jeudi 30 avril 2026

Plutôt platines que plateformes

Plutôt platines que plateformes : en France, le streaming musical reste un truc de jeunes

Par Thomas Richet - Publié dans Télérama le 26 mars 2026 à 06h30

Hégémonique, l’écoute de musique en ligne ? Partout sur la planète, oui, mais pas dans l’irréductible Hexagone, où les plus de 50 ans font de la résistance, lui préférant le CD, le vinyle, la radio, voire… rien du tout. Au grand dam de Spotify, Deezer et Cie.


Par les temps qui courent, on pourrait presque croire qu’il s’agit d’un extraterrestre. Pour découvrir de la nouvelle musique, Patrick, la cinquantaine, parcourt le rayon CD de sa médiathèque du Perreux-sur-Marne (94) et se fie aux choix des employés du lieu. Pas de Deezer ou de Spotify pour lui. D’abord, parce qu’il associe les plateformes de streaming à un usage nomade : « Je n’aime pas particulièrement l’idée d’écouter de la musique dans les transports en commun ou quand je fais mon jogging », assure-t-il.

Ensuite, parce qu’il se méfie des emballements du moment : « Je me fais peut-être une fausse idée, mais j’ai l’impression qu’ils ne sont que le reflet des modes, et donc que ça met probablement plus en avant ce qui est, disons, “hype”. » Tout juste se connecte-t-il à YouTube s’il souhaite découvrir un titre dont il a entendu parler, « mais si c’est convenable pour se faire une idée, la qualité n’est pas suffisante pour vraiment apprécier la musique ».

Patrick ne le sait peut-être pas, mais il est typique de sa génération. Et fait figure d’épine dans le pied de l’industrie musicale. Selon les chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), les plus de 50 ans représentaient en 2025 29,2 % des abonnés aux plateformes de streaming musicales dans l’Hexagone. Un chiffre à première vue pas déshonorant, mais qui perd de sa splendeur lorsque l’on sait que cette tranche d’âge constitue 49,5 % de la population française.

Un “gâteau” réduit

Ce décalage n’existe pas dans les autres générations ni dans des pays comme les États-Unis ou l’Angleterre. Or, à son arrivée (Deezer s’est lancé chez nous en 2007, Spotify en Suède en 2008), le streaming promettait de résoudre tous les problèmes d’un secteur laminé par le piratage. Le « gâteau » — comprendre le nombre d’abonnés payants — serait un jour assez grand pour être partagé équitablement avec les artistes et tous les autres acteurs, martelait Daniel Ek, fondateur de la plateforme suédoise. Mais cette prédiction ne s’est pas matérialisée.

Les plateformes elles-mêmes ne s’en sortent pas si bien – seules Spotify et Deezer sont récemment devenues rentables, respectivement en 2024 et 2025. L’industrie de la musique enregistrée en France a perdu plus de deux tiers de sa valeur entre 2002 et 2015. Et, malgré une croissance constante depuis dix ans, son chiffre d’affaires n’est aujourd’hui qu’à environ 56 % de ce qu’il était au début des années 2000, selon le Snep. Peut-elle retrouver sa santé d’antan en étant boudée par la part aussi importante de la population que représentent les plus de 50 ans ?

À leurs débuts, les plateformes avaient d’autres priorités. « Elles ont dû obtenir très vite un volume d’abonnés suffisamment important pour ne pas faire faillite, explique Alexandre Joux, spécialiste de la question à l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille. Elles sont allées là où c’était le plus simple : les moins de 30 ans, qui étaient prêts à écouter les derniers tubes et qui ont toujours connu Internet avec des abonnements. Eux n’étaient pas choqués de payer. »

Soucieuses de ne plus passer à côté du potentiel que représentent les plus âgés, elles ont élaboré quelques stratégies pour les séduire, comme les abonnements familiaux ou des offres groupées avec les plateformes de cinéma ou de séries tels Netflix ou Amazon Prime. Apple Music s’est ainsi associé à Canal+, car les offres de vidéo en ligne, elles, sont aussi populaires chez les plus de 50 ans que dans le reste de la population. Mais ces tentatives se heurtent à une réalité : les plus âgés écoutent tout simplement moins de musique que les plus jeunes.

Un manque d’envie

Une étude menée par Deezer en 2018 auprès de cinq mille personnes en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Brésil démontre qu’en moyenne la population arrête de découvrir de nouveaux artistes et morceaux à 28 ans — dans l’Hexagone, c’est même dès 26 ans. La plateforme française appelle ce phénomène la « paralysie musicale ». Responsabilités professionnelles (25 % des répondants) ou parentales (14 %), sentiment de se perdre dans les milliers de sorties hebdomadaires (18 %), les raisons en sont multiples. L’un des principaux arguments du streaming étant l’abondance de son offre, à quoi bon s’y abonner si on n’a plus le temps de s’y plonger ni l’envie de découvrir ce qu’on ne connaissait pas déjà ?

D’autant que les offres payantes perdent de leur attrait quand on écoute peu de morceaux. « La partie freemium, qui permet d’écouter gratuitement en échange de publicités, est encore peut-être trop satisfaisante aujourd’hui pour les utilisateurs, et notamment pour ceux de plus de 50 ans qui ne passent pas leur journée à streamer de la musique », explique Alexandre Lasch, directeur général du Snep.

D’où l’attrait de YouTube qui ne se dément pas. Malgré la publicité, la plateforme reste le moyen d’écouter de la musique en ligne le plus utilisé dans le monde : plus de 2 milliards de personnes s’en serviraient à cette fin chaque mois, contre 433 millions pour Spotify. Et la part des quinquagénaires y est peu ou prou la même que dans la population générale.

Un blocage culturel

Les 50-60 ans sont également les premiers à avoir connu Internet. Le blocage n’est donc pas tant technologique que culturel. Ce sont « les anciens pirates, explique Alexandre Joux. Ils ont découvert le Web à l’époque du tout-gratuit de la fin des années 1990-début 2000. Cette génération a été habituée à ne pas payer ». Le sociologue insiste sur l’importance de l’« héritage culturel » : comme leurs parents qui ont racheté en CD leurs anciens vinyles, ces internautes du début ont surtout téléchargé les titres qu’ils connaissaient déjà et sont restés fidèles au format album.

Maria Garrido, directrice marketing chez Deezer, confirme l’attachement de cette tranche d’âge aux anciennes pratiques : « La radio reste le canal de découverte dominant (60 % contre 52 % pour le reste de la population), et 40 % des 55-65 ans préfèrent les CD ou les vinyles au numérique. 29 % d’entre eux sont convaincus qu’ils ne devraient pas avoir à payer. »

La plateforme française Qobuz, fondée en 2007, s’en tire plutôt mieux que ses concurrents : environ 38 % de ses abonnés ont plus de 50 ans, assure Marc Zisman, son directeur musique. Pour des raisons historiques, d’abord, Qobuz s’étant consacré à ses débuts uniquement au jazz et à la musique classique. Mais aussi parce qu’il met en majesté le format album, et mise sur la recommandation et une meilleure qualité sonore. « La digitalisation de la musique a été une révolution, reconnaît Zisman. C’est également vite devenu une régression, parce qu’on a perdu plein d’avantages : l’éditorialisation, les crédits, la beauté d’une pochette, etc. »

Mais les nouvelles générations ont également leurs habitudes : biberonnées à l’abondance et à l’abonnement payant, elles devraient rester fidèles au streaming. Ce que confirme Maria Garrido, de Deezer : « La génération Z est notre cible prioritaire, car ce sont les utilisateurs d’aujourd’hui et de demain. » Spotify, Deezer et les autres n’auraient-ils donc qu’à attendre que les jeunes vieillissent pour agrandir leur part de marché ? Pas si sûr, note Gérôme Guibert, professeur en sociologie à la Sorbonne-Nouvelle : « Rien ne dit que les plateformes ont les reins assez solides pour perdre encore de l’argent pendant vingt ans. Va-t-il apparaître, entretemps, un nouveau modèle économique ou une nouvelle proposition ? Dans les années 1990, on vous expliquait qu’en 2020 tout le monde téléchargerait de la musique. »


et leur guide des plateformes :


Voilà. 
C'était un article de Télérama plutôt édifiant sur les plateformes de streaming, hein ?
 alors lisez télérama ! le journal des retraités culturels heureux !


D'autrs articles bouleversifiants sur le sujet :

- Comment les faux artistes générés par IA bouleversent l’industrie de la musique
https://www.lemonde.fr/culture/video/2026/03/28/comment-les-faux-artistes-generes-par-ia-bouleversent-l-industrie-de-la-musique_6674845_3246.html

- L’IA met les musiciens au défi de faire mieux qu’elle
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/03/29/l-ia-met-les-musiciens-au-defi-de-faire-mieux-qu-elle_6675202_3246.html

L’IA déstabilise dangereusement le marché de la musique
https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/14/l-ia-destabilise-dangereusement-le-marche-de-la-musique_6646627_3232.html

Face à la musique générée par IA, l’industrie ne sait pas sur quel pied danser
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/03/28/face-a-la-musique-generee-par-ia-l-industrie-ne-sait-pas-sur-quel-pied-danser_6675088_3246

Près de la moitié des titres mis en ligne sur Deezer chaque jour sont générés par IA
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/04/20/pres-de-la-moitie-des-titres-mis-en-ligne-sur-deezer-chaque-jour-sont-generes-par-ia_6681718_3246

et les prochains titres à paraitre dans la même collection :

- L’IA met les écrivains au défi de faire mieux qu’elle
- L’IA déstabilise dangereusement le marché de la presse écrite
- Face à la BD générée par IA, l’industrie ne sait pas sur quel pied danser
etc...

Comme ça, tu mourras moins bête, surtout si tu lis dans la foulée Eric Sadin, mais tu mourras quand même.

mardi 14 avril 2026

Frank Zappa : Halloween 78 [5 CD Super Deluxe Edition] (2025)

Est-ce que je suis vraiment prêt à accepter Frank Zappa comme Seigneur et Sauveur dans ma vie ? Alors qu'Il n'a même pas été capable de se sauver lui-même de son cancer de la prostate ? Le proverbe des cordonniers les plus mal chaussés, c'est vraiment une affliction pour l'intelligence, ou pour parler vulgaire, c'est se moquer du monde; au même jeu de la bourse ou la vie, mon urologue (sans être l'élu des Dieux, ni perdre son temps à se représenter en guérisseur de malades sur les réseaux à grand renfort d'I.A et à boucher le détroit d'Ormuz avec un porte-avion en le prenant pour une sardine dans le port de Marseille) m'a sauvé la vie, ce qui fait que j'aurais maintenant tendance à prendre sa vessie pour une lanterne, alors qu'objectivement, il joue du scalpel beaucoup mieux que de la guitare.

Frank Zappa guérissant les malades et convertissant les rappeurs au jazz-rock
(photo prise à Nazareth-tes-conneries par Simon le Zélote au 50mm f/1.8) 

Et puis honnêtement, Frank Zappa a fait à la musique rock ce que Picasso avait fait à la peinture, ce que Stéphane Rosse a fait plus tard à Picasso, et ce que Jean Lurçat a fini par faire à la tapisserie. (éviter les comparaisons dégradantes avec les dirigeants des pays actuellement en train de se chicaner au Proche-Orient, (faisant se pâmer d'aise les déclinistes, les marchands de journaux, les humanophobes et les pompistes) et qui prétendent se faire prochainement ce que les Américains ont fait au peuple japonais en 45 du siècle précédent.) Après quoi la musique rock est rentrée chez sa mère toute décoiffée, avec sa culotte remontée de traviole sous sa robe pleine de traces de doigts peinture. Et elle ne s'en est jamais vraiment remise. La peinture, elle, à peu près dans le même état de stress post-traumatique, est allée se faire rhabiller par Lutin Bleu.

ce que Stéphane Rosse a fait à Picasso
Donc franchement, Frank Zappa comme Sauveur, je le sens pas. Il vaut mieux tenter de se sauver soi-même, ou reconnaitre humblement que c'est au-dessus de nos forces, ce qui nous rapproche d'une vérité sur nous-mêmes. Pourtant, en vieillissant, j'ai bien peur de devenir un peu zappaïen. Ca craint du boudin :les zappaïens ne peuvent plus rien écouter d'autre que leur versatile idole, qui devient leur obsession majeure lors des diners en ville où ils ne sont plus invités depuis longtemps parce que tout le monde est passé à autre chose. Ils se retrouvent à hanter des bars glauques en compagnie de professeurs de lettres s'étant eux-même décernés une médaille d'or en philologie pour faire leur intéressant, qui ont fini par adhérer à l’histoire qu’ils avaient créée. Quand vous présentez quelque chose à votre cerveau tous les jours en lui disant “c’est réel”, vous finissez par croire à votre mensonge. 


Un illustre imbécile du XXIe siècle qui, ayant dit à son cerveau "c'est réel",
a fini par croire à ses mensonges. L'Histoire n'a pas retenu son nom.


ce que ses héritiers ont fait à Zappa : 
le packaging du coffret.
D'autant plus que "Halloween 78" sonne parfois comme un groupe de balloche, la musique du divin moustachu virant vers un rock parodique à mon avis moins inspiré dans ces années-là (période Sheik Yerbouti et Joe's Garage). Mais peut-être que je pense ça pour me retenir de devenir totalement zappaïen (païen !) et ne pas accepter Frank Zappa dans ma vie, lui qui a pourtant tant fait pour moiJe dois me sentir au dessus du lot, avec ceux qui croivent que la vraie grâce, c'est de la refuser, ceux qui prient Notre-Dame des Motherfuckers, et uniquement quand ils ont des besoins, pas quand ça va bien. Hum.


deux articles informatifs pour célébrer la sortie du très Saint Disque : 

Merci à Donald
pour l'inspiration de ce billet.
Grâce à lui, c'est un peu
Halloween 78 tous les jours.
Oui, la Super Deluxe Edition
en 5 CD, mais en vrai.
https://www.zappa.com/frank-zappas-spooktacular-annual-holiday-tradition-lives-on-with-halloween-78-box-set-now-unmasked-in-a-devilishly-cool-new-super-deluxe-edition/#/

https://theseconddisc.com/2025/10/28/review-frank-zappa-halloween-78/

Le lien vers le gigapack en mp3

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZn1FvZh7DJNnj00QFXL0zwCSgRKR1AhQgV

 

jeudi 9 avril 2026

Imago - Aujourd'hui c'est déjà demain (1980)

Qui était Imago ? 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2011/05/13/nom-de-code-geronimo-une-chanson-d-imago_1521559_3246.html

https://www.rockmadeinfrance.com/encyclo/imago/2191/

http://francerock70.centerblog.net/1314-imago

Où sont enterrés les disques d'Imago sur la tombe à Warsen ?

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2009/02/imago-folle-avoine-1977.html

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2014/05/repost-imago-portraits-1977.html

https://jesuisunetombe.blogspot.com/2009/03/imago-derriere-le-rideau-1978.html

Aujourd'hui c'est déjà demain :

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZnv1vZeSHCHaQKEefGfR6P4GS2IHJWpFK7

la discographie :

Voici les questions auxquelles ce disque ne répond pas :
- pourquoi les chanteurs gauchistes des années 70 ont-ils disparu sans se reproduire, nous contraignant à réécouter leurs vieux disques ?
- pourquoi toutes les chansons anti-guerre chantées par les chanteurs gauchistes des années 70 n'ont-elle servi à rien, vu comment les marchands de canons prospèrent dans ce aujourd'hui qui était jadis le demain d'hier, alors qu'il était si agréable et impliquant de les écouter ?
il n'existe pas de wiki consacré à Imago, mais j'ai trouvé un facebook du groupe, c'est dommage que je sois à la campagne et que je ne puisse pas recevoir facebook.
Je ne peux pas décemment prétendre que c'est parce que je chie sur Meta et Zuckerberg (en plus ça pourrait passer pour de l'antisémitisme, surtout si vous prononcez Zuckerberg comme Epstein) alors que je tolère WhatsApp dans mon téléphone. Faut rester cohérent, surtout quand on a écouté les chanteurs gauchistes des années 70 quand on était petit.

jeudi 2 avril 2026

Frank Zappa : One size fits all [50th Anniversary Deluxe Edition] (2025)

(en direct de notre envoyé spécial permanent
dans le passé)
Après avoir dit du mal des gens 
qui écoutent le même disque depuis 50 ans, j'écoute l'édition du 50ème anniversaire du disque "One Size fits all" de Frank Zappa. 
Elle est rudement bath. C'est du jazz-rock joyeux, poétique et exubérant (contrairement au jazz-rock cérébral et constipé, dont je dirai du mal une autre fois avant d'en écouter) composé avec rigueur, et dont le fils du maître a retrouvé les bandes dans la cave de papa, celle qu'on voit au début du film Zappa-le-film.

Une présentation luxueuse, déconstruite et trifidée de cette édition Deluxe :

https://www.donlope.net/fz/lyrics/One_Size_Fits_All_50th_Anniversary.html

https://www.zappa.com/frank-zappas-groundbreaking-1975-album-one-size-fits-all-gets-resized-re-upholstered-and-remastered-for-50th-anniversary/#/ 

https://immersiveaudioalbum.com/frank-zappa-the-mothers-one-size-fits-all-5-1-surround-dolby-atmos/

 18 pages de forum sur le même sujet :

https://forums.stevehoffman.tv/threads/frank-zappa-one-size-fits-all-50th-anniversary-release.1229886/

plein de films de Zappa que je n'ai pas encore regardés :

https://www.zappa.com/movie/#/

Jean Lurçat faisant tapisserie lors d'un solo de Frank Zappa

En résumé,

1/ si on secoue la boule de la Sainte Vierge, ça fait de la neige.

2/ L'édition Deluxe, compressée en mp3 ci-dessous, sauf le Blouray parce que ça rentrait pas dans le devis, qui donne envie d'acheter le coffret sous le manteau (les commentaires du somptueux livret inclus dans la compression racontent la genèse de chaque titre)

https://e.pcloud.link/publink/show?code=XZ8HRGZn5JTT5MBP2Rc98Yz5V23B4LPh7AV

3/ si on tape le hacheutague "Frankie le petiti livreur de pizzas soniques" dans le moteur de recherche interne de ce blog situé en haut à gauche de votre écran, on obtient plein d'articles sur d'autres disques de Frank Zappa, ainsi qu'une coquille ("petiti" au lieu de "petit") qu'il est bien tard pour corriger.

vendredi 13 mars 2026

Bernadettes sous Beyrouth

pas moyen de retrouver 
le visuel d'époque, 
réalisé par l'agence TBWA,
dans mes vieux Métal Hurlant.
En 1985, le disque Tam Tam Pour L'Éthiopie est enregistré, sous l’impulsion de Manu Dibango, pour lever des fonds pendant la grande famine en Éthiopie de 1984-1985. Le slogan publicitaire est bien pensé par les gars du marketing, puisque je m'en rappelle encore : « L’Éthiopie meurt, vous lui devez 46 francs » (c'était approximativement le prix public d’un maxi 45-tours à l’époque). Evidemment, dès que c'est morbide, ça retient mon attention. C'est pas la peine que je m'excite, la mort viendra quand ça sera l'heure. Tam-Tam pour l'Éthiopie s'est vendu à 100 000 exemplaires (38 000 45 tours, 62 000 maxi-45 tours), un meilleur score que le Band Aid en France, la meilleure performance établie par un groupe africain à l'époque. 

Qui produira en 2026 une compilation d'artistes libanais, eux qui meurent sous les bombes, et qu'on retrouve déchiquetés avec leurs fans et des bouts d'os du service d'ordre sous les gravats ? J'y songe, mais j'ai les mains prises. Et puis je ne parle pas le levantin couramment. Néanmoins, grâce à Internet, on peut soutenir les artistes directement, sans engraisser la mafia libanaise des producteurs de musique moyen-orientale, sur lesquels les pires clichés ethniques et sociétaux peuvent être engendrés d'un simple clic grâce aux IA génératives. 

- Ainsi, le dernier album de Yasmine Hamdan, une artiste issue de l'underground beyrouthin, est très gracieux, et plein d'une mélancolie sourde, mais pas muette. Si je lui en envoyais, je ne pense pas qu'elle donnerait ses sous au Hezbollah. Je ne sais même pas si elle est encore en vie. Si elle est vraiment dans l'underground, elle augmente ses chances, car les souterrains de l'underground beyrouthin sont aujourd'hui plus fréquentés que les voies sur berges, vu qu'en surface, c'est Beyrouth, justement, comme on disait avant-guerre à Téhéran.


- Zeid Hamdan est un producteur de musique libanais qui a travaillé avec tous les artistes qui comptent dans la région. Il est réputé « pape de la musique underground au Moyen-Orient », même par Mélenchon. Très beau morceau issu d'un florilège pour la Palestine.



- Bedouin Burger  est né de la rencontre entre la chanteuse syrienne Lynn Adib et de Zeid Hamdan dans les souterrains du paragraphe précédent. Si j'avais le nobliau rennais Jean De La Technique à mes côtés, je chiaderais plus mon rédactionnel, mais je préfère rester concentré sur les musiques.



Je galère un peu à trouver les disques de ce duo magique, et ça me ferait suer de les pirater, vous inquiétez pas, j'ai confiance dans mes équipes, on va trouver.
Dans cette attente, comment chanter et enregistrer sous les bombes, sans parler d' organiser des concerts ? Cette question fera l'objet d'un prochain tutoriel, qui sera traduit en arabe par une IA de classe 3. La guerre, c'est bruyant, sale et stressant, et en plus on peut se blesser avec des éclats de miliciens tombés du plafond.  
Cette semaine, à Beyrouth, Israël a visé Ramlet El-Baïda, une plage publique où des personnes déplacées dorment à la belle étoile depuis le déclenchement du conflit.
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/12/au-liban-de-nouvelles-frappes-israeliennes-sur-beyrouth-apres-une-attaque-conjointe-du-hezbollah-et-de-l-iran_6670688_3210.html?
Depuis, ma poule rousse dort elle aussi à la belle étoile, par solidarité.
Elle refuse de rejoindre sa copine la poule noire dans la mezzanine du poulailler, elle dit qu'elle se fout du renard. Jamais vu ça. A chaque élection, ces animaux deviennent assez erratiques, ça m'apprendra à leur faire écouter des podcasts de LFI sur mein bandcampf quand je fais du jardin.

Handicap international m'a envoyé ce courrier pour solliciter un soutien supplémentaire en ces jours sombres. C'est comme ça que j'ai découvert qu'il y avait eu un pépin sur le parking de mon petit garagiste libanais, où j'avais garé ma C4 en me disant que j'allais contribuer à l'effort de paix en la faisant réparer chez lui, il m'a appelé en évoquant d'un air embêté une embrouille avec le missile balistique qui représentera Israël à l’Eurovision pour y ratatiner toutes ces Bernadettes sous Beyrouth au concours musical
Je n'ose pas pousser le bouchon jusqu'à demander à Yasmine Hamdan d'en faire une chanson.

Merci à Raphaël F. pour l'inspiration.

dimanche 1 mars 2026

Méthodes éprouvées pour lutter contre la montée du fascimse

 


Interrogée hier soir à Saint-Nazaire en marge d'une manif contre la montée de l'extrême droite, cette jeune personne semble confondre l'Histoire et les histoires, le Réel et l'imaginaire. L'important, c'est qu'elle prend résolument appui sur la fiction pour décréter l'urgence de refonder la communauté humaine. Sa confusion, simulée ou non, est-elle naïve ? son intuition profondément émouvante ? Au moins, elle fait mentir Wim Wenders quand il disait à la Berlinale que les artistes doivent rester en dehors de la politique. L'homme ne crée que ce qu'il imagine. On va rapidement savoir si nos rêves nous sauvent de l'autodestruction, qui semble programmée dans nos gènes de primates. 

jeudi 12 février 2026

[Compilation] : choses entendues dans Better call Saul (saisons 1 à 6)

Un amateur éclairé a créé dans Spôtifaille une plaie-liste qui reprend toutes les musiques qu'il a entendues dans les 6 saisons de la série Better call Saul, série que j'ai commencé à regarder après avoir succombé aux charmes de Pluribus, en me disant que Vince Gillingham pouvait désormais tout me faire (sauf caca dessus). 
Comme si je postulais que Better call Saul aie été une prémisse forcément réussie de Pluribus, que j'avais zappée à l'époque de sa diffusion, parce que je voulais que le silence qui suive Breaking bad soit toujours du Breaking bad. Pardon, cher journal, de m'épancher ainsi sur ton épaule de mes affres de téléspectateur. Heureusement que tu es là pour ça.


la plaie-liste originale sur laquelle tu peux cliquer, surtout si tu as un compte Spotify.

La plaie-liste de Better call Saul comporte 213 morceaux, et dure 14 heures; il y a des guitares psyché, du blues, du jazz des années 40, du jerk et du cha-cha, des groupes vocaux comme les Ink Spots, qui ignoraient être racisés, du rock blanc comme Little Barrie qui doit beaucoup à Stevie Ray Vaughan qui doit beaucoup aux Noirs bien qu'il soit mort d'autre chose, un soupçon de folklore western, du connu, du farfelu et des pépites. Je l'ai écoutée en remplissant ma demande de retraite progressive auprès de la Carsat, et c'est pas facile de faire deux choses à la fois quand on prétend être un homme, même sans prostate. J'en ai extrait grâce à spotifymate une grosse trentaine de morceaux qui me plaisent bien. Vous les trouverez ci-dessous. Il y a même un morceau mystère et surnuméraire qui ne fait pas partie de la bande-son mais qui pourrait, et que vous retrouverez aisément en réécoutant le florilège original de 213 morceaux sur Spotify, gaiement haché de publicités intempestives mais il faut bien vivre. Ca sera toujours mieux que d'aller s'encanailler devant la 11e édition de La Nuit de la Déprime aux Folies Bergère avec Raphaël Mezrahi, Jean-Félix Lalanne et Catherine Ringer (qui a encore une belle voix quand elle reprend Barbara).

le fac-similé de la plaie-liste, avec tous les boutons qui donnent envie de cliquer partout
et de se perdre sur Spotify comme sur un champ de bataille 
où l'on aurait déjà tout perdu même la bataille alors ça serait pas la peine d'y aller.
Même si les généraux nous y contraignent.


Au passage, en tant que cyberplouc, je suis surpris par la richesse du catalogue de Spotify, par la qualité de la présentation des artistes et des œuvres, par l'immédiateté des réponses aux requêtes, par l'abime vertigineux qui s'ouvre sous ces « étagères infinies », c’est à dire l’immensité de catalogues de contenus dans lesquels on passe davantage de temps à choisir quoi écouter plutôt qu’à simplement … écouter. Quel dommage que la plateforme ne rémunère pas les artistes correctement; c'est pas de chance, et un vrai manque de classe.



Quand j'aurai fini les 6 saisons de Better call Saul, j'ai bien peur de vouloir revoir Breaking Bad, dont elle constitue une épopée préliminaire, bien que les acteurs y paraissent plus âgés, vu qu'elle a été tournée après, et que de de ce côté-ci de la réalité, la machine à laver le temps ne le remonte que dans un seul sens : celui qui descend.


Ma sélection, partiale et partielle.


  

jeudi 5 février 2026

IT : Bienvenue à Derry (2025)

Le mieux dans la série "IT : Welcome to Derry", c'est son générique. Il recycle avec malice l'imagerie amerloque des années 40-50, recyclage désormais symptomatique de la crampe culturelle (qui tourne à la tétanie, mère du tétanos) autour de "l'âge d'or" de la civilisation américaine, qui devient d'autant plus mythique qu'on s'en éloigne, dans le temps, dans l'espace et dans l'esprit. 

Pour le reste, je me suis un peu fait enfler par la critique du site Ecran large, souvent avisé dans l'évaluation du cinéma de genre, mais là, bof bof, j'ai regardé 5 épisodes en 2 jours et après je n'y suis plus revenu, c'est tombé de moi comme un vieux paletot usagé en attaquant Better call Saul, série pourtant ardue, pour d'autres raisons. Je me rappelle avoir éprouvé une pétoche singulière en lisant le livre "Ca" de Stephen King, mais la littérature de trouille a cet avantage sur le cinéma, c'est qu'on peut dire sans montrer, alors que dès qu'on montre, le danger est objectivé et l'adrénaline redescend.

jeudi 22 janvier 2026

La Trabant – Mécanique Musicale (2000)


Elevés dans le giron de Philippe Decouflé, chorégraphe pour lequel ils écrivirent la musique des spectacles "Decodex" et "Shazam", Sébastian Libolt (ex-VRP) et Yannick Jory ont décidé de se mettre à leur compte. Leur petite entreprise, renforcée d'un batteur habituellement rattaché au Bachibouzouk Band d'Arthur H et d'un accordéoniste souvent croisé avec Les Pires, se nomme La Trabant. Sous cette appellation, le quatuor présente Mécanique musicale, première tentative à l'atmosphère décalée dont l'ami Decouflé ne pourra qu'être jaloux. En effet, le même univers poétique éclate en petits morceaux de collages sonores, de ritournelles entêtantes et de samples enchanteurs. Les expérimentations disparates de La Trabant, simples et sophistiquées à la fois, ressemblent à des fantasmagories. Et dans ce monde d'illusions, ces magiciens musiciens font tables d'hôtes : de nombreux invités s'y pressent dont Belle du Berry, chanteuse de Paris Combo. Mécanique musicale, c'est le voyage de La Trabant au pays des merveilles. 
-Sabrina Silamo

[EDIT] : il me semblait avoir déposé ici un lien vers le disque. Ah, les tchoureurs ! Je réédite l'article avec le lien. Une musique qui ne flatte ni la mélancolie, ni le ressentiment, ces poisons de l'âme, mérite d'être écoutée et réécoutée, en peaufinant sa lettre de résiliation du contrat d'entretien de sa chaudière à gaz, que celle-ci soit métaphorique ou triviale.

dimanche 18 janvier 2026

Comment savoir si un fichier mp3 est vraiment à 320 kbps ?

Youtube et autres sites de streaming (ainsi que les aspirateurs de stream comme SpotifyMate ou 4K Video Downloader, voire des abominations défectueuses comme Macsome Spotify Downloaderproposent de télécharger les flux audio sous forme de fichiers mp3, dont l'échantillonnage reste sujet à caution.
Comment savoir si un fichier mp3 est vraiment à 320 kbps ? hein ?
j'ai trouvé la réponse ici, sous la forme d'un outil pour l'analyse et l'affichage du spectrogramme de fichiers audio :


Utilise Spek pour ça https://www.spek.cc/p/download

Charge un fichier. Regarde-le. Où est-ce que ça coupe ?

Fichier MP3, débit binaire 64 kbps. Coupure à 11kHz.
           
Fichier MP3, débit binaire 128 kbps. Coupure à 16 kHz.

Fichier MP3, débit binaire 192 kbps. Coupure à 19 kHz.

Fichier MP3, débit binaire 320 kbps. Coupure à 20 kHz.


du vrai 320 kbps

fichier affiché à 192,  mais encodé à 128 en vrai
(dans la Réalité Réelle Ratée).

Bien sûr, le mieux c'est d'écouter du non-compressé, et d'éviter de poster des articles de geek. Mais des fois, ce n'est pas possible.

mercredi 31 décembre 2025

Le petit Steve Roach illustré : Une année 2025

The Reverent Sky (2025)

Des notes de piano maigrelettes et anomiques, délicatement réverbérées, étirées jusqu'à plus soif et au-delà. Apaisement et sérénité garantis sur facture, sauf si vous êtes agacés en intuitant (et demi) que Steve a déjà enregistré cette séquence ralentie un nombre incalculable de fois sur un nombre de disques innombrable, dont la tentative d'énumération conduirait à la sédation profonde bien avant son terme, car l'éternité c'est très long, surtout mise en musique par Steve.
Plus tard, un peu de drone rythmique posé sur des nappes à la fois anxiogènes et soporifiques (aah ! écouter ça en inhalant de l'éther sur un vieux chiffon pas très propre ! hélas, c'est depuis longtemps impossible sans ordonnance) et retour du Grand Sommeil azuré. Puis le bedeau qui joue avec deux doigts revient au piano dans la cave de l'église déserte, hésitant à jouer plus d'une note à la fois, pour ne pas ébranler le clocher, depuis lequel l'esprit souffle où il veut, mais pas sur ce disque, ou alors j'en ai trop pris. Même pour les fans hardcore, c'est Voyage au bout de l'ennui.

1/5


The Live Story (2025)

par Steve Roach & Vidna Obmana

Cet opus possède beaucoup de qualités qui font défaut aux productions récentes du Maitre : mystérieux, sépulcral, hanté de didgeridoos lovecraftiens et de percussions tribales, on a l'impression de retrouver le filon des années 90. C'est normal, puisque c'est l'intégrale des concerts donnés par Steve R. et Vidna O. entre 1997 et 2000, soit 4 dates entre Europe et USA. Un sommet de l'ambient tribal : plus de 7 heures de concert. Méchamment spectral.

4/5


Portals and Spirals - Limited Edition (2025)

Première pièce très séquentielle, dont le titre "Far places" renvoie à la difficulté du chemin quand il s'agit de revenir au Klaus Schulze de gauche en étant parti par la droite. Pas désagréable, et ça peut aussi illustrer un clip de présentation de votre simulation de cuisine en 3D lors de votre rendez-vous chez Mobalpa.
Seconde pièce à vocation cosmique, puis l'invasion des séquencers la rend à son tour très séquentielle aussi; évoquerons-nous la difficulté de revenir au Klaus Schulze de droite en étant reparti par la gauche, ou à prier pour que Steve Roach n'intervienne pas dans le soundtrack de la seconde saison de Pluribus, je ne le souhaite pas. On éprouve un étrange sentiment de déjà vu, qu'on avait déjà ressenti jadis, en se disant que c'était pas la première fois. C'est dommage, il y avait un tirage limité en vinyle avec une jolie pochette, ben y'en a plus, on a tout vendu. Le CD aussi. Même les copies numériques sont en rupture de stock.

2/5

Curandero (2025)

par Steve Roach & SoRIAH

Steve Roach veut souvent nous soigner d'une maladie dont nous nous ignorions porteurs, je ne sais pas si elle se confond avec la société occidentale dans son ensemble, auquel cas ça m'étonnerait que ça se soigne en écoutant des disques, mais des fois, après avoir écouté le remède sonore proposé, c'est pire qu'avant.
Il s'associe ici avec un mongol péruvien né et élevé en Californie, si j'ai bien compris son wiki, ils s'auto-canonisent mutuellement eux_mêmes "artistes estimés dans le domaine du chamanisme sonore" et produisent un gloubi-boulga cosmique strié de chant diphonique, de gongs, et de marées de vagues que les rochers dépassent à marée basse. 
Mais parviendra-t-on à être aussi malaisant que, au hasard, le feuilleton télévisé The Curse ? ou que "The Ancestor Circle (2014)" le disque commis par Steve avec l'inca (de conscience) Jorge Reyes ? A mon avis, non. Mais je n'ai peut-être pas pris assez de mescaline. Faut dire qu'avec le lithium, c'est assez déconseillé, même par Mélenchon.

1/5


Drift into Here (2025)

Pour le solstice d'hiver, Steve déstocke une pièce de 30 minutes (pour lui, c'est l'équivalent d'un 45 tours !) précédemment réservée à son premier cercle d'adorateurs abonnés à son flux Bandcamp Premioume©. Pièce dont il précise qu'elle fut enregistrée live mais sans public, au temps du Covid, qui finira par nous paraitre "le bon vieux temps" dès l'apparition de la prochaine vérole cosmique. Assez plaisant, et harmonieux sans être mièvre. Idéal pour s'imaginer vivre en paix sur une planète gérée en bonne intelligence avec le vivant, au lieu d'entrer dans 2026 avec une agressivité décuplée par la lecture de la presse internationale et la fréquentation des réseaux sociaux.

4/5

dimanche 28 décembre 2025

Frank Zappa - Cheaper Than Cheep (2025)

Les gars du marketing ont décidé qu'il fallait célébrer les 50 ans du Physical Graffiti de Led Zeppelin. En rachetant un EP de 4 titres inédits. Puis celui des 50 ans du Wish You Were Here de Pink Floyd. En rachetant un album entier de chutes de studio.
Ca peut durer un moment : s'il faut nous réjouir de tous les disques qu'on écoute depuis un-demi siècle en nous laissant enfler par l'industrie musicale qui veut nous faire dépenser nos sous en nous expliquant qu'on a raison d'écouter les mêmes rengaines depuis 50 ans, ça va vite ressembler à une campagne d'autopromotion de france 3. 

50 ans que vous êtes au bon endroit ? Dans les faits, ça dit surtout 
que ça fait 50 ans que vous êtes au même endroit.
La vie étant mouvement, l'immobilisme nuit gravement à la santé.

Pas de risque que ça nous arrive avec Frank Zappa, qui n'a jamais campé deux fois au même endroit. Un peu moins prolifique depuis sa mort, il parvient encore et toujours à nous enchanter, de loin en loin. Cheaper Than Cheep est un concert inédit enregistré le 21 juin 1974 lors d'une répétition à Hollywood. Ce spectacle, initialement prévu pour une diffusion télévisée, n'avait jamais été publié en raison de problèmes techniques et d'une grève des techniciens de la SFP qui s'avéra particulièrement longue et dure. Il est finalement sorti le 16 mai 2025. 
On trouve le disque sur les plateformes spécialisées, et le film du concert sur Youtube.
La liste des titres est là
C'est épatant, surtout qu'il nous arrive avec 51 ans de décalage horaire, comme la lumière de ces étoiles mortes depuis belle lurette, sans parler de gai-luron.

mercredi 24 décembre 2025

[Compilation] : Prostaglandine & volailles festives (2025)

Je me suis pas fait suer pour rendre
la couverture réaliste, je préfère 
me concentrer sur la rédaction

Chaque année à la même heure, on me sonne les cloches, car je suis né un 25 décembre, un peu après minuit du soir. C'était pas pour faire le malin, c’est comme ça, je n'y peux rien, et mes parents encore moins. La blague avait été amorcée 9 mois plus tôt, à l'insu de leur plein gré. Comme il est dit dans "Comment zigouiller papa dans l'esprit de Noël et sans laisser de traces d'ADN ", remarquable ouvrage de bricolage rédigé par un admirateur du Professeur Choron :

"La personne toxique, qui vous hypnotise, réagit de façon totalement inconsciente. Elle ne fait que répéter les comportements transmis par sa famille d’origine. Ses comportements et/ou sa psychopathie, sont donc transgénérationnels."

 



Mes parents, qui vivaient dans l’opulence désormais obscène des trente glorieuses mais qui avaient attrapé le communisme par la conscience de classe transmise sous la contrainte par la génération précédente, ne pouvaient décemment pas me baptiser Jésus, au sortir de la cheminée utérine. Ni laisser les Rois Mages me couvrir de présents (myrrhe, encens, prostaglandine), eu égard à la tradition bouffe-curé qui régnait dans la famille athée et même mécréante jusqu'au blasphème.




Les Rois mages, c'est plus ce que c’était :
Alors qu'ils s'apprêtaient à venir couvrir le petit Jésus de coffrets smartbox et d'abonnements à Canal +, Pierre-Édouard Stérin, Vincent Bolloré et Bernard Arnault ont été retenus au commissariat suite à un signalement pour harcèlement (ils voulaient profiter de leur visite pour convaincre le p'tit Jésus que la solution à deux Etats, pour la Palestine, c'était pas possible)
Sur le bas-relief ci-contre, on peut admirer Pierre-Édouard Stérin s'apprêtant à faire subir au p'tit Jésus des choses indicibles, en réponse aux frappes du Hamas

(attention, cette image n'est pas générée par Open AI, mais par Frank Quitely)





Cette année, les Rois mages, retenus dans les bouchons à la sortie du commissariat de Bethléem, ont donc été remplacés au pied levé par les Reines magesses, ma foi je ne me plaindrai pas de cette victoire tardive sur le sexisme et le patriarcat, le changement c'est maintenant, comme disait Hollande en 2012. Elles ne sont pas désagréables à regarder, c'est dommage qu'elles soient générées par I.A, et qu'elles mettent prochainement au chômage tous ces acteurs pornos qui n'auront bientôt plus rien à se mettre de quoi mettre leurs boules dans le sapin ni nourrir leurs enfants. 


Je rêvais qu'elles m'apportent une prostate neuve, mais elles sont un peu filoutes, elles m'ont dit se prénommer Ribouldingue, Croquignole et Filocharde, et m'ont juste refilé (en échange de ma carte bleue Premioume® accompagnée de son code secret) une compilation des meilleurs moments de 2025 que j'avais déjà, vu que c'est moi que je l'avais faite, et que je voulais la publier sur mon blog comme antidote à la reprise antisémite de "Couleur menthe à l'eau" d'Eddy Mitchell, et aussi pour contrer les effets délétères de mon florilège de Noël 2021.
Bon, allez, j'ai fait mes 50 lignes de blasphème, c'est bon, j'ai le droit de réécouter mon disque d'anniversaire.


Ambiance garantie pendant le réveillon, même sans parler de Gaza à table.