samedi 31 mai 2014

[ Repost ] Les Quatre Barbus - la pince à linge (1955)


Petite chanson post-électorale du 25 mai 2014 : 
La Tyrolienne Haineuse 
de Pierre Dac
(interprétée par les Quatre Barbus)


Lorsque sans parti pris
On établit le bilan d'l'humanité
D'aujourd'hui
Y d'vient limpid' comme
Un clair de lune et lumineux comme
Un clerc de notaire

Qu'c'est pas d'sitôt
Qu'les hommes s'ront frères
Et qu'malheureusement au contraire
Nous vivons à présent
Sous le signe affligeant
De la haine et d'ses affluents

C'est triste et déprimant !

Y a de la haine partout
Y a d'la haine tout autour de nous
Surtout partout où
Tout s'passe par en d'ssous
De mémoire de grincheux
Jamais dans les yeux
On n'vit tant d'regards haineux

Ah y en a t-i', y en a-t-i'
De cette haine qui
Soule les esprits
Renie la fraternité
Et répudie l'altruisme aussi

Hélas ! hélas ! l'altruisme est foutu
Y a pas plus d'altruiste
Que de beurre au r'bus
Y a plus que d'la haine
Si bien que dans l'pays
Bientôt tout le monde sera haï

L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ho
L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ti

Mais là où ça se complique
Où ça vire au tragique
C'est qu'la haine devient pour chacun
Une espèce de besoin
Que d'authentiques sagouins
Entretiennent de près comme de loin

Y a d'la haine de toutes les nuances
D'la haine standard ou d'circonstances
Y a d'la haine de bon ton
Pour les haineux d'salon
Et de la grosse haine de confection

Mais de toutes les façons :

Y a trop de haine oui
Y a trop de haine
Et y a trop d'haineux
Ca tourne au scabreux
Et au scandaleux
Car certains haineux en arrivent même
Entre eux
A s'traiter de tête d'haineux

C'est un cercle vicieux
Car quand un haineux
Hait un autre haineux
Celui qui hait est aussi
Par l'autre haï
De même que celui
Qui est haï haïssant
Celui dont il est haï
Chaque haï donc est
Un haï qui hait

Ce qui fait qu'en fin d'compte
On peut voir comm' ça
L'haï ici est l'haï là
L'haï ici hait l'Haï là !

L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ho
L'haï l'haï l'haï ti
L'haï l'haï l'haï ti

Et voilà c'est comme ça
Qy'on hait à tour de bras
N'importe qui, n'importe quoi
Tout le monde et son père
Ou la crème de chester
Et qu'on se trompe de colère !

Y n'reste plus qu'une seule chose à faire
C'est d'rassembler par toute la terre
Tous les hommes généreux
Qui d'un coeur valeureux
Haïssent la haine et les haineux

C'est ce qu'il y a de mieux !

Hardi donc allons-y
Roulez tambours
Et sonnez trompettes et hélicons
Sus à ceux qui suent
La haine par tous les pores
Et qui s'font un sport
D'haïr de plus en plus fort.

A bas la haine et les haineux
Ainsi qu'ceux
Qui hurlent avec eux
Assez de haine assez d'gens
Qui passent leur temps
A haïr bêtement

Haine par ci
Haine par là

Ah, y en a-t-y d'la haine

Ici bas.



(photo © Gimli, fils de Gloïn)


Visionnaire en diable !
Longtemps avant qu'ayatollahs et moujahhidines remettent la bande de pileux à la mode, Les Quatre Barbus sévissaient déjà sur l'électrophone de mon grand-père.
C'est chez lui que j'ai entendu les premières chansons de Francis Blanche.
On me dira que si j'étais né avant 1962, j'aurais la nostalgie de Maurice Chevalier et Ray Ventura.
Meuh non.
Et puis d'abord, je fais c'que j'veux, c'est mon blog à moi que j'ai.

Voici donc un article pour amateurs avertis, avec des explicits lyrics.
C'est le double album miraculeusement réédité en 97 après leur tournée aux States et au Japon.

Il est un peu épuré pour me permettre de repeindre la porte du garage en moins de 90'25", mais il a survécu à la purge Megaupload, c'est vous dire s'il revient de loin.






jeudi 29 mai 2014

mardi 27 mai 2014

David Shephard - Longmire (Original Television Soundtrack) (2012)

C'est censé se passer dans le Wyoming, alors qu'un décryptage image par image du générique de fin révèle que c'est tourné au Nouveau-Mexique.
Ca part mal.
Les acteurs et les personnages sont sympas, mais les intrigues originales des romans de Craig Johnson sont mutilées, sanibroyées et caviardées par une bande de gougnafiers cocaïnomanes.

Il reste la bande-son de la série, pleine d'espace entre les oreilles.

https://www.mediafire.com/?i1szsza78n1qm5t

On peut même lire les romans du bocoboy en même temps.


Un livre, objet usuel au siècle dernier.

dimanche 25 mai 2014

Mark Bradshaw - Top of The Lake Soundtrack (2012)

Cette semaine j'ai un peu regardé la télé, entre autres la série Top of the Lake et le film Mysterious Skin.
Recommandés : que des trucs joyeux sur des familles qui vont bien et des enfants épanouis.

Par contre, j'apprends que Joseph Gordon Levitt, qui joue très bien dans Mysterious Skin, a réalisé le sinistre Don Jon (que je n'ai pas pris le temps de voir) et se prépare à commettre une version cinéma du comics Sandman; je vais faire chauffer les cailloux pour le lapider, ça sera ça de prêt.

Dans la musique de Top of the Lake, j'aime bien les moments où  Mark Bradshaw fait des gros ronds de fumée avec sa guitare, comme sur le morceau Moke.
Ca évoque aussi le guitariste de choc sur le seul album studio anthume de Jeff Buckley.
Je me demande si ce n'est pas lui qui fait le même coup sur la série Longmire, par ailleurs ô combien décevante par rapport aux romans de Craig Johnson dont elle est issue de mensonges.
Mais pour en revenir à nos moutons néo-zélandais, il y a aussi dans la B.O. de Top of the Lake une fausse Bjork (Georgi Kay), est-ce que c'est elle qu'on voit jouer de la guitare électrique toute mouillée sous la pluie dans le camp retranché des meufs perdues de Paradise, scène improbable au risque du court-jus ? J'en sais fichtre rien, mais plus j'écoute le disque, plus je me dis que Mark Bradshaw compose comme Dave Porter, le musicien qui signe la B.O. de Breaking Bad : du climax, que du climax, et encore du climax.

Notez bien que cet article ne vaut peut-être pas un coup de cidre, mais qu'en l'écrivant je n'ai fait de mal à personne, et que s'il n'apporte rien il n'enlève rien non plus.



http://www.israbox.com/1146481386-ost-top-of-the-lake-2013.html

Ah oui et j'allais oublier qu'à la fin du dernier épisode, quand on est quand même un peu soulagé après toute cette tension et ce gros peu de pathos, on entend un très beau morceau de Sigur Ros dont j'ai oublié l'imprononçable nom mais je me rappelle qu'on le trouve sur l'album ( ) (je ne plaisante pas, il a vraiment pour titre ( ) ) dont la pochette s'ornait d'une radiographie de mes poumons entre l'arrêt du tabac et la reprise de la choucroute, and french people are blah blah blah.


samedi 24 mai 2014

Bernard Lavilliers - Scorpion (2014)



Ben si je m'attendais à flasher sur le dernier Lavilliers, trente-six ans après avoir perdu la foi...
Je découvre petit à petit son dernier album, j'ai même chialé en écoutant "sans fleurs ni couronnes" en passant l'aspirateur ce matin, heureusement que y'avait personne.
Il parait que Charlélie Couture va aussi sortir un nouvel album, trente-quatre ans après la claque de Poèmes Rock, faut que je m'achète des boules qui est-ce ?...

jeudi 22 mai 2014

Arlt & Thomas Bonvalet - "Arlt & Thomas Bonvalet" (2014)

S'il fallait les ranger dans un tiroir, ce serait celui des inclassables, un peu à la façon des québecois de "Avec pas d'casque",  ou de la Brigitte Fontaine des débuts, encensés par les Inrocks sans que ça ait une influence notable sur les ventes.

http://arlt.bandcamp.com/album/arlt-thomas-bonvalet

Encore 10 € intelligemment dépensés.
Merci au cervelas lyonnais de m'avoir rafraichi la mémoire.

[Edit] du samedi : un article érudit sur eux.

mercredi 21 mai 2014

[Repost] Au bonheur des dames - Jour de fête (1987)

Yo !
Ca faisait longtemps qu'on avait pas fait un truc sur le rock parodique.
On est loin ici des fulgurances passées, mais y'a encore quelques bons titres.

Ce que j'ignorais avant de rechercher l'album :

Le groupe éclate en 1987 dans de mauvaises conditions, le propriétaire intellectuel du titre refusant de le céder à ceux qui, autour de Ramon Pipin, désirent continuer. Ces derniers ne se produiront plus que dans le groupe Odeurs, créé vers 1979.

C'est un article Wikipedia, et il faudra qu'on m'explique comment un groupe qui splitte en 87 peut se reformer sous un autre nom en 79.

A moins qu'eux aussi, enhardis par l'insuccès total du groupe de Black Metal fondé par Dédé sans Mireille, ils aient  inventé une machine à remonter le temps, et soient retournés dans le passé du futur antérieur de l'empafé du subjectif, creuser les mêmes sillons sous un autre nom.

mardi 20 mai 2014

High Tone – Ekphrön (2014)




Repéré par Télérama, dont je suis un fervent lecteur depuis plus de 40 ans, et ça nous rajeunit pas, surtout vous.
C'est du dub-ambient-plein-de-scratchs-et-d'hybridations-inspirées, et ça mériterait d'avoir quelques paires d'oreilles supplémentaires pour se replonger dans leur carrière.
Sans parler des 5 cerveaux, des 9 vies, des 25 bras et des 42 zigounettes supplémentaires qu'il me faudrait pour profiter de toutes les richesses du web, c'est pas encore au point mais vous pouvez être certains que nos ingénieurs sont sur le coup.

http://newalbumreleases.net/64002/high-tone-ekphron-2014/

lundi 19 mai 2014

[Repost] Imago - portraits (1977)


3/02/2009

Le mec qui a rippé le vinyle avait pas mal usé le sien... il est rayé, il craque... pourquoi donc ai-je vendu le mien, qui était nickel, aux Puces il y a 25 ans ? pour pouvoir ensuite souffrir de son absence ?
On écoutait ça chez Claude Villers, dans "Marche ou rêve", où Nicolas Hulot faisait ses débuts de chroniqueur... heu, non, c'était dans son émission précédente, "Pas de panique", avec Patrice Blanc-Francard qui faisait le couillon sur "les aventures d'Adolf, le petit peintre viennois", un truc que plus personne n'oserait faire aujourd'hui.
Bref.
On croyait qu'écouter de la musique était un acte politique, parce que c'était de la chanson engagée.
Si vous avez une meilleure copie, n'hésitez pas...
Le lien est dans les commentaires, si je mens je vais en enfer !

[Edit] 19/05/2014

Sidéré par cette époque où les chanteurs avaient quelque chose à dire sur le monde et la société, sauf Gérard Manset, qui en bon bourgeois issu du XVIeme arrondissement proclamait dès 1976 "je n'ai rien à raconter", alors que ça allait mettre 10 ans à se confirmer.
Et ça avait de la gueule aussi, bien que le volet social de ses vertiges métaphysiques s'en soit toujours ressenti, l'empêchant pour toujours de participer aux meetings de Jean-Luc Mélenchon.
Comme un gentil auditeur me faisait remarquer que les 2 albums d'Imago n'étaient plus dispos en download, j'ai trouvé un enregistrement de ce second opus bien meilleur que l'ancien.

http://www.mediafire.com/download/n6nppf22kffe599/IP77.zip

dimanche 18 mai 2014

[Repost] Gérard Manset - l'atelier du crabe (1981)



24/09/2009


J'ai ressorti ma platine vinyle, et à l'aide d'un simple câble minijack / cinch, du logiciel audacity et d'un peu de bon sens, j'ai rippé un vieux Manset de derrière les fagots.
Peut-être son moins pire, empreint d'une certaine sobriété malgré le fil du rasoir de la complaisance... enfin bref, Manset selon la formule consacrée on aime ou on déteste, et que dire de ceux qui s'en moquent, en tout cas celui-ci me semble plus réussi (parce que plus léger) que beaucoup d'autres, on le devine même sourire sur le titre "l'atelier du crabe", ce qui est assez improbable...
Des chansons comme Manteau rouge ou Les rendez-vous d'automne représentent peut-être la quintessence de son art fait d'angoisse existentielle ritualisée et traduite en entêtantes ritournelles. Et Marin'bar aurait pu être chantée par Julien Clerc, autre chèvre célèbre, bien que broutant dans une autre cour.
Images mentales bien construites, arrangements dignes et implacables...
Réjouissez-vous !

[Edit] 17/05/2014

J'ai écouté son dernier ralbome d'auto-reprises, je n'en attendais rien, ben j'ai pas été déçu.
Mais bon, il a bien le droit à la redite, ou à mutiler son oeuvre, il est Seigneur en son château comme chacun d'entre nouille. Ah, tiens, trente ans plus tard, il rajoute deux petits vers inédits à "Manteau Rouge", la poussant vers la version collector.
M'enfin, il n'y a plus guère que cette ispice di counasse de Pascale Clarke qui se pâme d'aise quand elle l'invite en studio et qu'il condescend à répondre à ses questions de midinette.
Et pourtant, Manset on y revient, car on peut tout à fait l'aimer et le détester en même temps, et parler de lui c'est parler de nous. Je vous épargnerai pourtant ma conférence "Connaissance immonde" pour aujourd'hui parce que je sens bien que tout ce que je pourrais dire de pas sympa me reviendra dans la figure par la loi du karma, et qu'au fond cet album plutôt léger et guilleret se bonifie avec le temps. Mais si on ne s'est pas fait des noeuds dans la tête avec les chansons de Gérard quand on était petit, il est sans doute un peu tard pour commencer.

http://www72.zippyshare.com/v/90716229/file.html

[Edit] 08/06/2014

Jeepeedee a rippé tous les vinyls originaux ici :
http://jeepeedee.blogspot.fr/2014/06/gerard-mansetvu-ca.html
Ca durera ce que ça durera.
Moins longtemps que les impôts sans doute.

mercredi 14 mai 2014

Loren Nerell / Mark Seelig - Tree of life (2014)

Bourrelé de remords à l'idée de nourrir une si grande avidité à dérober des nouveautés  musicales paradoxalement destinées à l'apprentissage du lâcher-prise et au développement des vertus personnelles, j'ai acheté Tree of Life en ligne.
C'est bien, ces projets en ligne où tous les sous vont aux créateurs en raccourcissant au maximum les circuits de diffusion.
On ne pleure jamais sur les intermédiaires, sauf quand l'intermédiaire c'était votre disquaire Harmonia Mundi qui s'est pendu l'an passé quand son échoppe a fermé avant de devenir un magasin Sephora.
Et à part ça, l'album, il est comment ? Ben de source sûre c'est "a mesmerizing blend of ancient instruments, haunting voices, and whispers of Balinese and Indian wisdom traditions woven together with ambient field recordings; it takes the listener on a subtle, interconnected journey of life." et donc la bande-son idéale des magasins Sephora et des bars branchouilles dès qu'on aura dépendu le disquaire.

lundi 12 mai 2014

U.K. - U.K. (1978)

Clairement attiré par la lumière projetée sur un groupe obscur de rock progressif des années 70 dans ce lumineux article, je dois dire que la clarté qui en résulte peine à répondre à cette sombre question : pourquoi tant d'engouement autour de talents individuels qui, pris ensemble, n'empêchent pas  U.K. - U.K. (1978) d'être complètement Kuku ?
Je dois être allergique à une certaine forme de mièvrerie musicale, quand elle se pare des oripeaux de la préciosité et de l'emphase.
C'est curieux, parce que dans d'autres domaines de ma vie, elle rentre comme dans du beurre.
Bref, il en faut pour tous les goûts, et cet album est clairement introuvable.

https://www.mediafire.com/?h80va1m5w6xevus