Après nous être infligés, à moi et à mon infortunée compagne, les 6 saisons de 10 épisodes de la série "Better call Saul", sauf la saison 6 qui en compte 13, en nous disant que ça allait bien finir par déboucher sur quelque chose de nutritif, nous fumes bien déçus. C'est finalement le portrait complaisant et alambiqué d'un homme extrêmement désagréable et perturbé, pour des raisons de croissance morale contrariée, qui n'apporte pas grand chose à ma vie intérieure, en tout cas moins que quand c'est mon psychiatre qui m'explique comment ma croissance morale a été contrariée.
Mais ma vie n'est pas une série télé cotée 5 étoiles sur allociné.
Aucun showrunner ne m'a encore proposé de scénariser ma life, meufs. Et il se fait tard.
Et le dernier programme malaisant qui m'avait fait forte impression c'était The Curse, et c'est dur à battre. Peut-être que j'aurais mieux fait de regarder "From Gaza with love" sur Youtube, chaudement recommandé par Télérama. Ah ça, pour faire disparaitre des corps sur je suis une tombe, ils s'y entendent.
| Les Warsen se faisant suer à cent sous de l'heure depuis que l'Arcom leur a coupé Yggtorrent après les 6 saisons de Better call Saul (image ©Stéphane Rosse D.R.) |
Dans "Better call Saul", tournée postérieurement mais censée se dérouler avant les évènements de Breaking Bad, les figures secondaires sont plus intéressantes que la principale. Mais rien n'aboutit à quoi que ce soit de satisfaisant. J'avais lancé la série pour de mauvaises raisons : revoir Rhea Seehorn, après sa prestation dans Pluribus. Ici, elle n'est pas souvent crédible, car aucune femme ne peut accepter de partager son existence avec un type aussi torturé par ses mauvais penchants que Jimmy McGill, surtout qu'elle n'est pas sous emprise, et qu'il est loin d'avoir le charisme de Patrick Bruel.
| Mes chers compatriotes, n'écoutez pas ceux qui vous disent de me regarder. https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/better-call-saul-saison-6/ |
Mike Ehrmantraut, Michael McKean, Michael Mando et Howard Hamlin composent eux aussi des portraits complexes, ce dernier accédant à une sorte de lucidité cosmique sanctionnée par un sort bien injuste, mais la vie sérielle n'est pas une méritocratie. Giancarlo Esposito incarne son mystérieux personnage de Gus Fring, narco-trafiquant prince de l'élégance, aussi impassible, avec son visage sans âge, que dans Breaking Bad, alors que l'acteur est plus vieux au moment du tournage du spin-off du prequel (on va y arriver.)
Par voie de conséquence, je reprends Breaking Bad depuis le début. On relit bien parfois des romans qu'on a aimés, on revoit des films admirés... quand il s'agit de séries, faut trouver le temps, avec la profusion de l'offre actuelle des télé connectées... rien que sur Arte.tv, y'a de quoi vivre plusieurs existences de téléspectateur (la télé m'endort, donc c'est deux heures par soir maximum).
Dès le début de Breaking Bad la supériorité sérielle de la Fiction Mère s'impose à nouveau. Et dès le second épisode de la saison 1, la question "comment faire disparaître un corps ?" (qui se pose aussi dans Better call Saul mais moins souvent) est résolue, de façon imparfaite mais stimulante. Un youtubeur compétent s'est récemment penché sur le problème à un corps, avec une approche encyclopédiste :
| le point de vue du Dr Manhattan rejoint celui d'Ego avec 40 ans d'avance car les Watchmen ont 40 ans cette année. |
pour aller plus loin :
Ah, j’avais oublié de noter The Curse dans les trucs à regarder. Mais en ce moment, je tente de contrôler les films cannois du service public. Comme je ne vais plus au ciné depuis des lustres, il y en a plein que je n’ai pas vu.
RépondreSupprimerQuestion service public, les vidéos d'Ego devraient être remboursées par la sécu, elles font souvent oeuvre de salubrité publique. "les films cannois du service public" tu veux dire les films primés qui passent sur france télévisions ? Cannes n'est pas un label de qualité, en tout cas les grands prix sont très discutables. Par exemple "Titane", qui a eu la palme d'or il me semble, était une nazerie pour défriser les bourgeois. J'apprécie les choix de 2 blogs cinéphiles pleins de bon sens :
RépondreSupprimerhttps://www.christoblog.net/
https://ilaose.blogspot.com/
Pas que primé. Par exemple, je suis très curieux de voir Anatomie d’une chute. Je n’ai pas réussi à finir de regarder The Substance - c’est tout simplement insoutenable pour moi, ça tape pile dans mes phobies.
SupprimerPar contre, je ne sais pas ce que c’est que les vidéos d’Ego.
SupprimerThe Substance est bien trop long, mais il a été réalisé par une femme française ! vive les femmes ! vive la France !
RépondreSupprimerEgo est le vidéaste qui a réalisé "comment faire disparaître un corps", autour duquel mon article love ses tentacules. Tu sembles l'avoir lu en diagonale.
Pas du tout ! Je suis d’ailleurs en train de préparer une thèse sur cet article intitulé "intertextualité de l’absence corporelle".
SupprimerA ce titre, et maintenant que tu prétends savoir de quoi je te parle, je te suggère de regarder d'autres vidéos d'Ego, en particulier celle sur le peintre qui observe dans sa peinture les effets de son Alzheimer.
RépondreSupprimerCa ne tapera peut-être pas pile poil dans tes phobies, mais c'est bien secouant.
https://www.youtube.com/watch?v=pbCaHj86KLE&t=67s