Depuis mercredi, beaucoup de Népalais se retrouvent bien involontairement sur "Je suis une tombe", après avoir pris un bout de l'Himalaya sur la tête. Parmi eux, quelques touristes occidentaux très peu décarbonés, qui se retrouvent soudain à trekker sur les flancs de l'au-delà sans avoir bien compris ce qui s'était passé. Y'a pas eu de sommations. Quand on regarde les images, on comprend comment c'est arrivé.
Quant au pourquoi, il est un peu tôt, mais il semble que les prédictions de Jancovici et de Stephen Markley commencent à advenir dans le Réel. Flûtalors. Rappelons avec nos amis lacaniens, s'il nous en reste, que le Réel, c’est ce qui fait parfois irruption dans la réalité, généralement sur le mode platane vu de face et de trop près aux alentours de 160 km/h. Donc, il est prudent de ne pas trop le convoquer.
J'étais en train de rédiger un billet sur des films d'horreur pour riches actuellement à l'affiche, mais la tragédie au Népal, c'est un film-catastrophe pour pauvres. Typique du cinéma hollywoodien après le premier choc pétrolier en 73.
Pauvres Népalais ! C'est un très beau pays, parcouru à moto en 1996, quand c'était pas encore un péché mortel d'aller loin en avion.
La plupart des ONG appellent aux dons, ça urge. Il y a des survivants, qui n'ont plus rien, et qui ont mal partout. J'ai envoyé 80 balles à Handicap international, en échange ils m'ont laissé détourner leur bannière, mais le coeur n'y est plus, la fête est finie. Les vrais enterrements viennent de commencer, comme disait Brassens.