Je m'étonne un peu de ne pas trouver, au hasard de mes pérégrinations parmi tous les blogs de curiosités et vieilleries musicales que je fréquente (d'un air un peu gêné sans songer un seul instant que le mien aussi commence à sentir l'antiquité kitsch, l'urine et la pommade sur une jambe de bois), le moindre album de Gilbert Lafaille.
C'était un chanteur plutôt sympa fin des années 70 / début 80's.
Les textes sont pourtant d'une ironie cinglante, et si on avait un peu plus écouté Gilbert les dernières décennies, on ne serait peut-être pas à la veille d'un triple holocauste climatique, sociétal et géopolitique.
Comme le dit un ami sans enfants, parce que c'est plus facile à énoncer comme ça, "nos descendants crèveront tous de dessication la gueule ouverte sous leurs clim en panne après l'arrêt définitif des centrales nucléaires au bord de rivières desséchées."
De plus, mes amis de cinquante ans rient de moi quand ma femme leur révèle que j'écoute son triple album acheté pas cher du tout chez l'éditeur de Chateauroux à fond les ballons dans la voiture, sans toujours porter mes aides auditives, ce qui explique cela, en allant les rejoindre pour faire du kayak entre Loguivy de la mer et Bréhat.
| L'endroit idéal pour écouter les meilleurs CD de bruit de vagues. |
Qu'ils aillent se faire empapaouter par la brigade paramilitaire du bagad de Tréguier, beaucoup plus bruyante et démonstrative avant-hier soir que les mélodies beurre-sucre de Gilbert ne le seront jamais, lui qui suggère toujours d'une voix douce et jamais ne braille ni ne vocifère, pour remercier le Ciel de n'avoir pas eu l'infortune de naitre breton, comme il aurait pu le chanter dans son Neuilly Blues.
Je mets le premier cédé ici, les autres y faudra aller les acheter comme je l'ai fait, et j'en suis pas mort sur ma tombe.
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