mercredi 2 juillet 2014

Batards & Avatars

Si j'avais le choix, il ne serait pas funéraire.
N'empêche que la concurrence devient rude sur le segment de marché des blogs tombaux.
Je note l'éclosion d'une concurrence toujours plus rude, formée à l'école des pays de l'Est, où la mise en bière n'est pas soumise à des charges patronales exorbitantes.


Des cendres à la cave 
Des notes dans la pénombre
L'enclume des jours

samedi 21 juin 2014

Maxime Le Forestier - N° 5 (1978)

Ma contribution à la fête de la musique.

... c'est vrai que la chanson "Je veux quitter ce monde heureux", je peux me l'imprimer sur le t-shirt, l'inhaler en fumigation et me l'injecter en suppositoire en priant pour qu'elle fasse effet.
Surtout que je me rends compte que j'avais déjà uploadé ce disque en 2009, que je l'ai perdu, oublié puis retrouvé avant de le resservir, c'est pas bon signe ni sur mes capacités à me renouveler ni sur les statistiques de fréquentation de ce blog à moyen terme.
Tant pis.
Passons.

2/ Le disque

vendredi 20 juin 2014

Petit ours mort

On peut rigoler des magazines féministes, on peut aussi parfois les lire quand votre femme les laisse trainer aux cabinets, et reconnaitre leur pertinence quand les mâles de l'espèce continuent de mettre la planète à sac.
Ces deux pages sont parues dans Causette en mai 2014. 
Les vanités de Gérard Manset dans la mort d'Orion, à côté c'est Guy des Cars.


jeudi 19 juin 2014

Le doigt dans l'oeil du cyclone

Un collègue combinard insiste pour me convertir à sa fréquentation assidue d'un nouvel aggrégateur de news consacrées à la pop culture, c'est konbini.
On y trouve, parmi un déluge perpétuel de vanités chronophages (une vanité est une catégorie particulière de nature morte dont la composition allégorique suggère que l'existence terrestre est vide, vaine, la vie humaine précaire et de peu d'importance, elles ont donc droit à un tarif préférentiel quand à l’occupation de strapontins d’honneur sur ce blog) le dernier clip d'OK Go, le groupe de californiens qui nous avait offert le sidérant "This too shall pass" il y a quatre ans déjà (c'est fou comme le temps nous fuit quand on le consacre à la contemplation du nepenthès mediatique).
Leur récente création m'évoque irrésistiblement un ancien opuscule de l'Oeil du Cyclone consacré aux illusions optiques, que vous trouverez ci-dessous.


L'Oeil du Cyclone fut une émission hebdomadaire de création et d'expérimentation audiovisuelle qui sévit au début des années 90 sur Canal Plus, qui n'avait rien à envier aux productions antédiluviennes et néanmoins iconoclastes des électrons libres du Service de Recherche de l'ORTF qui déliraient sous Pompidou, et dont tous les infortunés spectateurs souffrent de confusion mémorielle et autres lésions cérébrales permanentes, à tel point qu'on ne sait plus si je parle des Shadoks, de Pompidou ou de l'Oeil du Cyclone, plus de 15 ans après l'arrêt des programmes.
J'en signalai la résurgence sur cet humble bulletin d'information paroissiale il y a plus d'un an.
Je  découvre aujourd'hui avec un ravissement teinté d'effroi que plus de 90 fascicules ronéotés ont été fraîchement rajoutés au mausolée consacré à l'émission.
Nous v'là beaux.

mardi 17 juin 2014

Why should what I read be good ?

Mes petits lapins,
j'ai lu ces derniers mois plein de comics en v.o., bien que ça n'ait jamais été ma culture, moi qui fus élevé à la mamelle franco-belge, parce que la production y est foisonnante et aussi diverse que dans les séries télé, mais faut bien dire que sur un Ipad c'est quand même petit, et des fois en anglais il me faut m'y reprendre à plusieurs fois, bien que mon champ sémantique aille en s'élargissant grâce à l'utilisation simultanée de Google Traduction, béni-soit-il.


 1963 #1-6

une série écrite par Alan Moore en 1993 (ou en 1936, va savoir avec ce larron) : s'inspirant des premiers fascicules des héros Marvel rédigées par Stan Lee au début des années 1960, Moore écrivit les épisodes de la collection 1963 selon les caractéristiques de cette période : sexisme, anti-communisme outrancier... On trouve aussi dans ce comic une satire des éditoriaux auto-hagiographiques et pompeux qu'écrivait alors Stan Lee pour Marvel.
Le champ lexical de Moore est pour une fois assez étroit pour que je puisse à peu près tout capter sans sous-titres. 
Et je suis allé relire Les Fantastic Four écrits entre 1960 et 1964 par Lee et Kirby, c'est effectivement affligeant de naïveté, mais j'étais un peu naïf aussi de croire y trouver autre chose.
1963, donc, c’est cocasse, mais surtout si vous avez lu Stan Lee au début des années 60.
Et apparemment le plus hilarant de la Baltique, ce sont les fausses publicités et les rédactionnels qui ne sont pas repris dans les scans trouvés sur le web, dont j’ai pourtant assidûment cherché une version complète.
En matière de bande dessinée américaine, je suis définitivement plus roman graphique que super-héros, sauf quand ils sont à moitié maudits ou losers congénitaux comme John Constantine, psychédéliques comme chez Grant Morrison ou qu'ils sortent d'une tragédie antique comme les Watchmen d'Alan Moore.


Dial H #1-16
 attiré par le nom de l'auteur, dont j'ai beaucoup apprécié la trilogie de romans de dark fantasy qui se passe dans le monde de la Nouvelle-Crobuzon (Perdido Street Station, les Scarifiés, le Concile de Fer), je crois que je me retrouve encore sur une série qui porte un regard ironique sur l'âge d'or des comics, que je choisis d'appeler l'âge bête depuis que je suis allé lire des Fantastic Four de 1964.
Dial H, c'est un foutoir plaisant et inattendu, mais plein de références m'échappent pour y trouver mon content. Il y a les obsessions steampunk de Miéville, une pluie de super-héros ringards...
En m'accrochant, je découvre un univers assez farfelu, très anglais, avec un méchant très réussi. Au bout de 8 fascicules et d'un changement radical de dessinateur, ça devient carrément du Grant Morrison, délirant et lysergique, bien que ça finisse dans un déluge pyrotechnique assez confus. La calvitie volontaire qui lie ces deux auteurs a-t-elle joué pour rendre leurs cafouillages si proches ? En tout cas, ça expérimente, c'est indéniable.




Blast #1-4 
de Manu Larcenet :
pourquoi bouder les romans graphiques ? c'est quand même les français qui ont lancé l'impulsion mondiale, il y a quarante ans, avec le magazine (A suivre). Vive nous. Pour l'instant, j'avais évité de cotoyer le monstre de Larcenet en quatre tomes, 800 pages d'un long métrage français glauquissime sur l'errance d'une poignée de déshérités de l'âme et du reste. Juste épouvantable, heureusement que c'est de la BD, en film ça serait insupportable. J'espère que monsieur Larcenet s'est éclaté dans ce défi graphique et narratif, mais je ne le rejoins pas. "Pourvu que les bouddhistes se trompent" : est-ce le titre du dernier opus qui m'a mis en rogne ? Je ne crois pas. Au cinéma, il arrive que je sois fasciné par les récits d'un gâchis humain, curieusement pour moi en BD ça ne passe pas. Ce n'est pas que ce soit complaisant, mais je n'éprouve qu'une peine peu compassionnelle pour cette galerie de mecs abimés et ce récit de leurs déchéances.





Federal Bureau of physics #1-10 :
Simon Oliver / Robby Rodriguez
 Aaah, enfin une bonne série Vertigo, y'en a pas beaucoup en ce moment, ils ont changé de ligne éditoriale l'an dernier et ça se ressent beaucoup dans leur production, ici on est sur un postulat de départ original : les lois de la physique se barrent en sucette. Défauts de gravité, fuites temporelles... une bande de pompiers tente de rafistoler tant bien que mal les avaries subies par la trame de l'univers. Savoureux, et servi par un graphisme fluide et innovant.

















Nowhere Men #1-6
Eric Stephenson / Nate Bellegarde
Très ambitieux et assez abouti : Une bande de super-scientifiques qui deviennent aussi célèbres que les Beatles, le succès et les intérêts divergents qui pourrissent leur entente cordiale et favorisent l'avènement d'une transnationale sans états d'âme, un virus qui transforme l'équipage d'une station orbitale en mutants dont les super-pouvoirs tiennent plus du calvaire évolutionnaire que d'autre chose, beaucoup de recul dans la vision prospective, un peu de conspirationnisme éclairé... Alan Moore n'est pas loin.
Eric Stephenson est depuis longtemps directeur éditorial chez Image, il a eu ce mot admirable en cloturant son blog : "Time to do something else" et il livre un récit polyphonique très maitrisé, qui ferait un très bon film de SF renvoyant toutes les XMeneries aux oubliettes. Le dessin de Nate Bellegarde est froid, sec, précis et élégant, avec quelque chose de Geoff Darrow et de Jacen Burrows.
J'ai eu du mal à le lire, j'ai plaisir à le relire. Ca sortira en français chez Delcourt en 2015.
Il semble que depuis l'an dernier, Image Comics ait raflé à Vertigo la palme de l'innovation.





Vortex #1-9
de Stan et Vince : très bon souvenir de cette série qui s'amusait avec les codes des serials et les voyages dans le temps.
Un peu de mal à me replonger dans cet univers rétrofuturiste à la Flash Gordon, pardon Guy l'Eclair ? le rétrofuturisme, c'était mieux avant.
Je vais quand même l'emporter en vacances, on ne sait jamais.

















Fatale #1-22
Brubaker / Phillips
mêle avec un bonheur intermittent ambiances de film noir et Lovecrafteries. Ca traine un peu en longueur.
Apparemment c'est la première série du tandem qui cartonne vraiment, c'est dommage, ce qu'ils produisaient avant était de grande qualité, dans le genre noir de chez noir. 
















Saga #1-19 
Brian K. Vaughan / Fiona Staples
 je devrais le lire en français pour en apprécier tout le sel, en anglais y'a vraiment des bizarreries idiomatiques que je ne capte pas. Disons qu'ils s'amusent bien à transférer Romeo et Juliette dans un Star Wars trafiqué. Il y a du drame et de l'humour intimement mêlés, et ça se vend beaucoup mieux que Ex Machina, qui reste pour moi le chef d'oeuvre de Vaughan. Gna gna gna.

















The Bounce #1-12
 de Joe Casey et David Messina
depuis que j'ai découvert Butcher Baker, parodie hallucinée de l'univers des super-combattants du crime, je bondis sur tous les Joe Casey que je trouve. Il produit des tas de séries, mais pour l'instant ça me rentre par un oeil et ça ressort par l'autre, et celui-ci aussi, malgré mes efforts pour m'accrocher.
Joe Casey secoue toujours vigoureusement le media comics en lui inoculant des virus étrangers, il tente des hybridations, on sent qu'il est vraiment amoureux du genre, ici il y a des matrixeries, des transgenres, de la dope, mais je ne sais pas, je ne dois plus être le coeur de cible.













Sex Criminals #1-5
Matt Fraction / Zdarsky
Au-delà de la bonne idée de départ, ça se traine un peu ensuite, comme souvent chez Matt Fraction.
Mais ça reste quand même assez marrant.




















The Wake #1-8
Snyder / Murphy
Je ne suis pas fan de Snyder (je ne suis ni très Batman, ni American Vampire) mais de Murphy, oui, mais je trouve qu'il a déjà trouvé son apogée dans d'autres titres, et qu'il est en baisse. Ca se laisse lire agréablement, quand même.




















Black Science #1-6 
Rick Remender / Dean White
 je me suis ennuyé sur Fear Agent, mais là y'a au moins un graphiste chatoyant, et ce space opera tragique qui recycle tous les poncifs de la SF est un régal pour l'oeil, bien qu'un peu confus pour l'esprit (le mien en tout cas)



















Et tous les mois je m'instruis en me 10-13 ans en lisant "What I bought should be good" par l'intarissable Greg Burgas, parangon du Geek bédéphile.

lundi 16 juin 2014

Nils Petter Molvaer - Switch (2014)



Un nouvel album de Nils Petter Molvaer est sorti depuis six mois, et personne ne m'avait rien dit.
Je sais, je devrais sortir mes poubelles plus souvent.

Sinon, y'a Chet Faker, c'est pas mal aussi
http://www.fipradio.fr/album-built-on-glass

dimanche 15 juin 2014

24 heures sans rillettes



En hommage à mes camarades techniciens et journalistes actuellement incarcérés dans la zone d'hystérie connective des 24 h du Mans tandis que je reste de garde à la station régionale d'une télévision du service public, j'ai trouvé la compilation qui va bien : celle de l'Excelsior, une salle de spectacles sise à 4 km du mans, distance insuffisante pour ne plus percevoir les cris de la foule déchainée, mais c'est toujours ça de pris.
C'est dingue qu'il y ait une telle richesse sur la scène française, pourvu que ça doure.
Jamais l'art n'a paru aussi inutile, jamais il n'a été aussi indispensable.

samedi 14 juin 2014

Barbara Carlotti - Cosmic Fantaisie - EP - (2014)

J'ai entendu la chanson "Du mouvement" distrait et d'une oreille, et puis le vers "baiser par terre jusqu'à demain" m'a travaillé au corps comme une promesse non tenue.
Après, j'ai galéré pour retrouver sur quelle radio je l'avais entendu, et à partir de là comment je pouvais trouver ce que c'était, mais avec les moyens modernes de recherche mis à la disposition des amateurs, la programmation quotidienne de chaque station de radio ouverte à tous les vents, ça ne devient même plus un sport de combat, y'a même plus l'excitation de la traque.
Barbara Carlotti anime une émission le soir sur France Inter, qui a l'air assez sympa et psychédélique, semble mener sa carrière de chanteuse avec une nonchalance sereine, ça ne casse pas trois pattes à un connard, tout est bien qui finit bien.
 
http://uptobox.com/tte6y9344pun

vendredi 13 juin 2014

La souterraine

On me signale l'existence d'une nébuleuse d'artistes d'avant garde, souterrains et francophones, dont la puissance de feu n'aurait rien à envier à celle de l'Etat Islamique en Irak et au Levant, tout en faisant moins de victimes civiles et militaires.

Ils sont audibles sur une série de compilations en libre téléchargement sur www.souterraine.biz
(bon là elles sont à 1 euro mais le 20 de chaque on repasse en gratuit, c'est bandcamp qui nous les met en payant après qu'on ait dépassé notre quotas de free download, ajoute-t-on derechef)
il y a des mini-albums best of de groupes inconnus sans labels et sans rien, et puis il y a les souterraines, compilations collectives avec 10 artistes différents par volume:

et puis on me dit aussi qu'il faut écouter Aquaserge, vraiment (voilà leur mostla tape : http://souterraine.biz/album/mostla-mix-serge-tape) et leur dernier album qui vient de sortir en vinyle.

C'est vrai qu'à la première écoute, c'est frais, noisy, 70's, psychédélique en diable, et furieusement arty. 
L'Histoire jugera, comme dirait Arrête-ton-Bachar.