lundi 8 juin 2020

Ronit Kirchman : The Sinner Original Series Soundtrack (2017)

Je viens de finir de binge-watcher la saison 3 de The Sinner. Comme dans les deux précédentes, Bill Pullmann y incarne un inspecteur de police un peu trop porté sur l'empathie envers les suspects, comme un Bouddha qui pencherait sur tribord au moment du changement de cap de l'enquête, quand il s'avère que c'est un peu plus compliqué que ça n'en avait l'air.  En  matière d'investigation criminelle quantique, le regard de l'observateur influe sur les phénomènes observés, il n'y a pas que les spectateurs à l'apprendre à leurs dépens... 
Chaque saison est dite "anthologique" et peut se regarder indépendamment des précédentes, mais si vous démarrez la une et que Jessica ne vous fait pas rapidement couler une Biel, suspectez votre lobotomie préfrontale de vous couper de vos émotions, auxquelles vous avez pourtant droit, et n'hésitez pas à en parler à votre médecin trader, même s'il est occupé à brûler ses stocks de chloroquine au fond du jardin avec ses voisins qui toussent dans la fumée, mille putois. 
Voici ce que je m'autorisai à en penser, au temps béni des pionniers de la diffusion de la première saison, dans le cercle très privé des forums de sociopathes sérievores :

SAISON 1

Je me souviens quand The Sinner est tombé sur le tracker, c’était l’opulence, voire la surabondance, or si l’abondance rassasie, la surabondance écoeure, et on retourne alors au lit se consoler par la diète en lisant bons livres et mauvais comics, et je revois sans mélancolie ce printemps 2019 où même les uppers n’en pouvaient plus (t’es-tu toi aussi aperçu qu’un upper à l’envers est reppu ? ce que le langage est malicieux, tout de même) de donner des grands coups de souris de droite et de gauche, et de racheter des disques durs à la Fnac tous les 4 matins, c’était pas possible que ça continue à ce rythme effréné qui défrayait la chronique d’un tracker somme toute placide et muzo, et d’ailleurs ça n’a pas duré, sauf que la hype passe et que les encodes restent (et les problèmes de crop dans les screens et de bourrinage avec HandBrake, mais je préfère m’abstenir d’évoquer ces problèmes encore douloureux.)
Je crois tellement en Lui que si Bill Pullman
était une femme, je banderais.
Alors j’ai laissé pisser, me mettant Jessica Biel sur l’oreille pour la fumer plus tard.
Et puis je me souviens aussi, c’est ma femme qui m’a vait mis la puce à l’oreille la semaine dernière, « quand tu vas bosser à Orléans le week-end, au lieu de bourrer ton iPad de comics en v.o. auxquels tu n’entraves que pouic, sauf à les sélectionner en fonction de leur pauvreté lexicale comme Stray Bullets dont tu viens de t’enfiler 42 fascicules sans broncher, regarde donc sur la télé du motel un vieux Columbo en v.f. sur TMC, avec un peu de chance tu tomberas sur Martin Landau ou Leonard Nimoy dans les seconds rôles, et tu te rappelleras ainsi d’où tu viens, puisse cela te ramener à plus d’humilité ».
Ce jour-là je me hâtai d’oublier mon iPad, et il en fut comme elle l’avait dit. 
Ayant depuis lors ravalé ma morgue et épongé le tout-venant des séries incontournables, je me penche sur c’t’affaire. Mort de mon âme, au bout de trois épisodes, force est de constater que je dois me rendre à l’évidence, je suis bien en présence d’un croisement entre True Detective et Sharp Objects, avec une atmosphère pesante et pathologique, mmmh, tout ce que j'aime. L’habile et belle Jessica Biel se fait tellement de bile qu’elle coule une bielle, le lieutenant de police a l’air torve d’un ancien ami de mes parents qui virait psychopathe quand il ne prenait pas ses médocs, et j’adore comment c’est filmé, avec tous ces effets de profondeur de champ réduite qui font que c’est pour ça qu’on aime shooter au Canon 5D Mark III.Merci pour ce up.(salutation énigmatique sémantiquement suspecte, mais sans doute équivalente au « Sécurité des Placements à Long terme » évoqué ici.)

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SAISON 2

La saison 2 : l'affaire du Bégonia Maléfique.
Un must-have.
(plus tard dans la nouille)
La saison 2 me laisse sans voix, de par la complexité des personnages, l'originalité de l'histoire, le brio des acteurs, la sobriété de la mise en scène. Bill Pullman est le meilleur ambassadeur de la Bienveillance qu'on ait vu à l'écran depuis le dalaï-lama. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir du verre pilé et du unfinished business en lui, mais il ne la ramène pas avec ça.
Chapeau bas, messieurs (et mesdames).
Et en plus vous n'avez pas de papamobile !
Le pitch-repoussoir a été manifestement pondu par une pauvresse qui voulait décourager les gens bien de regarder la série, se vengeant ainsi d'une promesse non tenue d'avoir un petit rôle dans le casting, bien qu'elle en ait déroulé, du câble, et qu'elle s'avise un peu tard que les promesses n'engagent en général que ceux qui y croivent, comme me l'a appris Polanski en 76.
C'est psychanalytique en diable, mais sans ostentation lacanienne, et Bill Pullman est rayonnant de vulnérabilité. Que ça soit inscrit dans l'écriture de son personnage, et qu'il parvienne à l'incarner à ce point, c'est bluffant. Son visage est un vivant Rorschach, malicieusement évoqué au générique, irradiant pour qui sait décoder le ballet incessant des émotions à la surface de l'âme humaine quand elle est simulée par des acteurs palpant plus de $40 000 par épisode, une empathie qui ne cesse de m'émouvoir, de saison en saison, et pourtant, moi aussi j'en ai déroulé, du câble.

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SAISON 3

L'insistance masculine est un des symptômes de l'emprise.
(photo courtesy of Derek Simmonds)
Et nous voici de retour dans le présent, pour cette saison 3. Elle prend pour thème central l'emprise, qui désigne dans le langage courant le fait de serrer très fort un objet ou un être vivant pour le câliner ou pour l'immobiliser, voire l'étouffer ou l'écraser. 
En psychanalyse, la pulsion d'emprise est d'abord une pulsion non sexuelle, capable de s'unir secondairement à la pulsion sexuelle. En psychologie sociale, le terme désigne le déploiement de violences conjugales ou de manipulations mentales (sectes).
Merci wiki, bon chien d'infidèle, couché, à la niche.
Ce thème était déjà bien présent dans les saisons 1 et 2, mais là, y z'y vont pas avec le dos de la cuiller en bois. La relation de sujétion finement décrite et explorée dans cette saison 3 m'évoquant de manière beaucoup trop précise une passion mutuelle mais toxique, partagée par un garçon avec qui rien n'était vraiment possible car il était de 3 mois mon aîné et surtout avait beaucoup d'ascendant sur moi, m'interdit d'en dire quoi que ce soit d'intelligible, sinon que j'ai rompu la relation avant d'en subir des conséquences aussi graves, et/ou de perdre tous mes points sur mon permis; heureusement, ce n'est que de la télé. Heureusement aussi que Bill Pulmann, c'est un véritable Saint Laïc, et on devrait lui donner une médaille plutôt qu'un masque FFP2, bien parti pour foutre en l'air son jeu facial dès la saison 4.

[EDIT]
Comme Batman, Bill Pulmann n'a pas de blog hyper-secret sur lequel il coucherait complaisamment le récit de ses doutes et de ses errances, pas d'ami virtuel voire imaginaire auquel il avouerait être réconcilié avec ses déficiences les plus flagrantes grâce au bouddhisme, cette philosophie de Vie dont il incarne une forme soft et relativement sexy pour son âge.
Bill Pulmann ne nous bassine pas avec les Quatre Nobles Vérités, Bill Pulmann ne nous tanne pas pour que nous allions méditer au dojo en socquettes dès cinq heures chaque matin, et quand Bill Pulmann accompagne les suspects au seuil de la mort, il ignore si c'est la leur ou la sienne mais il y va quand même. Il sait intuitivement qu'il est là pour remplir sa mission de service public de la police de proximité, LUI.
Bill Pulmann ferait un président présentable, LUI. Bien qu'il soit politiquement incorrect de savoir encaisser sans rendre les coups. Jusqu'à un certain point, comme on le verra au cours de cette fichue saison 3.
De toutes façons, Bill Pulmann sait bien que question d'incarner des vertus, l'attrait vaut mieux que la réclame.

Alors après ça, s'il faut revenir à la trivialité et régler la question de la musique, j'ai bien aimé l'habillage sonore de la saison 3 mais je n'ai trouvé que la 1 dans le commerce. Il me fallait bien un prétexte pour démarrer l'article au lieu de ranger mon bureau.

vendredi 5 juin 2020

La ballade du déconfit né (2020)



A mi-chemin entre le n'importe naouak et le foutage de gueule, voici la nouvelle anthologie du cabinet des curiosités déconfinées.
Enivré par le succès de sa compilation précédente "Collapso is like collabo" (250 000 exemplaires déjà écoulés sur le marché, selon sa belle-soeur Marie-Louise Warsen, myopathe et dyscalculique), John sélectionne 32 morceaux qui ne lui avaient rien fait d'autre que du bien par où ça passe, et les aligne tels des endives endimanchées contre le mur de ses envies pressantes d'écouter des vieux machins assez zonés de nouveautés.
Grâce à sa nouvelle imprimante 3D achetée avec ses Assedic Spectacle maintenant qu'il n'a même plus envie de faire semblant de chercher du travail qui n'existe plus pour les jeunes CDD migrants de 57 ans qui ne peuvent plus rebondir dans la Réalité Réelle Ratée même avec un gros zélastique, il en extrude 50 000 ex du premier coup, juste pour voir venir, et il est salement impressionné par cette techno. 
Il commence à peine à les commercialiser devant le Super U en respectant les gestes barrière avant d'être appréhendé par les flics de la police, sous le fallacieux prétexte que la Sacem n'a rien touché alors qu'elle a tant de bouches inutiles à nourrir en ce moment, et que certaines des chansons gravées sur la galette sont franchement trop "déconfites nées", à l'instar du diamant noir, sinon vachement bronzé de l'anthologie que constitue par exemple la track #12 "Do you want my job", interprétée par Little Village, groupe qui fut jadis le prête-nom et le cache-sexe un peu trop voyant d'un talentueux joueur de slide-guitar qui avait signé la musique de Paris, Texas sous le pseudonyme de Rail Coudé et enregistré un nombre inquantifiable de disques superbes avec des musiciens cosmopolites comme Ali Farka Touré, Bill Frisell et MC Circulaire. 
Quand j'entendis pour la première fois résonner dans mon appentis le chorus cristallin de l'intro de "Do you want my job", ce fut un peu comme quand j'ouïs (sans l'avoir jamais ouï auparavant) "La Bombe humaine" de Téléphone, ce fut une expérience à la fois immanente et transcendante, sauf que là en plus Rail Coudé joue des notes si bleues qu'on jurerait entendre du gel tahiti douche obao fa tomber dans le lagon turquoise en faisant plic ploc, et que quand sa voix imitation créole mâchouillé commence à langourer, on se fait un film paradisiaque sur un atoll pas encore submergé par le réchauffement climatique et les méduses, mais quand on lit les paroles sur la e-pochette, attention à la dégringolade, car en fait le mec y dit : 
"l'air frais descend des montagnes, tandis que je me réveille et m'habille, dans le port le cargo m'attend, en provenance du pays du soleil levant, ils nous envoient leur vieux plutonium, on le décharge pour $2,40 par jour, est-ce que tu veux mon boulot ? je fais le truc, je prends l'argent, comme ça mes gosses pourront porter des Adidas, je me souviens de la douceur de l'air quand je ramenais le poisson à la maison, maintenant on achète la bouffe à l'épicerie parce que le poisson est tout pourri" 
question journée de merde au paradis de la Réalité Réelle Ratée, ce Rail Coudé en connait un rayon, c'est moi qui vous le dis. Un peu l'équivalent tropical-estival du "tube de l'hiver" du regretté Guy Bedos.



https://www.mediafire.com/file/wqm4j9ds5wfj48i/La_ballade_du_deconfit_ne.zip/file

Merci au capitaine Poignard pour sa blague sur Jean-Patraque.

jeudi 4 juin 2020

Wooden Shjips - V (2018)

Le psychédélimsme permettra-t-il aux Amerloques d'oublier Georges Floyd, fils maudit de Pink, que celui-ci avait enfanté avec Tigist Shibabaw, la soeur disparue d'Ejigayehu Shibabaw, la femme de Bill Laswell, elle aussi dans des circonstances troubles ? ça ferait beaucoup de coïncidences, même pour les enquêteurs corrompus du LAPD carburant à la benzédrine et revus par James Ellroy. Faut-il vider une pipette de LSD dans les Miel Pops matinaux de Donald Trump pour le voir réduire la fracture raciale, alors que je croyais que nul névropathe en son pays ?
Toutes ces questions, et bien d'autres encore sont survolées sans qu'il y soit vraiment apporté de réponse claire dans cet album élégant et aérien de rock psyché.

https://woodenshjips.bandcamp.com/album/v
ce qu'on en pense dans le landerneau de la critique semi-pro :
https://lecanalauditif.ca/critiques/wooden-shjips-v/
https://lesoreillescurieuses.com/2018/06/13/wooden-shjips-v/
https://pitchfork.com/reviews/albums/wooden-shjips-v/

mercredi 3 juin 2020

Ted Nugent Facts

Quand la guitare fait mal aux oreilles

Georges Floyd est bien parti pour faire regretter le temps du tango et du Covid-19 à Donald Trump. Après l'armée, il va falloir se résoudre à appeler Ted Nugent, qui est un des derniers fans du Président. A moins que celui-ci se fasse finalement dessouder en fin de mandat, histoire de passer pour un martyr de la connerie et préparer sa réélection en ayant meilleure presse mort que vivant. Le dessoudage de Présidents est un sport national aux Etats-Unis, on peut espérer que Donald ait suscité des vocations, à part le fait qu'en général ils tuent les bons et laissent vivre les mauvais.


Nan mais attendez, c'est quoi cette histoire, et pourquoi impliquer et salir le nom de Ted Nugent dans vos magouilles politico-médiatiques ?

Je sais même pas comment faire ça sous Photoshop
Quand j'étais petit, les philmanoeuvres et leurs marielouises plébiscitaient Ted Nugent et son double album live Gonzo! de 1978 comme un sommet du hard-rock, qui faisait fureur en ces temps bénis des Pionniers. Le sous-commandant Orroz nous avait pourtant bien mis en garde : la nuit, une fois formé le cercle des chariots et les bêtes attachées, il ne fallait pas s'écarter du cône de lumière matérialisé par le feu de camp, car les coyotes femelles hululaient dans l'obscurité, avides de chair fraiche, et on voyait luire leurs petits yeux rouges dans la pénombre. Si malgré ses avertissements, aussi déchirants que ceux que Monsieur Seguin prodiguait jadis à ses chèvres, l'un d'entre nous s'aventurait dans l'obscurité pour assouvir un besoin naturel, il lui arrivait de disparaitre à tout jamais. S'il réintégrait le cercle des cowboys, il était certain d'avoir son pantalon tout crotté, l'oeil trouble et hagard, après s'être fait violenter par une créature de la nuit.
Il mettait alors plusieurs semaines à retrouver son équilibre mental et sa confiance en lui, la main crispée sur la cafetière en émail bleu qui glougloutait, en équilibre instable sur les pierres du foyer : la nuit le rendait nerveux, semblait-il à jamais.
Telle était la rude vie des Pionniers sur le premier forum d'Orroz.

Il y avait un autre Gonzo! à l'époque, c'était Hunter S.Thompson.

Hunter S. Thompson s'entrainant à se tirer une balle dans la bouche avec effet de spin
Osons une analogie hardy sans nous faire tirer laurel : Thompson et Nugent, c'était un peu les Font et Val de la cote Ouest, car ils connurent une trajectoire déclinante aussi parallèle que s'ils avaient été des particules corrélées avec effet de spin :
pendant que Font a viré pédophile - ce qu'on peut considérer comme un suicide artistique quand on est chansonnier libertaire, mais qui est quand même moins grave que d'enculer des enfants - Thompson n'a pas voulu rester en reste, et s'est tiré une balle dans la bouche devant les accusations comme quoi il avait un peu exagéré dans ses articles de journaliste Gonzo! et tandis que l'état de Philippe Val se dégradait, passant de gauchiste à stalinien de la plus belle eau, à condition de la rincer avant, Ted Nugent devenait porte-flingues de l'alt-right et membre actif de la National Rifle Association (NRA), fervent partisan de la peine de mort, de la légitime défense armée et du droit de posséder une arme garanti par le Second amendement de la Constitution américaine, bref adoptait la panoplie du Parfait Connard Américain.
C'est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse, sinon comment je pourrais écrire des articles chiadés comme ça ? et je n'invente rien, je l'ai lu sur un blog.
http://rockmeeting.com/chroniques/hard-rock-heavy-metal-power-metal/9184-ted-nugent-the-music-made-me-do-it

Y'avait quand même des signes précurseurs
comme quoi ça pouvait mal tourner
Mais tout cela n'est que broutilles et blagues de carabin dignes d'étudiants en médecine légiste en stage à la morgue de Hanoï pendant la guerre du Vietnam.
Je suis tombé sur un stock de Ted Nugent Facts (ils étaient bien en évidence sur son wiki, je suis con moi) auprès desquels ceux de Chuck Norris font pâle figure.
Jugez plutôt.

En dépit de son militarisme affiché, Ted Nugent a reconnu avoir évité de servir comme conscrit au Viêt Nam grâce à son statut d'étudiant.

À l'âge de 30 ans, Ted Nugent est devenu le tuteur légal de Pele Massa pour éviter d'être accusé de viol. Il a écrit par ailleurs une chanson (Jailbait) sur le fait de violer une petite fille de 13 ans.

En 2005, lors d'une convention de la NRA, il déclare : Pour vous montrer comme je suis radical, je veux que les voleurs de voitures meurent, je veux que les violeurs meurent, je veux que les cambrioleurs meurent, je veux que ceux qui abusent d'enfants meurent, je veux que les méchants meurent. Pas de procès. Pas de liberté conditionnelle. Pas de libération pour bonne conduite. Je les veux morts. Procurez-vous une arme et quand ils vous attaquent, tirez-leur dessus.


Aah, si il pouvait se faire trocuter
sur scène, quelle classe !
En 2007, lors de la campagne présidentielle américaine, il déclare, entre autres : Obama est une merde. Je lui ai dit de sucer mon calibre. En janvier 2014, lors d'un interview donné au site Guns.com, il traite le Président Barack Obama de « sous-homme métissé ».

En mars 2018, il déclare que les étudiants ayant échappé à la fusillade de Parkland et manifestant contre les armes automatiques sont des gamins à la cervelle ramollie et sans âme.


Voilà. Vous avez maintenant les clés du camion pour écrire vous-même vos Ted Nugent Facts.
Et comme en France tout finit par des chansons, je vous ai aussi mis un best of, ça me fait plaisir :
Great Gonzos - The Best of Ted Nugent, qui contient quelques riffs sympatoches, malgré son chant suraigu, qui me fait me demander comment j'ai pu aimer ça, c'était sans doute un jour où j'avais confondu les laxatifs et la testostérone
et comme y'en avait un peu plus, je vous l'ai mis quand même : sur State Of Shock, on entend une technique et une sensibilité guitaristique monstrueuses, en particulier sur "Alone" hymne navrant au Biactol, mais affublé d'un solo pour lequel je tuerais ma mère si elle n'était déjà morte.

https://www.mediafire.com/file/g6ncvte8adcjo82/State_Of_Gonzos.zip/file

et j'ai aussi trouvé le mythique double album live Gonzo!, maintenant ils l'offrent pour tout achat d'une boite de cartouches pour fusil à éléphants démocrates

https://archive.org/details/TedNugentDoubleLiveGonzo

Cette musique a vraiment perdu pour moi tout son pouvoir disruptif.
Allez en paix, bande d'enculés.

mardi 2 juin 2020

[Repost] - Minimal Compact - Deadly Weapons (1984, Reissue 2003)

dimanche 11 janvier 2015

L'épouvante est un remède honorable à la mélancolie.



Dehors, il fait un temps à écouter ça.
Dedans, pas mieux.
Comment résumer cet album ?
Trois options :

1/ Erudition :
Rappelons aux plus jeunes que le groupe était constitué d'Israéliens émigrés en Belgique, mis à part le batteur qui était hollandais. Il est donc parfaitement logique qu'influences orientales et occidentales s'y mêlent. La musique de Minimal Compact pourrait en effet être décrite comme un mélange de cold wave et de musique orientale, comme le fruit des amours de Joy Division et d'Oum Kalsoum...

2/ Pertinence et impertinence :
Laconique commentaire d'un auditeur inspiré sur le forum Guts of Darkness, qui n'était pas d'accord (moi non plus) avec sa critique tiédasse :
Moyen Orient + Belgique 80's + cold wave = boucherie (casher, mais boucherie quand même).

3/ A la Warsen :
Un long cauchemar éveillé, traversé de lamentations, de cris de rage, d'un désespoir ontologique, suintant et mortifère, que rien ne viendra adoucir dans un crépuscule musical permanent, illustration sonore magnifique et glaçante de ma blague préférée de Salman Rushdie dans les Versets Sataniques : "Le monde est l'endroit dont nous prouvons la réalité en y mourant".

Bon, faut dire aussi que quelques joyeux lurons de Tuxedomoon étaient venus leur prêter main-forte.

Pistes préférées : (on s'en cogne la teub contre le mur des lamentations)
The Well
There's Always Now
Nada
Not Knowing
Burnt-Out Hotel

Enjoy !



Pour détendre un peu l'atmosphère plombée, car après tout c'est dimanche et les cyber-forçats ont bien le droit de s'amuser un peu, vous pouvez toujours méditer sur le fait que je sois bêtement content d'avoir retrouvé hier soir sur le forum du cafard cosmique cette citation définitive (j'adore les citations définitives) sur le téléchargement illégal : quand tu aimes la musique sans la payer, c'est comme si tu allais aux putes, tu t'amuses bien, et au moment de payer tu t'enfuis en sautillant, le pantalons sur les chevilles, parce que les macs c'est vraiment des connards.

Donc rien ne doit vous interdire d'acquérir cet album sur Itunes s'il vous a complu, poualokü.

mardi 2 juin 2020

rien n'a vraiment changé
sauf que
plutôt que d'acheter ce somptueux album de Minimal Compact avant de se tirer une balle, ce qui est une façon radicale de guérir la dépression post-Covid, autant l'écouter gratuitement sur bandcamp.
https://minimal-compact.bandcamp.com/album/deadly-weapons

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule Warsen.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.

mercredi 27 mai 2020

Sonar - The Bill Laswell Mix Translations (2018)

Que Bill Laswell soit un stakhanoviste du dub capable de s'impliquer dans trente-douze projets à la fois et de sortir quelques vingtaines d'albums par an, ça tout le monde le sait, la cause est entendue depuis Gai-luron et Belle Lurette.
Mais qu'il soit encore capable à son âge de faire sonner un quatuor de jazzrock suisse comme si c'était la reformation de King Crimson dans son incarnation des années 2000, j'avoue que je suis impressionné par le bonhomme.
Mille putois ! A son âge, y'a longtemps que j'aurai besoin d'un bâtonnet d'esquimau dans le zguègue pour mimer une telle verdeur.
Et on pourrait se dire, avec Georges Cloné :
Laswell, what else ?
ben justement, y'a du monde au portillon...
https://billlaswell.bandcamp.com/

lundi 25 mai 2020

Piaf, Fréhel, Various ‎- Ma grand-mère est une rockeuse (1992)


Des groupes issus de la diversité de la scène rock indépendante du début des années 90 revisitent le patrimoine (Piaf, Fréhel) avec une jubilation contagieuse.
Certains titres sont purement hilarants (Bernadette Soubirou Et Ses Apparitions, les Woodentrucks, dignes du meilleur Zappa), d'autres, moins irrévérencieux, apportent la preuve en musique de l'intemporalité de certains aspects de la dramédie humaine.
Pour adultes accompagnés de leurs parents, la crudité des thèmes traités laissant présager des épisodes maniaques.




c'est encodé à 128 kbits parce que l'électrophone de ma grand-mère était bridé à 78 tours.
et tout ça c'est à force d'écouter les podcasts de l'herbe tendre, ça me porte au ciboulot.



jeudi 30 avril 2020

Jean-Dick Macdevieille - Quand t'es dans ton logement (2020)



Débrouillez-vous comme vous voulez, mais je veux le premier million de vues dès la fin de la semaine, pour pouvoir préparer ma retraite plus sereinement que ça n'est le cas actuellement (j'espérais travailler encore quelques années, mais ça n'en prend pas le chemin).

lundi 27 avril 2020

Bob Morane contre le Covid-19

« Si j’écrivais un Bob Morane aujourd’hui, je dirais que le coronavirus est une invention de l’Ombre jaune. Et c’est d’ailleurs une invention de l’Ombre jaune, puisque c’est né en Chine ! »
Monsieur Propre joue les seconds couteaux
dans le roman de gare français des années 60.
Ici contre "Ajax l'Ammoniaquoué" (sic).
C'est pas moi qui le dis, mais Henri Vernes, aujourd'hui âgé de 101 ans, dans le sympathique article que lui consacre un journal en ligne de Montréal sur lequel j'ai atterri en cherchant innocemment à télécharger des pancakes au sirop d'érable.


Henri Vernes a fait un travail extraordinaire pour amener vers la lecture des populations qui en étaient éloignées. Grâce à lui je me sens aujourd'hui résonner comme un temple de bienveillance, c'est donc double ration de gratitude pour tout l'monde, une stratégie gagnant-gagnant. Et les tableaux se raccrochent tout seuls aux murs de la sacristie, comme si on passait la saison 2 de Fleabag à l'envers.





Bob contre les drones d'Anne Hidalgo qui veulent prendre sa température pour voir
s'il ne fait pas d'infection de sa puce RFID qu'on lui a implantée en le vaccinant
à l'insu de son plein gré et qui est maintenant pilotée par l'antenne 5G de la Tour Eiffel
(Henri, si tu m'entends, il faudra trouver un titre moins long)

jeudi 23 avril 2020

David Byrne - The Knee Plays (1984)


J'ai été gentil : je vous ai laissé du temps 
pour digérer chacun des envois précédents 
consacrés à David Byrne et son oeuvre au noir. 
Et bien c'est terminé. No more mister nice guy.


La gentillesse est désormais un luxe hors de portée. 
L'empire de la bienveillance s'est effondré.
La maison ne fait plus crédit.


The CIVIL warS était initialement un projet musical ambitieux d'opéra en six actes inspiré de la Guerre de Sécession mis en scène par Bob Wilson et commandité à six compositeurs de nationalités différentes pour les cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques de 1984. Pour des raisons d'organisation et financières le projet ne put aboutir, et seules trois des six sections furent menées à bien par les compositeurs Philip Glass, David Byrne, Gavin Bryars.
https://en.wikipedia.org/wiki/The_Civil_Wars:_A_Tree_Is_Best_Measured_When_It_Is_Down


Le disque que vous tenez entre vos mains tremblantes mais virtuelles est la contribution de David Byrne à ce spectacle de Bob Wilson, dont nous ignorons à l'heure où nous mettons sous presse (les difficultés à éditer la version papier expliquent que cet article se retrouve souvent encarté au milieu du prochain Télérama) s'il a réellement eu lieu dans un truc un peu mythique qu'on appelait "les années 80" avant la Grande Confinature.
Néanmoins, ayant vécu pendant 35 ans en bonne intelligence avec cet album cuivré et chatoyant sans éprouver le moindre désagrément avant d'entendre parler du spectacle attenant en faisant des recherches pour mettre un peu de salades autour de mon bifteck, je vais tenter de continuer. Je crois que le plus dur est fait.

Des hôtesses vont maintenant passer parmi vous avec un assortiment de boissons et de revues consacrées à l'album, ne les importunez pas, elles ne font que leur boulot :

- une critique élogieuse dans la langue de J'expire :
https://pitchfork.com/reviews/albums/10870-the-knee-plays/

- les lyrics des chansons, pour nos amis fétichistes du signifié parmi lesquels j'ai la fierté de me compter :
http://kneeplays.com/album/tracks/index.shtml#top

- En 1988, David Byrne interprète quelques chansons de la bande-son du spectacle mort-né, devant un parterre d'étudiants arty, chauves d'avoir dû attendre si longtemps pour n'y comprendre que pouic.
https://www.youtube.com/watch?v=zV7HYSVoPoE

- le disque, enrichi de 8 tracks inédites lors de la remasterisation 2007 hyper-collector

https://www.mediafire.com/file/jsglwe9f5ks2jzm/DB_TKP.zip/file

La pochette originale du disque,
beaucoup plus commerciale.