mercredi 20 mai 2026

Tutoriel : comment faire disparaître un corps

Après nous être infligés, à moi et à mon infortunée compagne, les 6 saisons de 10 épisodes de la série "Better call Saul", sauf la saison 6 qui en compte 13, en nous disant que ça allait bien finir par déboucher sur quelque chose de nutritif, nous fumes bien déçusC'est finalement le portrait complaisant et alambiqué d'un homme extrêmement désagréable et perturbé, pour des raisons de croissance morale contrariée, qui n'apporte pas grand chose à ma vie intérieure, en tout cas moins que quand c'est mon psychiatre qui m'explique comment ma croissance morale a été contrariée. 
Mais ma vie n'est pas une série télé cotée 5 étoiles sur allociné. 
Aucun showrunner ne m'a encore proposé de scénariser ma life, meufs. Et il se fait tard.
Et le dernier programme malaisant qui m'avait fait forte impression c'était The Curse, et c'est dur à battre. Peut-être que j'aurais mieux fait de regarder "From Gaza with love" sur Youtube, chaudement recommandé par Télérama. Ah ça, pour faire disparaitre des corps sur je suis une tombe, ils s'y entendent.

Les Warsen se faisant suer à cent sous de l'heure
depuis que l'Arcom leur a coupé Yggtorrent
après les 6 saisons de Better call Saul
(image ©Stéphane Rosse D.R.)
Dans "Better call Saul", tournée postérieurement mais censée se dérouler avant les évènements de Breaking Bad, les figures secondaires sont plus intéressantes que la principale. Mais rien n'aboutit à quoi que ce soit de satisfaisant. J'avais lancé la série pour de mauvaises raisons : revoir Rhea Seehorn, après sa prestation dans Pluribus. Ici, elle n'est pas souvent crédible, car aucune femme ne peut accepter de partager son existence avec un type aussi torturé par ses mauvais penchants que Jimmy McGill, surtout qu'elle n'est pas sous emprise, et qu'il est loin d'avoir le charisme de Patrick Bruel

Mes chers compatriotes, n'écoutez pas ceux qui vous disent de me regarder.
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/better-call-saul-saison-6/

Mike Ehrmantraut, Michael McKean, Michael Mando et Howard Hamlin composent eux aussi des portraits complexes, ce dernier accédant à une sorte de lucidité cosmique sanctionnée par un sort bien injuste, mais la vie sérielle n'est pas une méritocratie. Giancarlo Esposito incarne son mystérieux personnage de Gus Fring, narco-trafiquant prince de l'élégance, aussi impassible, avec son visage sans âge, que dans Breaking Bad, alors que l'acteur est plus vieux au moment du tournage du spin-off du prequel (on va y arriver.) 
Par voie de conséquence, je reprends Breaking Bad depuis le début. On relit bien parfois des romans qu'on a aimés, on revoit des films admirés... quand il s'agit de séries, faut trouver le temps, avec la profusion de l'offre actuelle des télé connectées... rien que sur Arte.tv, y'a de quoi vivre plusieurs existences de téléspectateur (la télé m'endort, donc c'est deux heures par soir maximum).
Dès le début de Breaking Bad la supériorité sérielle de la Fiction Mère s'impose à nouveau. Et dès le second épisode de la saison 1, la question "comment faire disparaître un corps ?" (qui se pose aussi dans Better call Saul mais moins souvent) est résolue, de façon imparfaite mais stimulante. Un youtubeur compétent s'est récemment penché sur le problème à un corps, avec une approche encyclopédiste :


La façon dont Ego explore le postulat dans ce petit tutoriel est radicale, même si elle nécessite beaucoup d'énergie, qui pourrait être plus intelligemment utilisée, pour atténuer l'empreinte carbone des guerres en cours au Proche Orient et en Ukraine, par exemple.

le point de vue du Dr Manhattan
rejoint celui d'Ego avec 40 ans d'avance
car les Watchmen ont 40 ans cette année.
Les vidéos d'Ego sont hypnotiques, gavées d'infos, les animations sont brillantes, réalisées sans recours à l'IA générative pour "stimuler et préserver la créativité humaine" et même s'il frôle parfois le blabla pyrotechnique à la gloire de sa propre sapience, on apprend et on est ébaubi.

pour aller plus loin : 


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