jeudi 22 septembre 2022

Druillet - 30x30 (1981)

En lisant le nouveau Métal Hurlant n°4, qui fait du vieux avec du vieux et redéroule l'historique du glorieux magazine daté de quand le futur c'était demain, je tombe sur cette publicité pour des posters de Philippe Druillet, parue en 1975 dans le numéro 5 de Métal Hurlant canal historique. Il en émane un charme à la fois suranné et inoxydable. Je n'étais pas sensible à l'héroïc fantasy de Druillet, son univers de guerriers hérités de Flaubert et Moorcock, mais j'admirais sa technique, et son goût pour la démesure, qui n'a pas fait d'émules, sinon chez les Japonais. Il n'avait pas son pareil pour nous faire saigner des yeux. Il aurait fallu lui donner Notre-Dame à reconstruire, ou la Sagrada Familia de Gaudi à terminer, ou l'Arbre aux Hérons de Nantes à sauver de la faillite, ça aurait eu de la gueule.

la couverture du 30x30


Le 30x30 édité par les Humanos en 1981 reprend des illustrations des années 60 et 70, mais s'interdit les extraits de ses albums BD de l'époque, Lone Sloane, Délirius, Yragaël, peut-être pour des histoires de droits, je ne sais pas, alors que c'est quand même là que Druillet donnait libre cours à sa démesure.
Le gigantisme pharaonique et la mégalomanie de Druillet en sont cruellement absents. C'est un peu dommage. Si j'arrive à retourner en 1981, je le leur signalerai, aux Humanos.

Salambô par Druillet : une vision rénovée du Pari Mutuel Urbain
(bien qu'auto-repompée sur son poster de 1975)

Les Bâtisseurs du Temple se sont affiliés à la CGT
et viennent négocier leurs heures sup' : ça ne rigole plus.

https://www.mediafire.com/file/9hsa79h2q52yaai/zzDruillet.cbz/file

Gaïl (1978)
Planche de test ophtalmique, avec patient incrusté.

deux interviews récentes de Druillet

13 commentaires:

  1. Un de mes tous premiers dessins "sérieux" tentait de retrouver la démesure de Druillet - en fait je m’en souviens bien de ce dessin.

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  2. j'avais tenté de recopier sa pochette de Jimi Hendrix
    https://hubertybreyne.com/fr/expositions/oeuvre/36480/philippe-druillet-jimi-hendrix?id_ex=408
    - t'as qu'à voir où ça m'a mené.

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    1. Ça t’a donne envie d’essayer la drogue ?

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    2. ça irait plus vite de lister les choses qui ne m'ont PAS donné envie d'essayer la drogue dans la post-adolescence.

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  3. Ah non, là c'est encore une autre histoire; le porno fait partie de ce que l'on appelle les addictions sans produit. C'est venu beaucoup plus tard. Brigitte était déjà en préretraite sur RTL. Je me souviens avoir "softé" un film avec elle, à la fin des années 80, en compagnie d'un producteur bien chelou qui espérait ainsi le vendre dans la case du porno soft du dimanche soir sur M6.
    Ca n'a pas marché, et ça nous rajeunit pas non plus.
    Mais mon peyotl acheté chez Zamnesia a bien poussé cet été (je viens d'apprendre qu'il faut environ 25 ans pour qu'il produise de la mescaline, ça va me booster jusqu'en 2040)

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    1. C’est pas pour dire mais le chanvre c’est plus rapide.

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  4. oui mais c'est pas les mêmes effets. Quand tu as lu Castaneda, tu ne te satisfais pas d'être comfortably numb. Un livre récent, "Voyage aux confins de l’esprit" décrit très bien ce qu'on est en droit d'attendre des psychédéliques, il vient d'ailleurs d'être décliné en série sur Netflix. Je l’avais accidentellement découvert en cherchant des images pour un article de blog plutôt ironique, il y a déjà deux ans.
    https://johnwarsen.blogspot.com/2020/11/legendes-dautomne-lomelette-aux-girolles.html
    ça ne nous rajeunit pas plus que Brigitte Lahaie, mais pas moins.

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  5. Je fais aussi pousser de la Peruvian Torch (Echinopsis peruviana) et de la San Pedro (Echinopsis pachanoi) qui croissent plus vite. De toute façon une prise de psychédéliques implique un gros nettoyage intérieur, j'en ai pour plusieurs mois de clean et de gymnastique intérieure dans mes pensées, mes paroles et mes actes.
    (le « clean » est un terme très usité par les toxicomanes adeptes des programmes de rétablissement en 12 étapes) c’est le minimum d’hygiène spirituelle requis pour ne pas faire un mauvais trip le jour où je mordrai dans le cactus.
    Et après il faudra encore dénicher le collègue idéal pour ne pas voyager tout seul, quitte à me le fabriquer parce que les chamans auto-proclamés sur doctolib m'inspirent une confiance toute relative. Ah là là Akbar, chuis pas rendu.

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  6. Bon, Castaneda, hein, c’est une série à lui tout seul.

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  7. Oui, c'est un des plus gros fakes des années 70.
    https://magick-instinct.blogspot.com/2019/02/la-vie-secrete-de-carlos-castaneda.html
    Du coup, c'est presque de la SF : de la Spiritualité Fictive maquillée en romans d'initiation intérieure. Sur le plan de l'entourloupe, c'est magique. Des milliers de gens y ont cru et font pousser des cactus dans l'espoir d'avoir des théophanies. Pourtant, Don Juan abandonne les plantes dès le second tome de la saga, il me semble.

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  8. Oui, un peu plus que Sandman. Et les romans de Castaneda sont quasiment prêts à tourner tels quels, bruts de décoffrage, avec la voix off de l'indécrottable benêt que Carlos interprète dans ses livres. Je ne sais pas ce que tu attends, pour relancer ta carrière comme scénariste. Ou alors c'est juste pour me faire parler.

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