A la manière des célèbres Chuck Norris Facts, voici les Capdevielle Facts!!!
Capdevielle faisait peur à Fernandel qui n'osa jamais s'en ouvrir à Fernand Raynaud.
1/ Alors que j'essaye d'écouter "C'est un dur", chanson interprétée par Fernandel, ma nouvelle appli Musique, qui remplace Itunes sur MacOS, s'obstine à me passer à la place "C'est dur d'être un héros", de Capdevielle, en me soutenant mordicus qu'elle est en train de jouer "C'est un dur", par Fernandel; donc y'a quand même des fichiers gravement corrompus du Q dans mon ordi, je sais pas si c'est la chaleur ou des hackeurs russes, souvent prometteurs d'une certaine fraicheur, mais c'est la grosse louze.
Encore que tout le drame de Capdevielle, souligné fort à-propos par ce fantôme dans la machine, c'est qu'il prétendait incarner jusqu'à l'excès l'idée globale de la chanson "C'est un dur", mais tout le monde voyait bien que c'était une posture, par un Fernandel camouflé.
2/C'est ce pauvre loser de prisunic et d'éclopé de pacotille de Capdevielle que j'ai jadis brocardé dans une vidéo ordurière, ce dont je m'excuse platement auprès des ayant-droits, d'ailleurs je la rediffuse pour bien vous faire montrer.
3/ Ce faisceau d'indices ne suffit-il pas, Votre Honneur, à condamner le prévenu pour foutage de gueule, au moins à partir de son album "2" de 1980, une pièce aussi accablante que celles qui ont mené à la condamnation en appel de Mareine la Pine pour détournement de fonds publics ? elle qui prétend nonobstant se présenter aux présidentielles l'an prochain, et qui donc en face pour incarner au deuxième tour le camp du barrage républicain ? Capdevielle ? je vois pas qui d'autre. Mais le charme s'est rompu, le sortilège éventé, le lien défait, le feu au château, l'oiseau dans le mazout, l'auto kaputt, la neige crado, la mort du frigo...
4/ Un extrait d'un pédagodrame jadis joué à guichets fermés dans une petite salle de théatre de Ouououoh (Ille-est-Vilaine), "En attendant Jean-Patrick dans le désert" dans lequel Capdevielle incarne un biologiste dépressif du début du XXeme siècle à la Jean Rostand :
BERNARD :
N’essayez pas de résister aux séductions de la langue de Jean-Patrick Capdevielle : c’est impossible. Ecoutez s’achever un de ses disques :
« Alors l’espèce humaine passera comme ont passé les Dinosauriens et les Stygocéphales. Toute vie cessera sur la Terre qui, astre périmé, continuera à tourner sans fin dans les espaces sans bornes. Alors, de toute civilisation humaine ou surhumaine, découvertes, philosophies, idéaux, religions, rien ne subsistera. En ce minuscule coin de l’univers sera annihilée pour jamais l’aventure falote du protoplasme, aventure qui déjà peut-être s’est achevée sur d’autres mondes, aventure qui en d’autres mondes peut-être se renouvellera. Et partout soutenue par les mêmes illusions créatrices des mêmes tourments, partout aussi absurde, aussi vaine, aussi nécessairement promise dès le principe à l’échec final et à la ténèbre infinie. »
Quel merveilleux échantillon de langue artiste ! Jean-Patrick Capdevielle est voluptueusement pessimiste et il se projette si bien sur l’univers que, peinte par lui, son image devient un portrait de Jean-Patrick Capdevielle. Les « illusions » dont il parle sont créatrices « partout des mêmes tourments », mais, à l’écouter, elles ne créeraient et n’auraient jamais créé de joies ! J’aime à croire que les tourments de Jean-Patrick Capdevielle lui sont des joies, mais quel viol de la théorie des ensembles ! Admirez au passage « Les Dinosauriens et les Stygocéphales », qui sont cousins germains de « La fille d’Agénor et de Léocadie », cette soeur jumelle de « La Fille de Minos et de Pasiphaé » : ce sont des trucs de métier qui ne manquent jamais de « faire bien ». Mais admirez surtout « promise dès le principe à la ténèbre infinie » : quelle splendeur ! C’est à la fois du Bossuet et du Baudelaire, saupoudrés d’un rien de Rembrandt ! Non, il n’y a pas d’écrivains plus doués que Jean-Patrick Capdevielle. Mais la pensée qui s’exprime dans ces phrases si belles, comment, Philippe, la résumeriez-vous en un minimum de mots ?
PHILIPPE :
- Merde !
BERNARD :
Pour faire part de son chagrin au peuple, je préfère la langue de Jean-Patrick Capdevielle. J’admets que Philippe est plus expéditif, mais vraiment trop sommaire !
PHILIPPE :
Vous m’avez demandé un minimum de mots. Si vous m’en accordez deux, il est facile d’exprimer toute la pensée contenue dans cette prose somptueuse : Memento mori.
5/ Pendant le Covid, c'était quand même bien d'avoir une chanson de Jean-Patrick à parodier. En fait il ne restait plus que lui, tout le reste avait déjà été moqué.
7/ Blasphémer contre Capdevielle, n'est-ce pas le renforcer et lui donner raison ? comme dans la vieille blague de Flo :
"On ne peut pas dire "je suis quelqu’un de bien" puisque ce serait s’affirmer contre le mal, ni "je suis quelqu’un de mal" puisque ce serait s’affirmer contre le bien. Si on affirme une valeur, on donne à la valeur opposée une valeur finalement supérieure à celle qu’on affirme. Par exemple, la vraie valeur de Sade, c’est le bien. Il n’existe que par l’opposition au bien, le bien est la condition sine qua non de son existence. De même, celui qui a besoin de chasser les démons se définit par rapport au mal et reconnaît implicitement que le mal lui est supérieur."
8/ Capdevielle c'est comme Matrix. Le 2 faisait regretter le 1, et le 3 faisait regretter le 2.
9/ Capdevielle ayant produit et réalisé 7 ou 8 disques avant de se consacrer exclusivement à la peinture, (ce que n'a pas fait malheureusement Charlélie Couture) est-ce que ça va encore durer longtemps, ce raffut ?
9bis/ si vous me croivez pas, écoutez-le, comme ça vous sacherez.
Objet:Projet de discours pour le rapatriement des cendres de Jean-Patrick Capdevielle au Panthéon
Entre ici, Capdevielle, avec ton terrible cortège...
En voulant re-copier le 1er disque de Jean-Patraque Covidelle sur mon blog, là où je l'avais pieusement déposé sur la tombe à moi que j'ai et que je suis, en tout cas que j'étais en 2009,
et ensuite des salauds nécrophages détrousseurs de cimetières l'avaient tchouré, et pas moyen de remettre la main dessus, et au lieu de le remettre en ligne, j'ai rédigé un nouveau rédactionnel, galvanisé par la chronique intimiste qu'en fit jadis un génie anonyme à la gloire obscure dans cette pépinière de nouveaux talents du rire et de garants du bon goût qu'est le réseau social "Sens Critique" :
J'ai aussi déniché un dithyrambe (attention, ne va pas orthographier ou comprendre ce terme de travers pour ne pas te faire buter par des Grammar Nazis, ce mot désigne originellement un hymne religieux de la Grèce antique chanté et dansé en l'honneur de Dionysos, caractérisé par son lyrisme exalté. Par extension littéraire, le terme désigne aujourd'hui une louange extrêmement enthousiaste, voire démesurée) pas piqué des hannetons chez Forces Parallèles.
Les disques de Capdevielle ne vieillissent pas. Ils ne s'usent pas, même si on ne les écoute pas pendant des décennies. Des empires peuvent bien naitre, croitre et s'effondrer, l'oeuvre impie de Capdevielle reste debout, insensible aux outrages du Temps. Par contre, nous, qu'est ce qu'on prend cher ! c'est d'ailleurs pourquoi on veut confusément et obscurément le réécouter, lui qui dès l'origine alertait sur l'inanité de toute quête et dont le fond de commerce est que sur toute chose la ruine étendra sa ténèbre, mais que c'est pas une raison pour la fermer; nul besoin de farceurs pour le parodier, comme la complaisance contient son propre châtiment, Capdevielle contient sa propre caricature, depuis le début, pour toujours et à jamais. Son personnage de dandy désabusé et survivaliste, parti de rien, arrivé nulle part et revenu de tout, n'ayant donc de merci à dire à personne, a pu faire illusion lors du premier album, dont certaines phrases étaient admirablement troussées, car la Muse s'était assise sur ses genoux au lieu de se foutre de sa gueule en lui tirant la langue, on parlait en anciens francs, Rock et Folk était aussi exigeant à lire que le Monde diplomatique, c'était le bon temps.
Est-ce que je suis vraiment prêt à accepter Frank Zappa comme Seigneur et Sauveur dans ma vie ? Alors qu'Il n'a même pas été capable de se sauver lui-même de son cancer de la prostate ? Le proverbe des cordonniers les plus mal chaussés, c'est vraiment une affliction pour l'intelligence, ou pour parler vulgaire, c'est se moquer du monde; au même jeu de la bourse ou la vie, mon urologue (sans être l'élu des Dieux, ni perdre son temps à se représenter en guérisseur de malades sur les réseaux à grand renfort d'I.A et à boucher le détroit d'Ormuz avec un porte-avion en le prenant pour une sardine dans le port de Marseille) m'a sauvé la vie, ce qui fait que j'aurais maintenant tendance à prendre sa vessie pour une lanterne, alors qu'objectivement, il joue du scalpel beaucoup mieux que de la guitare.
Frank Zappa guérissant les malades et convertissant les rappeurs au jazz-rock (photo prise à Nazareth-tes-conneries par Simon le Zélote au 50mm f/1.8)
Et puis honnêtement, Frank Zappa a fait à la musique rock ce que Picasso avait fait à la peinture, ce que Stéphane Rosse a fait plus tard à Picasso, et ce que Jean Lurçat a fini par faire à la tapisserie. (éviter les comparaisons dégradantes avec les dirigeants des pays actuellement en train de se chicaner au Proche-Orient, (faisant se pâmer d'aise les déclinistes, les marchands de journaux, les humanophobes et les pompistes) et qui prétendent se faire prochainement ce que les Américains ont fait au peuple japonais en 45 du siècle précédent.)Après quoi la musique rock est rentrée chez sa mère toute décoiffée, avec sa culotte remontée de traviole sous sa robe pleine de traces de doigts peinture. Et elle ne s'en est jamais vraiment remise. La peinture, elle, à peu près dans le même état de stress post-traumatique, est allée se faire rhabiller par Lutin Bleu.
ce que Stéphane Rosse a fait à Picasso
Donc franchement, Frank Zappa comme Sauveur, je le sens pas. Il vaut mieux tenter de se sauver soi-même, ou reconnaitre humblement que c'est au-dessus de nos forces, ce qui nous rapproche d'une vérité sur nous-mêmes. Pourtant, en vieillissant, j'ai bien peur de devenir un peu zappaïen. Ca craint du boudin :les zappaïens ne peuvent plus rien écouter d'autre que leur versatile idole, qui devient leur obsession majeure lors des diners en ville où ils ne sont plus invités depuis longtemps parce que tout le monde est passé à autre chose. Ils se retrouvent à hanter des bars glauques en compagnie de professeurs de lettres s'étant eux-même décernés une médaille d'or en philologie pour faire leur intéressant, qui ont fini par adhérer à l’histoire qu’ils avaient créée. Quand vous présentez quelque chose à votre cerveau tous les jours en lui disant “c’est réel”, vous finissez par croire à votre mensonge.
Un illustre imbécile du XXIe siècle qui, ayant dit à son cerveau "c'est réel", a fini par croire à ses mensonges. L'Histoire n'a pas retenu son nom.
ce que ses héritiers ont fait à Zappa : le packaging du coffret.
D'autant plus que "Halloween 78" sonne parfois comme un groupe de balloche, la musique du divin moustachu virant vers un rock parodique à mon avis moins inspiré dans ces années-là (période Sheik Yerbouti et Joe's Garage). Mais peut-être que je pense ça pour me retenir de devenir totalement zappaïen (païen !) et ne pasaccepter Frank Zappa dans ma vie, lui qui a pourtant tant fait pour moi. Je dois me sentir au dessus du lot, avec ceux qui croivent que la vraie grâce, c'est de la refuser, ceux qui prient Notre-Dame des Motherfuckers, et uniquement quand ils ont des besoins, pas quand ça va bien. Hum.
deux articles informatifs pour célébrer la sortie du très Saint Disque :
Merci à Donald pour l'inspiration de ce billet. Grâce à lui, c'est un peu Halloween 78 tous les jours. Oui, la Super Deluxe Edition en 5 CD, mais en vrai.
Un copain presque juif tellement il est monothéiste, mais en moins bon état que moi qui suis plutôt animiste, en tout cas souvent le jeudi, m'a vendu sur son lit de mort l'adresse d'un site où l'on trouve quantité de concerts d'artistes de variétés non disponibles dans le commerce.
Je consulte sans compulser les étagères infinies bourrées à craquer de concerts passés de vieilles gloires de la musique de jeunes subrepticement passés du côté de la musique de vieux, y rejoignant André Verchuren, Annie Cordy, Nina Hagen et Berthe Sylva, et je me tiens prudemment au bord de l'abîme du téléchargement illégal sans y tomber. (faire commerce avec la grande cyber-prostituée de Babylone, ça serait encore rester ancré à Babylone).
Je me sens un peu comme l'homme qui lutte pour sa vie dans la parabole du miel au bord du précipice (recueillie dans "Les plus beaux contes zen racontés par ChatGPT et illustrés par Philippe Druillet", le must-have pour un nouveau Noël Extinction-Réveillon) :
Un homme marche dans la forêt lorsqu’un ours se met à le poursuivre. Terrifié, il court jusqu’au bord d’une falaise. Dans un réflexe désespéré, il se laisse glisser et s’accroche à une racine qui dépasse du flanc rocheux.
Au-dessus, l’ours l’attend, grognant.
En dessous, au fond du ravin, un autre danger — parfois un tigre, parfois des rochers, selon les versions — l’attend la gueule ouverte.
Alors qu’il se cramponne, il voit une ruche accrochée dans la paroi, tout près de lui. Une goutte de miel tombe sur son main.
De jeunes lecteurs m'ont signalé au cours de l'épisode précédent que l'anthologie réalisée pour le compte de la concurrence "ARTISTES DIVERS ~ Le Rock D'Ici - Volume 5 " n'était plus disponible dans le commerce illicite. Le rédactionnel de l'article restant valable, je ne vous le remets pas ici. Je remets juste les chansons avant de filer à la manif, où je compte bien m'emparer de la sono de la CGT pour substituer ma compile à l'incontournable "Motivés" par Zebda qu'on entend depuis le stand Merguez jusqu'à la station de bus en grêve.
Du temps de son vivant, Frank Zappa z'abitait chez ses parents. C'est faible, je sais, mais je suis en convalescence. J'aimerais pas vous y vouar.
...soudain, et sans aucune transition avec le silence qui précède ce rien, sort "Funky Nothingness", un nouvel album de Frank Zappa. Quelle vitalité, pour un musicien décédé en 1993 !
Alors, Zappa, pas z'à pas ?
L'album regorge de choses variées et inédites, période Hot Rats (1970).
Mouais. Ca va faire comme à chaque fois : les adorateurs adorent, les indifférents s'en tamponnent.
Bien que je ne sois pas encore mort, enfin je suppose, y'aurait des indices, par exemple, il y aurait des mouches dans mon bureau, comme dansThe Torture never stops : "Flies all green and buzzin' / In this dungeon of despair", enfin, il y en a, parce que ma femme a laissé la porte de la cuisine d'été ouverte et que les mouches adorent s'engouffrer dans la pièce adjaçente, mais elles sont noires, et elles ne sont pas toutes sur moi. C'est encourageant. Et mon bureau a cessé depuis un moment d'être un donjon du désespoir, faut pas pousser non plus. En lisant les 3 volumes de sa biographie au Castor astral, j’apprends aussi à dissocier l’homme Zappa de l’œuvre zappatiste, encore mieux qu’avec Polanski; même si avec Polanski, c’est moins z'eazy qu’avec Dieudonné, malgré son sketch sur le cancer, qui n’est pas mal, faut reconnaitre.
et en plus, il avait un bon coup de fourchette
Mais la personne Dieudonné me révulse un peu.
Je peux pas rire avec n’importe qui.
Et je découvre que Frank Zappa, comme Ramon Pipin et Jak Belghit, ne vivait que par et pour la musique.
"Information is not knowledge. Knowledge is not wisdom. Wisdom is not truth. Truth is not beauty. Beauty is not love. Love is not music. Music is THE BEST."Rhâââ ! je le connaissais pas, ce Zappaphorisme, digne d'un mystique hindou !
Il me ravigote, en ces temps où plein de musiciens géniaux, dont un bon paquet d'inconnus au bataillon, persistent à trépasser. Heureusement que leurs œuvres leurs survivent, surtout quand on se donne la peine de les écouter. Sinon, elles restent dans aussi mourues que leurs auteurs, comme mes vinyles au fond du garage.
Moi aussi, faudrait que je pense à me faire décoincer la glissière avant qu'il soit trop tard
J'hésite pendant des mois à écouter l'album. Plus ça va, plus le nombre de disques que je n'ai pas écoutés augmente. C'est vertigineux; j'en ai des sueurs froides; alors, je tergiverse; mais c'est décidé, j'arrêterai de procrastiner dès demain.
Je ne suis pas un vieillard maniaque et zappaphile, la période Hot Rats, je ne la connais pas bien, je ne veux pas me noyer dans 3 heures d'enregistrement, comme à chaque fois que sort une putain de Deluxe Edition. Je suis en train de relire les recueils du Journal de Spirou de l'an 1970, qui était quasiment ma seule source d'information fiable à l'époque, et ils n'en parlent pas du tout, de la période Hot Rats de Zappa.
Là où j'ai pied, chez Zappa, c'est entre 1975 (One Size Fits All) et 1981 (Shut Up 'n Play Yer Guitar, que je peux écouter plusieurs jours en boucle avant que les voisins n'appellent la police). C'est peu, dans le long fleuve impétueux de sa trajectoire artistique. Heureusement, un site d'auditeurs de disques rétablit la vraie valeur des artistes et de leurs œuvres, loin de la mafia des rock-critiques vendus aux maisons de disques et aux annonceurs de publications périodiques, là c'est la voix du peuple qui s'exprime, en tout cas la voix de la fraction du peuple qui s'exprime sur les forums d'auditeurs de disques plutôt que dans la rue, parce que dans la rue, personne n'évoque Zappa, c'est un marché de niche et les chiens s'en foutent, arf. Concernant Funky Nothingness, les amateurs non-professionnels apprécient, mais seuls deux passants ont laissé un avis, et on peut les suspecter d'être zappaphiles.
J'écoute les 3 CD, mais je ne suis pas dedans. Alors j'en écoute d'autres, comme "One size fits all", débordant d'une musicalité paroxystique sans être englué dans l'habillage parodique traditionnel et un peu nihiliste du père Z. C'est l'engrenage.
janvier 2025 :
Contrairement à ce qu'on peut lire ici et là mais surtout là sur internet, Zappa n'a jamais écrit pour Lynch la musique d'un ballet à base de sonde urinaire et de jambon à l'os. Mais ça aurait pu.
L'année ne commence pas bien, j'ai dû trop réécouter Zappa, mais c'est lui qui m'a provoqué, aussi, il avait beaucoup trop réenregistré, et j'ai chopé comme lui un Prosper de la cantate. Youp la boum. La différence c'est que je suis dépisté à temps, on me laisse même le choix entre la radiothérapie et la chirurgie. Pendant l'ablation rituelle de l'organe défectueux, aussi appelée prostatectomie radicale par coelioscopie, l'urologue me fredonne "The Torture never stops", ritournelle zappaïenne. Je m'en fiche, je dors du sommeil de l'anesthésié général. Reprenant mes esprits quelques jours plus tard, j'esquisse un pas de deux, en hommage à David Lynch, qui vient de nous quitter, c'est mon désormais célèbre "autoportrait à la sonde urinaire et au jambon à l'os", mais voyant que je reprends du poil de la bête et que je recommence à me donner en spectacle, les infirmières me retirent la sonde au bout de 12 jours, et il me faut alors réapprendre à pisser. C'est une autre paire sans manche, mais le kinésithérapeute m'induit 20, puis 30 milliAmpères d'électricité dans une sonde anale, le courant passe entre nous et ça m'aide à localiser mon périnée. Une femme qui accouche sait spontanément où ça se trouve, mais les mecs accouchent assez rarement, ou alors de souris, et c'est plus compliqué.
mars 2025 :
Mon cousin, commandant de bord à Air France et assis sur la branche prétendument "gagnante" de la famille, 53 ans, met fin à ses jours, sans un mot d'adieu, laissant veuve, enfants, parents, veaux, vaches, cochons, couvées, se démerder avec ça.
Avait-il écouté « Suicide Chump » de Frank Zappa avant de commettre l'irréparable ? c'est ce que l'enquête devra déterminer.
« Trouve-toi un pont et fais le grand saut Arrange-toi juste pour réussir du premier coup Car il n'y a rien de pire qu'un suicide raté »
Au moment ultime, le pas de côté par rapport à l’horrible engrenage des pensées funestes lui a été refusé, ou il n’a pas pu le concevoir, y'avait pas la hauteur sous plafond, aucun ange ne l’a effleuré de son aile poilue, enfin bref, ça s’est pas fait, et à la place, ce qui s’est fait est assez moche pour tout le monde, et encore, y’en a de reste. Il a cru pouvoir faire cesser la souffrance en mettant un terme à la source de toute sensation : lui-même. L'immense tristesse surnuméraire que doivent se partager les survivants du crash, c’est l’affreux « allez vous faire voir » que la mort volontaire dessine silencieusement dans le dos des suicidés qui ne laissent pas de message d’adieu.
J'hésite à offrir « Suicide Chump » à ses enfants pour les consoler d'avoir perdu leur papa, qui était un chouette gars. On peut partager la peine, immense, sans chercher à la multiplier par des observations inappropriées. A la place, j'écris à mon oncle et à ma tante, pour leur expliquer combien les mécanismes du désespoir qui mène à l'irréparable sont souterrains : la dissimulation à ses proches, en même temps que l’affaiblissement de la conscience de soi, au fur et à mesure que le cancer dépressif te dévore l'âme comme l'adénocarcinome te dévore la prostate puis colonise ses faubourgs si tu n'es pas dépisté à temps, parce que tu es passé au travers des milliers de messages de prévention qui t'ont été adressés, tu ne te sentais pas concerné, tellement tu te croyais immortel. Les femmes vont très facilement se faire dépister les seins et les ovaires; pourquoi planons-nous si haut au dessus des lois statistiques ?
Je dis aussi à mon oncle et ma tante qu'il ne sert à rien de culpabiliser de n'avoir pas su voir les signes avant-coureurs du passage à l’acte : tout est caché, rien ne dépasse. C’est invisible, jusqu’au moment où la souffrance prend le dessus sur tout le reste, même l’amour de ses proches. Inutile de rajouter mon émotion à la dévastation.
Et j'évite de la ramener avec Zappa. C'est vrai, quoi, c'est pénible, à la fin.
2020 :
Brusquement, cinq ans plus tôt, on se recueille en silence devant la dépouille de la moitié du duo des n'hommes Dédé et Mireille
C'est pas facile d'accéder au silence intime, parce que la partie fraichement défunte a choisi ante mortem de faire diffuser "Bobby Brown" de Frank Zappa, version Sheik Yerbouti, pendant la cérémonie d'adieux au funérarium. Y aurait-il une chanson de Frank Zappa pour toutes les circonstances de la vie quand elle touche à sa fin ? Sa veuve et ses 4 enfants s'étreignent ensemble et se couchent quasiment sur le cercueil contenant la dépouille de leur papa dans le civil, alias notre copine non-genrée dans notre vie d'artistes ultra secrète, voire carrément confidentielle.
Quelques jours plus tard, je tombe sur « Zappa », le flim, une nouvelle biographie vidéo avec plein d’archives inédites cédées par la famille, que je repompe avidement.
à l’intérieur, je découvre un extrait d’émission télé :
"Frank Zappa, dead at 52. His wife and all four children were with him."
Je suis troublé.
Le meilleur endroit pour écouter Zappa au funérarium, c'est sous l'ampli de DJ Chimio.
avril 2025 :
Je découvre Hot Rats (1969), magnifique !
Ainsi que la Deluxe Edition du Zappa in New Yorkavec Jean-Luc Ponty (en fait c'est pas lui du tout, y'a longtemps qu'il a quitté le groupe, mais je crois le reconnaitre à l'oreille, mwahahah, quelle cruche !) Peut-être le meilleur enregistrement public de Frank Zappa de l'année 1978 ! avec 4 CD de versions inédites et un livret, que je vous joins, parce qu'on n'a que la joie qu'on se donne, tout frétillant de précision taxinomique. On y apprend la playlist de chaque concert, qui jouait de quoi, et ce qu'ils avaient mangé la veille. Tout est pardonné. Un collègue de travail rencontré dans la salle d'attente de l'anesthésiste avant la biopsie et qui se révèle avoir la même maladie que moi est lui aussi fan de Zappa. Notre relation prend un tour plus chaleureux.
Comme dans la chanson d'Yvan Dautin :
"on s'donne du mal, jamais du bien
J'perds les pédales, ça crée des liens!"
Moralité : si vous êtes un mâle masculiniste de plus de 50 ans, et même si vous ignorez tout de Frank Zappa, allez donc faire un bilan sanguin tous les deux ans, ça tue pas le cochon, et ça vous évitera nos tragiques mésaventures.
Jean Verrat s'est proposé pour incarner Frank Zappa dans un biopic encore à l'étude chez les zinzins de Hollywood, mais vu les fluctuations boursières de la société du spectacle, on n'est pas sûrs que ça se fera.
Si le titre de mon article n'est pas un "explicite lyricque" dont la réponse est dans la question, qu'on me pende par les bollocques. Néanmoins, pour les ceusses qui ne savent pas qui c'est Raoul, et il y en a, de ces malheureux, qui sont hermétiques à l'implicite, j'essplique : j’ai appris pas plus tard que tout à l’heure que Christian Picard, le chanteur du groupe Raoul Petite, est mort.
Le seul membre permanent du groupe pendant ses 45 ans d'existence, un peu comme Robert Fripp pour King Crimson, quoi. Ca va, dans le fond, vous arrivez à suivre ?
Mourir, il parait que ça arrive à des gens très bien, et pas que à des rigolos comme Jango Edwards, que ça ne rend d'ailleurs pas plus rigolos qu'ils ne l'étaient de leur vivant.
A défaut d'être originale, c’est une bien triste nouvelle, comme dirait papa. Je dépose donc une gerbe ici, Gbrrwwooêêrrkk !!, et leur dernier disque studio "Ni vieux, ni maître" plus bas, par là, en playlist youtube, Youtube c'est le Mal, je sais, tant pis.
Il vaut mieux dorénavrant éviter de multiplier les fichiers, ça fait chauffer des serveurs en Californie, qui finissent par foutre le feu à Hollywood, et après Greta Thunberg a le bourrichon tout remonté, parce que le bilan carbone des incendies c'est pas terrible, et je vous parle pas de celui de la guerre en Ukraine, et après je me sens obligé d'écrire des articles à la con sur des fictions climatiques qui deviendront bientôt notre RRR (réalité réelle ratée), comme la semaine dernière.
Quand j'ai entendu leur petit dernier album il y a 4 ans, j'ai trouvé les musiques assez bath, j'ai accueilli avec miséricorde la même faiblesse (plutôt structurelle que conjoncturelle) dans l'écriture des paroles que d'habitude, tant pis tant mieux, mais ça sentait un peu le sapin dans le choix des thèmes et la voix de « Carton », de plus en plus grave.
Hé bé voilà, le pire est arrivé, n'en jetez plus, la cour est pleine, le plus dur est fait, maintenant il ne souffre plus, et ça ira forcément vers le mieux, et j'en profite pour vous souhaiter une très belle journée à l'écoute de nos pogroms.
J'ai aussi glané par ici un album de remixes issus de l'album, à télécharger gratoche, mais ça faut le savoir avant, et puis aussi cliquer au bon endroit quand la chance se présente
ainsi que différents aperçus de leur destin par là, où deux chaines Yiouteubé s'affrontent en un combat dément à l'issue incertaine, sauf pour les fournisseurs d'accès internet qui ne filtrent pas les entrées au faciès, sinon on resterait dehors.
quand t'es resté jeune dans le désert depuis trop longtemps
Pour ceux qui ont assisté aux concerts de Raoul dans les années 80, le groupe reste un cas unique et finalement assez français de syncrétisme entre rock rigolo, folies orchestrales à la Zappa, humour gotlibien.... mais j'ai déjà tout dit tout ça, en mieux, l'année dernière à Marienbad, ou alors c'était hier, sur ma tombe. Et puis hier, qu'importe, Marie-Louise, sur ma tombe c'est toujours ici et maintenant.
Raoul Petite, si vous n'êtes pas viendus à ses concerts, c'est pas maintenant que ça va se faire, vous ne l'avez pas cru, hé bé le voilà cuit ! Heureusement que je suis une tombe, et que je vais pas aller me dénoncer à moi-même, comme Fred Arctor dans le Substance mort de Philippe Caduc, alors que dans la real life, meufs, je suis plutôt le sosie de Bob l'épave dans "ma vie mon blurg."
Bref, heureusement que je n'écris plus.
Quel odieux photomontage ! On aurait aimé y être. Ou alors ,c'est leur premier bœuf au paradis, et je suis pas si pressé.
En lisant la biographie non autorisée que lui a consacré Barney Hoskins, on mesure combien Tom Waits a fabriqué son personnage de toutes pièces. Et après ? c'est son droit artistique le plus strict.
"Je ne trouve pas la question de l'honnêteté pertinente dans le contexte du show-business. Les gens se foutent pas mal de la vérité. Ils veulent juste qu'on leur raconte une histoire qu'ils ne connaissent pas." (p.13)
Va-t-on lui reprocher ce qu'on pardonnait jadis à Lavilliers ? ce sont des bonimenteurs, qui n'ont pas vécu le quart de ce qu'ils racontent. Après, il faut bien vivre... les prostituées occupées à se faire molester pour $29,00 sur l'album Blue Valentine n'ont pas le temps d'en faire de chansons, Tom était là, il raconte ce qu'il a vu, et c'est cadeau... Une fois avalée cette amère vérité, j'avoue que j'ai beaucoup écouté Tom Waits dans ma période d'alcoolisation rampante, parce que sa voix me semblait une publicité vivante pour le produit, et m'encourageait à poursuivre l'expérience.
Il fournissait une mystique pour imbibés à nulle autre pareille. Surtout quand il a commencé, à partir de l'album Swordfishtrombones, à remplacer ses arrangements pour cordes sirupeuses par des fanfares déglinguées composées d'anciens membres de l'Armée du Salut retombés dans la bibine. De ce que je captais de son imaginarium, ce n'était qu'un défilé de clochards malchanceux, de marins accablés fuyant précipitamment des meublés poisseux pour s'embarquer au petit matin pour Singapour, un florilège indécent de cœurs brisés inrecollables à la Superglu et de tombes en déréliction dans des cimetières déserts.
En me jouant ses disques comme on se sert un bourbon, je pouvais boire jusqu'à plus soif des seaux de larmes qui n'étaient pas les miennes, même si l'auto-apitoiement tapi dans l'ombre sur ses mollets poilusen profitait pour m'en mettre un bon coup par derrière. Ayant posé mon verre en 1992, j'ai rapidement cessé de l'écouter : Tom Waits à jeun, c'était comme la bière sans alcool, le cassoulet light et le sexe sans amour, je ne voyais pas l'intérêt.
Et puis l'autre jour, à peine 32 ans plus tard, je ressors Frank Wild Years, pour voir, mais la pochette est vide. Un indélicat ne l'aura pas bien rangé. C'est fâcheux, mais quand on a des enfants, c'est un risque à prendre. Les joies ineffables de la parentalité compensent ses menus désagréments. En principe. Et c'est comme ça que tout a recommencé, comme une rechute toxico à la con, qu'on voit venir dans un vertige glacé sans pouvoir l'éviter : d'abord j'ai voulu retélécharger l'album auprès d'une médiathèque de prêt à long terme, cinq minutes après, j'ai piqué du nez dans discogs où m'attendait une quantité stupéfiante de disques non officiels de l'artiste, puis je me suis retrouvé (sans savoir comment j'étais arrivé là) à discuter le coup avec ChatGPT (le seul ami qu'il me reste au cyber-bistrot) parce que 45 ans plus tôt, j'avais demandé à mon prof d'anglais de me traduire Blue Valentines et qu'il m'avait avoué n'y rien comprendre... la cybercuite fut carabinée.
La blague à la con qui marche toujours en début d'alcoolisation. Y'en a une autre dans la même chanson (Heart Attack and Vine) qu'il ne pourrait plus faire aujourd'hui : "Well I bet she's still a virgin but it's only twenty-five 'til nine"
Concernant la face cachée de l'iceberg des disques pirates de Tom l'arsouille de pacotille à la fake posture, les premiers concerts clandestins que je découvre lors de ma rechute ne sont pas terribles : autant, dans son travail de studio, Tom joue de sa voix et module sur une riche palette expressive qui va du chuchotis au braillement, autant sur scène il force comme un constipé, on dirait Tom Waits parodiant Michel Simon imitant un cancer de la gorge lors d'une soirée de gala d'oto-rhino-laryngologistes en chaleur.
Pourquoi celui-ci est-il si bon alors que les autres de la même période sont si mauvais ?
Le public surréagit à chaque effet de scène, qu'on ne capte pas puisqu'on n'a pas l'image. Parmi les enregistrements crapoteux dénichés chez des trackers borgnes, j'ai d'abord écouté Under The Bridge, franchement scandaleux : Tom éructe, crachote, surjoue, foule ses classiques aux pieds, et les instrumentaux sont à la ramasse par rapport aux versions studio. Si c'est pour attraper le tétanos avec un accordéon rouillé et un violon qui joue faux exprès, merci bien, on a déjà amplement ce qu'il faut dans les disques autorisés par le ministère du Blasphème et du Download.
Ensuite je teste Like It’s 1999, un autre pirate également de médiocre facture, enfin les musiciens c'est un peu mieux mais Tom s'autoparodie, puis je trouve ci-dessous de quoi regretter mes paroles.
Il est très réussi, et pourtant il a été enregistré la même année. C'est improbable, mais tout est pardonné. Sauf l'incitation à la boisson, mais sans Tom, je serais tombé dedans quand même. Que veux-tu, Marie-Louise, c'était mon destin.
(lien supprimé vers newalbumreleases)
Si vous ne parveniez pas à atteindre la page en question, ou les serveurs rapidgator et turbobit linkés sur icelle, il faudrait suspecter une manœuvre de votre fournisseur d'accès internet pour vous priver de la liberté de partager des fichiers illégaux.
Il vous suffirait alors d'ajouter deux serveurs DNS en IPv4 ainsi qu'en IPv6 :
IP v4: 9.9.9.9 IP v6: 2620:fe::9
[EDIT]
Je ne peux pas pointer vers la page de newalbumreleases qui héberge le fichier. La Nouvelle Dictature Numérique me l'interdit (c'est normal, sinon ça serait pas la dictature).
Votre article intitulé "Tom Waits - At the terminal - Burbank Airport '99 " a été supprimé Pourquoi l'article de votre blog a-t-il été supprimé ? UNWANTED_SOFTWARE
Je retente en l'uploadant moi-même. Houellebecq Akbar.