http://www.deezer.com/fr/search/ry%20cooder%20no%20banker
Comme à 14 ans, quand sous la pression du chantage hormonal on écoute sa première chanson d'amour en anglais et qu'on la trouve géniale, alors que Gogol Traduction nous en révèlerait la nature intrinsèquement niaiseuse en trois cliks, mais la Beauté est dans l'Oreille d'un Sourd qui découvre en lui les pulsions sexuelles.
Bref.
Et plus plus je l'écoutais, en croyant capter des phrases qui accréditaient ma vision, plus mon imaginaire partait dans cette interprétation erronée : en fait, en lisant les paroles, je me rends compte que c'est une protest-song classique sur le fait que les banquiers se barrent avec notre pognon et nous précipitent vers l'abîme, comme Bernard Maris le serine dans Charlie Hebdo.
D'ailleurs, depuis la mort de François Béranger, où est le Ry Cooder français qui chantera les copinages entre gouvernants et banquiers ?
Je n'ai pas fait exprès, mais cet article est finalement furieusement d'actualité.
« No Banker Left Behind » – Ry Cooder
Un soir, mon téléphone a sonné, un copain m'a appelé.
Il m'a dit : « Les banquiers sont tous en train de partir, tu ferais mieux de venir voir. »
C'est une révélation stupéfiante :
ils ont pillé le pays jusqu'au dernier sou.
Ils sont tous à la gare,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
Refrain :
Pas un banquier,
pas un banquier,
je n'ai trouvé aucun banquier.
Ils étaient tous à la gare,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
Les banquiers ont organisé une réunion,
et un jour ils sont allés à la Maison-Blanche.
Ils allaient rendre visite au Président,
tranquillement, en toute cordialité.
L'après-midi était ensoleillé,
le temps était magnifique.
Ils ont compté notre argent,
et pas un seul banquier n'est resté derrière.
Refrain :
Pas un banquier,
pas un banquier,
je n'ai trouvé aucun banquier.
Ils étaient tous à la Maison-Blanche,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
J'entends le sifflet du train,
il joue un air joyeux.
Le chef de train lance :
« Tout le monde à bord, nous partons bientôt ! »
Au menu : champagne et cocktails de crevettes,
et ce n'est pas tout.
Il y a aussi une prime d'un milliard de dollars,
et pas un seul banquier n'est resté derrière.
Refrain :
Pas un banquier,
pas un banquier,
je n'ai trouvé aucun banquier.
Quand le train est parti le lendemain matin,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
Pas un banquier,
pas un banquier,
je n'ai trouvé aucun banquier.
Quand le train est parti le lendemain matin,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
Pas un banquier,
pas un banquier,
je n'ai trouvé aucun banquier.
Quand le train est parti le lendemain matin,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
Pas un banquier,
pas un banquier,
je n'ai trouvé aucun banquier.
Quand le train est parti le lendemain matin,
pas un seul banquier n'est resté derrière.
Quelques remarques sur le sens de la chanson :
- Le titre est un jeu de mots avec la loi américaine No Child Left Behind (« Aucun enfant laissé de côté »). Ry Cooder détourne cette formule pour suggérer qu'au moment de la crise financière, les banquiers, eux, ont tous été protégés.
- « They robbed the nation blind » est une expression idiomatique qui signifie qu'ils ont dépouillé le pays de façon massive, sans rien laisser.
- Le train est une métaphore de la fuite ou de l'évacuation des responsables, qui partent confortablement, avec champagne, repas de luxe et bonus d'un milliard de dollars, tandis que les conséquences de la crise sont supportées par le reste de la population.
- Le refrain « No banker left behind » est profondément ironique : contrairement aux citoyens ordinaires, aucun banquier n'est abandonné à son sort.
C'est une chanson satirique inspirée de la crise financière de 2008 et des plans de sauvetage des banques, dans laquelle Ry Cooder critique la proximité entre le pouvoir politique et le secteur bancaire.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire