mardi 2 juin 2020

[Repost] - Minimal Compact - Deadly Weapons (1984, Reissue 2003)

dimanche 11 janvier 2015

L'épouvante est un remède honorable à la mélancolie.



Dehors, il fait un temps à écouter ça.
Dedans, pas mieux.
Comment résumer cet album ?
Trois options :

1/ Erudition :
Rappelons aux plus jeunes que le groupe était constitué d'Israéliens émigrés en Belgique, mis à part le batteur qui était hollandais. Il est donc parfaitement logique qu'influences orientales et occidentales s'y mêlent. La musique de Minimal Compact pourrait en effet être décrite comme un mélange de cold wave et de musique orientale, comme le fruit des amours de Joy Division et d'Oum Kalsoum...

2/ Pertinence et impertinence :
Laconique commentaire d'un auditeur inspiré sur le forum Guts of Darkness, qui n'était pas d'accord (moi non plus) avec sa critique tiédasse :
Moyen Orient + Belgique 80's + cold wave = boucherie (casher, mais boucherie quand même).

3/ A la Warsen :
Un long cauchemar éveillé, traversé de lamentations, de cris de rage, d'un désespoir ontologique, suintant et mortifère, que rien ne viendra adoucir dans un crépuscule musical permanent, illustration sonore magnifique et glaçante de ma blague préférée de Salman Rushdie dans les Versets Sataniques : "Le monde est l'endroit dont nous prouvons la réalité en y mourant".

Bon, faut dire aussi que quelques joyeux lurons de Tuxedomoon étaient venus leur prêter main-forte.

Pistes préférées : (on s'en cogne la teub contre le mur des lamentations)
The Well
There's Always Now
Nada
Not Knowing
Burnt-Out Hotel

Enjoy !



Pour détendre un peu l'atmosphère plombée, car après tout c'est dimanche et les cyber-forçats ont bien le droit de s'amuser un peu, vous pouvez toujours méditer sur le fait que je sois bêtement content d'avoir retrouvé hier soir sur le forum du cafard cosmique cette citation définitive (j'adore les citations définitives) sur le téléchargement illégal : quand tu aimes la musique sans la payer, c'est comme si tu allais aux putes, tu t'amuses bien, et au moment de payer tu t'enfuis en sautillant, le pantalons sur les chevilles, parce que les macs c'est vraiment des connards.

Donc rien ne doit vous interdire d'acquérir cet album sur Itunes s'il vous a complu, poualokü.

mardi 2 juin 2020

rien n'a vraiment changé
sauf que
plutôt que d'acheter ce somptueux album de Minimal Compact avant de se tirer une balle, ce qui est une façon radicale de guérir la dépression post-Covid, autant l'écouter gratuitement sur bandcamp.
https://minimal-compact.bandcamp.com/album/deadly-weapons

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule Warsen.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.

mercredi 27 mai 2020

Sonar - The Bill Laswell Mix Translations (2018)

Que Bill Laswell soit un stakhanoviste du dub capable de s'impliquer dans trente-douze projets à la fois et de sortir quelques vingtaines d'albums par an, ça tout le monde le sait, la cause est entendue depuis Gai-luron et Belle Lurette.
Mais qu'il soit encore capable à son âge de faire sonner un quatuor de jazzrock suisse comme si c'était la reformation de King Crimson dans son incarnation des années 2000, j'avoue que je suis impressionné par le bonhomme.
Mille putois ! A son âge, y'a longtemps que j'aurai besoin d'un bâtonnet d'esquimau dans le zguègue pour mimer une telle verdeur.
Et on pourrait se dire, avec Georges Cloné :
Laswell, what else ?
ben justement, y'a du monde au portillon...
https://billlaswell.bandcamp.com/

lundi 25 mai 2020

Piaf, Fréhel, Various ‎- Ma grand-mère est une rockeuse (1992)


Des groupes issus de la diversité de la scène rock indépendante du début des années 90 revisitent le patrimoine (Piaf, Fréhel) avec une jubilation contagieuse.
Certains titres sont purement hilarants (Bernadette Soubirou Et Ses Apparitions, les Woodentrucks, dignes du meilleur Zappa), d'autres, moins irrévérencieux, apportent la preuve en musique de l'intemporalité de certains aspects de la dramédie humaine.
Pour adultes accompagnés de leurs parents, la crudité des thèmes traités laissant présager des épisodes maniaques.




c'est encodé à 128 kbits parce que l'électrophone de ma grand-mère était bridé à 78 tours.
et tout ça c'est à force d'écouter les podcasts de l'herbe tendre, ça me porte au ciboulot.



jeudi 30 avril 2020

Jean-Dick Macdevieille - Quand t'es dans ton logement (2020)



Débrouillez-vous comme vous voulez, mais je veux le premier million de vues dès la fin de la semaine, pour pouvoir préparer ma retraite plus sereinement que ça n'est le cas actuellement (j'espérais travailler encore quelques années, mais ça n'en prend pas le chemin).

lundi 27 avril 2020

Bob Morane contre le Covid-19

« Si j’écrivais un Bob Morane aujourd’hui, je dirais que le coronavirus est une invention de l’Ombre jaune. Et c’est d’ailleurs une invention de l’Ombre jaune, puisque c’est né en Chine ! »
Monsieur Propre joue les seconds couteaux
dans le roman de gare français des années 60.
Ici contre "Ajax l'Ammoniaquoué" (sic).
C'est pas moi qui le dis, mais Henri Vernes, aujourd'hui âgé de 101 ans, dans le sympathique article que lui consacre un journal en ligne de Montréal sur lequel j'ai atterri en cherchant innocemment à télécharger des pancakes au sirop d'érable.


Henri Vernes a fait un travail extraordinaire pour amener vers la lecture des populations qui en étaient éloignées. Grâce à lui je me sens aujourd'hui résonner comme un temple de bienveillance, c'est donc double ration de gratitude pour tout l'monde, une stratégie gagnant-gagnant. Et les tableaux se raccrochent tout seuls aux murs de la sacristie, comme si on passait la saison 2 de Fleabag à l'envers.





Bob contre les drones d'Anne Hidalgo qui veulent prendre sa température pour voir
s'il ne fait pas d'infection de sa puce RFID qu'on lui a implantée en le vaccinant
à l'insu de son plein gré et qui est maintenant pilotée par l'antenne 5G de la Tour Eiffel
(Henri, si tu m'entends, il faudra trouver un titre moins long)

jeudi 23 avril 2020

David Byrne - The Knee Plays (1984)


J'ai été gentil : je vous ai laissé du temps 
pour digérer chacun des envois précédents 
consacrés à David Byrne et son oeuvre au noir. 
Et bien c'est terminé. No more mister nice guy.


La gentillesse est désormais un luxe hors de portée. 
L'empire de la bienveillance s'est effondré.
La maison ne fait plus crédit.


The CIVIL warS était initialement un projet musical ambitieux d'opéra en six actes inspiré de la Guerre de Sécession mis en scène par Bob Wilson et commandité à six compositeurs de nationalités différentes pour les cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques de 1984. Pour des raisons d'organisation et financières le projet ne put aboutir, et seules trois des six sections furent menées à bien par les compositeurs Philip Glass, David Byrne, Gavin Bryars.
https://en.wikipedia.org/wiki/The_Civil_Wars:_A_Tree_Is_Best_Measured_When_It_Is_Down


Le disque que vous tenez entre vos mains tremblantes mais virtuelles est la contribution de David Byrne à ce spectacle de Bob Wilson, dont nous ignorons à l'heure où nous mettons sous presse (les difficultés à éditer la version papier expliquent que cet article se retrouve souvent encarté au milieu du prochain Télérama) s'il a réellement eu lieu dans un truc un peu mythique qu'on appelait "les années 80" avant la Grande Confinature.
Néanmoins, ayant vécu pendant 35 ans en bonne intelligence avec cet album cuivré et chatoyant sans éprouver le moindre désagrément avant d'entendre parler du spectacle attenant en faisant des recherches pour mettre un peu de salades autour de mon bifteck, je vais tenter de continuer. Je crois que le plus dur est fait.

Des hôtesses vont maintenant passer parmi vous avec un assortiment de boissons et de revues consacrées à l'album, ne les importunez pas, elles ne font que leur boulot :

- une critique élogieuse dans la langue de J'expire :
https://pitchfork.com/reviews/albums/10870-the-knee-plays/

- les lyrics des chansons, pour nos amis fétichistes du signifié parmi lesquels j'ai la fierté de me compter :
http://kneeplays.com/album/tracks/index.shtml#top

- En 1988, David Byrne interprète quelques chansons de la bande-son du spectacle mort-né, devant un parterre d'étudiants arty, chauves d'avoir dû attendre si longtemps pour n'y comprendre que pouic.
https://www.youtube.com/watch?v=zV7HYSVoPoE

- le disque, enrichi de 8 tracks inédites lors de la remasterisation 2007 hyper-collector

https://www.mediafire.com/file/jsglwe9f5ks2jzm/DB_TKP.zip/file

La pochette originale du disque,
beaucoup plus commerciale.

mardi 21 avril 2020

Isobel Waller-Bridge - Fleabag Series Two Soundtrack (2019)

Les soeurs Waller-Bridge : la nouvelle mafia
de la comédie dramatique outre-Manche.
C'est pure légende urbaine que d'attribuer la musique de la saison 1 de Fleabag à Isobel Waller-Bridge. 
Comment pourrait-elle jouer de tous ces instruments à la fois ?
Isobel Waller-Bridge ne signe la musique de la série qu'à partir de la saison 2
Et ce serait une grave erreur de penser que pour avoir le job, elle a couché avec sa soeur Phoebe Waller-Bridge, auteur et personnage central de la série, qui est aussi aux manettes de Killing Eve.
Elle a bien d'autres ressources.
http://download-soundtracks.com/television-soundtracks/fleabag-series-two-soundtrack-by-isobel-waller-bridge/

[Edit]
La saison 2 résonne en mon âme comme un solide antidote spirituel et une émouvante rédemption de la première, que j'avais trouvée un peu vaine avec sa galerie de monstres existentiels, tant cette seconde saison est bâtie sur les ressorts empathiques et suscite (avec quelques effets de manches tels ces apartés face caméra) une connivence avec une force peu commune dans la fiction contemporaine. Je suis délicieusement envoûté, et m'attendais à endurer stoïquement le calvaire du manque jusqu'à la saison 3 l'année prochaine, craignant sans oser l'espérer la saison de trop, mais j'appris tout à l'heure qu'il n'y aura pas de saison 3, qu'on se quitte sur ces points de suspension mélancolique. J'ai envie de fredonner aux protagonistes "on s'est aimés comme on se quitte-euh" de Joe Dassin, mais avec le masque c'est pas terrible, et puis j'ai ma petite fierté.

samedi 18 avril 2020

David Holmes - Killing Eve, Season 1 & 2 (Original Series Soundtrack) (2018)

Pour tous ceux qui trainent dans les officines obscures avec les joggeurs, les poivrots, les livreurs, les promeneurs de chiens, les drogués, les migrants... la saison 3 de Killing Eve démarre. Tan mieuche. Qué sa va nous sanzé dé la pénourie dé pandémie au Soupère Uche. 
David Holmes n'est pas l'arrière-petit fils de Sherlock, dont celui-ci aurait engendré le père avec la mère à Lovecraft l'arrière-grand-mère de Phil Spector. Et pourtant l'inventeur du Wall of sound lui doit beaucoup.

Preuve n°1

Preuve n°2

"les années 60 remixées avec 12 tonnes d'écho, franchement, je vois pas ce que ça peut apporter" (Lemmy "Contamine" Yoursister, un voisin grognon, confiné et sans doute mort depuis plus d'une semaine dans le grand appartement qu'il habitait avec manman.)

vendredi 17 avril 2020

Loren Nerell & Mark Seelig - Cave Dwellers (2018)

Pour proposer un antidote auditif ou un vaccin tardif, voire la pilule du lendemain, agissant dès les premiers cygnes cliniques contre les vibrations de l'antimonde s'échappant à grand peine du Trou Noir Gravitationnel de Thomas et son groupe électrogène (Thomas ne vous l'a pas dit, mais il est l'incarnation de l'Équation de l'anti-vie, qui lui permet de déformer la réalité, l'espace et le temps à un niveau cosmique, que même Mister Miracle il a du mal à s'en dépatouiller), le dernier Loren Nerell & Mark Seelig est le complément alimentaire idéal pour Esgourdes Irradiées, relaxant et nutritif, il agit un peu comme le savon Calmolive, dont Desproges disait après l'avoir testé que c'était le savon des stars qui adoucit aussi les prunes.

En effet, Cave Dwellers contient des extraits rythmiques  de petits tambours chamaniques à main et des zigouigouis fractals mélodiques de gammes diatoniques majeures à la flûte de guitare en bois, d'ailleurs dans son univers musical les gammes mineures ont été proscrites pour incitation à la sédition mélancolique, et les anges n'y ont pas de zigounettes, qui seraient aussi choquantes que les belles images du blog impose ton anonymat (dont le projet est d'envergure, puisqu'il s'agit d'une compilation de la connerie sur Terre) qui ont été rendues difficiles d'accès sur tumblr, du fait d'une hypocrisie spécifiquement américaine, mais qu'on peut encore consulter sur twitter à condition d'y créer un compte, qu'on pourra parcourir d'un index amusé en écoutant le dernier Loren Nerell & Mark Seelig (j'attends l'indicatif de fin pour raccrocher sinon il faudra mettre une pub pour le comblage)

et voici le lien vers l'album dans lequel je viens d'investir la moitié de ma prime de confinement, grâce auquel vous aussi pourrez goûter aux charmes d'un temps newageux en fin de soirée :

https://lorennerellmarkseelig.bandcamp.com/album/cave-dwellers

précédemment parus dans la même collection de soignants de l'ombre du corps musical malade :
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2014/05/loren-nerell-mark-seelig-tree-of-life.html
https://jesuisunetombe.blogspot.com/2017/04/steve-roach-mark-seelig-nightbloom-2010.html

jeudi 16 avril 2020

Gébé - Cracher dans l'eau, ça ne fait plus de ronds (1977)

Les soldes de ce produit de première nécessité qu'est le livre continuent pendant la fermeture des librairies, la preuve j'ai laissé l'étiquette.
La période qui nous est allouée pour ne plus nous planquer derrière nos identités professionnelles, sociales, familiales, possibles et fictionnelles est prolongée jusqu'au 11 mai. 
Sans présumer de la suite. 
Gébé aurait trouvé des trucs géniaux à dire sur l'ouvroir de vie potentielle que ça représente, lui qui fut un peu le seul à surfer sur la frange du poétique et du politique.
Je déterre "Cracher dans l'eau", je le rempote dans mon oeil (en suivant le tutoriel paru dans le dernier Rustica) et tout de suite il revit et s'épanouit dans mon cerveau.
Merci Professeur Choron.