de forum sur le même sujet :

https://forums.stevehoffman.tv/threads/frank-zappa-one-size-fits-all-50th-anniversary-release.1229886/

plein de films de Zappa que je n'ai pas encore regardés :

https://www.zappa.com/movie/#/

Jean Lurçat faisant tapisserie lors d'un solo de Frank Zappa

En résumé,

1/ si on secoue la boule de la Sainte Vierge, ça fait de la neige.

2/ L'édition Deluxe, compressée en mp3 ci-dessous, sauf le Blouray parce que ça rentrait pas dans le devis, qui donne envie d'acheter le coffret sous le manteau (les commentaires du somptueux livret inclus dans la compression racontent la genèse de chaque titre)

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZ8HRGZn5JTT5MBP2Rc98Yz5V23B4LPh7AV

3/ si on tape le hacheutague "Frankie le petiti livreur de pizzas soniques" dans le moteur de recherche interne de ce blog situé en haut à gauche de votre écran, on obtient plein d'articles sur d'autres disques de Frank Zappa, ainsi qu'une coquille ("petiti" au lieu de "petit") qu'il est bien tard pour corriger.

vendredi 13 mars 2026

Bernadettes sous Beyrouth

pas moyen de retrouver 
le visuel d'époque, 
réalisé par l'agence TBWA,
dans mes vieux Métal Hurlant.
En 1985, le disque Tam Tam Pour L'Éthiopie est enregistré, sous l’impulsion de Manu Dibango, pour lever des fonds pendant la grande famine en Éthiopie de 1984-1985. Le slogan publicitaire est bien pensé par les gars du marketing, puisque je m'en rappelle encore : « L’Éthiopie meurt, vous lui devez 46 francs » (c'était approximativement le prix public d’un maxi 45-tours à l’époque). Evidemment, dès que c'est morbide, ça retient mon attention. C'est pas la peine que je m'excite, la mort viendra quand ça sera l'heure. Tam-Tam pour l'Éthiopie s'est vendu à 100 000 exemplaires (38 000 45 tours, 62 000 maxi-45 tours), un meilleur score que le Band Aid en France, la meilleure performance établie par un groupe africain à l'époque. 

Qui produira en 2026 une compilation d'artistes libanais, eux qui meurent sous les bombes, et qu'on retrouve déchiquetés avec leurs fans et des bouts d'os du service d'ordre sous les gravats ? J'y songe, mais j'ai les mains prises. Et puis je ne parle pas le levantin couramment. Néanmoins, grâce à Internet, on peut soutenir les artistes directement, sans engraisser la mafia libanaise des producteurs de musique moyen-orientale, sur lesquels les pires clichés ethniques et sociétaux peuvent être engendrés d'un simple clic grâce aux IA génératives. 

- Ainsi, le dernier album de Yasmine Hamdan, une artiste issue de l'underground beyrouthin, est très gracieux, et plein d'une mélancolie sourde, mais pas muette. Si je lui en envoyais, je ne pense pas qu'elle donnerait ses sous au Hezbollah. Je ne sais même pas si elle est encore en vie. Si elle est vraiment dans l'underground, elle augmente ses chances, car les souterrains de l'underground beyrouthin sont aujourd'hui plus fréquentés que les voies sur berges, vu qu'en surface, c'est Beyrouth, justement, comme on disait avant-guerre à Téhéran.


- Zeid Hamdan est un producteur de musique libanais qui a travaillé avec tous les artistes qui comptent dans la région. Il est réputé « pape de la musique underground au Moyen-Orient », même par Mélenchon. Très beau morceau issu d'un florilège pour la Palestine.



- Bedouin Burger  est né de la rencontre entre la chanteuse syrienne Lynn Adib et de Zeid Hamdan dans les souterrains du paragraphe précédent. Si j'avais le nobliau rennais Jean De La Technique à mes côtés, je chiaderais plus mon rédactionnel, mais je préfère rester concentré sur les musiques.



Je galère un peu à trouver les disques de ce duo magique, et ça me ferait suer de les pirater, vous inquiétez pas, j'ai confiance dans mes équipes, on va trouver.
Dans cette attente, comment chanter et enregistrer sous les bombes, sans parler d' organiser des concerts ? Cette question fera l'objet d'un prochain tutoriel, qui sera traduit en arabe par une IA de classe 3. La guerre, c'est bruyant, sale et stressant, et en plus on peut se blesser avec des éclats de miliciens tombés du plafond.  
Cette semaine, à Beyrouth, Israël a visé Ramlet El-Baïda, une plage publique où des personnes déplacées dorment à la belle étoile depuis le déclenchement du conflit.
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/12/au-liban-de-nouvelles-frappes-israeliennes-sur-beyrouth-apres-une-attaque-conjointe-du-hezbollah-et-de-l-iran_6670688_3210.html?
Depuis, ma poule rousse dort elle aussi à la belle étoile, par solidarité.
Elle refuse de rejoindre sa copine la poule noire dans la mezzanine du poulailler, elle dit qu'elle se fout du renard. Jamais vu ça. A chaque élection, ces animaux deviennent assez erratiques, ça m'apprendra à leur faire écouter des podcasts de LFI sur mein bandcampf quand je fais du jardin.

Handicap international m'a envoyé ce courrier pour solliciter un soutien supplémentaire en ces jours sombres. C'est comme ça que j'ai découvert qu'il y avait eu un pépin sur le parking de mon petit garagiste libanais, où j'avais garé ma C4 en me disant que j'allais contribuer à l'effort de paix en la faisant réparer chez lui, il m'a appelé en évoquant d'un air embêté une embrouille avec le missile balistique qui représentera Israël à l’Eurovision pour y ratatiner toutes ces Bernadettes sous Beyrouth au concours musical
Je n'ose pas pousser le bouchon jusqu'à demander à Yasmine Hamdan d'en faire une chanson.

Merci à Raphaël F. pour l'inspiration.

dimanche 1 mars 2026

Méthodes éprouvées pour lutter contre la montée du fascimse

 


Interrogée hier soir à Saint-Nazaire en marge d'une manif contre la montée de l'extrême droite, cette jeune personne semble confondre l'Histoire et les histoires, le Réel et l'imaginaire. L'important, c'est qu'elle prend résolument appui sur la fiction pour décréter l'urgence de refonder la communauté humaine. Sa confusion, simulée ou non, est-elle naïve ? son intuition profondément émouvante ? Au moins, elle fait mentir Wim Wenders quand il disait à la Berlinale que les artistes doivent rester en dehors de la politique. L'homme ne crée que ce qu'il imagine. On va rapidement savoir si nos rêves nous sauvent de l'autodestruction, qui semble programmée dans nos gènes de primates.